• Le bilan de la COP23

Action de l’ALF à Rambouillet

Voici un communiqué de l’ALF diffusé sur Bite Back (avec trois photos).

“Dans la nuit du 1er au 2 décembre, dans la forêt de Rambouillet, nous avons scié 5 tours de chasse. Le but des ces constructions était d’y accueillir un ou deux chasseurs assis qui pouvait abattre les animaux rabattus dans leurs champs de tir tout en pouvant tirer près d’une route toute proche. Cessons la chasse qui n’est qu’une basse pulsion de l’être humain pour assouvir ses désirs de domination.

Même les plus petites actions donnent un sens à la lutte pour la liberté animale. Même si il n’y a que de nombreuses actions de petites ampleurs comme celle-ci, les tueurs et profiteurs des animaux comprendront notre message. Chaque action compte, agissez maintenant.

Pour les derniers animaux libre du Monde.

ALF Français”

Trois (ou quatre) stratégies pour la libération animale

On nous a fait part d’une intéressante réflexion au sujet de ce qu’on peut appeler, de manière plus ou moins utopique, la “période de transition.” Utopique parce qu’évidemment, une société végane n’est pas à l’ordre du

jour, ni à court terme ni à moyen terme. Et à long terme… justement, y a-t-il un long terme?

Voici donc les différentes stratégies existantes pour le long terme, présentées bien évidemment sommairement. Mais connaître ces stratégies, au moins dans les grandes lignes, est nécessaire pour toute personne luttant pour la libération animale.

Le premier raisonnement logique: l’abolitionnisme

Quand on devient vegan, le premier raisonnement logique est le suivant: si je le suis devenu, pourquoi pas les autres? Le veganisme est une chose bonne, positive; n’importe qui peut, sans mauvaise foi, reconnaître qu’il s’agit d’une manière de vivre et une idéologie allant dans le bon sens.

Il suffit donc de mettre en avant le véganisme, de faire en sorte que ses principes puissent être aisément connus, et forcément, au fur et à mesure, toujours davantage de gens le deviendront. Les vegans doivent se montrer ouvertEs, disponibles, dans une perspective pacifique d’éducation.
Cette conception est celle de l’abolitionnisme, dont le principal théoricien est Gary Francione.

Deux problèmes se posent cependant, à nos yeux en tout cas. Tout d’abord, il est évident que le véganisme ne progresse pas de manière linéaire. Il y a des avancées… Mais aussi des reculs. Certaines personnes devenues veganes abandonnent et redeviennent végétariennes, ou même omnivores.

Accumuler mécaniquement des gens, pour construire une force morale de plus en plus forte… cela ne marche pas.

Ensuite, de puissantes forces non démocratiques s’opposent à la diffusion du véganisme. Les industries tirent un profit énorme de l’exploitation animale. Ces industries donnent naissance à de multiples associations, regroupements économiques, paient quantité de “chercheurs”, de “journalistes” afin de diffuser leur vision du monde.

L’abolitionnisme n’a, dans cette perspective, aucune chance de réussir, même si moralement il apparaît comme étant “idéal.”

En fait, cela a été très vite compris, dès les années 1970. L’abolitionnisme de Gary Francione possède des exigences très différentes des positions de Peter Singer, le premier théoricien de la libération animale.

Mais en pratique, la démarche éducative est la même, grosso modo. Et les frontières ont été très vites vues. Deux réponses principales ont été formulées: une visant à pénétrer les institutions, l’autre à les affronter.

La marche dans les institutions… et son échec!

L ‘exigence d’une prise de conscience de la condition animale a amené depuis les années 1970 la naissance dans chaque pays d’associations connues de l’opinion publique. Ces associations disposent d’une certaine reconnaissance institutionnelle, et en tout cas d’une claire couverture médiatique.

Ces associations n’ont rien contre le véganisme, parfois elles l’assument même comme objectif à long terme (comme PeTA) soit elles n’ont rien contre formellement (la SPA parisienne, la fondation Brigitte Bardot). Mais leur objectif est le mieux-être animal, la protection animale.

Il s’agit ici d’un courant nettement bourgeois, ne concevant même pas que l’on puisse refuser les institutions, qui leur paraissent sinon immuables, au moins totalement incontournables et toutes puissantes.

Bourgeois et donc impuissant: ces associations, malgré des moyens financiers très puissants (des permanents, des millions d’euros…) ne peuvent témoigner d’aucun résultat tangible. Toujours plus d’animaux sont tués dans les abattoirs, aucune progression n’a lieu dans le sens de la libération animale dans l’opinion publique…

Ces associations oscillent d’ailleurs perpétuellement entre un optimisme religieux (nos idées progressent, la civilisation progresse, etc.) et une misanthropie sordide (les gens sont monstrueux, l’humain est mauvais…).

L’ALF: un réformisme armé?

Dans les années 1970, les personnes les plus conscientes socialement ont choisi la voie opposée à celle de la protection animale. Cela a donné le front de libération des animaux.

Ce n’est pas la peine de souligner les innombrables actions menées par l’ALF de par le monde. De ce côté-là, sa démarche a été un succès indéniable. De plus, en libérant directement des animaux, l’ALF a acquis une posture morale impossible à critiquer.

Néanmoins, l’ALF s’est confronté à deux dilemmes, qui sont d’ailleurs encore au centre de ses préoccupations.

Le premier, c’est que finalement l’ALF s’adresse… à ses ennemis. Il s’agit de réformisme armé, de lobbying ultra musclé. Cela peut paraître surprenant dit ainsi, mais c’est une simple constatation et il n’y a pas d’arrière-pensée critique à dire cela.

En pratiquant le sabotage, l’ALF dit: il faut changer de business ou bien on continuera de frapper. Souvent les communiqués de l’ALF s’adressent d’ailleurs directement aux entreprises ou personnes concernées. Il s’agit d’une pression violente et l’ALF ne lutte pas pour la révolution, l’insurrection, le soulèvement populaire (sauf dans sa version sud-américaine).

D’ailleurs les Etats anglais et américain ne s’y sont pas trompés et ayant compris la démarche, ont criminalisé de nombreuses actions légales menées parallèlement à celles de l’ALF (les procès contre SHAC, la loi AETA…).

Puis, la criminalisation a porté sur l’ALF elle-même, et l’exemple des USA est parlant: il y a alors une fuite en avant (des actions de plus grande ampleur, nécessitant un niveau technique plus élevé…), éloignée de la démarche démocratique de l’ALF des origines…

Le second, c’est que les institutions sont solides, très solides. Il a fallu donc élargir le champ des mobilisations: l’ALF est en Amérique (du nord comme du Sud) très poreuse avec l’ELF (front de libération de la Terre). Il y a un esprit d’ouverture à toute la scène social-révolutionnaire, notamment afro-américaine aux USA. Mais tout cela n’en est qu’à ses débuts et en tout cas il n’y a pas d’initiative très large, de masse.

Que fait-on?

Il n’est pas difficile de comprendre que le mouvement pour la libération animale est à la croisée des chemins. Le développement exponentiel du mode de vie omnivore sur le mode “occidental” représente un défi terrible… et terriblement rapide.

Dans ce sens, on peut déjà considérer que la démarche “éducative” n’est pas un levier suffisant. Pour une personne “éduquée” l’exploitation animale en contre-éduque des milliers, avec dans la ligne de mire les gens en Inde et en Chine notamment.

Reste alors deux options. Ou bien on tente d’influer sur les institutions, ou bien on considère que c’est impossible. Il n’est pas un secret que nous considérons que c’est impossible. Les institutions sont clairement inféodées à l’ordre établi, et l’exploitation animale est une composante essentielle de cet ordre établi, de ses traditions… et de ses profits.

Que faut-il faire alors? De manière précise, ce n’est peut-être pas très précis, mais il y a des pistes.

Prenons La Terre d’abord! par exemple. Notre site, ou notre blog si l’on veut, a suscité de l’intérêt, y compris de gens qui ne sont pas d’accord sur tel ou tel point. Eh bien, alors pourquoi ne pas ouvrir d’autres blogs, du même type, un peu du même type, ou bien totalement différent?

Car nous n’avons rien contre les blogs qui parlent de recettes de cuisine, cela a son importance, mais pour autant les besoins culturels sont énormes… Et si le véganisme peut avancer, c’est avec un ancrage local, en se confrontant aux réalités locales. On ne peut pas lutter pour le véganisme totalement de la même manière dans toute la France, car sur le plan culturel il y a des différences parfois fortes.

Dans tel endroit la corrida sera un obstacle essentiel, dans tel autre endroit ce seront les chasseurs et leur hégémonie. Dans tel endroit la pollution de l’industrie agro-alimentaire sera un thème incontournable, dans tel autre la santé des habitantEs d’un quartier populaire.

L’exploitation aninale a créé une société à son image… A nous de savoir faire vivre les utopies et la libération animale!

Sensibilités Straight Edge…

Le mouvement straight edge a connu plusieurs périodes de par sa liaison à la musique hardcore… périodes qui ont donné naissance à différentes sensibilités. Voici un petit aperçu général, que l’on peut bien entendu améliorer, mais qui est déjà pas mal parlant ! Etant Vegan Straight Edge, il est évident également que la figure vegan straight a le beau rôle…

Disons plus simplement qu’il s’agit d’une introduction des sensibilités que l’on peut rencontrer…

Le fan de hardcore des origines

Dans cette sensibilité (assez rare il faut dire), le straight edge n’est pas vraiment une identité. C’est ici un mode de vie positif faisant intégralement partie d’une scène à la fois hardcore et punk, et apprécié en tant que tel… par des gens pas forcément straight edge eux-mêmes!

Il y a une grande attention de portée aux premiers groupes américains de la fin des années 1970 et du début des années 1980 : ceux de Washington (Minor Threat, Government Issue, Teen Idles, State of Alert), de Boston (SSD, Negative FX) ou de Californie (Uniforme choice).

La figure de Ian McKaye, du groupe Minor Threat, est très respectée, et surtout son avis refusant que le terme de straight edge soit lié à des principes fixes, ou un mouvement. Ici, le straight edge, c’est une « bonne idée », pas forcément applicable, mais dans l’idéal…

Le coreux old school

Ici être straight edge est vue comme une attitude positive, bonne pour la santé et sympathique… et surtout personnelle. Il n’y a plus aucun lien culturel avec le punk et le principal centre d’intérêt est la musique.

Les techniques de danse hardcore sont particulièrement valorisées, et on considère grosso modo que le vrai hardcore est celui des années 1980, avec l’hégémonie de la vague des groupes straight edge de 1988, avec notamment les groupes Youth today et Gorilla Biscuits.

L’esprit est proche de la culture skater : bon enfant, anti-raciste, dans une démarche positive mais avec une méconnaissance assumée de la politique, la seule orientation valorisée étant le végétarisme. Le coreux old school dans sa version straight edge aime la musique et l’esprit, et selon lui… c’est déjà pas mal!

Le Vegan Straight Edge

Accordant une importance primordiale au véganisme, la sensibilité vegan straight edge est avant tout revendicative, et considère la musique comme une composante de sa culture, mais aussi comme un vecteur de ses idées (tout comme les groupes Earth Crisis, Refused…). Elle est ainsi (et se voit souvent) comme une posture punk réactualisée et avec un contenu idéal.

Trouvant finalement ainsi toujours quelque chose à redire (pas vegan / pas straight / pas contestataire / pas féministe, etc.) à la scène hardcore ou (uniquement) straight edge, cette sensibilité est très poreuse aux scènes alternatives (squatts, activisme vegan, écologie radicale, groupes anarchistes ou plus généralement d’extrême-gauche, scène « antifa »…).

Elle cultive donc sa particularité et sa démarche (vegan straight edge ? Vegan + Straight Edge ? Vegan Edge?), considérant qu’être vegan straight edge c’est plus construire un mouvement que réaliser une démarche individuelle…

Le mosheur

Le mosh est au hardcore ce que le pogo est au punk. Sauf qu’en plus d’être une danse purement individuelle, il y a en quelque sorte des figures imposées, demandant une souplesse certaine et présentant clairement un caractère violent.

Le straight edge se considère ici comme un simple élément de la communauté hardcore, dans l’esprit de sa version new yorkaise (dont les figures de proue sont les groupes Agnostic Front, Biohazard…) : du son lourd et très metal, beaucoup de muscles, et autant de tatouages. Il apprécie de ce fait tout autant le look des gangs latinos que le mode de vie hooligan européen ou l’attitude hip hop: ce qui compte c’est pour beaucoup la poussée d’adrénaline.

Le mosheur sait cependant qu’il est mal vu pour ses danses violentes et les poses virilistes, mais ne peut pas s’empêcher de céder à cette culture. Il oscille alors entre revendication assumée de sa mauvaise image et un mépris condescendant, et un esprit d’ouverture lui semblant finalement on ne peut plus conforme à l’esprit de la « communauté hardcore »…

L’ex-Hardline

Vegan straight edge issu de la culture des années 1990, l’ex-hardline conserve une sorte de nostalgie de l’époque où se profilait au sein du hardcore une culture hardline offensive et radicale, mettant à bas tout le système. Il raisonne directement en termes de mode de vie et est finalement un moraliste.

Très intellectuel il accorde une grande attention à ses envies de mettre en avant une attitude ferme et correcte. Mais très isolé voire déprimé, il a abandonné les rêves sociaux-révolutionnaires (chantés par des groupes comme Vegan Reich, Statement, Raid ou Purification) pour avoir une tendance certaine à se tourner vers certaines religions (Islam, bouddhisme, hindouisme, judaïsme).

L’ex-Hardline soutient donc une orientation alternative dans la scène hardcore, avec une grande ouverture au Do it Yourself, aux démarches de solidarité, au principe d’un retour « aux fondamentaux » du hardcore d’origine, etc. Un peu de spiritualité dans un monde de brutes!

Le raciste

Absent des concerts et de toute scène alternative où il sait qu’il se ferait rejeter brutalement, le raciste réduit l’attitude straight edge au respect de soi-même et de son corps, ce qu’il appelle la « santé. » Il pousse son raisonnement sectaire jusqu’au bout en s’imaginant faire partie d’une double élite : d’un côté une « race », une ethnie, etc. et de l’autre… les gens pensant comme lui, tant qu’à faire.

Prétendant refuser la « politique », le raciste ne cache pas pour autant sa fascination pour l’Allemagne nazie, au nom de sa quête d’une « communauté » idéale. C’est là son seul centre d’intérêt ; homophobe, anti-féministe et anti-américain, il ne connaît d’ailleurs rien à la culture historique straight edge, et elle ne l’intéresse pas.

Rejeté donc totalement par les scènes straight edge pour son nationalisme, le raciste tente alors de fédérer des gens comme lui, sous différents noms (hate edge, « hardline », hateline, etc.), mais toujours sous la seule bannière qui l’intéresse au fond: la violence, la violence et la violence (iconographie de pistolets, poings américains, anti-antifasciste, nationalisme, etc.).

Walter Bond réitère sa position et est salué par les elfes végans

Voici deux nouvelles au sujet de Walter Bond.

La première est qu’une chaîne de télévision américaine l’a interviewé, et on peut le voir brièvement répondre dans cette vidéo (à partir de 1:00). Walter Bond a en effet rapidement interompu l’interview devant les questions hypocrites du journaliste, qui le poussaient en quelque sorte à s’accuser.

Mais il a eu le temps de citer les trois actions pour lesquelles il est accusé, disant à ce sujet :

« Tout ce que je peux dire, c’est que je crois en la libération animale, quel qu’en soit le prix. »

La seconde nouvelle est qu’a eu lieu une nouvelle action de l’ELF au Mexique, action dont le communiqué salue Walter Bond.

Voici le communiqué :

« Dans la nuit du 27 juillet nous avons réalisé un feu de joie avec de la propriété appartenant aux destructeurs et destructrices de la Terre.

Dans les forêts Dinamos de la section de Magdalena Contreras de la ville de Mexico, il y a un projet d’expansion urbaine qui en est encore au début dans les phases de construction.

Cela implique la création de puits profonds qui prendraient l’eau de la rivière avec comme but l’expansion urbaine et le progrès anthropocentrique.

Pour cette raison, les elfes végans sont responsables des sabotages suivants :

-Nous avons bloqué les puits avec des pierres, des briques, des blocs et des gravats, afin d’empêcher l’eau de la rivière de couler dans les tuyaux.

-Nous avons peinturluré les machines et le matériel de construction avec des slogans comme :

« Stop à l’expansion urbaine »

« Pas plus de civilisation des environnements sauvages »

et « Front de Libération de la Terre. »

-Nous avons, en utilisant des engins incendiaires, incendié trois machines, incluant deux bulldozers et une petite machine pour déplacer les gravats : le plus petit enfin a été placé dans le premier sous les pédales, le second a été placé dans la cabine après que la fenêtre a été brisée avec des pierres, et pour le troisième l’engin a été placé sur les câbles.

Nous nous sommes enfuiEs sans laisser de trace.

Les dommages s’élèvent à des milliers de pesos.

Nous voulons être clairEs et affirmer que ce que nous avons fait l’a été en défense de la Terre, qui est détruite chaque jour par l’égo-centrisme et l’autoritarisme ; mais pour chaque environnement sauvage ou semi-sauvage qui est détruit, des centaines de leurs machines et propriétés seront détruites et laissées comme inutilisables.

Que cela serve de leçon aux exploiteurs sur la planète!

Cette action est dédiée au guerrier de la libération animale aux États-Unis, Walter Bond, récemment arrêté pour trois incendies contre des entreprises pratiquant l’exploitation animale. Elle est également dédiée en soutien à Leo en Italie, et à Adrian et Abraham.

Frente de Liberación de la Tierra / Front de Libération de la Terre”

Apéro « saucisson-pinard », pique-nique « en blanc », halal…

La question végane est une question actuelle, elle a commencé à se poser il y a 20 ans véritablement, et chaque jour qui passe, le véganisme gagne en contenu et se pose comme une alternative nécessaire, tant sur le matériel que celui de la morale.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la question de l’alimentation soit mise en avant de manière « radicale », « révolutionnaire »… mais pas forcément dans le bon sens.

Les gens qui ne veulent pas du véganisme tentent inévitablement de contourner la question, comme l’extrême-droite qui attaque le halal afin de ne pas critiquer l’industrie.

Nous en avons déjà parlé avec l’affaire de l’occupation d’un Quick « Halal » à Lyon, ou encore avec la vidéo lilloise du « Front de Libération des Cochons. »

Cette fois encore, on a eu droit à quelque chose du genre. L’apéro parisien « saucisson pinard » a en effet finalement eu lieu, sur le haut des Champs-Elysées plutôt que dans le quartier populaire de la la Goutte d’Or.

Se sont rassemblées… au moins 1.000 personnes, avec comme seule obsession commune l’alcool et la viande, dans un rassemblement au-delà de certains clivages (extrême-droite, associations « de gauche » comme « Riposte laïque » ou certains milieux féministes…).

Et cet apéro fait des émules, avec des initiatives à Douai, Amiens, Lyon…

Tout sauf végan ! Voilà le mot d’ordre de ces gens, qui critiquent le présent non pas en regardant l’avenir, mais en s’attachant au passé, un passé idéalisé, comme en témoigne l’affiche de l’appel à l’apéro.

Mais tout cela est-il bien étonnant ? Non, bien entendu, car sur le plan de la vie quotidienne, les « traditions » l’emportent, et qui représente mieux les « traditions » que l’extrême-droite ?

Cela montre bien à quel point le véganisme doit rompre avec les traditions, et se fonder non pas sur une vision nationale, mais bien une vision planétaire.

L’extrême-droite veut « sauver » la nation et ses traditions, alors que nous voulons la libération des animaux et que Gaïa ne soit pas anéantie par une folle course au profit.

La planète est assassinée, les animaux toujours plus placés dans des conditions d’esclavage… et on trouve des gens désireux de continuer « comme avant » à boire leur petit pinard en mangeant de la « cochonaille » ?

Cet alcool et ces cadavres qui sont consommés seraient l’aboutissement de l’humanité ? Le point culminant de centaines d’années d’évolution culturelle, le fruit de l’avancée de la civilisation ?

Nous le disons clairement : non ! Les innocents ont besoin de nous !

Il va de soi ici que l’extrême-droite n’est que l’avant-garde, ou plutôt l’arrière-garde des valeurs dominantes.

Voici par exemple le point de vue de Périco Légasse, rédacteur en chef de la rubrique « art de vivre » à l’hebdomadaire Marianne et animateur sur la Chaîne parlementaire (LCP) de l’émission mensuelle « Toques et politique. »

Ce point de vue est édifiant et résume tout ce qu’il faut combattre. Justement, avant de voir son point de vue sur cette histoire d’apéro, voyons d’abord ce qu’il a comme conception du monde :

“BIENVENUE A MA TABLE

Ce blog prétend défendre une certaine idée du goût de la France. Notre patrimoine gastronomique, qu’il soit agricole, maritime, viticole ou culinaire, n’est en aucun cas la propriété exclusive des Français, mais celui de l’humanité toute entière. (…)

Reflets de nos diversités régionales, expression des particularismes qui façonnent notre physiologie gustative, le vin de France, la cuisine française, les produits de nos terroirs ne sont pas les meilleurs, d’autres endroits du monde en proposent d’aussi bons, ils sont tout simplement uniques, donc irremplaçables. Les voici aujourd’hui menacés par la globalisation.

C’est cette spécificité là qu’il convient de protéger, de perpétuer et de partager, afin que les saveurs d’en France continuent à réjouir celles et ceux qui aiment célébrer le mariage des plats et des vins.

Chers lecteurs, ce blog se veut un espace de dégustation, de réflexions sensorielles, de débats alimentaires, de joutes bachiques, de convivialité gourmande, un repère de coups de gueule, de fins palais, de francs gosiers et de dents dures. Tel un festin, il est destiné au partage et à l’échange, dans l’espoir d’accueillir le plus possible de convives autour de la table.”

La mort faite culture, l’abandon de la pensée dans le vin faite civilisation. Au lieu d’une ouverture à Gaïa, voici l’idéologie de l’ouverture à l’égoïsme et à l’égocentrisme.

Quelle hypocrisie que de parler d’éveil des sens alors qu’il ne s’agit que de l’endormissement de tous nos sens par rapport à la vie, par rapport à Gaïa.

Pour ce type de gens, rien ne doit changer, l’esclavage des animaux doit se perpétuer. Voici justement comment ce « gastronome » analyse la question de l’apéro parisien « saucisson pinard »:

« Il est scandaleux que, faute de lieux privés où observer leur culte, des hommes soient contraints de prier sur la voie publique, qui plus est sans autorisation du ministère de l’intérieur (et des cultes), mais il est encore plus scandaleux que l’on s’en prenne au vin et au saucisson sous prétexte qu’ils sont instrumentalisés par un groupuscule fasciste et raciste.

Depuis quand colle-t-on des estampilles politiques sur des aliments aussi ordinaires que le vin et le saucisson dans une capitale où foisonnent en parfaite coexistence toutes les cuisines du monde ? Qui cherche à casser le consensus ? A qui profite l’anathème ?

En fait, dès lors qu’une communauté, qu’elle quelle soit, a privatisé un tronçon de l’espace public, cela devient un acquis auquel on ne peut plus toucher. Dire non, pas ça et pas comme ça, relève aussitôt de la provocation. Il faut se taire, s’écraser, la boucler. Il n’est que de voir les réactions d’hystéries, dans les deux camps, pour s’en inquiéter.

Jusqu’à nouvel ordre, le vin rouge et le saucisson sont des emblèmes inaliénables de la laïcité républicaine.

Cela peut paraître ridicule et dérisoire à première vue, mais ces valeurs-là ne sont pas négociables, car si nous cédons sur celles-là, demain, nous serons peut-être amenés à céder sur d’autres et à effacer des frontons de la République les trois mots qui n’auront plus l’heur de plaire à des citoyens s’étant un jour estimés victime de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité pour lesquelles sont tombés, non seulement nos pères, mais aussi ceux de ceux qui prient dans les rues de Paris et de Marseille. »

Pour ce gastronome, ses valeurs ne sont pas négociables. Les nôtres non plus. Et il s’imagine que la question « alimentaire » n’est pas question politique.

Et si elle l’est ; elle est une question politique par excellence, c’est-à-dire s’élevant jusqu’à la morale. Qu’est-ce que la politique en effet si ce n’est la question du choix de la morale ?

C’est donc une question de priorité, et notre priorité s’appelle : libération animale et libération de la Terre. Ce sont les critères pour comprendre le monde, pour savoir ce qui va dans le bon sens, et ce qui va dans le mauvais.

Inversement, voici comment le rédacteur en chef de « Riposte laïque » explique sa ligne, dans une interview à Marianne. Il parle justement de l’occupation du Quick Halal… Et évidemment il le fait dans une perspective totalement opposée à la nôtre…

Pourquoi avoir accepté d’organiser cela conjointement avec le Bloc identitaire, une organisation d’extrême droite à la réputation sulfureuse qui semble très éloignée des valeurs que vous défendiez jusqu’ici ?

L’islamisation de la France progresse. Et nous sommes consternés par la passivité des acteurs politiques, par la façon dont ils minimisent le phénomène. Dans la gauche, qui est notre camp, les laïcs et les féministes sont aux abonnés absents. Sur la burqa, ils n’ont pas bougé !

Si les socialistes étaient encore au pouvoir, il n’y aurait pas de loi sur le voile à l’école, et toujours pas de débat sur la burqa. C’est un constat désespérant : sur le sujet de la montée de l’islam et ses enjeux, la gauche est en faillite idéologique.
Alors une fois qu’on a dit ça, qu’est-ce qu’on fait ? On reste dans un splendide isolement et on demeure pur ? Ou on commence à agir ?

Donc, vous avez choisi de perdre votre pureté en vous associant au Bloc identitaire ?

On est obligés de regarder quelles sont les forces qui sont prêtes à faire quelque chose pour alerter les citoyens sur les enjeux de la montée de l’islam. Il n’y a pas grand monde qui soit prêt à le faire, ni à gauche, ni à droite.

Le bloc identitaire a mené quelques actions qui nous ont interpellés, par exemple sur l’histoire des Quick Halal [invasion d’un Quick halal par 70 personnes affublées de masques de cochons, ndlr] ou de la mosquée de Bordeaux [diffusion d’un bruyant appel à la prière dans les rues du quartier bastide à 6 heures du matin, ndlr].

On ne se reconnaît certes pas dans leur régionalisme et leur conception ethnique. Mais on a senti chez eux une volonté de se défaire de leur côté sulfureux et de se rapprocher d’une droite populiste à l’image de l’UDC suisse [parti ultraconservateur à l’origine de la votation suisse sur l’interdiction des minarets, ndlr].

Ce n’est pas sans rappeler la logique de la fondation Brigitte Bardot, qui ne cesse elle aussi de critiquer le halal en oubliant d’attaquer l’industrie…

La logique des anti-vegans, c’est : « tout doit changer pour que rien ne change. » Et pour finir justement notre propos, voici un article d’hier, au sujet d’un autre pique-nique.

Ce pique-nique là s’est déroulé également à Paris, la veille de l’apéro « saucisson-pinard. » Il est son contraire… Mais justement pas pour nous, en tant que vegans!

Des milliers de Parisiens au «pique-nique en blanc»

La seule condition pour participer était d’être habillé de blanc. Des milliers de Parisiens ont participé jeudi soir au pique-nique géant organisé dans le jardin du Carrousel à Paris. Le must de l’élégance et de la fête chic.  Pendant que d’autres regardaient le match de football, des centaines de personnes ont convergé entre 20 heures et 21 heures en un même endroit tenu secret jusqu’au dernier moment.

Le décor : tables de bridge, nappes blanches, chandeliers en argent, bouteilles de champagne et repas soigné. Depuis vingt ans, cet événement surprise remporte un succès croissant. Hier soir, plusieurs milliers de personnes ont fait bombance… avec l’autorisation implicite de la préfecture de police.

Apéro « saucisson-pinard », pique-nique « en blanc », halal… Aucune différence à nos yeux!

Earth First !

Pour en revenir à ce qu’est Earth First!, voici un aperçu historique que l’on retrouve dans la brochure “Pour la libération animale” (disponible en PDF ici).

Faisons également quelques précisions. Tout d’abord, il est évident que si nous avons repris le slogan “la Terre d’abord!” c’est que nous sommes d’accord avec le principe fondamental d’Earth First!: la planète doit redevenir bleue et verte, libre de toute interférence humaine.

Ensuite, il faut bien voir deux choses: d’abord, Earth First! n’est pas une organisation, mais un mouvement décentralisé. Et ce mouvement s’est développé principalement dans deux pays où la nature sauvage se voit reconnaître une certaine valeur par l’ensemble de la population (les USA et la célébration des grands espaces, l’Angleterre et le romantisme national ayant donné naissance à la culture anglaise).

La France est le pays des jardins à la française, et le principe de défense inconditionnelle de la nature se heurte totalement à l’opinion dominante. C’est ce qui fait que nous ne sommes pas un “Earth First!” France: il y a un énorme travail de fond à mener, alors que les éco-activistes des USA et d’Angleterre pouvaient profiter d’une base dès le départ.

Et de plus, le véganisme n’était pas une composante d’Earth First!, alors que désormais la cause de la libération de la Terre est de plus en plus reliée à celle de la libération animale. C’est un saut qualitatif très important, dans lequel nous nous retrouvons bien entendu.

a) Les origines de l’ELF dans les USA des années 1980-1990

“Nous combattons pour nous-mêmes, partant de nos propres frustrations, rage et désespoir… comme thérapie et aventure. Parce que ne rien faire ou se résigner à une vie aussi aliénante de travail et de consommation ne nous paraît pas suffisant.” (EF ! Action update, N°91, décembre 2003)

L’Earth Liberation Front (ELF) est une organisation décentralisée qui trouve son origine dans les luttes écologistes radicales de la fin des années 1970 et des années 1980, et dont la dynamique repose entièrement sur la critique du mode de développement capitaliste comme celui des USA.

Le premier groupe de l’ELF est ainsi né en Angleterre, dans la ville de Brighton, sous l’impulsion des membres d’Earth First ! (La Terre d’abord !), la principale organisation écologiste militante ayant historiquement existé dans le monde. Earth First ! fut créée en 1980 dans l’Arizona aux USA par différents activistes considérant qu’il était nécessaire de défendre les zones encore sauvages de la planète, et également d’avoir une analyse de l’environnement partant des intérêts de la planète.

Les analyses du groupe étaient publiées dans le magazine Earth First ! The Radical Environmental Journal, plus connu sous le nom de Earth First ! Journal.

L’une des références d’Earth First ! était Edward Abbey (1927-1989), l’auteur du roman « The Monkey Wrench Gang » (le gang simiesque à la clef anglaise) publié en 1975 et retraçant des aventures farfelues mais extrêmement détaillées d’un groupe menant des sabotages écologiques.

Le terme de « monkeywrenching » est désormais en anglais militant le synonyme d’ecotage (sabotage écologique). Abbey lui-même fut souvent invité aux premières réunions publiques de l’organisation et écrivit plusieurs articles.

D’autres références étaient les auteurs défendant les points de vue de la « deep ecology » (écologie profonde) comme Arne Næss, Bill Devall, et George Sessions. L’idée de base de l’écologie profonde est que toute vie sur terre a la même valeur, quelle que soit l’utilité que l’être humain pourrait en tirer.

Il s’agit de défendre l’écosystème dans son ensemble et donc d’entretenir des rapports écologiques avec la nature et les animaux, car l’humanité n’a pas le droit de toucher à l’intégrité de la biodiversité. L’écologie considère qu’il y a une trop grande interférence de l’humanité dans le monde non-humain et que la situation ne fait qu’empirer.

On retrouve une autre référence dans le nom de la réunion annuelle appelée « Round River Rendez-vous », tiré d’une phrase de « A Sand County Almanac » d’Aldo Leopold (1887-1948), un grand pionnier nord-américain de la conservation de la nature. « A Sand County Almanac » est un mélange de philosophie, de descriptions détaillées et d’histoire naturelle.

Une citation très connue est « A thing is right when it tends to preserve the integrity, stability, and beauty of the biotic community » (Une chose est juste quand elle tend à préserver l’intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique).

Dans le domaine scientifique l’époque est également celle où l’« hypothèse Gaia » commence à être sérieusement formulée et au moins relativement acceptée au sein de la communauté scientifique.

Développée dans les années 1960 par le chimiste anglais James Lovelock puis par le microbiologiste Lynn Margulis dans les années 1970, l’« hypothèse Gaia » consiste en la théorie que la planète terre est « vivante » et réagirait de manière systématiquement favorable à la vie (par exemple selon Lovelock en maintenant la température de la surface constante malgré l’augmentation de l’énergie solaire de 30% depuis l’apparition de la vie sur terre, en rendant constante la salinité de l’eau et toujours en dessous du taux de 5% ne permettant généralement plus la vie, en maintenant stable la composition atmosphérique alors que celle-ci devrait être instable).

Toute une gamme d’analyses scientifiques existe, allant de considérer que le processus de régulation est spontané et plus ou moins mécanique jusqu’au fait de considérer la terre comme une seule grande entité vivante maintenant les écosystèmes en équilibre plus ou moins consciemment.Les conclusions pratiques sont également multiples.

Pour certains il s’agit de protéger l’équilibre (position de Greenpeace voire de théoriciens historiques prônant le tout nucléaire pour empêcher le réchauffement de la planète), pour d’autres de ralentir le processus de destruction en attendant une prise de conscience, pour les partisans de l’arcologie il faut développer les techniques climatiques et architecturales pour ne plus rentrer en conflit avec la nature, pour tout un courant anarchiste appelé “primitivisme” il faut combattre l’intégralité de la civilisation et la détruire, pour d’autres anarchistes il faut décentraliser la société en un municipalisme libertaire, pour d’autres encore l’espèce humaine doit assumer un rôle spécifique de gestion de l’équilibre écologique et organiser une industrie écologique planifiée.

Ces deux dernières positions sont d’ailleurs les positions classiques communiste libertaire et marxiste, issu des deux romans d’anticipation du 19ème siècle où des militants socialistes vont dans le futur et reviennent raconter le monde nouveau : News from Nowhere (Nouvelles de nul part) de l’anglais William Morris publié en 1890, avec un monde totalement décentralisé, une pratique de l’artisanat artistique et du troc, et le modèle des communes populaires chinoises ou du projet d’« agroville » de l’URSS de Staline : Looking Backwards (Regards en arrière) du nord-américain Edward Bellamy, publié en 1885.

C’est dans cet esprit général mettant au premier plan le fait de vouloir sauver la planète que Earth First ! a été le premier groupe à avoir généralisé l’écotage – le sabotage écologique. Le slogan d’Earth First ! était très clair : « No compromise in defense of Mother Earth! » (Pas de compromis dans la défense de notre Mère la Terre !).

Au printemps 1985 l’organisation avait lancé un mouvement d’installation dans les arbres de la Willamette National Forest afin d’empêcher leur destruction. A partir de là l’organisation généralisa sa pratique de désobéissance civile et d’actions  d’oppositions aux entreprises de construction ou de destruction attaquant la nature.

Dave Foreman, un des fondateurs, publia la même année A Field Guide to Monkeywrenchig, un petit manuel de sabotage écologique. Le mouvement se radicalisa clairement et en 1990 une partie des fondateurs quittèrent Earth First ! pour fonder The Wildlands Project, un groupe associé à la revue Wild Earth.

Le noyau dur des fondateurs était en désaccord avec le tournant idéologique du mouvement, qui assumait ouvertement l’anarchisme et critiquait ouvertement certaines positions conservatrices, n’hésitant pas à remettre en cause la « vieille garde » (comme Abbey qui critiquait le complexe militaro-industriel mais était sexiste et opposé à l’immigration).

L’une des figures historiques, Dave Foreman, fit en partie ses mémoires dans « Confessions of an eco-warrior » Earth First ! cessa alors d’exister en tant qu’organisation pour devenir un mouvement ; on parle plus de partisans d’Earth First ! que d’Earth First ! en tant qu’organisation.

L’action des groupes consiste autant en des actions légales (campagnes de propagande, protestations, etc.) que de la désobéissance civile (occupations d’arbres, de routes, sabotage notamment des machines ou encore par l’installation de pointes de fer dans les arbres pour saboter les tronçonneuses, personnes s’enchaînant à des objets, encollages de serrures, etc.).

Un groupe Earth First ! se forma en Grande-Bretagne en 1990, mais de manière indépendante de l’organisation aux USA. Il existait déjà une solide tradition de lutte à la base à caractère environnementaliste, d’actions de résistance passive et de désobéissance civile. Les premières actions eurent lieu à Londres et à Liverpool (200 personnes bloquant les docks en raison de l’arrivée de bois tropical) et coïncidèrent avec une tournée de nord-américains d’Earth First ! en Angleterre.

Un camp permanent de protestation fut construit à Tyford Down dans le cadre de la lutte contre le programme gouvernemental de construction de routes, campagne très large (Newbury Baypass, l’A30, la M11 link, avec des rues entières de Londres occupées). Sur 600 projets de routes, 500 durent être abandonnés.

La première occupation d’arbres eut lieu à Jesmond Dean à Newcastle en 1993. Un document à ce sujet de l’Etat canadien présentant la menace « éco-terroriste » affirme que « des travailleurs de la construction ont été blessés par des dispositifs à fil-piège, et d’autres ont été la cible de tirs à l’arbalète ou sont tombés dans des fosses de type viêt-cong, tapissées de pieux acérés (pungee) ; du matériel a été endommagé ou incendié.

Un magazine, Éco-terroriste, a publié des plans détaillés pour la fabrication de mortiers, de bombes incendiaires et de grenades, et recommandé l’usage d’explosifs enfouis contre la police.

Earth First ! organisa également la lutte contre l’aéroport de Manchester, celle contre les OGM ; il est également considéré que le groupe est à l’origine de la formation de Reclaim the streets, parade techno contestataire dans les rues. Les dommages matériels n’étaient pas rejetés, mais c’est la désobéissance civile qui était plutôt mise en avant. Lorsque des actions dures étaient menées, elles l’étaient dans la nuit et attribuées aux « elfes » de l’ELF : l’Earth Liberation Front.

Frise historique écologie/véganisme

Voici donc une frise présentant les principaux faits marquant dans l’élaboration de la conception écologiste, de la conception végane, les deux étant bien entendu liées. Cette frise est également en ligne ici et sera améliorée au fur et à mesure!

1824: Fondation en Angleterre de la Société pour la Prévention de la Cruauté contre les animaux.

1847: Fondation en Angleterre de la Société Végétarienne, naissance du mot « végétarien. »

1889
: Publication en Angleterre des « Nouvelles de nulle part » de William Morris.

1903-1910: série d’affrontements à Londres opposant médecins et étudiants en médecine d’un côté, syndicalistes, féministes et opposants aux tests sur les animaux de l’autre.

1926: Publication en Union Soviétique de l’ouvrage « Biosphère » de Vladimir Vernadsky.

1944: Fondation en Angleterre de la Vegan Society, naissance du mot « vegan. »

1964: Fondation en Angleterre de l’Association des Saboteurs de la Chasse.

1972: Fondation aux USA de Move, organisation afro-américaine écologiste radicale.

1972: La Chine populaire annonce que les communes populaires doivent pratiquer l’utilisation intégrale des matériaux afin d’éliminer les déchets en les revalorisant.

1974: en Inde, les femmes du mouvement Chipko protègent les arbres pour empêcher leur abattage.

1975: Parution aux USA de « La libération animale » de Peter Singer, ainsi que du roman « La gang de la clef à molette » d’Edward Abbey.

1976: Fondation en Angleterre du Front de Libération des animaux, structure décentralisée pratiquant des actions illégales.

1979: publication aux USA de « The Quest for Gaia » qui résume les thèses de James Lovelock et Lynn Margulis.

1980: Fondation aux USA de PETA (People for the Ethical Treatment of Animals), ainsi que d’Earth First!

1982: Fondation en Angleterre de l’Animal Rights Militia, structure décentralisée pratiquant des actions illégales.

1983: Sortie aux USA du film Koyaanisqatsi.

1988: Sortie de l’album « We’re Not in This Alone » du groupe Youth of Today, avec notamment la chanson « No more. »

1990: Sortie aux USA du maxi 45 tours du groupe punk « Vegan Reich » intitulé « Hardline » ; début du mouvement hardline, prônant un mode de vie vegan straight edge, le respect de toute vie et la violence pour défendre celle-ci.

1990: Fondation en Angleterre d’une section d’Earth First!

1993: Fondation en Angleterre du Justice Department, structure décentralisée pratiquant des actions illégales.

1993: Sortie de l’album « Firestorm » (avec notamment la chanson éponyme) du groupe Earth Crisis, expression de la culture nord-américaine vegan straight edge radical.

1995: Congrès du mouvement autonome allemand à Berlin. Tentative (qui échoue) de faire passer le mouvement du principe de la “triple oppression” (capitalisme, sexisme, racisme) à celui de “Unity of Oppression” (Unité des oppressions, en intégrant l’exploitation animale).

1996: Fondation aux USA du Front de Libération de la Terre, structure décentralisée pratiquant des actions illégales.

1996: aux USA Gary Francione critique Peter Singer, la ligne « welfariste » du mouvement pour les animaux et prône « l’abolitionnisme. »

1997: Sortie de l’album « The Shape of Punk to Come » du groupe Refused, expression de la vague vegan straight edge en Suède à partir de la ville d’Umeå.

1998: Quasi fin du mouvement hardline, les derniers groupes assument un “Islam révolutionnaire.”

1999: Un groupe marxiste (conseilliste) anglais publie « Beasts of Burden: Capitalism, Animals & Communism » et prône l’intégration au marxisme de la libération animale.

1999: Fondation en Angleterre de SHAC (Stop Huntingdon Animal Cruelty), campagne de harcèlement des personnes et sociétés liées au laboratoire Huntingdon Life Sciences.

2000: première publication aux USA de la revue Green Anarchy.

2002: à sa convocation par une commission du Congrès aux USA, Craig Rosebraugh porte-parole de l’office de presse de l’ELF refuse de répondre à 54 questions sur 56 et accuse le gouvernement US d’être « l’une des plus horribles organisations terroristes de l’histoire planétaire. »

2009: aux USA Steven Best critique Francione et prône la ligne de la libération animale et de la libération de la Terre, en alliance avec d’autres forces révolutionnaires.

Umeå et son rôle dans l’émergence de la culture vegan straight edge

L’action qui a eu lieu en Suède à Umeå mérite d’être particulièrement mentionnée. Evidemment, la destruction par les flammes d’un club de chasseurs (voir les photos ici) n’a rien de particulièrement original pour la Suède, où le Front de Libération des Animaux est fort, tout autant que le véganisme.

Mais justement, la ville d’Umeå n’est pas n’importe quelle ville: elle est la principale ville du nord de la Suède. Le nord de la Suède n’a que peu d’habitants, sa tradition politique est très à gauche, très marquée par le communisme, en raison de la grande base ouvrière (en fait la Suède s’est enrichie avec sa neutralité pendant la seconde guerre mondiale, grâce aux minerais du nord). C’est également en pleine Laponie, et les Samis (vrai nom des « Lapons ») ont été et sont encore opprimés.

Et cette ville d’Umeå justement est devenue dans les années 1990 le bastion du mouvement straight edge, en tout cas en Europe, si ce n’est dans le monde. La Suède a peut-être le seul pays véritablement marqué par la scène vegan straight edge, qui a existé à un moment comme véritable alternative culturelle. Si le mouvement s’est essoufflé, le veganisme et le mode de vie straight edge forment encore une grande tradition.

L’une des figures culturelles de cette scène vegan straight edge d’Umeå a été le groupe Refused, notamment avec son album The Shape of Punk to Come. Le nom de la ville est également celui d’un album du second groupe de référence du « northcore straight edge »: Final Exit.

Billy Graziadei, du groupe hardcore Biohazard, a affirmé à cette époque: « Umeå est la capitale du hardcore en Europe. Nous aimons cet endroit. Je pense que les groupes d’Umeå  croient en ce qu’ils chantent plus que dans n’importe quelle autre endroit du monde. Et je ne pense pas qu’aux groupes Straight Edge comme Refused, Doughnuts et Final Exit. Il y a une honnetêté dans la musique ici qui est connue dans le monde entier. Ils savent ce qu’ils veulent. »

A noter que la Laponie suédoise, toujours dans la même veine contestataire, a également produit le « Kängpunk », le punk des bottes, punk ultra rapide (influencé par le « disbeat » à la Discharge) extrêmement critique par rapport à la société et très engagé.

Front de Libération de la Terre

Steve Jones, un membre du comité d’administration de la Bank of America, le principal investisseur des Etats-Unis pour les mines de charbon à ciel ouvert dans les montagnes, a vu sa maison en Caroline du Nord visité deux fois par le Front de Libération de la Terre, à deux semaines d’intervalles. Les activistes ont commis de mineurs actes de vandalisme (autocollants, peinture noire, etc.) comme avertissement. La Bank of America locale a également été visée.

La couleur noire a été choisie (au lieu du rouge traditionnel) comme symbole de la pollution causée par les mines dans le Tennessee. L’exploitation des mines de charbon à ciel ouvert dans les montagnes est combattue depuis longtemps par les activistes pour la planète aux USA (ici un PDF avec une petite liste des films, articles, livres et sites à ce sujet).

L’opération nécessite en effet la déforestation, la destruction de toute vie locale, la démolition continue de la montagne à coup d’explosifs, le passage incessant de camions, la destruction des ruisseaux et de toute nature dans l’environnement immédiat, la pollution continue de la région, etc.

Ici on a quelques photos des activités d’une telle mine en France, là de très impressionnantes photos de la mutilation des montagnes.

Le communiqué se termine par: « Pour les enfants, pour les ours, pour les montagnes, pour les loups, pour les poissons, pour notre mère [=la Terre], nous reviendrons. Front de Libération de la Terre. »

Ici le communiqué original en anglais, publié le 17 juillet par l’office de presse de l’ELF pour l’Amérique du Nord:

North Carolina: Steve Jones, a member of the board of directors for Bank Of America, the United States’ primary investor in mountain top removal coal mining, had his house visited twice during the night recently.

On the eve of the Summer Solstice, we visited him the first time, smashing the front window on the cute lamp in his driveway and leaving a sticker on the post to let him know why we’d visited. Also on this night we glued the locks and put stickers on a Bank Of America branch in his town. 2 weeks later, on the eve of the full moon we returned to his house and smashed to bits the rest of the lamp and splattered black paint all over the sign with his address/mail box and steps/walkway.

Animal rights activists have long used red paint to mark murderers of many sorts; we chose black paint because it is black like the coal sludge that covers Tennessee, making the earth toxic in a disaster said to be worse than the Exxon Valdez spill. This disaster was uncommon only in that it got press coverage.

It is black like the water that comes out of the taps when people in effected communities turn on their taps for water. And it is black like your heart. For the kids, for the bears, for the mountains, for the wolves, for the fish, for our mother, we will be back. ELF.