• Le bilan de la COP23

L’effondrement de la barrière de corail

La grande barrière de corail est une sorte de vaste entité vivante de 2300 kilomètres de long, le réchauffement climatique provoque sa mort en raison de l’augmentation de la température de l’eau. En effet, les algues meurent et cela est visible par le blanchissement des coraux, une fois les organismes vivants étant morts.

Le gouvernement australien a fourni hier des données, qui ont largement été diffusé par le suite par les médias.

29 % des coraux de la grande barrière de corail sont morts en 2016. C’est une catastrophe générale.

Et pour expliquer toutefois la mentalité relative à cette information, citons Russell Reichelt, qui dirige l’autorité administrative du parc marin de la grande barrière de corail :

« Nous sommes très inquiets de ce que cela signifie pour la grande barrière de corail elle-même et ce que cela veut dire pour les communautés et les industries en dépendant. »

Difficile de faire plus anthropocentriste, alors que qui plus est le panorama sera le même à la fin de 2017, comme c’est déjà prévu :

« La quantité de coraux qui ont péri lors du blanchissement de 2016 est en hausse par rapport à notre estimation initiale et, actuellement, bien que les rapports soient en cours de finalisation, nous nous attendons à voir un recul supplémentaire de la couverture corallienne à la fin 2017. »

Pourtant, il est flagrant que l’activité humaine a un impact : dans la localité touristique de Port Douglas, 70 % des coraux sont morts, alors que la situation est très grave dans les régions touristiques de Cairns et Townsille.

Voici d’ailleurs un exemple de photographie anthropocentriste mise en avant par l’autorité du parc marin, au nom des « femmes dans la science » : cette esthétique est d’une niaiserie insupportable par rapport à la gravité de ce qui se déroule.

Comment l’humanité dans cinquante ans regardera-t-elle nos générations actuelles, si ce n’est comme des arriérés, des primitifs ?

D’ailleurs, et cela aussi aurait dû permettre une remise en cause de l’anthropocentrisme, en 2015 un « Reef 2050 plan » avait été mis en place. L’UNESCO avait menacé de placer la grande barrière de corail comme un héritage menacé et un plan de sauvegarde a été mis en place.

Mais ce plan n’a plus aucun sens alors qu’en deux ans, 50 % du corail vient de mourir…

D’ailleurs, en 2010 nous parlions des agressions en série contre la grande barrière de corail ; en 2011, nous parlions du fait qu’à l’horizon 2030 60% des coraux de la grande barrière mourraient à ce rythme là…

La catastrophe s’accélère.

C’est, peut-être, là un tournant dans l’histoire de l’humanité. La passivité devant la destruction de la Nature, le refus de voir à un autre niveau que son petit moi, la soumission aux valeurs de compétition et de concurrence, tout cela provoque une série de réactions en chaîne sans commune mesure.

La crise écologiste est inévitable et il s’agit de savoir si, à l’avenir, il y aura bien une partie de l’humanité impulsant une logique entièrement différente, assumant comme principe : la Terre d’abord !

60% des récifs coralliens menacés de disparition à l’horizon 2030… la quasi totalité en 2050

La semaine dernière sur les côtes américaines du Golfe du Mexique, on a trouvé de nombreux cadavres de bébés dauphins, pour un total de 18 pour les deux derniers mois. On a également trouvé 8 cadavres de dauphins adultes.

On l’aura compris, c’est un effet de la marée noire qui a eu lieu dans cette zone, suite à la catastrophe du Deepwater Horizon.

Les coraux sont également concernés, bien entendu. L’expédition Lophelia II a constaté que sur des zones entières, les coraux sont morts, il ne reste plus que leurs squelettes. Et ils sont mort récemment, les squelettes étant encore recouverts de poussière brune…

Voici une carte de l’implantation des récifs coralliens, qui se situent dans une zone où la température est autour de 20°.

On considère qu’actuellement, avec le réchauffement climatique (provoquant l’acidification des mers) et les diverses activités humaines en général (tourisme, pêche notamment au poison et à la dynamite, pollution, développement côtier…), 75% des récifs coralliens sont menacés.

Voici une carte montrant la situation sur notre planète. En jaune il y a des modifications de la température (un stress thermique) et les points violets marquent les zones où les coraux dépérissent.

C’est un bilan « officiel », rédigé sous la forme d’une « Révision des risques sur les récifs coralliens » réalisée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement avec différentes autres structures.

En fait, il est même considéré que 30% des récifs coralliens sont déjà en état de grande souffrance, et que d’ici 2030, ce sont 60% des récifs coralliens qui auront disparu !

Voici une carte des prévisions du blanchissement du corail, c’est-à-dire son dépérissement.

Voici un tableau présentant les principaux dangers (hors réchauffement climatique) dans la période actuelle.

Voici maintenant deux tableaux concernant le réchauffement climatique. Voici déjà les températures de l’eau et de l’air telles qu’elles sont prévues.

Voici maintenant les prévisions d’acidification en raison du réchauffement climatique.

D’ici 2050, la quasi totalité des récifs coralliens aura, si l’on continue comme cela, disparu. C’est l’océan qu’on assassine, ni plus, ni moins, et voici un tableau présentant les prévisions pour chaque zone.

Ce tableau présente plus précisément la dangerosité de la situation. La première colonne présente la situation actuelle, la seconde celle prévue pour 2030, la troisième pour 2050. En noir la situation est critique, en rouge la situation est très mauvaise.

Quand on pense que l’année 1997 avait été « année Internationale des récifs coralliens » on voit bien qu’il faut régler les problèmes à la base, sans quoi on court à la catastrophe.

D’ailleurs, si l’on s’inquiète pour les récifs coralliens, c’est en fait uniquement parce qu’ils abritent un très grand nombre de vies – et que ces vies sont utilisées comme nourriture par environ un demi milliard d’êtres humains. 275 millions de personnes vivent même directement autour de ces coraux, dans un rayon de 30 kilomètres.

Pour l’instant, les populations de neuf pays sont particulièrement concernées et menacées : celles des Comores, des îles Fidji et Kiribati, de Grenade, de Haiti, du Vanuatu, de Tanzanie, d’Indonésie, des Philippines.

A cela s’ajoute que les récifs coralliens protègent les littoraux d’une centaine de pays, sur 150 000 kilomètres de côtes.

Bref, comme on le voit aisément, les humains détruisent la planète leur permettant de vivre. Au lieu d’acquérir une nouvelle perspective – le véganisme et l’harmonie avec Gaïa, les humains vivent dans le chaos, au jour le jour, célébrant différences nationales et exploitation.

Ceci ne doit pas nous conduire à la misanthropie – nous sommes également des humains. Ni à l’apathie – cela serait trahir notre planète. C’est pleine d’intelligence et de rage que doit être notre pensée… Pas de compromis dans la défense de notre mère la Terre!

Agression en série contre la grande barrière de corail

La grande barrière de corail, au large de l’Australie, est le plus grand récif corallien du monde, d’une taille de 350 000 km², avec 350 espèces de coraux.

Le corail étant un animal, il s’agit donc de la plus grande structure vivante du monde. Qui est bien évidemment menacée, comme en témoignent les deux dernières agressions contre elle qui sont hautement symboliques.

Ainsi hier un capitaine sud-coréen d’un cargo sous pavillon panaméen, ainsi que deux autres membres d’équipages, ont été condamné à payer 70.000 dollars australiens (soit un peu plus de 48.000 euros) pour avoir traversé la « zone interdite. »

Le navire MV Mimosa avait tout simplement décidé de… prendre un raccourci! Et cela sans gêne aucun alors qu’il n’y a même pas quinze jours, un autre cargo, le Shen Neng 1, s’échouait sur un banc de sable dans la même zone!

Le Shen Neng 1 transportait 68.000 tonnes de charbon et il a laissé échapper trois tonnes de carburant (sur les 1000 tonnes de fioul)… Soit une nappe de pétrole de 3 km de long sur 250 m!

La coque a également profondément entaillé le corail, et évidemment… la peinture de la coque était toxique!

Les dégâts qu’il a causé mettront, selon les études, au moins 20 ans à se résorber.

Il a depuis été renfloué et le carburant perdu a été pompé ou dispersé avec… des produits chimiques.

Officiellement une « grosse fatigue » de l’officier de quart est à l’origine de l’erreur de parcours (d’une quinzaine de kilomètres). Et il est tout à fait vraisemblable qu’il n’ait dormi que 2 heures 30 pendant les dernières 37 heures.

Car dans la course au profit, il n’y a pas de place pour la vie. Tout doit être sacrifié pour que les marchandises circulent, la vie elle-même étant marchandise. C’est un cercle vicieux où l’accumulation l’emporte sur toute pensée et tout sentiment.

Et justement il est très symbolique que le navire Shen Neng 1 ait comme armateur Shenzhen Energy Transport, qui dépend de la ville de Shenzen: une ville chinoise littéralement sortie du sol dans les années 1980 en tant que « zone économique spéciale » afin que le capitalisme se développe le plus vite possible!

On ne s’étonnera pas dans ce contexte que les médias chinois ont bien appris de nos médias à nous, et modifient quelques chiffres: les 1.000 tonnes de fioul deviennent 950, les 350 mètres de large de la nappe de 3 kilomètres deviennent 100 mètres, les trois tonnes de carburant qui se sont échappées se transforment en deux tonnes…

Que ce soit en pratique comme au niveau des informations, de la vision du monde ou de la culture: tout sert l’accumulation forcenée. Le modèle de société faisant que la vie est marchandise se diffuse dans le monde entier, formant un modèle destructeur et s’attaquant désormais à tout ce qui vit, même une barrière de corail au bout du monde…