• Nicolas Hulot et son garage

La question des « espèces invasives »

L’île de Portland se situe tout au sud de l’Angleterre ; on y trouve un peu plus de 12.000 personnes qui y habitent, et elle est reliée à l’Angleterre par un étonnant « tombolo » de galets, appelé Chesil Beach.

Mais cette petite île a une autre particularité : une grande superstition par rapport aux lapins. Le mot « rabbit » n’est jamais prononcé ; à la place on parle sur l’île des « choses poilues aux longues oreilles » (Long-Eared Furry Things) ou bien des « moutons souterrains » (Underground Mutton).

Cette superstition provient vraisemblablement du travail dans les carrières, les lapins s’enfuyant avant qu’il y ait un effondrement, ils étaient ainsi accusés d’en être à l’origine ou, en tout cas donc, au moins de porter malheur.

Lorsqu’en 2005 est sorti le film « Wallace et Gromit : Le Mystère du lapin-garou », le titre du film a été changé (il faut dire qu’en anglais c’était « The Curse of the Were-Rabbit » soit « La malédiction du lapin-garou »!). A la place du vrai titre, on avait « Something bunny is going on » (en gros, « il se passe quelque chose de pinpin »).

Si nous parlons de cela ici, c’est qu’en Grande-Bretagne a été publié une étude sur l’impact des « espèces invasives », disponible ici au format PDF. Les activités humaines ont en effet amené des espèces à se retrouver loin de leur écosystème, et il y a des conséquences.

Qu’est-ce qu’une « espèce invasive » ? Voici une définition d’une « Direction Régionale de l’Environnement »:

On entend par « Espèce Invasive » ou « Espèce Exotique Envahissante », une espèce (animale ou végétale) exotique (allochtone, non indigène) dont l’introduction par l’homme (volontaire ou fortuite) sur un territoire menace les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques, économiques ou sanitaires négatives.

Ces espèces peuvent devenir dangereuses pour les écosystèmes originels lorsqu’elles accaparent une part trop importante des ressources ou de l’espace dont les espèces indigènes ont besoin pour survivre, qu’elles se nourrissent directement des espèces indigènes, ou qu’elles modifient la structure même de l’écosystème.

Les espèces exotiques envahissantes sont à présent reconnues comme la deuxième cause de perte de diversité biologique dans le monde, après la destruction directe des habitats.

Ici, les lapins ont été amenés par les romains en Grande-Bretagne. Dans l’étude, ils sont présentés comme un exemple majeur « d’invasion » et évidemment, cette étude part uniquement de l’angle économique.

En fait, l’idéologie dominante fait qu’on ne « découvre » la nature que lorsqu’elle est utilisable. En l’occurrence, on « découvre » ces « espèces invasives » parce qu’elles coûteraient 308 millions d’euros par an à l’économie de la Grande-Bretagne.

Dans un même genre, les rats sont accusés de coûter 72 millions d’euros, et la renouée du Japon, 116 millions d’euros.

A côté du lapin, cette plante est d’ailleurs considérée en Grande-Bretagne comme l’espèce invasive la plus « nocive. » Historiquement, elle a été introduite en Europe au 19ème siècle, comme plante ornementale des jardins, et aujourd’hui elle fait partie du « top 100 » des espèces invasives dans le monde.

On peut voir ici un site consacrée à ce « top 100. »

La question des « espèces invasives » est une question très importante, et très difficile.

En effet, d’un côté on doit considérer que ces espèces nuisent aux autres espèces, et donc qu’elles sont « coupables. » Sauf que cela est abstrait, car c’est l’humanité qui est responsable d’avoir semé le chaos dans les écosystèmes…

A cela s’ajoute, en arrière-plan, une question essentielle. Car on peut facilement deviner que l’extrême-droite peut arriver ici en disant : voyez, le monde est composé d’écosystèmes et il ne faut pas « d’invasions. »

Sauf que cela est une vision totalement anti-écologiste. Quand on connaît la nature, on sait très bien qu’elle est en mouvement. C’est justement le principe de « Gaïa » : la Terre est un lieu de vie, elle est un tout en mouvement.

En Gaïa, les choses n’existent pas indépendamment les unes des autres. Au sens strict, il n’y a pas d’invasion, mais un mouvement de fond, tendant vers la vie. D’ailleurs, qui pourrait sérieusement dire aujourd’hui que le chat venu de Mésopotamie est un « immigré », un « envahisseur » ?

Nous reviendrons sur cette question des espèces invasives, qui posent la question des dangers provoqués par l’humanité pour la nature et ses équilibres, comme de savoir comment et jusqu’à quel point intervenir pour « rattraper nos conneries. »

Inévitablement, cela sera une question très importante de ce 21ème siècle.

Nouvelle exploitation des moutons de l’île de Soay

Quand l’on porte un regard critique sur le mouvement “écologique”, l’on constate très facilement, et très rapidement, que l’exploitation animale fait partie du côté « écolo-naturel.” Ainsi, les chevaux de trait ou la viande bio font partie de la démarche des « écolos.”

La nouvelle lubie de l’écologie, pour protéger la planète, est d’utiliser des moutons pour tondre les pelouses. Et tout comme le précise cet article, l’écologie n’a effectivement “pas fini de surprendre”…

Sauf que le ton de l’article est complaisant et absolument pas critique envers cette nouvelle pratique. Le mouton étant tout de même assimilé à un objet :

Son poids peut varier de 12 à 25 kilos, sa hauteur atteindre 50 cm. Elle ne nécessite aucun entretien harassant, ni de faire le plein d’essence ou d’être branchée sur une prise électrique. Cette solution miracle est… le mouton !

L’association à l’origine du projet Naturama ne fait pas beaucoup mieux en parlant de « location de mouton Soay.”

Comme d’habitude, la crise climatique est un très bon alibi pour prendre encore les animaux en otage. Exploitant les côtés écologique et économique de cette méthode, les moutons ne servent qu’à se donner une bonne conscience « d’activiste écolo » afin de soi-même ne surtout pas agir directement pour protéger Gaïa.

L’aspect naturel prôné à tout va par les écolos n’est qu’une bonne excuse pour asservir les animaux. En outre, il ne reste qu’un millier de ce type de moutons dans leur zone d’origine, au Royaume-Uni. La volonté de vouloir sauver ces moutons est donc mise en avant.

Le site belge du mouton de l’île de Soay propose une présentation intéressante et complète de l’animal, mais malheureusement l’aspect exploitation est bien présent pour ces moutons présentés comme “peu exigents en soins et en besoins alimentaires.”

On notera que le directeur du projet Christophe Darpheuil, qui envisage d’embaucher un berger pour faire face à l’afflut de « commandes », explique que « C’est vraiment une espèce difficile à apprivoiser car elle redevient facilement sauvage et très difficile à attraper en fin de tonte. C’est un vrai rodéo auquel seul un berger professionnel pourra remédier.”

On se demande donc bien où est le côté « naturel » dans le fait d’exploiter des moutons qui restent sauvages s’ils ne sont pas dominés par l’espèce humaine ! La contradiction est très nette!

Comme avec tous les phénomènes de mode, de nouvelles pratiques apparaissent. Vouloir lutter contre le réchauffement climatique et protéger notre Terre est quelque chose de sérieux et important. Cela ne doit certainement pas se faire aux dépens des animaux. Les animaux sont les enfants de Gaïa, les exploiter au nom de l’écologie est irrespectueux. Et des animaux, et de Gaïa!

Des antispécistes s’invitent à la fête des bouchers d’Ile de France !

Nous parlions du Barbecue géant à Paris dans un article il y a quelques jours; des activistes se sont invités à cette triste “fête.” Voilà leur compte-rendu, alors que des photos sont disponibles ici.

Aujourd’hui avait lieu sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris un barbecue géant et gratuit organisé par les fédérations des boucheries d’Ile-de-France et sponsorisé (entre autres) par la Ville de Paris, la région Ile de France, le Centre d’Information des Viandes (le CIV) qui depuis la rentrée mène sans vergogne une campagne pro-viande en s’introduisant directement dans les établissements scolaires.

Ce dimanche, le parvis de l’Hôtel de ville avait donc été transformé en boucherie géante. Au programme, le sacrifice de trois bœufs, un veau et dix agneaux rôtis sur place, une grande dégustation de cadavres, des stands de propagande niant l’exploitation et la souffrance engendrées par la consommation de viande.

Un bel endoctrinement pro-viande qu’une dizaine d’antispécistes ne pouvaient pas laisser passer sans réaction.

Pendant 45 minutes nous avons occupé le terrain, nous postant au beau milieu du parvis avec nos panneaux “Viande = meurtre”, “Abolition de la viande”, “Non à la peine de mort” et des centaines de tracts “Pourquoi refuser de manger la viande ?”, “La place accordée aux animaux” du réseau antispéciste et “Abolissons la viande.”

Aussitôt arrivé-e-s, nous nous sommes placé-e-s entre la rôtisserie géante et la tonnelle de dégustation. Nous avons eu la chance d’arriver juste au moment de la cérémonie de remise des diplômes d’artisans bouchers et de la séance photos, détournant aussitôt une nuée de photographes vers nos panneaux.

Le timing était parfait ! Malgré plusieurs provocations verbales proches du ridicule, des discussions constructives ont eu lieu.

Après 45 minutes de présence, la police, appelée à la rescousse par les organisateurs nous a gentiment demandé de partir avant d’être convié-e-s au commissariat. Nous avons préféré obtempérer. Bref, une action courte mais loin d’être inutile : nos panneaux ont été vus par des centaines d’individus, notamment par les apprentis bouchers qui posaient pour les photographes (!), par leur famille et par le nombreux public qui se trouvait là.

Merci aux antispécistes qui ont « participé » à la fête. Nous pensons qu’il est important  de montrer notre mécontentement lors de telles occasions.

L’écureil de Corée en Ile de France et en Picardie

L’écureuil de Corée prolifère dans les animaleries, mais ses abandons dans la nature en raison de son statut d'”objet” par conséquent “jetable” ont de graves conséquences: on compte aujourd’hui en Ile-de-France et en Picardie une dizaine de sites où il est fortement présent etil y a donc risque pour la biodiversité…

Ici un article d’un grand quotidien, qui présente naturellement l’animal comme le fautif de tout cela, ou encore à la limite les animaleries au lieu de critiquer le principe même des animaleries et ce qui les fait exister…

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