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Campagne internationale de solidarité pour les prisonniers de la bataille de Khimki !

Une campagne internationale est lancée en solidarité avec les prisonniers de la bataille de Khimki ! La Terre d’abord relaie cet appel et appelle ses lecteurs et lectrices à soutenir cette campagne !

Une campagne pleine de sens sur tous les points. La conception de construire une autoroute à travers une forêt, pour ensuite la tronçonner petit à petit, est exactement ce qu’il faut combattre pour reconnaître enfin que la nature a une valeur en soi.

L’entreprise qui doit s’occuper du chantier est une filiale de l’entreprise Vinci… Qui est le numéro un mondial de la construction et des concessions d’autoroutes, de ponts, de parkings, de réseaux d’énergie…

C’est tout un symbole du caractère international mais donc aussi français du bétonnage. C’est pour le profit que l’on bétonne… C’est pour le profit qu’il est prétendu que le béton est « civilisé » et la nature « barbare. »

Il s’agit aussi de montrer sa solidarité avec des gens qui mettent leur vie en jeu en défendant la forêt, puisqu’ils doivent faire face à un Etat ultra-répressif et aux commandos fascistes.

La Russie est en effet un pays où les commandos fascistes sont très actifs : rien que dimanche dernier (le 29 août) un commando d’une centaine de nazis ont attaqué un festival rock à la barre de fer, allant jusqu’à poignardant une jeune de 14 ans.

Les commandos fascistes agressent ainsi les opposants à l’autoroute, et à ce titre une émeute antifa avait eu lieu contre les bâtiments administratifs. Rappelons au passage que non seulement la forêt de Khimki avait été le lieu où l’avancée nazie en URSS avait été stoppée, mais que le mémorial aux partisans a justement été détruit pour permettre la construction de l’autoroute.

L’Etat russe réprime bien évidemment sans cesse les opposants, généralisant les coups de pression.

Et si d’un côté le président russe Medvedev a apparemment pris le contre-pied de son premier ministre Poutine en décidant de « geler » le projet d’autoroute (voir la vidéo mise sur son blog le jeudi 26 août…

« Bien que la construction de l’autoroute ait fait l’objet d’une décision gouvernementale ad hoc et de délibérations judiciaires, nos citoyens, dont les représentants des partis politiques à commencer par Russie Unie jusqu’aux mouvements d’opposition, les associations sociales et les experts estiment que ce projet a besoin d’un examen supplémentaire. »

….de l’autre côté, quelques jours après, le dimanche, l’activiste Nikita Tchernobajev a été arrếté dans la banlieue de Moscou pour participation à l’émeute antifa et il a été torturé, notamment avec un sac autour de la tête pour l’empêcher de respirer. Il est désormais à l’hôpital.

Voici l’appel de la campagne internationale :

Liberté pour les otages de Khimki!

Appel à des Journées d’action internationales pour Alekseï Gaskarov et Maxime Solopov

Les 17-20 septembre 2010

Le 28 juillet 2010 plus de 200 personnes, jeunes antifascistes et anarchistes ont mené une manifestation spontanée devant la mairie de Khimki (la banlieue nord de Moscou), à la défense de la forêt de cette ville qui a été abbattu au profit du grand business. L’action lors de laquelle plusieurs vitres ont été brisées, a trouvé un large écho.

De leur côté, les autorités y ont répondu par des répressions. Au lendemain de l’action deux militants des mouvements sociaux connus, Alekseï Gaskarov et Maxime Solopov ont été arrêtés. Ils sont menacés de 7 ans de prison pour vandalisme bien qu’il n’y ait pas de preuves de leur complicité à des actes illégaux. D’autres militants, surtout des antifascistes, subissent des poursuites policières.

La lutte pour la conservation de la forêt de Khimki dure déjà depuis trois ans. D’après les projets des autorités, c’est à travers de cette forêt que doit être construite l’autoroute à péage Moscou-St-Petersbourg, la première de tel type en Russie; ce qui menera à une dégradation de la situation écologique locale et privera les moscovites et les banlieusards d’une zone de recréation en plus.

Malgré l’existence des plans alternatifs pour l’autoroute qui permettraient de se passer d’une déforestation et au dépit des protestations actives des écologistes et de la population locale, les autorités ont refusé d’y prêter l’oreille. Au contraire, elles ont fait plusieurs démarches visées à imposer le silence aux contestateurs.

Plus d’une fois les autorités de Khimki (en concertation avec la compagnie de bâtiment chargée des travaux) ont recouru à la violence contre les défenseurs de la forêt de la ville: en négligeant l’opinion publique, en refusant de permettre des actions de protestation, en appellant les nationalistes à disperser les piquets des écologistes et des habitants de la ville, en arrêtant illégalement et en attaquant les journalistes.

Les “personnes inconnues” ont mutilé le rédacteur en chef du journal local “Khimkinskaïa Pravda” Mikhaïl Beketov qui avait âprement critiqué les autorités, et ils ont assassiné le metteur en pages d’un autre journal d’opposition, Sergueï Protazanov.

Après l’action du 28 juillet 2010 la police russe et les services secrets ont déclenché une chasse aux antifascistes sans précédents. Les personnes une fois signalées à l’attention du Centre anti-extrémiste et du Service fédéral de sûreté (l’ex-KGB) en tant qu’antifascistes, sont amenées de force aux interrogatoires, les visites à domicile illégales se tiennent chez eux; il y a des cas des pressions physiques atroces pour arracher des dépositions dont l’instruction a besoin.

Ayant peur d’une vague montante des protestations contre la déforestation, les autorités ont enfin reculé en exprimant la volonté de reviser le projet de l’autoroute. Mais il n’y a pas lieu de crier victoire. Alekseï Gaskarov et Maxime Solopov sont toujours en prison sans droit, pris en ôtage par les autorités.

A la fin septembre se tiendra la prochaine audience pénale qui devra prononcer sur une mise en liberté d’Alekseï et de Maxime dans l’attente du jugement. Tous ceux qui s’inquiètent de leur sort, doivent faire tout leur possible pour les arracher de la prison. La Campagne pour la mise en liberté des ôtages de Khimki appelle à des Journées d’action internationales les 17-20 septembre 2010 pour mettre de la pression sur les autorités russes en vue d’obtenir la libération d’Alekseï et de Maxime.

Nous appelons à organiser des manifestations devant les ambassades, les consulats, les missions économiques et culturelles de la Fédération de Russie, aux événements publics et culturels qui ont des rapports à la Russie, tout comme d’envoyer des télécopies et des lettres au tribunal, au Parquet et au gouvernement russes (la journée principale de la campagne fax sera lundi le 20 septembre).

Les adresses nécessaries et les détails supplémentaires sur les répressions en Russie seront bientôt communiqués. Vous pouvez les trouver aussi sur notre site web: http://khimkibattle.org en anglais, allemand, français et russe.

Unissez-vous à l’action!

Campagne pour la mise en liberté des ôtages de Khimki

Tel.: +7 (915) 053-59-12

http://khimkibattle.org

Les transferts d’argent en Russie étant assez fastidieux, un compte en banque en Allemagne a été ouvert afin de permettre d’exprimer sa solidarité financièrement :

A. Hoffmann | Kto.-Nr. 408352201
Postbank Hamburg | BLZ 20010020
Stichwort / mot-clef : Russland

Voici deux bannières et une image animée qu’il est possible de reprendre sur les sites et les forums afin d’exprimer sa solidarité (on peut par exemple mettre un lien avec cette page-ci: http://laterredabord.fr/?p=6311) ou bien plus directement avec la page en française du site russe de solidarité : http://khimkibattle.org/?lang=fr

Voici également un tract (au format PDF version impression) qu’il est possible de diffuser. N’hésitez pas à nous faire part de vos initiatives, de vos propres tracts, etc.

BP dépollue aussi son image

D’habitude nous ne publions que des articles que nous avons écrit, ou bien des communiqués de telle ou telle association; nous évitons les articles des grands médias car leur point de vue, bien entendu, n’est en rien en adéquation avec le nôtre.

L’exception confirme la règle, parfois, dont cette fois avec un très intéressant papier du Monde, au sujet de l’intense activité de BP pour “dépolluer son image.”

La tactique n’est pas nouvelle: il faut que tout change, pour que rien ne change. BP prend les devants, encadrant autant que possible toute initiative concernant la marée noire.

Evidemment, cela est possible parce qu’il n’y a pas de mouvement en faveur de l’océan lui-même, pour Gaïa elle-même. En tout cas, l’article vaut le coup d’oeil.

BP est partout. BP s’occupe de tout. BP finance tout. Deux semaines après l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon, le géant du pétrole a déployé à terre une armada qui tente de compenser son impuissance à enrayer une fuite qui déverse encore 5 000 barils de brut par jour dans le golfe du Mexique.

Les personnels de BP sont omniprésents. Va-t-on à la conférence de presse de la responsable des pêcheries nationales sur le “mystère” des tortues échouées sur la plage ? Un représentant de la compagnie est assis à la même table et la conversation dérive sur le “dôme” de 98 tonnes de ciment et 14 m de haut que les robots de BP sont en train d’essayer de placer sur la fuite.

Une réunion à Biloxi de propriétaires de bateaux prêts à s’enrôler dans la lutte contre la marée noire ? C’est BP qui l’organise. Les mariniers toucheront 1 500 dollars par jour pour les petits bateaux. 2 000 dollars pour les gros. Ils devront surveiller la pollution ou traîner des éponges censées absorber le pétrole.

Une session de formation au nettoyage des plages organisée à l’université du comté de Pascagoula ? L’instructeur, un professeur de biologie, est indemnisé par BP. La compagnie a fourni les contenus, indique-t-il. L’établissement s’est contenté des diapositives.

Jusqu’à présent, les habitants du golfe du Mexique ne se plaignent pas de cette ubiquité, compte tenu de la responsabilité de la BP dans une marée noire qui continue de s’approcher des côtes comme dans un “cauchemar au ralenti”. Les associations de défense de l’environnement s’inquiètent, en revanche, du contrôle exercé par la compagnie britannique. La plus ancienne d’entre elles, le Sierra Club, a réclamé mercredi 5 mai une “nationalisation” des opérations de nettoyage par le gouvernement fédéral.

Depuis que Barack Obama est venu passer le dispositif en revue le 2 mai en Louisiane, le “commandement unifié” est passé sous la supervision de l’amiral Thad Allen, le chef des garde-côtes. Mais dans les faits BP joue le rôle d’organisateur en chef des opérations.

Du PDG Tony Hayward, qui apparaît tous les jours sur les chaînes locales, dans un polo d’homme du peuple, à Steve Rinehart, qui arrive tout droit d’une succursale de l’Alaska, près de 3 000 employés de la compagnie ont été dépêchés de la Louisiane à la Floride en passant par le Mississippi et l’Alabama.

Tony Hayward l’a dit : il veut “gagner les coeurs et les esprits”. Après avoir songé à une massive campagne publicitaire, la compagnie a tranché pour une communication de proximité. Des brigades légères d’une dizaine de personnes ont été dispersées dans chaque comté.

Les “BP” passent dans les mairies, contactent les associations, répondent aux numéros d’urgence, préparent le dépôt des plaintes. Ou attendent les journalistes au fin fond de la Louisiane, comme Irvin Lipp. Spécialiste de relations publiques et de gestion de crises, ancien de DuPont, il a été recruté par BP pour un contrat “marée noire”.

A Biloxi, BP s’est installée dans l’immeuble des services publics du Mississippi. Le directeur des affaires maritimes William Walker, qui travaille au troisième étage, a alloué l’auditorium à la compagnie britannique. Tous les bureaux sont flambant neufs, achetés en deux jours, et pourvus d’ordinateur. C’est le seul endroit protégé par un vigile privé.

Directrice de la communication interne au siège national, Lisa Houghton, est en jean et tennis, loin des tailleurs des cadres de Houston. Elle répète le message : “C’était une plate-forme Trans-Ocean, mais nous sommes responsables. Nous avons l’intention de payer.”

Le 5 avril, la compagnie a offert 25 millions de dollars (environ 20 millions d’euros) à chacun des Etats affectés pour accélérer la mise en place des plans d’urgence. Une broutille en attendant le gros des indemnisations, qui viendra plus tard. BP ne lésine sur rien.

“On avait besoin d’un appareil réfrigérant. Le lendemain, il était là”, admire Sheryan Epperly, la spécialiste des tortues. La compagnie paie jusqu’aux bouteilles d’eau que les employés ont à coeur d’apporter en signe de bonne volonté. “Et si l’eau est à 1,5 dollar, on leur dit “Tenez voilà 2 dollars” !”, explique Lisa Haughton.

BP a recruté des sous-traitants dans tous les domaines. Pour la formation des milliers de bénévoles qui se sont inscrits pour sauver les oiseaux, pour les déploiements des barrières gonflables, pour la gestion des demandes de dédommagements. Et même pour les études de la qualité de l’air, qui ont été confiées à l’Institut CTEH (Center for Toxicology and Environmental Health) de l’Arkansas.

Pour le Sierra Club, c’est là que le bât blesse. Michael Brune, le directeur exécutif de l’association, est venu de San Francisco pour prendre la mesure des dégâts. Il est impressionné par l’étendue de la pollution et par la collusion public-privé dans l’organisation.

“Il est normal que BP compense les pertes, dit-il. Mais elle ne devrait pas avoir le pouvoir de prendre les décisions sur le nettoyage.” Selon lui, BP est juge et partie, alors qu’une tierce partie indépendante est nécessaire pour procéder aux tests. “Ce qu’ils nettoient surtout, c’est leur image.” Pour lui, le gouvernement fédéral est “beaucoup trop proche de BP. Nous avons besoin d’une séparation du pétrole et de l’Etat”.

Dans la baie de Mobile, à 2 km de la côte, les plates-formes continuent, quoiqu’il arrive, de s’activer. “Tout le monde sait bien que, dans le golfe du Mexique, le pétrole est roi”, explique un entrepreneur. L’homme souhaite rester anonyme. BP lui a “interdit de parler”.