• Les chasseurs et le Diplôme d’Université en droit animalier

Interview de Gary Yourofsky

Voici une interview de Gary Yourofsky, que certainement beaucoup de personnes véganes connaissent en raison de ses conférences sur le véganisme mises en ligne, où il a indéniablement du charisme.

Gary Yourofsky a cependant une personnalité assez particulière, comme le montrent les réponses aux questions. Nous ne pensons pas, à ce titre, qu’il a une démarche suffisamment positive et sociale, son approche étant entièrement fondée sur la morale, jusqu’à l’idéalisme, voire un cynisme violent. C’est assez inévitable de « l’antispécisme » déconnecté de tout projet de société et de la revendication du « retour à la Nature. »

Que cela relève des contradictions de Gary Yourofsky, très certainement, et aussi de la situation américaine. Cela n’en reste pas moins perturbant.

Voici donc l’interview.

Gary Yourofsky, vous avez donné des conférences sur le véganisme aux Etats-Unis. Combien de gens avez-vous touché ?

J’ai donné environ 2400 conférences à 60 000 étudiants dans 30 états.

Comment pensez-vous que ces conférences ont une influence positive sur les gens ?

Les professeurs me disent que j’ai un taux de conversion de 15-20 %, ce qui est remarquable dans la mesure où je rentre dans la salle de classe sans aucun support. Les professeurs me disent aussi que 50-60 % des étudiants font des changements drastiques comme arrêter les produits laitiers ou devenir veg 2-3 jours par semaine.

Il reste un petit pourcentage qui ne fait rien. Tristement, certaines personnes sont simplement inatteignables et méritent toute la violence et l’indifférence qu’ils infligent aux animaux en retour, multiplié par dix.

Ayant vu autant de monde, voyez-vous le véganisme comme une tendance grandissante, qui augmente lentement mais sûrement, ou comme une bataille qui doit encore être gagnée ?

Aucun mensonge ne peut vivre pour toujours. L’injustice ne peut pas durer éternellement. Malheureusement, le mensonge et l’injustice peuvent durer des centaines ou des milliers d’années.

Les animaux obtiendront leur liberté un jour. Mais quand ? Je suis pas sûr. Mais le véganisme régnera de manière suprême à la fin, et les vaches, les cochons, les poulets, les dindes, les chèvres, les moutons, etc. feront l’expérience du soleil sur leur peau quand ILS le veulent, pour autant de temps qu’ILS le veulent.

Vous semblez à l’aise pour parler avec beaucoup de monde. Pensez-vous que c’est une compétence que toute personne militante doit apprendre ?

Savoir faire des conférences est un don. Cela ne peut pas être appris ou enseigné. Nous devons tous faire ce que nous faisons le mieux. L’Univers m’a donné le pouvoir de prếcher la vérité, sans excuse, de manière résolue et efficace.

De Kafka à Isaac Bashevis Singer, dans la culture juive ashkenaze, les animaux ont une forte réalité et ils produisent des questions dans les esprits de ceux et celles qui les regardent vraiment. Cela a-t-il été une influence pour vous ?

J’ai toujours eu une affinité avec les animaux, et été étonné de leur capacité à raisonner, penser et vivre sur cette planète sans les installations de la technologie. Les humains sont assez pathétiques puisque 99 % d’entre nous mourraient sans technologie.

En ce qui concerne leur esprit rationnel… ce n’est pas par hasard que les animaux peuvent construire un foyer et y retourner… Qu’ils s’occupent de leurs bébés… Ou qu’ils cherchent de l’ombre lors d’un jour ensoleillé…

Qu’ils recherchent la chaleur quand il fait froid… Qu’ils savent quand dormir ou rester éveillé… Qu’ils trouvent de l’eau pour boire… Qu’ils volent en formation en V… Qu’ils se cachent quand ils ne veulent pas être vus… Qu’ils défendent leur territoire…

Toutes ces actions montrent que les animaux sont rationnels et CONSCIENTS. L’animal humain est le seul animal qui passe la majorité de son temps à ne PAS penser. Manger un double cheeseburger à McDonald’s n’est PAS une pensée rationnelle.

La quête de justice peut également être violente. Nous désirons vous poser deux questions à ce sujet. La première est au sujet du rapport aux animaux.

Dans un article de 2001, un journaliste vous cite disant : « Je n’aime même pas la plupart des animaux. »

« De toutes manières, la question n’est pas de les aimer. C’est au sujet de l’injustice. Mon but est de les libérer. Ils sont un groupe privés de droits. Ils ont le droit d’avoir leur propre existence. Ils ne sont pas à nous pour être exploité. Ils existent pour leurs propres raisons. »

De notre côté, nous ne sommes pas en désaccord avec les lignes quant à l’injustice, mais avec l’esprit avec lequel cela est dit.

Pour nous, le véganisme n’est pas simplement quelque chose « contre », c’est une nouvelle manière de vivre, une manière de vivre qui est heureuse, plein d’amour pour toute vie sur une planète bleue et verte. Que pensez-vous de cela ?

Le véganisme peut mettre un terme au plus grand holocauste qui ait jamais existé. Le véganisme EST amour, justice et vérité.

La seconde question est au sujet de la contre-violence. Il y a six ans de cela, vous avez parlé de gens portant la fourrure et vous leur avez souhaité le pire, dans des termes très brutaux.

La violence peut être une partie de la justice, c’est même le principe de la révolution. Mais nous ne voyons pas le rapport avec le « mal » ou avec le fait de souhaiter des choses dégradantes. Quel est votre point de vue ?

Tout d’abord, si l’on va sur mon site adaptt.org, on peut cliquer sur OTHER ANIMAL RIGHTS ISSUES et lire mes deux essais dans la section WHAT’S WRONG WITH VIOLENCE. Ma position, mes essais sur la violence, sont infaillibles.

Le pacifisme tue plus d’êtres innocents que la violence. Ainsi, le pacifisme est la seule chose qui laisse les animaux être opprimés.

Il est surprenant que les gens pour les droits des animaux s’enfuient quand j’arrive. Et je suis responsable de SAUVER LA VIE de millions et de millions d’êtres innocents en convertissant 100 000 personnes (une estimation basse) au lifestyle veg.

Même si Malcolm X et Martin Luther King étaient des pôles opposés, tactiquement lorsqu’il s’agit d’éradiquer la ségrégation en Amérique, savez-vous que lorsqu’il a été demandé à Martin Luther King de stopper le radicalisme de X, King a répondu : « Ne me demandez pas de stopper Malcolm X. Malcolm X s’arrêtera quand le racisme stoppera ! »

Si les gens pour les droits des animaux étaient sages, sains d’esprit et compétent, ils auraient la même approche que moi et remplaceraient X par mon nom et le racisme par le spécisme.

Nous n’avons pas à être d’accord sur les tactiques, mais ne PAS me soutenir revient à trahir et me frapper au visage. Et, comme vous savez, je ne crois pas en le fait de tendre l’autre joue.

Ensuite, je ne fais PAS partie de tout « mouvement. » Je travaille en solo et je travaille pour les animaux, et seulement pour les animaux. Le « mouvement » m’a jeté il y a des années.

[Gary Yourofsky a été arrêté 13 fois entre 1997 et 2001, notamment pour des actions de l’ALF. De 2002 à 2005, il a été un conférencier de PeTA, malgré ses critiques virulentes sur cette organisation auparavant. Depuis, il est organise lui-même ses conférences.]

Et les vegans / les gens pour les droits des animaux sont les SEULES personnes qui ont un problème avec quoi que je fasse. C’est une honte, considérant que je suis le SEUL activiste invité DANS des salles de classe de lycées et d’universités, pour parler plus de 200 fois par an.

Quelle honte, considérant que mon discours a été traduit en 30 langues pour plus de 3 millions de visite sur youtube. Quelle honte, considérant que je suis en train de faire d’Israel la nation la plus ouverte au véganisme du monde (http://www.gary-tv.com/garymain/?page_id=2128).

Quelle honte, considérant que j’ai – ENCORE – converti plus de 100 000 personnes au lifestyle veg. Je dirais que je fais un travail étonnant représentant les animaux. JE SUIS UN VRAI ACTIVISTE.

Je ne suis pas un politicien, quelqu’un qui lève des fonds ou un vendeur. C’est pourquoi je ne MENTIRAI jamais et pas plus ne CACHERAI jamais mes sentiments ni ne ferai la paix avec des gens malfaisants dans notre société.

C’est marrant, mais les gens prétendent mépriser les politiciens. Mais alors, tous les gens des droits des animaux veulent que je devienne un politicien.

Troisièmement, je trouve cela bizarre que personne en fait ne LIT mes essais sur la violence, afin de comprendre quelle est ma position.

Quatrièmement, je trouve bizarre que des gens prétendant se préoccuper des animaux voudraient garder en vie quelqu’un qui agresse un enfant, un violeur ou un meurtrier, alors que des ANIMAUX DE TOUTE BEAUTE doivent être tués pour les nourrir !

C’est purement psychotique que de vouloir aider quelqu’un qui a agressé un enfant, un violeur ou un meurtrier. Il n’y a pas de noblesse à protéger l’agresseur. Les victimes SEULEMENT sont celles qui ont besoin d’aide.

Cinquièmement, toute cette histoire n’en est vraiment pas une. La question EST la violence de ceux qui mangent la viande, qui portent de la fourrure, qui pratiquent la vivisection, les chasseurs, etc. Il ne faut pas condamner ceux (dont moi) qui veulent mettre un terme à l’Holocauste. Il faut condamner ceux qui en commencent un (les mangeurs de viande) et prennent activement part à un Holocauste (les mangeurs de viande) et le défendent activement (les mangeurs de viande).

Sixièmement, faisons un petit jeu de retour dans le temps, aussi, afin que je prouve à quel point le pacifisme est malfaisant.

Nous sommes en 1945. Je suis à Birkenau. Est-ce que vous rejoignez les forces alliées et TUEZ des nazis, afin de pouvoir me sauver des milliers d’autres prisonniers là-bas ?

En allant plus loin, soutenez-vous le meurtre de masse de dizaines de milliers de nazis afin de sauver des millions d’êtres innocents – pas que des Juifs – mais aussi des noirs, des Tziganes, des homosexuels, des personnes avec des problèmes mentaux ?

Ou est-ce que vous vous en tenez à une position pacifiste ? Si vous et les personnes que vous aimez étiez dans un camp de concentration, alors je pratiquerais le MEURTRE à l’encontre des nazis pour vous sauver vous et eux.

Je trouve bizarre que personne ne condamne la solution FOLLE de Gandhi à l’Holocauste. Il pensait que tous les Juifs devaient commettre un suicide de masse afin de réveiller la conscience du monde à leur situation critique.

Les gens ont besoin de commencer à condamner des positions pacifiques psychotiques telles que celle-là. Ma position tactique quant à la violence SAUVE des êtres innocents. Les tactiques pacifistes PERMETTENT que les meurtres continuent sans relâche.

Il faut garder à l’esprit que les mangeurs de viande tuent littéralement 60 milliards d’animaux sur terre et 90 milliards d’animaux marins, chaque année. Je n’ai tué personne.

Les mangeurs de viande sont les gens les plus violents sur cette planète. Les mangeurs de viande paient des gens pour enfoncer des couteaux dans les gorges des animaux. Les mangeurs de viande paient des gens pour VIOLER des animaux afin de les féconder.

Les mangeurs de viande paient des gens pour voler des bébés à leurs mères. Les mangeurs de viande paient des gens pour tuer les bébés et leurs mères.

Les gens qui portent de la fourrure paient des gens pour électrocuter de manière anale des renards et de manière vaginale des chinchillas, et pour briser la nuque des visons.

Lorsque les violeurs stopperont de violer les animaux, alors je cesserais de « souhaiter » ou d’ « espérer » que les violeurs soient violés.

Mon empathie va toujours avec les victimes (les animaux) et jamais avec les agresseurs (les mangeurs de viande et les porteurs de fourrure et les chasseurs, etc.).

C’est terriblement pratique que les mangeurs de viande, les porteurs de fourrure et tout autre REEL voyous violents peuvent tuer et torturer comme ils veulent, et ensuite – avec les pacifistes psychotiques à leur côté – qu’ils puissent arriver et condamner les gens qui veulent stopper leurs manières meurtrières.

C’est comme les nazis hurlant au massacre quand les forces alliées ont mis un terme à l’Holocauste en les tuant en masse. Les meurtriers ne peuvent pas prétendre qu’ils sont injustement assassinés.

Les discriminateurs ne peuvent pas affirmer qu’ils sont victimes de discrimination. Mes « espoirs » et « désirs » ne sont pas pires que les actions réelles meurtrières des mangeurs de viande, des porteurs de fourrure, etc

Je trouve aussi étrange que personne ne condamne Nelson Mandela et ses disciples pour tenter d’UTILISER la violence afin de tenter de mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud?

Allez-vous le condamner pour cette déclaration du 11 Février 1990, alors qu’il était libéré d’une peine de prison de 27 ans: « Notre recours à la lutte armée en 1960 avec la formation de l’aile militaire de l’ANC (Umkhonto we Sizwe) était une action purement défensive contre la violence de l’apartheid. Les facteurs qui ont motivé la lutte armée existent encore aujourd’hui. Nous n’avons pas d’autres options que de continuer.

Nous exprimons l’espoir qu’un climat propice à un règlement négocié sera atteint bientôt, afin qu’il n’y ait plus la nécessité de la lutte armée. »

Je ne condamne pas cette affirmation sage, réfléchie et nécessaire.

Ou est-ce que Mandela obtient une excuse parce qu’il se battait pour la liberté humaine? Rappelez-vous, les gens des droits des animaux ne sont en colère avec ma position parce qu’ils ne pensent pas que les animaux sont assez digne de recevoir (en leur nom) des tactiques violentes.
Personne ne pense que les animaux sont aussi importants que les humains, et c’est pourquoi nous les tuons par milliards et ensuite grinçons des dents à la pensée de quelqu’un tuant des humains pour les empêcher de tuer des animaux. Les pacifistes sont des spécistes dans le plus véritable sens du terme!

Je trouve bizarre que personne ne condamne le grand militant américain des droits civils Rosa
Parcs pour affirmer dans son autobiographie MON HISTOIRE que « A ce jour, je ne suis pas une
partisane absolue de la non-violence dans toutes les situations (page 175). »

Soit dit en passant, je ne passe AUCUN temps à discuter de la tactique de la violence pendant ma tournée de conférence. Je parle du véganisme et SEULEMENT du véganisme.

Je ne m’engage également PAS dans des discussions vides de sens sur la tactique. Ce n’est pas
considéré comme l’activisme. Et je ne m’engage que dans l’activisme. Je crois et vis selon
l’adage selon lequel si vous voulez quelque chose de bien fait, alors vous devez le faire
vous-même.

Le pacifisme, avec le fait d’agir comme un politicien, sont les choses qui laissent opprimés les animaux.

En passant, si le pacifisme est si grand et merveilleux, et s’il n’y a que 5 personnes sur
la planète qui ressentent ce que je ressens, alors comment se fait-il que les gens des droits des animaux sont considérés comme bizarre?

C’est parce que peu importe combien vous agissez comme un politicien, ou vous essayez d’imiter Gandhi, LES MECHANTS SONT MECHANTS et ils voient toujours les personnes compatissantes que comme bizarre.

J’ai donc appris il y a longtemps A NE PAS MENTIR et A NE PAS DEVENIR UN POLITICIEN, et de dire la vérité même si elle dérange les gens.

Et qui plus est, devinez qui est le militant des droits des animaux le plus efficace dans le monde? A VOTRE SERVICE. Vous devriez passer un moment de lecture à travers la section COMMENTS/ACCOLADES sur mon site, ainsi que la section YOUROFKSY DANS LES NOUVELLES.

RIEN A PART des réponses POSITIVES, TOUT LE TEMPS. Malheureusement, personne n’a un
problème avec mon activisme SAUF les gens des droits des animaux!

Roots of compassion Cycling

Voici une petite interview d’une personne qui fait partie de l’équipe cycliste de Roots of Compassion… Une initiative vraiment sympathique et constructive! (Comme d’habitude pour les interviews publiées, c’est nous qui en sommes à l’origine, sauf mention contraire.)

1. Il y a désormais une équipe cycliste Roots of Compassion. C’est quoi exactement ?

L’idée derrière l’équipe cycliste était de lier notre passion pour le cyclisme avec notre conviction végane. Voilà pourquoi nous avons monté notre équipe amateur, afin de montrer aux gens que les performances sportives de haut niveau vont sans problème avec l’alimentation végétalienne.

2. Êtes-vous pour ainsi dire des amateurs, ou bien des athlètes ?

Jusqu’ici nous n’avons pas d’athlète professionnel dans l’équipe, mais tous les membres de l’équipe pratiquent leur sport à côté de leur emploi. Pour l’instant, notre spectre de performance va du hobby jusqu’au niveau qui est comparable à celui de la classe amateurs.

L’équipe étant cependant encore très jeune, cela laisse certainement encore beaucoup de marge pour le futur.

3. Les membres de l’équipe cycliste sont vegans. Cela signifie quoi pratiquement, quand on est unE athlète?

Dans un sport d’endurance, il y a une exigence maximale pour le corps, il est donc important de connaître précisément les besoins du corps et d’adapter l’alimentation par rapport à cela, vu qu’un entraînement optimal et la régénération ne peuvent réussir qu’avec un régime alimentaire équilibré.

Que cela soit possible avec une alimentation végétalienne, cela est déjà montré par beaucoup d’athlètes dans des sports d’endurance, comme le triathlète Brendan Brazier, l’ultra-marathonien Scott Jurek, ou l’athlète Carl Lewis.

Nous espérons bien entendu que cette tendance se poursuive à l’avenir et que le nombre de sportifs végétaliens grandisse.

4. Vous avez désormais même un maillot d’équipe…

Tout à fait ! Et tout le monde peut le commander chez nous, afin de montrer également à vélo sa conviction végane. Je pense que c’est une bonne possibilité de promouvoir le véganisme et de dissiper les préjugés sur l’alimentation végane.

5. Est-il possible de participer ?

Oui, nous demandons à toutes les personnes qui commandent le maillot d’envoyer une photo les montrant à l’entraînement avec le maillot.

Par ailleurs, nous envisageons pour la saison 2012 la participation à plusieurs courses cyclistes en Allemagne, ainsi qu’une équipe végane !

Si vous avez des questions ou bien êtes intéressés, vous pouvez nous contacter sur notre page Facebook, ou bien sur notre site.

Voilà, vue l’importance du cyclisme en France, espérons que cette initiative permette une émulation dans cette perspective!

« Faut-il manger les animaux ? » de Jonathan Safran Foer : ouvertement contre le véganisme et la libération animale

La libération animale est un objectif qui demande une certaine ténacité, car l’ennemi est puissant. Et intelligent : il ne se contente pas de décrier le véganisme, il fait également en sorte de l’admettre dans une certaine mesure, pour l’intégrer.

C’est le principe de la mise en avant du « végéta*isme », une absurdité qui vise à effacer les définitions, la distinction entre végétarisme, végétalisme et véganisme, pour mettre en avant l’illusion d’un progrès abstrait, non quantifiable, non vérifiable. Une absurdité d’ailleurs mise en avant notamment par la « veggie pride. »

C’est cela qui explique la mise en avant absolument massive par les médias de l’américain Jonathan Safran Foer et de son ouvrage « Faut-il manger les animaux ? »

Et il y a lieu de critiquer vigoureusement cela, tout comme la naïveté ou le désespoir de ceux et celles qui penseraient que les choses avancent avec ce genre de fumisterie organisée à grand échelle….

Car rappelons que l’éditeur aux USA est tout de même Hachette (deuxième éditeur mondial, chiffre d’affaires annuel de 2 milliards d’euros!).

En France, l’éditeur s’appelle l’Olivier, qui en réalité fait partie du Seuil… maison d’édition faisant elle-même partie du groupe La Martinière, troisième plus puissante maison d’éditions en France, avec 260 millions d’euros de chiffre d’affaires…

Enfin rappelons que Jonathan Safran Foer n’est pas vegan, très loin de là. Il avoue même sans honte que plus jeune, il se revendiquait végétarien, mais sans l’être : il était végétarien uniquement en public et agitait le drapeau du végétarisme, « pour la forme. »

Tout son ouvrage est à l’avenant. Il se promène dans l’univers des fermes-usines, donnant des chiffres et une sorte de point de vue de romancier un peu philosophe. Ce qui est le cas: son livre n’est sorti que comme prolongement d’un best-seller précèdent…

Jonathan Safran Foer est ainsi une sorte d’humaniste bon teint, après “Alice au pays des merveilles” on a ici “Jonathan au pays du désenchantement.” Il a compris que tout cela allait très mal tourner – et cela à LTD nous l’avons compris aussi. Sauf que lui a peur de la colère des gens face à la destruction de Gaïa.

Alors que Jonathan Safran Foer veut retourner dans le passé…

Voici par exemple ce qu’il dit dans une interview au journal Le Point, paru il y a quelques jours :

« Ce qui me fait le plus plaisir, c’est que les réactions les plus favorables à mon livre sont venues de fermiers. Ils aiment les animaux et s’en tiennent aux techniques ancestrales. »

Dire qu’un fermer « aime » les animaux, c’est l’exact contraire de la position de la libération animale. Évidemment, une personne défendant les droits des animaux peut vaguement affirmer une chose pareille, et penser que sur le plan subjectif les fermiers « aiment » les animaux (mais mal).

Mais nous qui sommes pour la libération animale, nous n’y croyons pas une seconde : on ne peut pas « aimer » et avoir un rapport d’exploitation ; on ne peut pas aimer les animaux sans être vegan…

Remarquons justement que dans « Faut-il manger les animaux ? » il est donné la parole, de manière on ne peut plus délirante, à une personne qui serait vegan (depuis la moitié de sa vie) et dont l’activité est de construire des… abattoirs (voir ici son projet de « fermes-usines » de type « innovative »).

Une telle chose est une provocation honteuse : des activistes vegans sont en prison pour leurs actions contre les abattoirs, et Jonathan Safran Foer ridiculise les définitions, estompant tout contenu au véganisme et le réduisant à une sorte de foklore, une sorte de cousine éloignée (et un peu cinglée) du végétarisme…

Cela souligne d’ailleurs le fait qu’ on ne peut pas être vegan sans assumer la libération de la Terre ; c’est même là la clef qui permet de démasquer Jonathan Safran Foer. Prenons par exemple ce qu’il dit encore dans l’interview à la revue Le Point:

« Il est vrai que les pauvres ne peuvent pas manger de la bonne viande élevée et abattue correctement, mais dans tous les menus de tous les restaurants il y a des plats végétariens qui sont toujours beaucoup moins chers que la mauvaise viande et aussi riches en protéines. »

Il ne s’agit pas uniquement du fait qu’il parle de « bonne viande » (sic) qui aurait été « élevée et abattue correctement. » Un animal « élevé » et « abattu »… correctement? C’est totalement à l’opposé de la libération animale, mais nous l’avons déjà dit alors voyons un point essentiel : Jonathan Safran Foer ne parle pas des animaux.

Comme certaines personnes véganes (malheureusement!), il se moque des animaux et ne s’intéresse qu’à sa propre personnalité, à sa propre morale.

Dans « Faut-il manger les animaux ? » les animaux n’existent jamais pour eux-mêmes. S’il faut cesser de pêcher, c’est parce que sinon il n’y aura plus de poissons, s’il faut arrêter de consommer de la « viande » c’est parce que cela provoque des dommages à la planète et que cela nous nuira à nous, humains.

Jonathan Safran Foer ne reconnaît jamais la nature, il ne lui reconnaît jamais un droit à exister ; son seul point de vue est que nous vivons sur cette planète et que donc il ne faut pas « déconner. »

La nature ? Les animaux ? Ce n’est pour lui pas la question. Nous, à LTD, disons que le véganisme est un tremplin pour dépasser son aliénation et reconnaître Gaïa, et donc pouvoir assumer le bonheur sur notre belle planète bleue et verte.

Par contre pour Jonathan Safran Foer, ce qu’il faut c’est assumer une posture morale, et « pratique » dans la mesure où on ne trouble pas l’ordre planétaire.

Conséquence inévitable : Jonathan Safran Foer ne parle absolument jamais du véganisme, et il est même ouvertement contre.

Dans une interview au Washington Post en date du 19 novembre 2009, il dit:

« C’est une erreur que de penser à ce sujet de manière binaire. Les mots « végétarien » et « végan » ont causé du tort aux conversations, parce que cela implique que l’une des deux personnes l’est ou ne l’est pas, alors que le fait est que presque tout le monde se situe entre ces deux extrêmes.

Nous ne devrions pas être intimidés par l’idéal de perfection de quelqu’un d’autre si cela nous empêche de faire des pas que nous voulons vraiment faire.

Plutôt que d’essayer d’être vegan demain, pourquoi ne pas arrêter de servir de la viande pendant une semaine (si tous les Américains faisaient cela, cela serait l’équivalent d’enlever des routes cinq millions de voitures!). Tu vois comment tu te sens ? Si tu te sens bien, et je parie que oui, continue. »

Non seulement l’objectif du véganisme est ouvertement rejeté, et même caricaturé comme un « idéal de perfection », mais en plus on passe des animaux aux… voitures. Les animaux ? Aucun intérêt à part comme prétexte pour une posture morale et une volonté de retourner il y a quarante ans.

Et si on pense que nous exagérons, voici une autre question à laquelle il répond, et où il assume ouvertement de ne pas vouloir supprimer l’exploitation animale.

La question est de savoir où mettre la frontière sur le plan éthique : les vaches, les poissons, les oeufs, les plantes ? Jonathan Safran Foer répond ainsi :

« Ce n’est pas vraiment mon argument. Mon argument est que nous ne devrions pas faire passer toute leur vie des choses vivantes dans des enceintes exiguës, sans exposition au soleil, tout en étant nourris par une alimentation extrêmement non naturel.

Je ne rentre pas dans l’argument philosophique si oui ou non il y a le « droit » de manger des animaux, parce que je ne pense pas que cela soit la question importante.

La question importante, c’est – et presque tout le monde est d’accord pour la réponse, quand on connaît les faits – « est-il juste de manger des animaux étant donné la manière avec laquelle on les élève et on les tue? »

Les choses sont ici très claires : on est ici dans la même logique que des associations du type L214, mais pas du tout dans la libération animale. On ne sera pas étonné donc que dans « Faut-il manger les animaux ? » on trouve une apologie en règle de PeTA.

Il salue même les négociations entre PeTA et l’industrie de la « viande » (visant à empêcher que PeTA ne critique par la suite tel ou tel industriel!)… Et appuie l’euthanasie des animaux dans les fourrières de PeTA (en ne les critiquant pas).

Chez Jonathan Safran Foer comme chez tous les partisans des « droits des animaux », les seuls animaux existant sont ainsi ceux des abattoirs et des fourrières, et dont la situation et la mort « perturbent » la « conscience morale. »

Alors que ce qu’il faut, c’est une conscience ouverte aux animaux sur toute la planète, un amour pour tous les êtres vivants (et non pas seulement une compassion pour l’animal opprimé). On ne peut pas être vegan sans aimer les animaux… et Jonathan Safran Foer n’aime pas les animaux!

Projet de loi sur l’abattage rituel et préjugés

Lorsque Brigitte Bardot a lancé sa campagne contre l’abattage rituel, nous avons dit que c’était absurde, car il fallait mener campagne contre l’abattage en général, alors que là en ciblant deux religions, cela ne pouvait que contribuer au racisme.

Voici, à titre illustratif, une interview de Nicolas Dhuicq, parue dans le magazine Valeurs Actuelles (du 2-9/12/2010).

Valeurs actuelles, qui tire à 90.000 exemplaires, est un magazine ultra conservateur, grosso modo entre Sarkozy et Le Pen, et est destiné à un public « ciblé » et très grand bourgeois (le taux d’abonnement est de plus de 90%!).

Nicolas Dhuicq, lui, est un député UMP qui s’est occupé de la proposition de loi pour que soit indiqué à l’achat les « viandes » en provenance d’abattoirs pratiquant l’abattage rituel.

Et l’on voit très bien ici comment la campagne contre l’abattage halal a comme arrière-plan nullement la question des animaux, mais celle de « l’immigration » pris au sens très large et de manière démagogique.

On voit tout de suite que Nicolas Dhuicq ne s’intéresse pas du tout aux animaux ; il parle même de « l’abattage de la viande » (sic!).

A la suite de cette interview nous publions d’ailleurs un extrait d’une interview de Nicolas Dhuicq au journal d’extrême-droite « Minute », montrant bien comment il y a ici une véritable idéologie… sur le dos de la question de la souffrance animale.

Vous venez de déposer une proposition de loi visant à informer le consommateur en cas d’abattage rituel des viandes. Pourquoi ?

Il y a plusieurs axes de réflexion. Tout d’abord, le droit français et européen demande que l’animal soit étourdi. Il y a une dérogation pour la pratique religieuse, mais elle ne doit pas devenir la règle. Ensuite, le niveau d’animaux abattus est beaucoup plus élevé que le niveau de consommateurs.

La liberté de conscience et l’information du consommateur imposent donc une nouvelle réglementation car il y a forcément des morceaux qui se retrouvent dans l’assiette de personnes agnostiques, athées, pratiquant une autre religion et qui ne souhaitent pas consommer une viande abattue de façon rituelle.

Concrètement, comment imaginez-vous l’application de ce principe ?

Les viandes ont déjà une traçabilité car nos abattoirs suivent des règles d’hygiène très strictes. Il suffira donc d’ajouter la mention « abattage rituel » ou « viande abattue rituellement. » Chacun doit pouvoir faire son choix en connaissance de cause.

Cet état de fait pose d’ailleurs un problème par rapport à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, étant donné la rémunération de l’imam pour effectuer la prière rituelle lors de l’abattage de la viande.

Voici maintenant la réponse de Nicolas Dhuicq à une question du journal d’extrême-droite « Minute », suite à l’affaire des prières dans les rues parisiennes « dénoncées » par Marine Le Pen.

“Le phénomène s’étend car notre appareil législatif et notre système de pensée gréco-latine et de culture judéo-chrétienne se trouvent confrontés à un système englobant, qui est l’islam. Le grand défi, c’est de savoir si nous serons en mesure de laïciser l’islam et les musulmans de France.

L’ennui, c’est qu’avec la manie de la repentance, l’effondrement du système scolaire – notamment dans l’enseignement, fondamental, de l’histoire de France – et l’affaiblissement du cadre républicain, nous faisons face à des populations que nous avons laissées se replier sur des pratiques communautaires.

Ajoutez à cela des flux migratoires très importants, et notre appareil d’Etat se retrouve défié par un islam politique conquérant, que l’on retrouve dans les prisons, dans l’espace public avec les interdits alimentaires et la pratique aussi ostentatoire qu’illégale de la pratique d’un culte en pleine rue.”

Comme on le voit, la question de l’abattage est considérée comme une question « alimentaire » et surtout idéologique par la droite et l’extrême-droite. Ce qui est visé, c’est ce qui est censé être une « invasion » religieuse musulmane.

Rien à voir avec la question de la souffrance animale…

xGOODFELLASx’s mafia !

xGOODFELLASx’s mafia est un groupe de hip hop du Nord de l’Allemagne…. qui se veut asocial et tatoué.

Le texte oscille ainsi entre une revendication affirmée et ultra provocatrice de la survie violente dans un monde d’asphalte et de violence, et une réflexion poétique froide sur la brutalité d’un monde qui ne va pas en s’arrangeant…

La seule perspective, concrète et en même temps terriblement lointaine, est le mode de vie vegan straight edge et le respect de mère nature. Voici une petite interview à ce sujet.

1. Le hip hop de xGOODFELLASx’s mafia est rude et tourné vers la rue. Quelle réalité cela exprime-t-il ?

La mentalité de toujours lutter, quelle que soit la situation de vie dans laquelle on se trouve. Avoir du respect et se comporter comme un homme, ce qui veut dire gère ton stress tout seul et ne provoque pas de soucis, mais si quelqu’un veut te pisser sur la jambe, alors démolis la personne en question.

2. Quel rôle joue pour vous l’identité vegan straight edge ?

C’est notre mode de vie, pour lequel nous nous sommes décidés il y a quelques années, et pour lequel nous mourrons.

Les drogues, c’est quelque chose pour les faibles, et nous sommes des combattants et marchons dans la vie avec une tête et un esprit clairs, afin qu’on puisse toujours compter sur soi-même et ne jamais perdre le respect de soi-même.

De plus, nous sommes absolument contre l’exploitation de formes de vie plus faibles et avons le respect de mère nature, et donc nous ne pouvons pas avoir sur la conscience d’avoir un animal dans notre assiette pour notre « plaisir. » C’est une décision pour la vie.

3. Quels artistes ont inspiré xGOODFELLASx ? Connaissez-vous le hip hop français?

Au niveau des textes, nous sommes inspirés par notre vie et nos problèmes personnels. Il y a quelques artistes allemands (peu) qui nous ont inspiré, comme par exemple des vieux trucs de Bushido & Azad, mais cela fait longtemps.

De nos jours, nous apprécions beaucoup le rap français. Nos artistes préférés de France sont Seyfu, les vieux trucs de Booba, Grödash, Kamelancien, Zehef, 400 Hyenes etc…

4. Comment voyez-vous le futur pour vous en tant que groupe ?

Il y aura de manière certaine un deuxième album de GFM. Pour le moment par contre, Partisan et Daniel Gun travaillent à leurs projets solo, ce qui contiendra encore certaines surprises.

5. Comment voyez-vous le monde aujourd’hui et dans le futur ? Que pensez-vous du mouvement pour un soulèvement, dans le sens de la libération animale?

Nous pensons que les gens ont détruit ce monde de leurs propres mains, et qu’ils ont simplement perdu le respect des animaux et de la nature.

Personne ne devrait vivre emprisonné, ni les animaux ni les humains ! Aucune prison, libérez tout le monde !

Nous vivons dans un monde de merde ! Il n’en va que de l’argent, tout le reste ne compte pas, que de la merde ! Les valeurs ? Aujourd’hui, il n’y a plus rien de cela. A ce sujet des paroles de nous me viennent à l’esprit, qui décrivent parfaitement cela :

La calotte glaciaire du pôle nord fond, le monde est au bord du gouffre
et tout ce que nous faisons revient comme un boomerang

Walter Bond a été arrêté 

Parmi les interviews que nous avons faites et mises en ligne, il y a celle de l’américain Walter Bond. Nous n’avons alors pas mentionné son nom, mais c’était lui qui, âgé d’un peu plus de 20 ans, avait incendié un laboratoire de drogues de type méthamphétamine, une drogue extrêmement puissante très répandue aux États-Unis.

Son acte avait été motivé car son frère était tombé dans la dépendance à cause du dealer possédant le laboratoire ; sa mère était également droguée et son père alcoolique. Walter a passé quatre années de prison pour cela, et le groupe de hardcore Earth Crisis a fait une chanson à ce sujet pour saluer son acte (voir le clip).

Walter est vegan straight edge et a travaillé par la suite dans un sanctuaire pour animaux ; il vient de se faire arrêter pour au moins un incendie.

Le FBI considère que Walter est à l’origine de l’incendie d’une usine de peaux de moutons à Denver dans le Colorado (500.000 dollars de dégâts), mais aussi de l’usine de cuirs Tandy, dans l’Utah, et du restaurant Tiburon spécialisé dans le foie gras.

Walter a apparemment été dénoncé par une personne qui a informé le FBI de ses activités ; le FBI a ensuite monté une rencontre entre l’informateur et Walter, enregistrant la conversation afin d’obtenir des preuves.

Le FBI affirme avoir trouvé sur Walter lors de son arrestation le document “Declaration of War – Killing People to Save Animals and the Environment.”

Cela peut très bien être un montage de la police, mais Walter était connu pour ses opinions radicales et était en train de chercher à relancer le mouvement hardline (la véritable scène, pas les gens d’extrême-droite ayant volé le terme depuis quelques années en Russie).

Le document en question date justement du début des années 1990 et est un « classique » de la scène hardline et de celle autour de l’ALF ; il reflète le point de vue d’anciens activistes de l’ALF posant la question de la nécessité de la lutte armée.

Interview du projet Vegan Edge Hip Hop

Après avoir vu l’aspect organisé avec l’interview de BerTA, qui rassemble des activistes en Allemagne sur une base radicale et actuelle, jetons un oeil sur un autre aspect plus culturel touchant les vegans, et plus particulièrement les vegans straight edge, avec un regard cette fois américain.

L’interview est celui du projet Vegan Edge Hip Hop, qui fait la liste des artistes de ce genre et a sorti une compilation de soutien aux prisonnierEs.

Rappelons d’ailleurs qu’aux USA existe un nouveau site, Voice of the Voiceless, qui lui aussi met en avant la libération animale et la libération de la Terre! On remarquera que ce site fournit “Flashpoint”, avec les adresses aux USA des abattoirs, laboratoires pratiquant la vivisection, des éleveurs d’animaux non humains pour les labos, des fermes “à fourrure”…

1. La culture Vegan Straight Edge est à l’origine liée à la musique hardcore. Maintenant ce n’est plus le cas: le hardcore se divise en de nombreux genres, et d’autres secteurs musicaux ont été touchés.
C’est le cas avec le Hip Hop. Pouvez-vous nous dire ce que vous faites, et pourquoi vous le faites?

La culture Vegan Straight Edge a produit plus de collections de disques et de pages Myspace que de libérations dans les fermes pour les fourrures ou de fermetures de laboratoires pratiquant la vivisection, alors peut-être qu’il est temps de cesser de s’inquiéter à maintenir cette sous-culture en vie.

Ces dernières années, des universitaires ont commencé à faire des études sur la sous-culture straight edge, ce qui parle clairement pour sa faiblesse et non sa force. Qu’elle puisse être étudiée, cela signifie qu’elle est morte.

Nous avons sorti Vegan Edge Hip Hop Vol. 2 afin de donner voix à une nouvelle vague vegan straight edge qui ne serait pas intéressée à revivre encore et encore les années 1990. Les bénéfices du CD iront aux prisonniers pour la libération de la terre et animale, ou ceux qui font face à la prison. Nous ramassons de l’argent pour des gens comme Marie Mason, quelqu’un qui est vegan depuis longtemps et qui fait plus de 20 ans de prison pour avoir détruit par le feu des OGM et des équipements d’exploitation forestière.

2. Le Hip Hop, en tant que culture populaire, met en avant un certain nombre de valeurs et la volonté de changer les choses. Et être vegan straight edge est certainement quelque chose de politique.
Malheureusement, souvent les gens qui sont vegans manquent de confiance et sont plutôt pessimistes. Est-ce que d’une certaine manière le Hip Hop vegan straight edge est là pour ramener la volonté de changer la société, de sortir de l’attitude hardcore plutôt élitiste?

Sortir cette compilation a prouvé (à moi qui répond ici) que sortir un disque est très facile. C’est une question d’énergie et d’initiative. C’est vrai pour plein de choses qui ont l’air d’être inatteignables, non faisables. Lorsque quelqu’un se lance, tout cela a l’air moins intimidant.

Le projet de la libération animale est intimidant également sur le long terme, mais il y a des tâches et actions immédiates qui peuvent être réalisées par presque tout le monde.

La question difficile et non résolue pour ceux et celles voulant la libération animale est celle de savoir comment faire passer l’idée que les animaux existent pour eux-mêmes, pas pour l’utilisation et la consommation humaines.

Comment faire passer de manière efficace cette idée aux milliards de gens autour de nous? Comment faire passer une idée? Je pense que ces derniers temps nous sommes devenus plus créatifs et sommes sortis du carcan pamphlet/vidéo, où le milieu de la libération animale a été coincé pendant un certain temps. Une rupture complète avec le welfarisme animal [=le réformisme du type protection animale, NDLR] serait un bon début! Je peux dire de manière honnête que nous n’avons pas une attitude de type élitiste.

3. Est-ce que Dead Prez est d’une certaine manière un « modèle » pour les artistes Hip Hop qui sont vegan straight edge?

Non. Dead Prez n’est pas drug free [=qui ne consomme aucune drogue, NDLR], et pour ce que j’ai compris ils ne sont plus vegan. Leur sorte de nationalisme est un cul-de-sac pour ceux et celles recherchant une voie de libération plus grande, et finalement leur musique n’est plus très bonne.

Si nous voulons des modèles, je pense que nous devrions rechercher au-delà de la scène musicale et des musiciens, et prendre de l’inspiration des gens ouvrant les cages ou refusant de participer au système judiciaire.

4. Pouvez-vous nous en dire plus au sujet des artistes de Hip Hop vegan straight edge aujourd’hui, et sur la manière dont ces artistes comprennent leur travail?

Je ne préfère pas pas parler pour les artistes, parce que je pense que dans le mouvement Hip Hop vegan straight edge il y a une multitude de voix et de perspectives. La chose qui unifie le mouvement, au-delà d’une manière de vivre en commun, est le désir d’élever le niveau du Hip Hop politique.

Nous haïssons les flics, mais nous savons que haïr les flics n’est pas suffisant. Seulement haïr les flics n’a jamais été suffisant.

Creusons plus profondément et frappons plus fort. Qui ose gagne, n’est-ce pas?

Interview de Ronnie Lee

La rentrée étant faite, petit retour sur Huntingdon Life Sciences (voir les pages de LTD à ce sujet), avec une interview de Ronnie Lee, fondateur de l’ALF. Il exprime ses positions sur HLS, laboratoire testant sur les animaux, et sur le PDG de Novartis.

Que savez-vous des activistes qui ont mis le feu à la maison de vacances de Daniel Vasella, patron de Novartis ?

Ronnie Lee : Pas grand-chose. J’en ai juste entendu parler dans les médias. Vous savez, j’ai quitté l’activisme. J’ai laissé la place aux jeunes. Aujourd’hui, je me limite à soutenir la vingtaine de nos militants emprisonnés en Angleterre.

Condamnez-vous les opérations commando qui ont défrayé la chronique en Suisse ?

Non. En fait, je les comprends. La pression de la part de la justice sur les activistes est trop forte. Ils ne peuvent plus manifester sans être menacés. Les frustrations sont énormes. Et les lois censées protéger les animaux contre des expériences inutiles et des tests inhumains changent trop lentement.

Mais pourquoi recourir à la violence ?

Ces actions font souffrir les gens qui gagnent de l’argent sur le dos des animaux et les torturent. N’attendez aucune compassion de ma part pour des personnes qui n’en ont aucune pour les animaux. S’ils sont blessés durant une action, c’est leur problème. Pas le nôtre.

Vos propos sont radicaux. Pourquoi, parce que vous avez passé plus de huit ans derrière les barreaux ?

Je ne le regrette pas pour un penny. Au début, nous étions six pour lutter en faveur les droits des animaux. Aujourd’hui, ils sont des milliers, partout dans le monde. Nos actions ont en outre permis de faire évoluer la cause. En Angleterre, par exemple, l’industrie de la fourrure a disparu du paysage. Le nombre d’animaux sacrifiés sur l’autel du projet des groupes pharmaceutiques a également baissé. La lutte continuera tant que ce massacre inutile d’animaux sans défense se poursuivra.

Pourquoi avoir recours à la violence ?

Il faut s’entendre sur la notion de violence. Pour moi, c’est de l’autodéfense des animaux. Ils ne peuvent pas se défendre eux-mêmes, alors qu’ils sont nos égaux, qu’ils ont les mêmes droits que nous.

Nos égaux ?

Qui a donné le droit à l’être humain d’utiliser d’autres êtres vivants à son profit ? L’espèce animale a les mêmes droits que nous. Ils sont comme nos enfants. Vous, par exemple, vous ne réagiriez pas si un enfant était abusé sexuellement ? Bien sûr que oui. Nous, c’est la même chose, mais pour les animaux. Reste que nous dérangeons. Si les lois sont trop dures avec nous, si nos camarades sont emprisonnés, c’est parce que les politiciens sont sous la coupe des entreprises pharmaceutiques. Elles sont très puissantes. Elles les manipulent. Nous sommes les derniers à faire peur à ces génocidaires.

Génocidaires ? Vous plaisantez !

Les gens comme Vasella sont des génocidaires. Et ils doivent être punis. Ce sont des criminels comme les nazis l’ont été après ce qu’ils ont fait aux juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Ils ont réduit en esclaves des milliards d’animaux pour leur profit. Il est là, le scandale. Il faut mettre en place un tribunal comme celui de Nuremberg pour les crimes contre les animaux.

Et, si vous pouviez parler à Daniel Vasella, que lui diriez-vous ?

Que c’est un être cruel et méprisable. Ce que fait son entreprise est déplorable. Il doit être jugé pour ce qu’il fait aux animaux. Il agit contre la nature. Comme beaucoup d’autres, il mérite de passer le reste de sa vie derrière les barreaux. C’est un prédateur et un terroriste.

Interview en ligne

Ici une interview concernant le véganisme de la part d’un vegan straight edge, à écouter en streaming.

Un avis totalement différent du nôtre, par ailleurs, notamment parce que selon nous le véganisme va catégoriquement de pair avec l’amour pour les animaux, que pour nous les plantes ne sont certainement pas des “choses”, et que la principale organisation de défense des animaux n’est certainement pas PETA aux USA, mais bien l’ALF dans le monde (qui est d’ailleurs “oublié”).

Il est également regrettable que la comparaison justifiée de l’extermination des animaux avec celle des Juifs par les nazis soit accompagnée de grosses erreurs, sur un thème qui n’en autorise pas.

Les camps de concentration sont en effet confondus avec les camps d’extermination. Et il est dit de manière erronée que l’écrivain yiddish Isaac Bashevis Singer a été déporté à Dachau. Or, Singer était polonais et a émigré aux USA en 1935, et de toutes manières Dachau était un camp de concentration destiné aux prisonniers politiques allemands (et non un camp d’extermination destiné aux populations juives d’Europe).