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“Serenity” boite de transport post-mortem

Lorsque son ami poilu meurt, c’est déjà un moment très difficile. Vient ensuite le moment de l’enterrement (si l’on a un jardin à disposition) ou de l’incinération.

Transporter le corps inerte de son défunt ami peut être très délicat si l’on n’a pas de moyen de transport adéquat (un carton par exemple). Il faut en effet bien protéger le corps de l’animal lors du transport. Un peu comme lorsque l’on va chez le vétérinaire, sauf qu’ici toucher le corps dur, froid et sans vie de notre ami est plus ou moins difficile selon les personnes.

Chez les vétérinaires se trouve la boite de transport post-moterm « Serenity ». Ces boites permettent de transporter l’animal dignement et de l’enterrer ainsi directement. Les boites « Serenity » sont biodégradables et disponibles en 2 tailles : 0-15 kg et 15-30 kg.

Ce respect n’a rien à voir avec l’anthropomorphisme; c’est une forme de respect. Une forme de respect qui n’est pas simplement humaine, par ailleurs, nous parlions il y a quelques jours d’un rite funéraire d’une mère dauphin, qui a été filmé.

Quand on respecte la vie, on respecte la mort, car celle-ci est inhérente à la vie. La mort des êtres vivants avec qui il y a eu une relation d’amitié, d’amour, nous touche au plus profond de notre être. Il n’y a pas de raison de ne pas respecter cela, sous le prétexte que les êtres vivants en question ne soient pas des humains.

Souvent on trouve de la moquerie dans les médias au sujet de ce respect; on se moque des cimetières pour animaux, de la tristesse éprouvée. Cela en dit long sur l’idéologie dominante, qui en est à faire l’apologie de fleurs coupés lors des enterrements. Alors que justement la mort doit être un appel à protéger la vie, à la développer.

Nous avions brièvement mentionné l’existence de la possibilité de cercueils biodégradables pour humains dans un cimetière aux USA, sans embaumement non plus (en raison des produits chimiques), ou encore d’un enterrement d’une personne végane en Angleterre, où il ne fallait pas amener de bouquets de fleurs, puisque couper des fleurs c’est les tuer…

Le véganisme est un appel à comprendre la vie, c’est donc aussi un appel à avoir un autre rapport avec la mort, et ce de n’importe quel être vivant.

Le “divertissement de Versailles” de 1674

Il y a le jardin pour se sentir bien, en phase avec la nature et pour donner libre cours à ses réflexions, et il y a le jardin comme ornement.

Voici un exemple illustrant le principe, avec le « divertissement de Versailles. » Il s’agit d’une fête qui s’est tenue l’été 1674, suite à la conquête de la Bourgogne par Louis XIV.

Voici le programme (tiré du livre « Le grand théâtre du monde » de Richard Alewin). La retranscription est clairement fascinée et sans sens critique. Mais de notre point de vue, pas difficile de voir comment la nature se voit réduite à un ornement, à une démonstration de force.

Par nature il faut entendre ici d’ailleurs non seulement le jardin, mais également les animaux avec la « ménagerie » : les zoos naissent à cette époque comme symbole de la richesse et de l’influence internationale des royautés et des empires.

On notera d’ailleurs bien sûr le symbole du dragon et de Neptune tiré par des chevaux marins : la nature « sert » l’humanité, ou plus exactement un absolutisme au faîte de sa puissance.

« Le soir du premier jour, après une collation dans le Bosquet du Marais, sous le ciel étoilé de la cour de Marbre toute décorée de fleurs et de petits orangers, on eut le plaisir de voir l’Alceste, dont Quinault a écrit le texte et Lully la musique, avec les ballets de Benserade.

Après cela, c’est le souper de médianoche au château, puis bal jusqu’à l’aube.

Le jour suivant se monte dans le jardin du Trianon un Salon de Verdure, petite architecture octogonale toute de feuilles, avec une grande ouverture dans le toit et une vue grandiose sur l’allée.

On y joue l’Églogue de Versailles, un intermède de Lully et de Quinault. Ensuite de cela, il y a souper dans une île flottante sur le Grand Canal, à l’abri d’une barrière de vingt-trois jets d’eau.

On a dîné à la lumière des torches, que l’éclat de l’argenterie multipliait par milliers, et au son du jaillissement et de l’effondrement de l’eau.

Le troisième soir, la collation à la Ménagerie est suivie d’une promenade en bateau sur le Grand Canal avec lumières et musique.

Le troisième soir, la collation à la Ménagerie est suivie d’une promenade en bateau sur le Grand Canal avec lumières et musique.

Après quoi l’on donne le Malade imaginaire de Molière, dans le cadre grotesque des grottes.

Le quatrième soir, la collation fut prise au théâtre d’eau. Sur les trois marches qui en bordent le rond avaient été disposés 160 arbres fruitiers, 120 corbeilles de pâtisseries et de confitures, 400 coupes de glace et 1000 carafes de liqueurs.

Les jets d’eau fusaient de partout.

A un autre endroit du parc, un théâtre avait été dressé. On y a joué, chanté, dansé : Les Fêtes d’Amour et de Bacchus.

Après cela, promenade à travers le parc à la lueur des torches, avec des feux d’artifices sur le Grand Canal, et pour finir une Médianoche dans la cour de Marbre.

La table était un émerveillement de mets, de fleurs et de pierres.

Le cinquième jour, l’Iphigénie de Racine donnée à l’Orangerie, fut suivie d’une illumination magique du Grand Canal. L’auteur en était Le Brun, le peintre de la cour. Du milieu de l’eau se dressait, porté par des griffes d’or, un obélisque de lumière à la pointe duquel rayonnait un soleil.

A son pied, un dragon battait majestueusement des ailes. On voyait d’humbles prisonniers et le roi triomphant.

Soudain, on entend 1500 explosions. Les rives du canal, les marches de la cascade sont illuminées, le dragon crache des flots de feu, des fumées bleues et rouges fusant de la gueule, des yeux et des narines, la surface de l’eau est parcourue d’éclairs et pour finir, 5000 fusées montent d’un seul coup dans la nuit, faisant sur le canal un dôme de lumière avant de retomber sur terre en une pluie d’étoiles.

La dernière nuit – l’une des plus noires et les plus calmes de l’été -, vers une heure, le parc tout entier fut illuminé : la terrasse, les balustrades, les bassins, le canal furent entourés de colliers de perles lumineuses, les fontaines jetèrent de mystérieux éclats, le canal ressembla à un étrange miroir de cristal.

A son extrémité, on vit s’illuminer la façade d’un palais magique. Toute la cour monta sur des gondoles.

Neptune arriva, tiré par quatre chevaux marins, se dirigeant sur l’eau vers les convives.

Le palais était couronné de personnages. Lorsque la musique approcha, ils se mirent à chanter délicieusement sous le ciel bas et les lourdes vapeurs de la nuit de juillet.

Ainsi se termine la dernière des grandes fêtes de Versailles. »