• Le bilan de la COP23

Abercrombie & Fitch, une marque “moderne”

Il y a quelques jours, un groupe de jeunes activistes de la Bay Area de San Francisco aux Etats-Unis a occupé le magasin local d’Abercrombie & Fitch, en étant muni de masques à gaz et de masques chirurgicaux, tenant des pancartes avec écrit dessus « Stop à la pollution des parfums. »

Une ONG, Campaign for Safe Cosmetics, a en effet découvert que le parfum « Fierce » d’Abercrombie & Fitch contenait 11 produits chimiques non mis sur la liste des ingrédients… Dont beaucoup peuvent provoquer de l’asthme, des maux de tête, des dermatites. Un des produits, le phtalate de diéthyle, concerne le sperme et peut amener des malformations de la descendance.

Le magasin d’Abercrombie & Fitch a bien évidemment immédiatement appelé la police et fermé aussi rapidement que possible. En fait la polémique dure depuis quelques temps déjà, alors que le parfum en question était notamment parfois utilisé pour des diffuseurs extérieurs.

Pourquoi parler ici d’ Abercrombie & Fitch ? Tout simplement parce que cette marque va être bientôt extrêmement à la mode. Depuis quelques années, porter des vêtements Abercrombie & Fitch est extrêmement branché à Neuilly, Auteil et Passy.

Car ces vêtements n’étaient disponibles qu’aux USA : en porter servait à montrer qu’on y allait… Mais Abercrombie & Fitch est aussi une marque d’habits « casual » se voulant du quasi « luxe. »

Désormais on en trouve à Londres (à des prix doubles d’aux USA), et cela sera le cas en France, à partir de 2011… sur les Champs-Elysées, pas moins.

En quoi cela nous intéresse-t-il ici ? Eh bien parce que nous avons à peu près le même phénomène que pour les vestes Canadian Goose dont nous avons parlé, ces vestes aux cols en… fourrure de coyote et faits pour résister à des températures polaires, et portées par “mode” par la jeunesse des quartiers chics.

Car si Abercrombie & Fitch n’utilise que de la fourrure synthétique, le cuir est généralisé, et “fashion.” Ce qui est logique: Abercrombie & Fitch est initialement une entreprise d’habits pour l’homme qui pratique la chasse. Dans les années 1960, les décors des magasins étaient faits de « trophées de chasse » (les fameuses têtes d’animaux empaillés) ainsi que d’animaux empaillés!

Depuis, la société s’est “modernisée.”

Abercrombie & Fitch est un monument dans son genre : cette entreprise a dû faire face à de multiples plaintes pour son racisme vis-à-vis des minorités américaines, pour son sexisme (comme des tee-shirts « pas besoin de cerveau j’ai ces deux-là »), ses conditions de travail, son refus de laisser une jeune autiste être aidée par sa soeur dans une cabine d’essayage, ses tee-shirt provocateurs (“dites-non au carlin” – il s’agit d’un chien de Chine) etc. etc.

Récemment, dans un magasin de Hollister Co., une marque d’Abercrombie & Fitch destinée aux 14-18 ans, il y avait à un moment un chat maine coon et un ara (un oiseau voisin des perroquets) faisant partie du décor, avant que le magasin n’abandonne cela suite aux protestations!

Être vegan nécessite de connaître ce genre de phénomènes. L’industrie de l’exploitation animale pratique la fuite en avant, dans une logique de plus en plus à la fois kitsch et sordide. Alors que notre mode de vie a un contenu positif et constructif!

“Hôtel de très grand luxe pour les plus fortunés des cabots”

Avec la crise, s’occuper des animaux et de leur libération serait une activité “petite-bourgeoise” selon ses détracteurs. Nous avions parlé de cette vision anthropocentriste au sujet d’Amnesty International et de l’Observatoire International des prisons (La fausse opposition animaux / humains: quelques exemples très parlant), en voici ici un nouvel exemple.

Il s’agit d’un article publié sur le blog “Great America” qui est tenu par la correspondante à Washington du quotidien Libération. Il traite d’un hôtel pour chiens (on peut voir ici une vidéo de deux minutes à ce sujet).

Et la manière dont le sujet est traité montre le degré de démagogie des anti-animaux, prêts à prendre n’importe quel prétexte – ici le snobisme dénaturé des riches – pour tacler la cause animale dans son ensemble.

La crise? C’est pas pour les chiens

La morosité économique ne semble pas trop affecter les chiens, du moins pas les plus riches d’entre eux.

En Une ce week-end, le Wall Street Journal annonce l’ouverture ce mois-ci à Fort Worth (Texas) d’un nouvel hôtel de très grand luxe pour les plus fortunés des cabots. Le Spa Paws Hotel, exclusivement réservé aux chiens et chats, a représenté un investissement de 4,4 millions de dollars.

La nuit (pour les bêtes seulement, les maîtres devront aller nicher ailleurs) y coûtera jusqu’à 200 dollars par quadrupède. A ce prix, les clebs pourront profiter de vrais lits, avec couvertures en satin, et téléviseur à écran plat. A la boutique de souvenirs, on vendra des colliers Swarovski et des costumes canin de haute couture.

Au salon de soin, le meilleur ami de l’homme sera bichonné selon les principes de la médecine orientale. Le Spa Paws Hotel prévoit aussi d’organiser fêtes de mariage ou d’anniversaire, pour mammifères toujours.

Bien sûr, cela se passe au Texas et dans une ville où les “Paris Hilton girls” ne sont pas rares, souligne le Wall Street Journal, mais ce n’est pas non plus un phénomène isolé.

Toute l’industrie de l’animal domestique a doublé son chiffre d’affaires depuis 2000, elle représentait un total de 4,4 milliards de dollars en 2008 et pourrait atteindre 5,1 milliards en 2011. A Fort Worth même, il existe déjà un hôtel comparable, le Grand Pet Resort and Spa, avec piscine en forme d’os. Les maîtres qui y déposent leurs trésors peuvent aussi acheter des minutes de caresses, appelées PDA pour « Personal Displays of Affection ». Il en coûte 8 dollars pour 10 minutes d’affection.

Les Etats-Unis ne sont pas seuls d’ailleurs à proposer ce genre d’établissements. En vidéo, on peut en visiter d’autres, à Taïwan ou au Québec par exemple.

[Photo de Shannon Stapleton pour Reuters, lors d’un “dog show” à New York, février 2010. Le revers pour les chiens de riches est qu’il faut aussi s’adonner au fitness… (ici jogging sur un tapis roulant)]

Rien que le titre “La crise c’est pas pour les chiens” montre sur quoi joue cet article: sur la remise en cause de “privilèges” qu’auraient les animaux, alors que tant d’humains souffrent. Il est d’ailleurs clairement dit que la “morosité économique ne semble pas trop affecter les chiens”, à quoi est rajouté simplement pour la forme: “du moins pas les plus riches d’entre eux.”

Il s’agit clairement de jouer sur les préjugés, de rapetisser les esprits, de faire un article racoleur et grotesque pour attirer un semblant de lamentable attention.

Voilà pourquoi il est parlé de “clebs” et de “cabots”, il est expliqué qu’il y a un marché en pleine expansion, etc. Tout cela pour monter les lecteurs et lectrices contre ce phénomène.

L’article original du Wall Street Journal explique dans le même ordre d’idée que les refuges élèvent leurs standards… Alors qu’évidemment, la situation des refuges est tout aussi terrible que ceux en France.

Tout cela est lamentable, et montre l’incapacité à voir tous les aspects d’une question dès que les animaux rentrent en jeu. Car nous le snobisme des riches ne nous intéresse pas, mais l’existence de ces hôtels montre qu’en pratique l’humanité pourrait avoir un rapport totalement différent avec les animaux.

Les moyens existent! Il manque juste la culture pour cela!

Voilà ce dont témoigne l’existence de cet hôtel. L’humanité pourrait faire bien mieux que saccager et détruire la planète, exploiter et dominer les animaux.

La journaliste à l’origine de l’article ne peut évidemment pas voir les choses ainsi: ce qui l’intéresse c’est le racolage. Elle fait d’ailleurs la performance de faire un blog sur les USA depuis décembre 2009, avec seulement trois articles sur les animaux (celui dont nous parlons ici, un sur des chiens employés par un tribunal pour rassurer des enfants, un sur la politique).

Ce qui montre bien qu’est ici présent l’idéologie de la soumission de la nature et des animaux. La défense de la Terre et de la nature non enchaînée est un critère essentiel pour savoir qui est dans le bon camp, et qui ne l’est pas!

Victoire de la campagne contre ESCADA !

Nous avons déjà sur LTD parlé de la campagne contre ESCADA, campagne qui a commencé en octobre 2007.

Eh bien l’entreprise ESCADA, qui fait dans le luxe féminin dans 60 pays, a décidé d’abandonner la fourrure, cédant donc devant la campagne, qui a eu lieu dans 14 pays.

ESCADA avait été choisie car elle avait ses propres usines, et ses produits étaient vendus exclusivement dans ses propres magasins ou dans des franchisés.

La campagne consistait en une grande propagande contre ESCADA, des actions devant les magasins, etc. On peut trouver la liste des très nombreuses initiatives sur cette page.

A noter par contre que pour des raisons juridiques, cette page ne contient pas les communiqués des actions illégales. L’ALF s’est en effet, selon ses propres termes, « mis dans la partie », et avait notamment dévasté les bureaux du siège social d’ESCADA en Allemagne. En France le magasin parisien dans la luxueuse avenue Montaigne a par exemple eu ses serrures bloquées avec de la colle.