Archives par mot-clé : Marine Le Pen

Brigitte Bardot : « Si Macron passe, les animaux trépassent! »

Marine Le Pen, dont nous présentions hier l’hypocrisie concernant l’écologie, peut se frotter les mains.

Elle qui veut qu’on vote pour elle, elle peut profiter des anarchistes antispécistes qui font campagne contre Emmanuel Macron, ce qui est anecdotique, mais surtout de Brigitte Bardot.

C’est une alliée de poids dans la bataille électorale et cela n’a aucune originalité, puisqu’on connaît bien les opinions de Brigitte Bardot. Cependant, cette fois il y a davantage de subtilité, puisqu’elle ne défend pas Marine Le Pen, mais dénonce Emmanuel Macron.

Cela revient au même, mais la méthode « indirecte » a fait ses preuves…

Il est vrai qu’Emmanuel Macron s’est sacrément lâché dans le genre (voir Emmanuel Macron : » je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées » ainsi que Emmanuel Macron et l’éleveur « qui pleure quand un animal meurt »  et Emmanuel Macron veut développer le « tourisme cynégétique »).

Sauf qu’il ne fait qu’appuyer des choses qui sont portées par le Front National à la base : le culte du terroir, la soumission aux traditions passéistes, le soutien unilatéral aux éleveurs, etc.

Si l’on a des principes et qu’on regarde concrètement, Marine Le Pen n’est en rien favorable au véganisme…

Alors faire inversement d’Emmanuel Macron le grand ennemi des animaux, comme dans son communiqué, c’est plus que « forcé » comme tentative de surfer sur la « bonne image » que tente de s’approprier Marine Le Pen depuis quelques mois sur le plan de la question du rapport aux animaux…

Voici donc le message de Brigitte Bardot.

 

Quel lyrisme!

« Si Macron passe, les animaux trépassent! »

Et que dire devant les propos suivants :

« Le mépris qu’il affiche devant la souffrance animale résume son manque total d’empathie que prouve la froideur de son regard bleu acier. »

C’est là une dramatisation irrationnelle, comme malheureusement on les connaît si bien dans la protection animale en général.

Entre les photos chocs des uns, les rassemblements où des gens tiennent des animaux morts dans les mains (comme L214), les brûlures au fer rouge de l’association 269, on est sacrément servi.

Et le résultat est un décalage complet par rapport à la réalité de l’exploitation animale, des postures moralistes individuelles faisant office de témoignage, un infantilisme sur le plan des idées dont tentent de profiter les pires démagogues.

L’écologie « véritable » de Marine Le Pen

« Une grande absente de cette campagne, c’est l’écologie » : c’est tout à fait vrai, ces élections sont en total décalage avec ce qui est nécessaire. Le paradoxe, c’est que c’est Marine Le Pen qui le dit, dans un long article intitulé « Pour une véritable écologie« , alors qu’elle-même a une démarche étroite d’esprit opposé à l’écologie.

Car l’écologie véritable, ce n’est pas retourner en arrière, idéaliser le terroir comme c’était largement le cas dans les années 1930, avec sa horde de penseurs et de philosophes exprimant une nostalgie pour un passé supposé merveilleux.

Marine Le Pen se rattache de manière résolue à cet esprit des années 1930, quand elle affirme :

« Face à moi, le banquier Macron se désintéresse totalement de l’environnement, lui pour qui la nature est un outil au service de la production mondialisée.

Pour lui, l’animal n’est qu’un instrument à exploiter. La terre n’est qu’une matière première qui doit cracher du profit. »

Avant, tout était différent ! Soit disant différent, bien sûr, parce que là on a le même discours que celui des zadistes, ou même que Jean-Luc Mélenchon.

Avant tout était mieux, les choses allaient moins vite… L’exploitation animale était « humaine », la paysannerie une force tranquille…

On remarquera que ce discours nostalgique peut aller de pair avec un esprit de modernisation forcenée. Jean-Luc Mélenchon veut ainsi développer l’aquaculture, et regardons ces quelques photos de Marine Le Pen ces derniers jours pour voir ce qu’il en est de son rapport à l’écologie…

C’est une écologie dans le sens d’une défense nationaliste de la France, l’écologie n’est ici qu’un prétexte et voici justement comment Marine Le Pen définit celle-ci :

« Je suis la candidate des circuits courts et de la relocalisation de la production. C’est cela la vraie écologie. »

Non, cela c’est du passéisme, tout comme le prétendu retour en arrière souhaité :

« Je veux soutenir les exploitations familiales plutôt que les usines à bestiaux. « 

Et, ultime précision, Marine Le Pen conclut son article en soulignant ce qu’elle ne veut pas, et que nous, précisément, nous voulons :

« Il est temps de mettre la protection de l’environnement et de notre santé au cœur de nos décisions politiques. Je ne suis pas la candidate de l’écologie intégriste, c’est à dire excessive et idéologique, mais de la véritable écologie, c’est-à-dire l’écologie complète et cohérente. »

Il faut bien reconnaître qu’aujourd’hui, malheureusement, la population française est d’ailleurs avec ce refus de « l’excessif », c’est-à-dire du systématique, du refus de la demi-mesure, tout comme de l’idéologique, c’est-à-dire de l’écologie autour de grands principes.

Toutefois, cela sera inévitable : l’anthropocentrisme devra s’effondrer, il faudra qu’il cède la place à la reconnaissance de la Nature. Il faudra considérer la Terre comme un équivalent de notre mère, comme un ensemble à préserver, dans le respect de toute vie.

Marine Le Pen aime à la fois les chasseurs et les amis des animaux

Voici des images proposées par Marine Le Pen dans le cadre de la campagne présidentielle. C’est intéressant, parce que c’est très révélateur.

Le principe est simple : il y a une catégorie de personnes et une inscription en soutien à la candidate du Front National.

Il va de soi qu’il y a une image destinée aux gens cherchant à protéger les animaux.

Mais, chose absurde, on retrouve également toute une série d’images liées à des activités entièrement opposées aux animaux…

Comme on le voit ici très bien, c’est totalement racoleur, sans aucun souci de cohérence.

C’est de la démagogie pure et simple et Marine Le Pen ne fait même pas l’effort d’être un tant soit peu logique dans sa propagande.

Elle cherche simplement à faire boule de neige. Il est vrai aussi que les personnes amies des animaux, vers qui elle a déjà mené de nombreuses opérations de séduction, tombent très aisément dans n’importe quel panneau.

Il suffit de raconter un peu n’importe quoi en prétendant être en faveur des animaux pour que cela marche !

On le voit bien avec Jean-Luc Mélenchon en ce moment, qui met le paquet à ce niveau, mais c’est vrai en général. Le magazine en ligne Vegactu a même fait récemment l’éloge de l’Arabie Saoudite sous prétexte qu’un prince se serait tourné vers le véganisme…

Marine Le Pen fait quand même très fort : où est-elle allée chercher les écaillers ?

Un écailler est quelqu’un qui ouvre des huîtres pour les vendre. C’est une activité tout ce qu’il y a de plus terrible d’ailleurs : on fait en sorte que des gens puissent manger un être encore vivant en sectionnant un de ses muscles, en restant dehors à attendre que les riches passent pour venir acheter ce qui relève de leur culture…

Vraiment un sale métier, rempli d’obséquiosité, dans la dépendance complète par rapport aux riches. Précisément ce que souhaite Marine Le Pen, sans nul doute !

Marine Le Pen « pour la défense des animaux »

Marine Le Pen a rendu public hier une vidéo au sujet de la question animale.

Le discours est très bien fait : oui au bien-être animal, mais les éleveurs seraient pleins d’amour, l’ennemi est en fait surtout l’abattage rituel, il faut cesser la vivisection mais seulement si on peut, etc.

Cela ne veut rien dire, mais cela a l’air de faire avancer les choses, Marine Le Pen se glissant dans toutes les interstices et contradictions des appels au « bien-être animal ».

On l’aura compris, il s’agit d’une logique électoraliste, dans le cadre d’une opération de récupération.

De notre point de vue, c’est sur l’exploitation animale qu’il faut se focaliser. Et on peut voir que lors du salon de l’agriculture, Marine Le Pen a fait son choix… Comme ici avec l’Interbev…

Ou ici, avec l’interprofession laitière…

Ici avec les éleveurs…

Ce qui signifie bien entendu que Marine Le Pen participe à tout le « cinéma » du salon de l’agriculture. Rappelons que François Mitterrand, en tant que président, n’a jamais mis les pieds à ce salon durant ses deux septennats, en reconnaissant la dimension ouvertement réactionnaire…

Marion Maréchal-Le Pen a bien sûr été de la partie.


Tout cela est absolument clair… A condition qu’on parte du principe qu’il faut supprimer l’exploitation animale, qu’il faut donc pour cela briser son économie, avec ses entreprises extrêmement puissantes et extrêmement influentes.

Toute autre considération est, à différents degrés, obligée de tomber dans le « piège » tendu par Marine Le Pen…


Marine Le Pen : le « bien-être animal » comme soutien à la « puissance agricole »

Marine Le Pen a rendu public les 144 propositions composant son « projet présidentiel ». Étant donné qu’elle s’est positionnée à de nombreuses reprises comme favorable aux animaux, voyons ce qu’il en est.

On trouve une proposition qui aborde directement la question, et six qui l’abordent indirectement.

La proposition qui traite de la question animale est formulée de la manière suivante :

137. Faire de la protection animale une priorité nationale. Défendre le bien-être des animaux en interdisant l’abattage sans étourdissement préalable et en remplaçant le plus possible les expérimentations animales. Refuser le modèle des fermes-usines, du type « ferme des 1000 vaches ».

Comment comprendre cela ? En fait, de la manière suivante : le bien-être animal est vu par le prisme de la question de « l’abattage sans étourdissement » tel que pratiqué dans les rituels casher et halal.

Ici, Marine Le Pen a un boulevard en raison des idiots utiles qui se sont focalisés là-dessus, avec plus ou moins de bonne foi. La question animale est bien entendu utilisée ici de manière non universaliste, dans un esprit d’accusation, les animaux n’étant qu’un prétexte.

Preuve de cela, le véganisme n’est pas abordé comme thématique, les ferme-usines étant refusées ce qui signifie qu’il y a une défense du mode de production de la petite exploitation. C’est l’esprit pétainiste, commun aux fachos et aux zadistes, qui idéalise la petite production « à l’ancienne ».

Preuve de cela, les six autres mesures, où le « bien-être animal » est utilisé comme prétexte au protectionnisme de ce secteur capitaliste. En clair, les animaux sont un moyen d’apparaître faussement progressiste, de trouver un vecteur de mobilisation en sa faveur, de s’approprier le soutien d’un secteur économique en trouvant un prétexte à sa défense par la nation toute entière…

LA FRANCE, PUISSANCE AGRICOLE AU SERVICE D’UNE ALIMENTATION SAINE

125. Appliquer le patriotisme économique aux produits agricoles français pour soutenir immédiatement nos paysans et nos pêcheurs, notamment au travers de la commande publique (État et collectivités).

126. Transformer la Politique Agricole Commune en Politique Agricole Française. Garantir le montant des subventions dont les critères seront fixés par la France et non plus par l’Union européenne, avec l’objectif de sauver et soutenir le modèle français des exploitations familiales.

127. Refuser les traités de libre-échange (TAFTA, CETA, Australie, Nouvelle-Zélande, etc.). Développer les circuits courts de la production à la consommation, en réorganisant les filières.

128. Simplifier le quotidien des agriculteurs en stoppant l’explosion des normes administratives et encourager l’installation des jeunes agriculteurs, par le biais de défiscalisations durant les premières années.

129. Défendre la qualité : afin de lutter contre la concurrence déloyale, interdire l’importation des produits agricoles et alimentaires qui ne respectent pas les normes de production françaises en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal et d’environnement. Imposer la traçabilité totale de l’origine géographique et du lieu de transformation sur l’étiquette, afin de garantir la transparence et l’information complète des consommateurs.

130. Promouvoir les exportations agricoles, notamment en soutenant les labels de qualité.

On ne peut pas dire qu’on veut le « bien-être animal » et soutenir de manière unilatérale la petite production. A moins d’avoir comme conception du « bien-être animal » un simple retour en arrière, avec une critique démagogique des fermes industrielles à qui on attribuerait une valeur entièrement nouvelle.

La réduction de la question animale à un vecteur de nationalisme est ici évidente et malheureusement elle fonctionnera au moins un peu, parce que le véganisme n’a pas été placé au coeur de la critique de la situation animale aujourd’hui.

Dès qu’on se place sur le terrain du relativisme, tout est perdu…

Marine Le Pen et son image d’amie des animaux

On sait à quel point il faut, pour avoir l’air « proche du peuple », se montrer aimant envers les animaux.

Nul besoin de véganisme pour cela, puisque les gens sont prisonniers culturellement de l’exploitation animale. Il suffit de se montrer sensible, comme ayant du coeur, etc.

Dans cette perspective populiste, Marine Le Pen est bien connue pour son orientation stratégique en ce sens.

Elle a décidé de passer la vitesse supérieure, comme en témoigne les photos suivantes tirées de son « blog » intitulé « carnets d’espérances« .

On comprendra, vu le titre, que c’est directement dirigé vers les couches populaires, afin de manipuler leur défense des sensations, du fait d’avoir du coeur, afin de se prétendre comme leur défenseure.

Pour cette raison, on trouve de très nombreuses photos de Marine Le Pen avec des animaux, une avalanche de photos même… Comme ici avec des chats.

 

Les photos sont de très haute qualité, très bien cadrées, très soignées, et toujours faites en sorte de pouvoir être vues même par des chasseurs par exemple, puisqu’on sait que Marine Le Pen les soutient, tout en cherchant en même temps à s’approprier la défense des animaux.

On n’a donc pas que des chats, mais également des animaux dans des fermes (industrielles), afin de montrer qu’on est bien ici seulement dans la protection animale, au mieux…

Les photos suivantes sont très parlantes, mais il faut voir que pour les gens loin du véganisme, elles ont tout de même une dimension touchante…

 

Ce qui est frappant, c’est aussi que ces photos marquent une pénétration dans des secteurs où personne ne va sinon.

Le Point, l’hebdomadaire de droite, constatait ainsi il y a deux jours, à la fois moqueur et inquiet :

Après la victoire surprise de François Fillon à la primaire, Marine Le Pen est-elle désarçonnée par le renoncement du président ?

En tout cas, la candidate du Front national a fait comme si de rien n’était ou presque. Le lendemain, elle n’a rien changé à son agenda.

Point de télévision ni de matinales radio. L’autoproclamée « dame à chats » s’est rendu au Salon du cheval pour draguer les électeurs équestres. Les animaux, c’est son dada.

Ce déferlement d’images joue sur les sentiments, bloquant l’amour pour les animaux dans le cadre des traditions, du terroir, du passéisme. Il y a ici une véritable intégration institutionnelle de la question animale.

La « Convention sur la protection animale » de Marine Le Pen

Marine Le Pen, dans le cadre de sa campagne électorale, a tenu une « Convention sur la protection animale ».

En arrière-plan, il y a l’appui d’un collectif  dédié à ce sujet et valorisant Marine Le Pen (voir Le collectif Belaud Argos, rouleau compresseur du Front National).

C’est la seconde du genre, la première ayant eu trait à l’éducation. Elle a un agenda très complet, puisqu’il y a quelques jours, elle rendait visite au « sommet de l’élevage », à Cournon-d’Auvergne…

Lors de cette convention, dont la vidéo est postée ici un peu plus bas, Marine Le Pen est des plus subtiles. Elle fait mine d’accorder à la question animale une grande importance… tout en disant qu’il ne sera pas possible d’y parler pendant la campagne !

Une contradiction qui provient de sa position, intenable, puisque son noyau est celui des gens les plus réactionnaires, férus de chasse, sans parler de ses liens avec les milieux d’affaires, et donc l’exploitation animale.

Il lui faut donc se contenter d’ouvrir un espace, en espérant agglomérer autour d’elle une partie des gens de la protection animale. EELV ne tente pas autre chose ces derniers jours. On est dans les deux cas dans la tentative de récupération.

Marine Le Pen est toutefois plus subtile. Elle est plus lyrique, il y a davantage de travail en amont, elle a le sens de la formule. On a droit, par exemple, à une chose comme :

« L’absence de la question animale dans le débat public est pour moi le signe d’un angle mort de la réflexion écologique. »

C’est joliment tourné, tout à fait vrai, mais ne se situe dans aucune perspective réelle en ce qui la concerne. Elle explique elle-même qu’elle rencontre régulièrement les « professionnels de la viande » et son mot d’ordre reste, comme pour tout, le renforcement de l’État.

Il faudrait appliquer les lois, donner les moyens à l’Etat. C’est son discours systématique sur tous les thèmes et ici la protection animale devrait se mettre au service de cela.

Bien entendu, elle parle du halal et des abattoirs, surfant sur l’esprit réformiste à la L214 dans l’air du temps. Cependant, elle n’en reste pas là, elle tente d’appuyer la tendance « terroir ».

Les « paysans » sont donc présentés comme la base de la « conscience idéologique » française et la petite production est portée aux nues (de manière donc strictement parallèle ou équivalente des zadistes).

L’ennemi, ce serait la production « à l’américaine », la grande distribution. Rien de bien original ici, c’est exactement la même démarche idéologique que dans les années 1930.

De la même manière, d’ailleurs la vivisection est critiquée, mais sans être entièrement dénoncée : il s’agit, comme dans les années 1930 où ce thème existait déjà en Allemagne, de trouver un moyen pour se donner une image pro-animaux, tout en voyant les luttes concrètes possibles être le plus éloignées possibles…

De manière rassurante, Marine Le Pen a d’ailleurs conclu en parlant de la « zoothérapie ».

C’est très bien structuré, c’est totalement vide et les gens de la protection animale peuvent le voir aisément, d’ailleurs.

Le but est certainement de cibler les gens autour de la protection animale, éloignée des pratiques concrètes et de la connaissance du débat d’idées, en profitant de la dépolitisation du type Fondation Bardot et L214.

Le collectif Belaud Argos, rouleau compresseur du Front National

Le Front National tente de se développer en donnant naissance à différents collectifs « rassembleurs » et vient justement d’en fonder un nouveau, consacré aux animaux. Regardons ce qu’il en est.

Ce qui frappe tout de suite, c’est le choix du nom du collectif : Belaud – Argos. Un tel nom ne dira rien à personne, mais c’est que là n’est pas l’objectif. En réalité, c’est un garde-fou posé dès le départ, pour bien délimiter le cadre et éviter les débordements.

Si Argos est peut-être connu des lecteurs de l’Odyssée, car c’est le vieux chien qui meurt de joie au bout de longues années alors qu’Ulysse revient enfin de son périple, Belaud ne dira rien à personne. Il s’agit en l’occurrence, du chat qui a vécu avec le poète Du Bellay, ce dernier écrivant des vers à son sujet.

Il y a ainsi une double opération : tout d’abord faire « culture occidentale » avec de l’antiquité grecque et de la Renaissance, ensuite focaliser sur les « animaux de compagnie ». On est dans l’identitaire et le familial : hors de question d’aller vers l’universel et le social.

La présentation du collectif commence sur le thème des « animaux de compagnie », constatant leur nombre en France ; on lit de plus ces importantes lignes, où le choix du mot « bête » ne doit rien au hasard:

« Amoureux des chats, amoureux des chiens, des Belaud ou des Argos, ainsi que de toutes les autres bêtes, nous nous retrouverons tous au sein de ce collectif pour préparer et porter un programme ambitieux afin de faire avancer la cause animale. »

Dans cette même logique qu’on se doute savamment élaboré, le logo du collectif montre également un chien et un chat, dans la même veine que beaucoup de logos de vétérinaires. La mini biographie des trois personnes dirigeant le collectif précise également :

« propriétaire de cinq chats, d’un lévrier whippet, d’un lapin nain et d’un lapin géant des Flandres »

« propriétaire d’une chatte âgée de 8 ans »

« propriétaire de deux chats »

On est là dans le conformisme le plus grand et on comprend le rôle et la nature du collectif. Il s’agit de coller ici à la tendance la plus à « droite » de la protection animale (L214 étant alors au « centre », tandis qu’à « gauche » on trouvera LTD, les abolitionnistes), de viser « papy » et « mamie » qui aiment les animaux et les soutiennent, mais ne généralisent jamais leur démarche (et il y a des jeunes qui sont déjà « papy » et « mamie », par conservatisme).

Il est d’ailleurs parlé de « bien-être animal » et parmi les mesures on a celle-ci résumant tout :

« L’opposition au modèle d’agriculture intensif et concentrationnaire (fermes usines avec un espace clos et une mauvaise aération) et valorisation d’un élevage responsable et plus respectueux des animaux. »

L’exploitation animale n’est pas remise en cause ; on a simplement ce culte du terroir et du « meurtre » qui serait à la fois « propre » et « traditionnel ».

A cela s’ajoute aussi toutes les revendications classiques des « réformistes » : suppression du halal et du casher, contrôle indépendant dans les abattoirs, fin (progressive…) du gavage, augmentation des recherches pour « remplacer l’expérimentation animale », interdiction des animaux sauvages dans les cirques, interdiction des fermes à fourrure.

Il s’agit ici de gages donnés au réformisme de la protection animale, de revendications de base. On remarquera par contre que manque, évidemment, l’interdiction de la corrida, cette dernière étant trop liée au « terroir ».

Autre souci : « promotion d’une chasse responsable ». Cela place le collectif comme à droite des réformistes, avec cependant un avantage : celui de prétendre au réalisme, puisque le FN entend aller au pouvoir.

On a ainsi un argument qui tente directement de profiter de la crise des refuges :

« Le soutien financier aux associations de défense des animaux dans les collectivités territoriales »

Vue la situation, c’est là un argument qui risque de faire très mal. L’aspect rouleau compresseur du collectif se trouve ici. Dans les années 1970, la protection animale anglaise a donné naissance en Angleterre au Front de Libération Animale ; dans les années 2010, le FN compte récupérer l’énergie de la protection animale française…

L’objectif est très clairement l’appel d’air, sur un mode : participez à notre « révolution » le plus tôt possible, vous avez les moyens d’y gagner quelque chose… On est ici comme dans les années 20 en Italie, où chaque corporation peut participer à la « révolution nationale »…

Le collectif ne le cache même pas, confondant document stratégique interne et propagande :

« Le bilan du travail parlementaire qui a été mené jusque-là et qui va continuer d’être mené est très bon, les élus du Rassemblement Bleu Marine commencent à être connus dans les milieux associatifs de défense animale comme étant à leur écoute et à leur service, mais ce Collectif a pour vocation de faire passer la prise en compte de ces enjeux à la vitesse supérieure.

Les travaux du collectif alimenteront les prises de positions des élus du Front National dans toutes les institutions où nous sommes présents. Nous avons pour objectif de présenter un programme détaillé et clair de la stratégie à mettre en œuvre pour le bien-être animal en cas de victoire de Marine Le Pen en 2017.

Ce travail, par ailleurs, irriguera la partie agriculture du programme de 2017, puisque de nombreux sujets s’y rattachent. Nous serons également une vigie, des lanceurs d’alerte sur toutes les situations inacceptables qui encore ont cours aujourd’hui en France, en 2016. »

Cela en tentera forcément certains et Brigitte Bardot a déjà salué la fondation de ce collectif. Sur le plan culturel, le désarroi dans les refuges est très grand et la tentation ne peut que se poser, au moins en théorie. C’est vrai aussi pour les amis et amies des animaux en général, surtout s’il y a un grand désenchantement suivant les fausses promesses de L214, à côté d’une sorte de culte du morbide qu’on retrouve dans les rassemblements « témoignages »…

De plus en plus, ce qui apparaît, c’est un choix nécessaire : ou bien le terroir avec quelques prétendues réformes de « bien-être animal » (ne servant au final qu’aux grosses entreprises pour couler les petites ne pouvant pas suivre), ou bien l’universalisme avec le rejet complet, sans compromis, de l’exploitation animale!

Le « Collectif Nouvelle écologie patriote »

Hier a eu lieu le « lancement » d’une nouvelle structure se revendiquant écologiste, du nom de « Collectif Nouvelle écologie patriote » lors d’une conférence de presse en présence de Marine Le Pen. Il s’agit, on l’aura deviné, d’une de ces nouvelles structures de type « front » assemblées au sein du « Rassemblement Bleu Marine ».

C’est une sorte de tournant pour le Front National, mais pas comme on le pense.

Aux yeux de Jean-Marie Le Pen en effet, ce qu’il appelait « l’écologisme » ne consistait qu’en une « nouvelle religion des populations urbaines aisées, ‘bobos gogos’ de l’Occident ». Mais en même temps, en 1981 lorsqu’il faisait campagne, son programme avait cinq points, dont un appelé « Ecologie ».

La différence ne tient donc pas à la « découverte » d’une forme d’écologie, car le FN a toujours utilisé plus ou moins l’écologie, de manière démagogique, par exemple avec Bardot.

Non, elle tient à son utilisation non pas simplement comme gadget, mais comme vecteur de la transformation économique de la France, dans un sens précis. Car le « Collectif Nouvelle écologie patriote » n’est ainsi pas une structure là pour faire joli.

Son dirigeant est un économiste âgé de 46 ans, appelé Philippe Murer. Il est le co-auteur avec Jacques Sapir d’une brochure de la fondation Res Publica de Jean-Pierre Chevènement sur «Les scénarii de la dissolution de l’euro ».

Le Front National le présente officiellement ainsi :

« En tant que conseiller économique de Marine Le Pen, il sera chargé de travailler sur le projet économique du Front National ainsi que sur les problématiques liées à l’écologie et au développement durable. A la demande de Marine Le Pen, ses premiers travaux seront d’ailleurs orientés vers les moyens de relancer la croissance en France, tout en réalisant la transition énergétique nécessaire au pays. »

En avril, il avait justement publié chez Fayard un ouvrage intitulé « La transition énergétique – Une énergie moins chère, un million d’emplois créés ». Et s’il rejoint le FN, c’est justement :

« Parce qu’il est le seul capable de réussir cette transition énergétique. Nous devons avoir la main sur la banque centrale et sur notre monnaie pour y parvenir tout en pratiquant un protectionnisme économique. »

C’est le sens de « l’écologie patriote » : on quitte l’euro et l’Union Européenne afin de pouvoir faire du protectionnisme et financer l’innovation permettant des économies. La Banque de France devra ainsi fournir 1500 milliards d’euros aux entreprises pour la « transition énergétique. »

Et la meilleure économie selon lui, c’est dans le domaine de l’écologie que l’on peut le faire, un thème permettant pareillement de justifier au mieux le protectionnisme : au nom de la lutte contre la pollution, on prône le nationalisme. Naturellement, on ajoute une touche d’ethno-différentialisme afin de se la jouer protection de la « diversité » (des peuples, des ethnies, etc., c’est un vieux thème de la « nouvelle droite »).

Parler d’écologie c’est donc tout bon pour le FN, qui combine alors programme économique (les économies!) et le programme politique (le nationalisme).

Bien entendu, on garde le nucléaire parce que c’est tout bon pour les entreprises. On l’aura compris, il n’y aura pas de contenu à part « l’écologie » qui est utilisée comme prétexte au protectionnisme et donc au nationalisme et donc au fascisme, dans une savante construction.

Voici une vidéo où lors d’une conférence à Lyon, on voit l’approche du collectif.

Il est vrai que jusqu’à présent, cette vidéo a fait 70 vues en une semaine. Mais c’était avant la fondation officielle du « collectif » en question, et surtout il faut voir ce que dit Philippe Murer. Mais elle vaut le coup d’oeil par ce qu’elle révèle: l’écologie ici n’est qu’une « chasse au gaspi », rien de plus.

Voici une vidéo de 1979, avec le fameux personnage « gaspi » de la grande campagne lancée alors en France. C’est un condensé de « l’écologie » telle que le FN la conçoit.

Le FN pourrait même reprendre directement le slogan de l’époque: « en France on n’a pas de pétrole mais des idées », sachant que ces idées ce sont justement le nucléaire, la chasse au gaspi, la direction du pays par des technocrates, etc.

Brigitte Bardot abat ses cartes et soutient Marine Le Pen

C’était gros comme une maison, nous en avons déjà beaucoup parlé, nous avons prévenu de cette tendance de fond. Cette fois c’est fait : Bardot soutient Marine Le Pen.

Voici quelques extraits de ce qu’elle raconte dans le quotidien Nice-Matin d’hier.

« Moi je voterai Marine Le Pen. Je trouve cette femme admirable. Elle nous propose des choses parfaites par rapport aux deux autres « guignolos » »

« C’est l’unique manière qu’on a de sortir du b… [bordel-NDLR] dans lequel on se trimballe depuis des années… Elle est la seule à dénoncer avec force et courage la situation. Elle ne gagnera peut-être pas cette fois, mais ce sera pour plus tard car on va s’enfoncer dans un déluge de détresse »

On remarquera qu’elle la soutient donc non pas seulement pour cette fois, mais également pour le futur. C’est l’aboutissement de tout un processus sur lequel nous n’allons pas revenir. Nous regrettons vraiment d’avoir encore à en parler, alors qu’il y a tellement d’autres choses intéressantes.

Si nous en parlons là, c’est parce qu’il faut bien constater un fait simple : désormais, tous ceux et toutes celles qui ont soutenu la mise en avant de la Fondation Brigitte Bardot sont complices de tout cela. Et cela quel que soit la forme du soutien, ne serait-ce que par un lien sur internet ou un appel commun à un rassemblement.

Impossible de dire que le choix de Bardot est personnel ; cette fois tout est clair et indiscutable. Et la personnalité écrasante de Bardot fait que toute personne liée à la Fondation Brigitte Bardot se trouve de fait liée au soutien de Bardot à Marine Le Pen.

Ce qui était justement le but de Brigitte Bardot et de l’extrême-droite…

D’ailleurs, elle recommence même ce qu’elle avait déjà fait, à savoir soutenir Poutine :

« Je le trouve très bien (…) Il a fait plus pour la protection animale que nos présidents successifs »

Poutine est un modèle pour l’extrême-droite, en tant que représentant d’un Etat ultra-autoritaire, fondé sur le nationalisme et le culte du virilisme du « chef », et Bardot participe à cette « fascination » pour ce modèle.

C’est dire si tout cela est grave et contre-productif. Brigitte Bardot torpille la défense des animaux auprès des personnes qui ne veulent pas de l’extrême-droite ; elle dénature le fait de se tourner vers les animaux en attitude de « rupture » qui est tournée contre des « cibles » typiques de l’extrême-droite, et nullement contre l’industrie de l’exploitation animale.

Cela fait plusieurs années que la tendance était dessinée, que Bardot va dans le sens d’un soutien ouvert à Marine Le Pen, contribuant lentement mais sûrement à la banalisation des idées d’extrême-droite.

Désormais, c’est fait, et il faut en avoir conscience !

Bardot présente Le Pen comme quelqu’un qui « défend les animaux »?!

Nous avons prévenu depuis longtemps concernant les présidentielles : l’OPA de l’extrême-droite sur les gens soutenant les animaux était inévitable.

Là voilà donc, finement menée, mais quand même totalement ridicule et il faut vraiment être absurde ou incohérent pour y voir un sens.

Il y a quelques jours en effet, Marine Le Pen a protesté contre les abattoirs halal, en expliquant que « L’ensemble de la viande qui est distribuée en Ile-de-France, à l’insu du consommateur, est exclusivement de la viande halal. »

Et que donc, les consommateurs sont lésés. Sauf que pour nous qui voulons la libération animale, les premiers concernés ce sont les animaux, pas les consommateurs humains !

Mais il n’est pas difficile de deviner que la politique de Marine Le Pen vise à renforcer le racisme, tout en tentant de ratisser de manière démagogique auprès des personnes aimant les animaux (et ce quel que soit leur degré de conscience sur ce plan).

Et ce qui devait arriver arriva : dans un premier temps, la fondation Brigitte Bardot soutient l’initiative de Marine Le Pen visant à « oser » dire la « vérité », puis dans un second temps, Brigitte Bardot enfonce le clou.

En prenant prétexte le besoin pour Marine Le Pen de signatures d’élus pour pouvoir se présenter aux élections présidentielles, elle a envoyé une lettre aux élus, en les enjoignant de

« donner leurs voix à Marine Le Pen qui fait partie d’une équipe de tête de la présidentielle, qui défend les animaux et a le courage de redonner à notre pays « la France » la place qu’elle doit occuper dans le monde. Je leur demande donc d’avoir un peu de courage pour une fois dans leur vie et d’assumer enfin leur devoir. »

Mieux qu’un long discours, voici une photographie de Marine Le Pen, qui selon Bardot « défend les animaux. »

Peut-on aimer les animaux et sourire au milieu d’animaux assassinés, en prenant la pose devant des journalistes en serrant la main d’un boucher? Non!

Aimer les animaux n’est pas une abstraction. Même si la libération animale est un idéal futur au niveau planétaire, elle exige une morale immédiate, une morale non négociable.

Ou alors on est un libéral, un hypocrite, un opportuniste, un menteur.

Et voilà exactement ce qu’est Bardot, parce qu’elle n’est pas végane, et qu’en plus elle donne une importance à Marine Le Pen en tant que personne « défendant » soi-disant les animaux.

Alors qu’en plus si on prend ne serait-ce que les critères de Bardot, on voit que Marine Le Pen n’est pas opposée à la chasse, et qu’elle ne s’est jamais prononcée contre la corrida.

Ce qui est tout de même révélateur de la largeur d’esprit de Bardot avec Le Pen, même en prenant ses propres critères (déjà extrêmement éloignés des exigences de la libération animale).

Mais surtout, l’essentiel finalement, c’est que l’attitude de Bardot donne encore une fois en France l’impression que l’on pourrait être « pour les animaux » de manière purement théorique, abstraite, sans que cela ne corresponde à une réalité pratique.

Or, la morale végane est pratique, concrète, elle n’est pas une abstraction, elle n’est pas quelque chose que l’on peut négocier, remettre à demain, etc. ; il s’agit donc de la défendre de manière stricte, parce qu’on ne peut pas prétendre défendre les animaux si on les exploite, de quelque manière que ce soit.

C’est bien là le cœur de l’exigence que l’on doit avoir… C’est ce qu’attendent de nous les animaux !

L’écologie au FN, c’est déjà fini !

Laurent Ozon vient de démissionner hier du Front National, après le scandale provoqué par ses propos sur le massacre en Norvège. Ozon expliquait cela par l’immigration, par les viols qui seraient uniquement commis par des personnes immigrées, etc.

Voici une copie d’écran de ses messages (l’image s’agrandit en cliquant dessus) :

Pas très original, et en quoi cela est-il intéressant ? Pour une raison simple : le Laurent Ozon en question était le monsieur écologie du Front National !

Une belle preuve de comment l’écologie peut se faire utiliser de manière faussée pour diviser l’humanité. Ozon considère les personnes immigrées comme des parasites, et il est pour une écologie en version image d’épinal, « terroir », etc.

Il a publié entre 1994 et 2000 une revue « écologiste » qui s’appelait « Le Recours aux forêts » et qui exprimait cette vision voulant combiner « ethnie » et « paysage. » Une manière de nier l’universalisme et l’humanisme.

Ozon a d’ailleurs fondé une entreprise de vidéo-surveillance. Et il a été propulsé au début de l’année au bureau politique du Front National. Il a d’ailleurs donné début mars une conférence de presse avec Marine Le Pen sur la sécurité et souveraineté alimentaires.

D’ailleurs selon certains médias, il est considéré comme l’un des auteurs du discours de Marine Le Pen à Tours, lors de son accession à la présidence du FN ! Pas moins que cela !

Étoile montante de la politique par l’intermédiaire de Marine Le Pen, Ozon s’est déjà torpillé en s’imaginant que la France était déjà tombée si bas et accepterait une telle sortie.

Tant mieux pour l’écologie !