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La question des « espèces invasives »

L’île de Portland se situe tout au sud de l’Angleterre ; on y trouve un peu plus de 12.000 personnes qui y habitent, et elle est reliée à l’Angleterre par un étonnant « tombolo » de galets, appelé Chesil Beach.

Mais cette petite île a une autre particularité : une grande superstition par rapport aux lapins. Le mot « rabbit » n’est jamais prononcé ; à la place on parle sur l’île des « choses poilues aux longues oreilles » (Long-Eared Furry Things) ou bien des « moutons souterrains » (Underground Mutton).

Cette superstition provient vraisemblablement du travail dans les carrières, les lapins s’enfuyant avant qu’il y ait un effondrement, ils étaient ainsi accusés d’en être à l’origine ou, en tout cas donc, au moins de porter malheur.

Lorsqu’en 2005 est sorti le film « Wallace et Gromit : Le Mystère du lapin-garou », le titre du film a été changé (il faut dire qu’en anglais c’était « The Curse of the Were-Rabbit » soit « La malédiction du lapin-garou »!). A la place du vrai titre, on avait « Something bunny is going on » (en gros, « il se passe quelque chose de pinpin »).

Si nous parlons de cela ici, c’est qu’en Grande-Bretagne a été publié une étude sur l’impact des « espèces invasives », disponible ici au format PDF. Les activités humaines ont en effet amené des espèces à se retrouver loin de leur écosystème, et il y a des conséquences.

Qu’est-ce qu’une « espèce invasive » ? Voici une définition d’une « Direction Régionale de l’Environnement »:

On entend par « Espèce Invasive » ou « Espèce Exotique Envahissante », une espèce (animale ou végétale) exotique (allochtone, non indigène) dont l’introduction par l’homme (volontaire ou fortuite) sur un territoire menace les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques, économiques ou sanitaires négatives.

Ces espèces peuvent devenir dangereuses pour les écosystèmes originels lorsqu’elles accaparent une part trop importante des ressources ou de l’espace dont les espèces indigènes ont besoin pour survivre, qu’elles se nourrissent directement des espèces indigènes, ou qu’elles modifient la structure même de l’écosystème.

Les espèces exotiques envahissantes sont à présent reconnues comme la deuxième cause de perte de diversité biologique dans le monde, après la destruction directe des habitats.

Ici, les lapins ont été amenés par les romains en Grande-Bretagne. Dans l’étude, ils sont présentés comme un exemple majeur « d’invasion » et évidemment, cette étude part uniquement de l’angle économique.

En fait, l’idéologie dominante fait qu’on ne « découvre » la nature que lorsqu’elle est utilisable. En l’occurrence, on « découvre » ces « espèces invasives » parce qu’elles coûteraient 308 millions d’euros par an à l’économie de la Grande-Bretagne.

Dans un même genre, les rats sont accusés de coûter 72 millions d’euros, et la renouée du Japon, 116 millions d’euros.

A côté du lapin, cette plante est d’ailleurs considérée en Grande-Bretagne comme l’espèce invasive la plus « nocive. » Historiquement, elle a été introduite en Europe au 19ème siècle, comme plante ornementale des jardins, et aujourd’hui elle fait partie du « top 100 » des espèces invasives dans le monde.

On peut voir ici un site consacrée à ce « top 100. »

La question des « espèces invasives » est une question très importante, et très difficile.

En effet, d’un côté on doit considérer que ces espèces nuisent aux autres espèces, et donc qu’elles sont « coupables. » Sauf que cela est abstrait, car c’est l’humanité qui est responsable d’avoir semé le chaos dans les écosystèmes…

A cela s’ajoute, en arrière-plan, une question essentielle. Car on peut facilement deviner que l’extrême-droite peut arriver ici en disant : voyez, le monde est composé d’écosystèmes et il ne faut pas « d’invasions. »

Sauf que cela est une vision totalement anti-écologiste. Quand on connaît la nature, on sait très bien qu’elle est en mouvement. C’est justement le principe de « Gaïa » : la Terre est un lieu de vie, elle est un tout en mouvement.

En Gaïa, les choses n’existent pas indépendamment les unes des autres. Au sens strict, il n’y a pas d’invasion, mais un mouvement de fond, tendant vers la vie. D’ailleurs, qui pourrait sérieusement dire aujourd’hui que le chat venu de Mésopotamie est un « immigré », un « envahisseur » ?

Nous reviendrons sur cette question des espèces invasives, qui posent la question des dangers provoqués par l’humanité pour la nature et ses équilibres, comme de savoir comment et jusqu’à quel point intervenir pour « rattraper nos conneries. »

Inévitablement, cela sera une question très importante de ce 21ème siècle.

Walter Bond a été arrêté 

Parmi les interviews que nous avons faites et mises en ligne, il y a celle de l’américain Walter Bond. Nous n’avons alors pas mentionné son nom, mais c’était lui qui, âgé d’un peu plus de 20 ans, avait incendié un laboratoire de drogues de type méthamphétamine, une drogue extrêmement puissante très répandue aux États-Unis.

Son acte avait été motivé car son frère était tombé dans la dépendance à cause du dealer possédant le laboratoire ; sa mère était également droguée et son père alcoolique. Walter a passé quatre années de prison pour cela, et le groupe de hardcore Earth Crisis a fait une chanson à ce sujet pour saluer son acte (voir le clip).

Walter est vegan straight edge et a travaillé par la suite dans un sanctuaire pour animaux ; il vient de se faire arrêter pour au moins un incendie.

Le FBI considère que Walter est à l’origine de l’incendie d’une usine de peaux de moutons à Denver dans le Colorado (500.000 dollars de dégâts), mais aussi de l’usine de cuirs Tandy, dans l’Utah, et du restaurant Tiburon spécialisé dans le foie gras.

Walter a apparemment été dénoncé par une personne qui a informé le FBI de ses activités ; le FBI a ensuite monté une rencontre entre l’informateur et Walter, enregistrant la conversation afin d’obtenir des preuves.

Le FBI affirme avoir trouvé sur Walter lors de son arrestation le document “Declaration of War – Killing People to Save Animals and the Environment.”

Cela peut très bien être un montage de la police, mais Walter était connu pour ses opinions radicales et était en train de chercher à relancer le mouvement hardline (la véritable scène, pas les gens d’extrême-droite ayant volé le terme depuis quelques années en Russie).

Le document en question date justement du début des années 1990 et est un « classique » de la scène hardline et de celle autour de l’ALF ; il reflète le point de vue d’anciens activistes de l’ALF posant la question de la nécessité de la lutte armée.