Scandale sanitaire : grave contamination radioactive dans une zone résidentielle d’Ile-de-France

Voici un communiqué du Réseau Sortir du nucléaire:

Le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) contamine depuis neuf mois la ville de Saint-Maur-des-Fossés (Val de Marne, Ile-de-France) et ses habitants, avec des déchets nucléaires issus de la fabrication des bombes atomiques. Une forte pollution radioactive au tritium touche en effet une zone résidentielle de Saint-Maur-des-Fossés, contaminant l’environnement et les riverains jusqu’à plusieurs centaines de mètres de la source.

La pollution radioactive a été provoquée par un tamis contaminé au tritium (hydrogène radioactif), objet provenant du centre du CEA de Valduc (Côte-d’or), où l’on fabrique les bombes atomiques. Ce tamis, qui sert à filtrer le tritium, se trouvait dans les locaux d’un prestataire du CEA, l’entreprise 2M Process, installée à Saint-Maur-des-Fossés (1).

Il aura fallu 9 mois pour détecter les rejets radioactifs du tamis, une pollution incontrôlée et dangereuse (2). La contamination de cinq personnes vivant à proximité immédiate est déjà avérée. À 200 mètres de la source de contamination se trouve le collège Camille Pissarro (3), qui accueille des centaines d’adolescents.

À l’entrée des locaux de l’entreprise 2M Process, la contamination en tritium est 100 fois supérieure à celle que l’on mesure autour des installations nucléaires les plus polluantes (4). Les autorités sanitaires, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et la Direction Générale de la Santé (DGS) tentent activement de banaliser cette pollution scandaleuse (5). Aucune information sur la radioactivité du tamis n’a encore été diffusée.

Selon l’IRSN, les niveaux de doses de tritium inhalées par les riverains contaminés « sont inférieurs à la dose reçue en une heure à bord d’un avion à 10.000 mètres d’altitude » (6) mais en juillet dernier, le même institut s’interrogeait, dans une synthèse d’études, sur le tritium et « les lacunes de connaissances sur ses effets sanitaires et environnementaux » (7). L’IRSN demandait dans le même document « une évaluation, dans des conditions réalistes d’exposition, des effets biologiques et sanitaires du tritium sur les organismes vivants » (8).

Le Réseau “Sortir du nucléaire” condamne fermement toute banalisation de cette contamination radioactive qui met en danger les habitants de Saint-Maur-des-Fossés.

Le tritium est un élément radioactif qu’il est difficile de confiner, et qui se substitue à l’hydrogène dans l’organisme humain. Les effets sanitaires de l’incorporation et de l’accumulation du tritium dans le corps humain sont méconnus. Selon plusieurs experts internationaux, la radiotoxicité du tritium est actuellement sous-évaluée (9).

Cette contamination aux conséquences très graves est encore inexplicable. Manifestement, le CEA croyait qu’il s’agissait d’un tamis neuf lorsqu’il l’a envoyé à son prestataire 2M Process. Ce dernier ignorait donc tout de la radioactivité de l’objet.

Comment un tel enchaînement de dysfonctionnements, mettant en danger la population et les prestataires du CEA depuis 9 mois, a-t-il été possible ? Le Réseau “Sortir du nucléaire” demande, dans les meilleurs délais, que toute la lumière soit faite sur la contamination radioactive des habitants et de l’environnement du quartier concerné, et notamment sur les risques sanitaires encourus par les élèves du collège Camille Pissarro. Ces investigations doivent être menées par des experts indépendants de l’État et du lobby nucléaire.

Les organismes officiels concernés (IRSN, ASN, DGS…), les autorités sanitaires et politiques (ministères de la Santé et de de l’Industrie…) doivent absolument prendre la mesure du scandale sanitaire en cours, et mettre en oeuvre des solutions rapides et efficaces.

Ce scandale vient confirmer que le nucléaire ne peut en aucun cas se prétendre une technologie « propre ».

NOTES :

1) La zone contaminée se situe autour du 22 rue Parmentier, à Saint-Maur-des-Fossés.

2)article de presse

3)Le bâtiment le plus proche de la source de contamination est le réfectoire du collège.

4) Voir la note d’information de l’IRSN du 15 novembre, pages 3 et 4

5) L’ASN, dans un communiqué publié le 9 novembre 2010, déclare que « cinq riverains de l’entreprise 2M Process ont fait l’objet d’analyses et présentent de légères traces de tritium, sans aucun enjeu sanitaire » et que « l’environnement immédiat de l’entreprise 2M Process présente une très faible contamination au tritium, notamment dans certains végétaux ». Le ministère de l’Écologie, dans une dépêche AFP du 9 novembre, a rapporté un propos de la Direction Générale de la Santé : « aucune disposition particulière n’est nécessaire ».

6) note de l’IRSN

7) et 8) Rapport de l’IRSN

9)Voir la synthèse du Livre Blanc du Tritium

Ce document publié par l’ASN en juillet 2010 précise dans son point 4 : « Si la distribution de la dose (radioactive) est relativement homogène quand le tritium est sous forme d’eau tritiée, elle est par contre hétérogène lorsque celui-ci est incorporé dans l’ADN ou les histones. La question se pose dès lors de la pertinence du concept de dose moyenne à l’organe comme indicateur de risque. Autrement dit, les doses calculées selon la méthode classique (en utilisant les facteurs de conversion Sv/Bq de la CIPR) pourraient conduire à une estimation incorrecte du risque.”

Le peuple de l’eau bleue-verte contre les mines d’uranium dans le grand canyon

Une chose est entendue : la machine s’emballe. La Terre ne va cesser d’être meurtrie, et dans cette tendance il n’y a plus de protection qui tienne. Le grand canyon en Arizona lui-même devient ainsi une cible.

Pourquoi cela ? Parce qu’en 2006, 66.500 tonnes d’uranium ont été utilisées dans le monde, et selon l’Agence internationale de l’énergie atomique, en 2030 il en faudra le double.

Par conséquent, ce sont des milliers de demandes de forage dans la zone du grand canyon qui ont été faites ces toutes dernières années (voir ici le site du Grand Canyon Trust Fund).

La dernière mine d’uranium dans le grand canyon avait fermé ses portes en 1972, et la zone elle-même a été reconnue patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO en 1979.

Mais que vaut le droit devant la force ? Ce qui a été donné peut être repris, du moment qu’on a le pouvoir.

Il y a ainsi une seule mine qui fonctionne pour l’instant, l’Arizona 1 de l’entreprise canadienne Denison Mines Corporation. Mais on considère que ses activités menacent la rivière Colorado, qui alimente notamment en eau potable 30 millions d’humains (Las Vegas, Los Angeles…) sans parler des animaux.

L’uranium, au contact de l’oxygène, devient soluble dans l’eau, et le vent peut transporter des poussières radioactives… Dans la région, la rivière Little Colorado a déjà officiellement une eau impropre à la consommation ou même à la baignade.

A cela s’ajoute le processus de production du « yellow cake. » Il s’agit du concentré d’uranium pour les centrales nucléaires.

Le processus présuppose de faire un tri, les déchets étant 80% plus radioactif que le « yellow cake » et sa durée de vie est de 4,7 milliards d’années. Des milliers de tonnes sont enterrées dans des containers pour des plans d’au moins 200 ans. Mais après ?

Et comme nous parlions de rapport de force : les projets de forage ont été gelés pour deux ans et le Grand Canyon Watersheds Protection Act a été promulgué afin de protéger la zone…

Sauf que le congrès ne l’a pas encore validé. Et que même s’il le fait, cela ne sera pas valable pour les projets de mine établis avant la promulgation de la loi!

Mais il existe des gens dont l’identité est de défendre le grand canyon. Il s’agit de la nation Havasupai – le peuple de l’eau bleue-verte. Elle ne regroupe que 650 personnes (voir le site gouvernemental et le site public), mais mène campagne pour préserver la région du grand canyon, se considérant comme devant protéger le lieu.

On peut voir ici une vidéo de pourquoi cette nation a ce nom. Mais les photos parlent également d’elles-mêmes.

Voici également la présentation du grand canyon sur le site de l’UNESCO :

Brève description

Sculpté par le Colorado, le Grand Canyon, de près de 1 500 m de profondeur, est la gorge la plus spectaculaire du monde. Situé dans l’Arizona, il traverse le parc national du Grand Canyon. Ses strates horizontales retracent une histoire géologique s’étendant sur 2 milliards d’années. On y trouve aussi les vestiges préhistoriques d’une adaptation humaine à un environnement particulièrement rude.

Valeur exceptionnelle

Le Grand Canyon offre l’un des plus grands spectacles géologiques permanents de la planète. Son étendue est impressionnante et le témoignage qu’il révèle sur l’histoire de la Terre a une valeur inestimable. La gorge d’une profondeur de 1,5 km, mesure de 500 m à 30 km de large. Elle serpente sur 445 km de long et ses sinuosités résultent de six millions d’années d’activité géologique et d’érosion causée par les eaux du Colorado sur la croûte terrestre soulevée. Vus des bords du canyon, les temples, les buttes, les pointes et autres mesas donnent l’impression d’être des montagnes. Les strates horizontales du canyon retracent 2 milliards d’années d’histoire géologique et illustrent les quatre grandes ères géologiques qui la composent.

Critères

(vii) Fort de sa réputation et de sa beauté naturelle exceptionnelle, et considéré comme l’un des paysages les plus puissants du monde sur le plan visuel, le Grand Canyon doit son renom au caractère vertigineux de ses profondeurs, à ses buttes en forme de temples et à sa topographie aussi vaste que multicolore et labyrinthique. Le parc recèle parmi ses merveilles naturelles de hauts plateaux, des plaines, des déserts, des forêts, des cônes de cendres, des coulées de lave, des cours d’eau, des cascades et l’une des plus grandes rivières d’eaux vives d’Amérique.

(viii) Le parc renferme des données géologiques sur les quatre ères de l’histoire de l’évolution de la Terre, du Précambrien au Cénozoïque. Les périodes précambrienne et paléozoïque sont particulièrement visibles sur les parois du canyon et présentent une forte concentration de fossiles. De nombreuses grottes abritent des fossiles et des vestiges fauniques qui étendent le registre paléontologique jusqu’au Pléistocène.

(ix) Le Grand Canyon est un exemple exceptionnel de milieux biologiques ayant évolué à diverses altitudes à mesure que la rivière a creusé son lit, illustrant cinq des sept zones de vie d’Amérique du Nord dans les parois du canyon. Les espèces végétales et animales se chevauchent dans un grand nombre de zones et se retrouvent dans l’ensemble du canyon.

(x) La topographie variée du parc a constitué des écosystèmes d’une égale diversité. Les cinq zones de vie à l’intérieur du canyon sont représentées dans une zone géographique remarquablement restreinte. Le Parc national du Grand Canyon est un refuge écologique, avec des vestiges relativement intacts d’écosystèmes en régression (à l’instar des forêts boréales et des communautés ripicoles du désert) et de nombreuses espèces de faune et de flore endémiques, rares ou menacées.

Le nucléaire français et l’Afrique

Voici un appel du réseau Sortir du nucléaire qui est très intéressant, et qui montre bien sur quoi s’appuie la gestion de l’écologie en France: tout dépend du business, et partant de là aussi du pillage des “anciennes” colonies d’Afrique, dont les gouvernements sont constitués sur la base de leur allégeance à la France.

Le nucléaire, c’est comme l’industrie de l’exploitation animale: c’est toute une logique de profit. Etre vegan, ce n’est jamais rester passif, et bien être réaliste par rapport au monde où nous vivons. Pas de défaitisme: les responsables sont faciles à trouver!

Le Réseau “Sortir du nucléaire” attire l’attention de l’opinion publique sur la gravité de la situation au Congo et au Niger où les autorités politiques bafouent les droits de l’Homme et les règles démocratiques sur fond de coopération avec la multinationale nucléaire Areva.

– Au Congo (ex-Zaïre), Golden Misabiko, qui est président d’une ONG de défense des droits de l’Homme, a été arrêté vendredi 24 juillet après la publication d’un rapport dénonçant l’exploitation illégale de la mine d’uranium de Shinkolobwe (Katanga), concédée à Areva depuis le 26 mars dernier : lors de la visite express du Président français Nicolas Sarkozy, Areva s’est vu octroyer l’exploration et l’exploitation de l’uranium sur l’ensemble du sol congolais.

– Au Niger, où Areva exploite des mines d’uranium depuis 45 ans et a récemment obtenu du Président Mamadou Tandja l’autorisation d’ouvrir une mine géante à Imouraren, les atteintes à la démocratie sont tout aussi graves : contrairement à ce que prévoit la constitution, M Tanja va se présenter pour un troisième mandat présidentiel et, pour arriver à ses fins, n’a pas hésité à dissoudre la Cour Constitutionnelle et à organiser un référendum illégal prévu pour le 4 août.

Ce n’est pas parce que la supposée “indépendance énergétique de la France” n’est qu’un mythe, et que le fonctionnement des réacteurs nucléaires français est assuré à 100% par les importations d’uranium, en particulier d’Afrique, que la France doit tolérer ou même collaborer aux atteintes aux droits de l’Homme.

Lors de sa campagne présidentielle, et suite à son élection, M Sarkozy a promis que la politique française serait “exemplaire” concernant les Droits de l’Homme. L’accord nucléaire signé le 25 juillet 2007 à Tripoli entre M Sarkozy et le dictateur libyen Kadhafi avait déjà largement écorné ces promesses, de même que les accords nucléaires signés lors des visites de M Sarkozy dans des pays fort peu démocratiques comme au Maghreb, au Moyen-Orient ou en Chine.

De toute évidence, le militantisme pronucléaire de M Sarkozy et son soutien sans faille à la multinationale Areva le poussent à s’accommoder ou même à soutenir les atteintes aux Droits de l’Homme, en l’occurrence au Congo et au Niger. C’est le “volet radioactif” du système de la Françafrique”.

Il est nécessaire de mettre en lumière la complaisance d’Areva avec ces agissements antidémocratiques. Dans l’immédiat, les autorités françaises doivent se reprendre et exiger la libération immédiate de Golden Misabiko au Congo et l’annulation du référendum anticonstitutionnel prévu le 4 août au Niger.