• Le bilan de la COP23

Giuseppe se remet de son agression

[Désolé pour la non publication d’un article hier, nous nous sommes emmêlés dans les dates.]

Nous avons déjà parlé de Giuseppe, un SDF vivant à Paris, dans un camion, et qui s’occupe des pigeons (Il faut aider Giuseppe !, “SDF parce qu’il nourrit les pigeons”, Nouvelle vidéo sur Giuseppe, l’ami des pigeons).

Il a connu de nombreuses agressions, dont une toute récente, il y a quelques jours dont il se remet. Elle a été commise avec brutalité, avec le classique sentiment d’impunité des patrons de bar.

Voici comment les choses se sont passées, racontées par les amis de Giuseppe, une page facebook de solidarité.

Giuseppe a de nouveau été gravement agressé. Ils vont finir par le tuer à force de bêtise, de méchanceté, de haine!

Un jeune employé ou patron de bar a, ce matin, aspergé Giuseppe d’eau de javel le blessant très gravement.

A 5H du matin, Giuseppe met en effet quelques graines devant le bistrot de ce Monsieur. Ce matin, l’homme est sorti et a lancé un seau plein de javel sur le visage de Giuseppe. Sur le visage!!!

Une plainte a été deposée. Giuseppe a passé la matinée aux urgences.son oeil est très gonflé et très douloureux. Sa vue est très mauvaise. Ce, malgré les crèmes et autres traitements administrés par l’hôpital.

Ce quartier du centre de Paris me fait vomir. Je suis allée dans ce café. J’ai prévenu le monsieur qu’une plainte avait été déposée et que Giuseppe a des graves problèmes de vision depuis l’agression.

Je me suis fait traiter de clocharde. L’homme a bien regardé mon vélo, sans doute pour le reconnaître et se venger . Il m’ont demandé mon nom, plusieurs fois.

Ces gens sont des malades, d’une violence inouïe . Le traitement réservé à Giuseppe est totalement démesuré et profondément inhumain. Giuseppe nourrit les oiseaux les gars! C’est un homme âgé qui nourrit les oiseaux !

Ce quartier est vraiment un quartier de violence, de sexe, d’alcool et de zone, où chacun fomente sa vengeance contre celui qui dérange.

Mais bon sang de la javel plein les yeux pour quelques graines…. Pauvre humanité , pauvre quartier! Pauvre Giuseppe, nous sommes avec toi… De tout cœur.

On notera que “les amis de Giuseppe” avaient rencontré des gens de la mairie, et on lit dans le compte-rendu que :

La mairie nous a invité a venir discuter de Giuseppe et du nourrissage des pigeons.

Il a été glissé dans la discussion que la page de soutien à Giuseppe risque des poursuites pour incitation au nourrissage des pigeons.

Quelle sinistre attitude! Quelle approche nauséabonde et indigne! A quoi il faut répondre par l’exigence de la morale. Cette histoire de poursuite pour “incitation au nourrissage des pigeons”, la municipalité voit cela comme une simple question administrative.

Cela est faux ; en réalité, il s’agit d’une question d’identité, pratiquement révolutionnaire, née de la compassion et de la rupture. S’il y a des limites, elles doivent être dépassées par un élan en faveur des animaux, et non contre.

On peut critiquer les comportements comme ceux de Giuseppe ou de la “vieille-folle-aux-chats“. Mais cela doit être fait de manière adéquate.

Car il y a plus de dignité dans leurs actions, désordonnées voire erronées, que dans les postures faussement civilisées de représentants du désastre actuel, détruisant notre planète.

Nous n’avons pas besoin de l’avis de Maître David Sudan

Nous avons beaucoup parlé de l’affaire du chiot arraché de force à un SDF par des gens de Cause Animale Nord. Il était selon nous très important de le faire, pour ne pas se “planter” après cette affaire.

Cela pouvait ne pas sembler clair, mais voici que déjà les faits se précipitent, puisque le chiot a été remis hier au SDF. C’est l’épilogue d’une triste affaire, en attendant le procès.

Cependant, que ne voit-on pas? Voici que “Maître” David Sudan, selon l’expression employée pour les avocats par les institutions, se permet de prendre la parole. Qui est-ce? D’où sort-il? Où est sa légitimité?

Eh bien cette personne qui tombe du ciel dans cette affaire est l’avocat du SDF, présent avec lui dans les locaux de la police du 1er arrondissement de Paris, lors de la remise du chien. A cette occasion, il a publié sur chien.fr un long texte pour expliquer la situation du SDF, du chiot, etc.

Et là, il y a cet insupportable discours, honteux et pathétique, condamnant la libération animale. En quel honneur? Naturellement, au nom de son statut d’avocat. Eh bien non, nous n’en avons rien à faire de son avis, qu’il peut se garder.

Que Cause Animale Nord soient des activistes peut-être adeptes du n’importe quoi n’importe comment, c’est a priori un fait qu’on peut dire exact. Mais ils portent la dignité d’une cause, même dévoyée.

Donc il n’y a pas à accepter ces propos mensongers venant soutenir un système qu’il faut ébranler et faire s’effondrer :

“Je ne renie aucunement le travail des associations de la défense des animaux. Bien au contraire, la plupart des personnes qui m’ont aidé dans le traitement de ce dossier sont des personnes issues du milieu associatif de défense de la cause animale. Je sais que le combat de ces associations est parfois dur, surtout quand il s’agit de lutte contre le trafic d’animaux, mais si vous avez des suspicions de maltraitance ou de trafic d’animaux, il existe une Justice en France avec laquelle vous pouvez travailler main dans la main. Et croyez-moi bon nombre de procédures engagées dans le trafic d’animaux auprès d’un juge aboutissent à la saisie des animaux maltraités.”

Nous n’en avons rien à faire de sa défense de la justice au service de l’exploitation animale et de ses études à Assas, apparemment avec une spécialisation en droit des sociétés, des fusions-acquisitions et du droit des contrats, comme lorsqu’il dit :

“J’ai effectué un cursus de 8 années de droit à l’Université et je ne connais aucune loi en France qui interdise aux SDF d’avoir un chien, et ce quelle que soit leur origine. Lors de son procès, cette dame pourra certainement venir expliquer aux Magistrats ce qui est interdit et permis par la loi en France !”

Se vanter par ailleurs d’avoir fait huit années d’études, pour confondre le communisme et le nazisme, c’est d’ailleurs lamentable :

“Et tout d’un coup ce samedi 19 septembre, alors qu’il n’avait rien demandé à personne et parce qu’il avait le tort d’être sans-abri et d’origine roumaine, il se fait violemment agresser par des activistes de défense de la cause animale sans la moindre enquête préalable sur la seule base de son faciès, comme on faisait jadis dans certains Etats soviétiques.”

On comprend toutefois que quand on fait avocat, on entend faire partie des riches et que donc on a pas besoin de faire la différence entre les communistes qui visaient les riches, et les nazis qui visaient des gens pour des critères raciaux…

Le fond de la question, c’est quoi? Nous en avons parlé, c’est la question de la légitimité de l’interventionnisme en faveur de la libération animale.

Si cet avocat s’imagine cependant être en mesure d’attaquer la libération animale au nom de la soi-disant valeur des institutions, là il rêve totalement. Un tel délire peut être acceptable pour L214 ou les partisans de l’abolitionnisme de Gary Francione, qui croient en une réforme ou une révolution au sein des institutions… Mais nous, nous disons : halte-là!

Et nous avons bien vu que les associations légalistes n’ont strictement rien dit sur une affaire suivie par pratiquement la société française, ce qui est une sacrée démonstration de mauvaise foi et de capitulation.

Nous avons bien vu que les anarchistes n’ont également fait rien d’autre que dénoncer le racisme, sans rien voir de la question animale. Peut-être devrait-il aller aider l’avocat qui annonce :

“Nous avons fait des captures d’écran de tous les propos diffamatoires qui ont été tenus à l’égard de mon client depuis le début de l’affaire et nous allons nous réunir demain pour étudier les suites judiciaires à donner à ces propos.”

Voilà bien ce qui était à craindre : que la cause animale disparaisse derrière une affaire de faits-divers. Voilà pourquoi nous avons écrit ces articles, qui pouvaient sembler partir dans de nombreuses directions, voire contradictoires.

Il s’agissait cependant d’avoir au coeur la défense de l’intervention en faveur de la cause animale, principe légitime, sacro-saint, car moralement juste! La libération animale n’est pas un concept abstrait, c’est quelque chose exigeant une affirmation concrète.

L’avis d’un avocat défendant une justice au service des riches et donc nécessairement de l’exploitation animale n’a ici strictement rien à dire, il n’a pas le droit à la parole, car la seule parole qui doit s’affirmer est celle en faveur de la libération totale et sans conditions des animaux!

L’Etat confisque le chiot qui avait été arraché de force à un SDF

Voici les suites de l’affaire du chiot arraché à un SDF, c’est sans doute la dernière actualité à ce sujet avant quelques temps. L’État a en effet sifflé la fin de la récréation et placé le “président” de Cause Animale Nord en garde à vue pendant quelques heures.

Celui-ci a immédiatement oublié ses diatribes sur un “complot” et a accepté le deal policier consistant à rendre le chiot en échange de sa libération. L’information a été faite par Planète animaux, site d’infos servant depuis plusieurs jours d’interface soutenant Cause Animale Nord.

Le chiot va rester en chenil “le temps de la procédure”. Quant à l’association Cause Animale Nord, au nom duquel le président parle depuis le début, elle échappe avec chance à la procédure : il n’y a que son président qui est poursuivi pour “vol en réunion avec agression”.

Le “président” a expliqué que selon la police, le chiot a bien des papiers et que son “propriétaire”, le SDF roumain, n’appartient pas à un réseau.

Le “président” de Cause Animale Nord a pourtant eu sur ce point un soutien important ces derniers jours, avec “Archétype”. Il s’agit d’une personne organisant des libérations d’animaux utilisés par les mafias de la mendicité et montrant cela sur une page facebook.

Pour le coup cela devient compliqué : il y a quelques jours une vidéo était sortie, quelqu’un suivant le SDF roumain en filature. On le voyait téléphoner et parler d’affaires pour plusieurs centaines d’euros, en roumain, dans une vidéo dont la date était qui plus est erronée.

Archétype a repris la vidéo en expliquant qu’il l’avait filmé lui-même il y a quelques temps :

Voici les images d’une filature concernant le SDF qui s’est fait voler son chien. Je l’ai suivi car je sais qu’il est en relation avec un réseau que je suis depuis longtemps, qui est établi entre le 1er, le 3ème et le 4ème arrondissement de Paris_ sans pouvoir encore le prouver.

Elles ne constituent pas une preuve qu’il soit impliqué dans le trafic d’animaux, mais je vous laisse vous faire une idée de la nature de ses conversations téléphoniques.

Je rappelle que je ne soutiens en aucun cas le total manque de discernement de C.A.N et la manière dont son président justifie son acte, et que ces images font partie d’une enquête sur le trafic d’animaux en général. Elles doivent aider à se faire une idée objective sur cette affaire, et non à alimenter les propos discriminatoires qui ont été tenus.
https://www.youtube.com/watch?v=UKMz_cYq75w&feature=youtu.be

Cela a été suivi d’un article assassin de Metronews au titre éloquent :

“La manipulation de défenseurs des animaux pour accuser un SDF roumain de trafic”.

A aucun moment le SDF roumain ne parle d’animaux ; dans la foulée “Archétype” a enlevé la vidéo de youtube.

On peut se douter de l’impact plus que nocif pour la cause animale…

Et il ne faut pas croire que cela s’arrête là. Le cinéma  du “président” continue : le “président” de “Cause Animale Nord” a porté plainte contre… l’auteur de la vidéo qui a lancé l’affaire, ainsi que contre la personne ayant le facebook “Berger Malinois Gun” qui l’avait dénoncé dans une vidéo.

Il y a également un facebook qui s’est monté, avec plus de 57 000 mentions j’aime, dont le titre est “Soutien au SDF qui a été privé de son chien”.

Quant à la pétition contre Cause Animale Nord, elle a sans doute atteint son pic, soit un peu plus de 239 000 signatures.

Les dégâts sont énormes et il y a franchement lieu de réfléchir.

Tentons de résumer ce qui est selon nous correct : oui, c’est vrai il y a un trafic d’animaux pour des mafias de la mendicité et il faut la combattre. L’intervention en faveur des animaux est légitime et n’a pas à attendre l’aval d’une société aux mains de la course pour le profit. Le racisme divise les humains et est improductif, en plus d’être absurde.

Voici un petit récapitulatif de nos articles à ce sujet, et nous serons forcément amenés à en reparler à différents moments.

 

La conférence de presse de Cause Animale Nord

Le “président” de “Cause Animale Nord” a donc, hier, connu son heure de gloire, avec une conférence de presse où, en fait, de révélations, on ne sait rien de plus.

Les promesses n’auront donc pas été tenues, comme par exemple des résultats vétérinaires (pour vérifier si le chien était drogué).

On doit donc considérer que la cause de la défense des animaux continue donc d’être prise en otage, et cela sciemment. En postant non stop des revendications véganes sur le facebook de Cause Animale Nord, comme si de rien n’était, il s’agit pour le président de se poser comme fer de lance de la cause.

Ce n’est ni démocratique ni acceptable, vue sa vision totalement délirante de la société. 20 minutes Lille nous retransmet un de ses propos assez éloquent dans le genre :

“Pour que cette vidéo prenne autant d’ampleur, d’autres personnes plus puissantes se cachent derrière cela »,

Cela rappelle les délires sur les “illuminatis” très à la mode il y a quelques temps, y compris dans la défense des animaux (on se souvient de l’affaire du “DJ Ripley“).

Les animaux sont pris en otage pour une vision misanthrope, complotiste du monde. On a ici une vision paranoïaque du monde, sans aucune explication rationnelle de l’exploitation animale.

Dans le film très connu “M le maudit”, il y a le fantasme d’une grande ville passée sous la coupe de politiciens véreux de mèche avec la police, avec les mendiants formant un syndicat hyper organisé. C’est le même genre de vision du monde paranoïaque.

Il ne s’agit pas de dire qu’il n’y a pas de mafia, de politiciens véreux, de trafics de chiens. Il s’agit juste de voir que cela n’est pas “parfait”, mais participe en général à une société corrompue, aux valeurs inacceptables.

Du côté de “Cause Animale Nord”, on ne voit pas les choses ainsi ; on ne réfléchit pas en termes d’histoire, de culture, d’économie, on réagit avec “le coeur”, tout en se fondant donc sur l’intuition, les préjugés…

Au final, donc, c’est de la fausse rébellion prétextant une cause plus qu’autre chose. On est dans la pose, voire la posture.

On remarquera justement que sur le tee-shirt porté à la conférence de presse, il est inscrit “je suis modern gay la fourrure pas pour moi”, histoire de ne pas passer pour un facho. On est dans le calcul, pas dans la lutte pour la cause.

Voici une autre illustration de cette logique, avec un post facebook vite enlevé, exprimant une paranoïa certaine,  bien dans les normes de l’extrême-droite, comme il se doit.

C’est totalement délirant, mais cela ne doit rien au hasard: la cause animale s’est fait prendre d’assaut non pas par l’extrême-droite organisée (comme le pensent les anars), mais par une vision misanthrope qui rejoint l’extrême-droite (d’où l’incompréhension sincère mais au final absurde des misanthropes devant l’accusation d’être des fachos).

Au milieu de tout cela, il y a l’egotrip. On peut juger sur pièce avec le document publié par le “président” de Cause Animale Nord à l’occasion de la conférence de presse :

Cause Animale Nord

COMMUNIQUE DE PRESSE CONCERNANT L’AFFAIRE DU CHIOT.

Je suis atterré de voir les proportions qu’a pris la haine déclenchée contre moi et contre Cause Animale Nord que je préside, après la circulation massive de cette vidéo. Nous sommes attaqués de toute part, le site de CAN a été piraté, ainsi que les comptes sociaux de certains de nos militants, et nous recevons des menaces de mort du monde entier.

Je reconnais que les images peuvent choquer : un homme âgé au sol, les cris d’un chiot attrapé dans la précipitation, des invectives lancées aux passants, c’est typiquement le genre d’extrait-choc qui, livré au public sans aucune explication sur le contexte, donne lieu à toutes les interprétations possibles même les pires; surtout quand certaines personnes se font un plaisir d’aiguiller les imaginations.

Ça serait intéressant d’ailleurs de savoir par qui et pourquoi cette vidéo a été mise sur le net et surtout a pris une telle ampleur, avec directement incitation immédiate à la haine, publication de mon nom, adresse, n° de téléphone etc…. surtout sachant que CAN a l’habitude de lever des gros dossiers qui dérangent certains politiques.

La réponse : un jeune de 23ans qui aime faire le buzz sur les réseaux sociaux du nom de Nghi Le Duc. Cette personne ne fait nullement partie de la protection animale, son passe-temps, créer le scandale sur la toile. Mais pour que cette vidéo prenne autant d’ampleur, d’autres personnes plus puissantes se cachent derrière cela. Les attaques contre notre site viennent de plusieurs pays du monde.Voici donc exactement ce qui s’est passé ce jour-là.

Lors d’une manifestation contre la fourrure se tenait un village de stands d’associations. Une femme (celle qu’on voit sur la vidéo du pseudo Victoria Phoque sur les réseaux sociaux) est arrivée sur le stand de CAN, nous expliquant qu’elle faisait le tour de tous les stands depuis un moment pour alerter sur la présence d’un chien « drogué et maltraité », cherchant de l’aide.

Aucun militant n’était venu à cette manifestation pour se retrouver à faire une enquête en urgence sur place (et encore moins devoir gérer un animal en pleine manifestation) mais devant son insistance, on a décidé d’aller au moins voir ce qui se passait.

J’ai effectivement découvert un chiot amorphe, dodelinant de la tête, les pupilles dilatées, et attaché très court par un lacet à la poignée d’une valise. Je n’ai pas de « détecteur de drogue » sur moi, on peut aussi penser que ce chiot était juste sonné par le bruit de la rue mais en général tous les chiots sont plutôt très vifs et joueurs; donc inquiété par son absence totale de réactivité j’ai évidemment essayé d’établir un dialogue avec son propriétaire.

Il est devenu tout de suite très méfiant, a détaché le chien pour le prendre aux bras puis à la surprise de tout le monde il s’est jeté au sol avec le chiot serré contre lui et s’est roulé par terre. Je n’espère qu’une chose, c’est que des caméras de surveillance de la ville se trouvaient en fonction sur cette sortie des Halles afin qu’il soit enfin prouvé que je ne l’ai pas agressé : il s’est jeté au sol lui-même, et vu que comme tout ce que je dis est disséqué et retourné contre moi depuis quelques jours, je ne tenterai même pas de proposer d’explications sur ce comportement.

Plusieurs personnes dans le public ont crié « Attention au chien, il va l’écraser » !

Il faut bien comprendre que ces choses-là se produisent à vitesse éclair et qu’on n’est pas forcément préparé à de telles réactions ; entre l’état quand même bizarre du chiot à mon arrivée, la difficulté d’établir un dialogue, la réaction surprenante de cet homme et surtout le danger dans lequel le chiot s’est retrouvé au risque d’être écrasé, j’ai réagi sous le coup de l’urgence en essayant de lui écarter les bras pour qu’il libère le chiot. Il le serrait si fortement que des témoins ont hurlé « Il va l’étouffer ! »

Si le grand public était informé des trafics permanents de chiots dans les grandes villes, provenant d’élevages étrangers dont les reproductrices sont totalement sous-alimentées et maltraitées, avec un taux de mortalité effroyable dans les transports clandestins, ces camions arrivant la nuit entre autre porte de la Chapelle et l’usage très habituel de substances dangereuses sur les chiots pour les faire tenir tranquille, et dont la police, bien qu’au courant, n’a ni le temps ni la volonté avérée de s’occuper, peut-être aussi que ma réaction serait moins stigmatisée, même si je le reconnais les choses ont été faites dans la précipitation et une certaine incohérence. Et si il ne s’était pas roulé au sol avec le chiot, on aurait peut-être eu le temps d’essayer d’y voir plus clair, aussi !

La vidéo commence au moment où je viens juste de réussir à lui faire lâcher le chiot; on se précipite sur l’animal pour qu’il ne s’échappe pas (le bruit qu’on entend c’est mon épaule qui cogne le panneau en fer derrière lequel j’avais peur qu’il disparaisse, et non la tête du chiot comme des milliers de gens se sont permis de l’affirmer alors que je suis filmé de dos à ce moment-là et qu’on ne voit rien de ce qui se passe réellement) ; l’homme s’agrippe ensuite à moi en criant pour essayer de récupérer l’animal, la femme essaye de l’en empêcher, un militant qui était venu avec nous me prend le chiot des mains et nous repartons vers le village associatif qui était à 50 m de là ou la police était présente.

L’homme n’y est pas venu pour essayer de le récupérer, par contre une demi-heure après il portait plainte en présentant les papiers d’un pékinois (ce que ce chiot n’est pas), papiers qu’il aurait pu aussi bien me présenter tranquillement dès le départ, aussi. Chose que je ne m’explique pas, c’est qu’il soit allé porter plainte dans un commissariat éloigné à 20 minutes alors qu’il s’en trouve un à proximité immédiate des lieux. Et qu’une plainte soit reçue 35 minutes après l’acte !

Beaucoup de question sans réponse qu’il laisse présager des doutes sur les réelles motivations…

Des milliers de gens copient-collent des commentaires disant que cet homme avait un chien depuis 15 ans qui venait de mourir de vieillesse et qu’il était très connu dans le quartier; or dans diverses vidéos pourtant volontairement à charge contre moi il explique devant les caméras, avec l’aide d’un interprète roumain, qu’il n’est en France que depuis 4 mois et qu’il n’a jamais eu de chien avant.

A l’inverse d’autres gens laissent des commentaires disant qu’il a été vu ces derniers temps avec d’autres animaux : bref rien n’est clair dans cette affaire. D’autres affirment que « aucun SDF n’a les moyens d’acheter de la drogue » : un grand nombre de produits très courants et bon marché peuvent pourtant rendre un jeune animal complètement stone. À noter qu’une fois libéré ce chiot s’éloigne plutôt lentement, donc : drogué ou pas, la question reste licite.

Au bout d’un certain laps de temps conséquent le chiot a retrouvé un comportement d’éveil normal. La bénévole qui s’est proposée pour l’héberger m’a confirmé le lendemain qu’à part un envahissement de puces, la petite chienne semblait en relative bonne santé. CAN est accusée aussi d’avoir trop rapidement publié une annonce d’adoption (et non de VENTE, j’insiste sur ce point, et toutes les asso font pareil à des tarifs sensiblement équivalents pour couvrir les frais inhérents à la mise en règle des animaux. Il faut comprendre qu’à partir de la parution d’une proposition d’adoption il se passe parfois des semaines avant que quelqu’un se présente, donc nous avons l’habitude de faire paraître les annonces le plus vite possible.

De toute façon on ne place jamais les animaux sans prendre le temps de s’assurer que l’adoptant est sérieux ; ici l’association a simplement suivi sa procédure de routine, après parution on a donc tout le temps de remettre l’animal en état de santé si besoin, de l’identifier ou de vérifier les identifications; ici il y a bien une puce, mais le passeport correspondant n’est pas franchement clair puisque le premier vaccin est noté à la date du 01/09/ 2005, pour un chiot de meme pas 3 mois. A côté de ça l’homme reste très évasif sur la façon dont il s’est procuré ce chiot. Son fils ? Il se trouve en Angleterre…

On m’accuse d’avoir agi trop impulsivement : j’ai agi comme me le dictait mon cœur à l’instant T devant la réaction vraiment imprévue de cet homme ; j’ai peut-être mal évalué la situation et dans ce cas c’est la justice maintenant qui vérifiera si oui ou non les papiers de ce chiot sont réellement les siens, et qui tentera d’en savoir plus sur sa provenance.

Je n’ai jamais eu ces documents, ils ont été filmés dans des interviews du supposé propriétaire qui les présente lui-même devant la caméra : à partir de ces vidéos l’image a été extraite, mais quand je l’ai publiée pour tenter de faire comprendre aux gens qu’il y avait bien quelque chose de bizarre vu les dates on m’a accusé en prime de les lui avoir volés, ou même de les avoir falsifiés : tout ce que j’essaye de produire comme explication est retourné contre moi.

Des gens vont jusqu’à jurer qu’ils lisent bien « 2015 » alors que 2005 est clairement visible! Le vétérinaire qui a examiné le chiot et à la vue de toutes les incohérences (dates non concordantes, race, etc) émet de sérieux doutes sur l’authenticité des documents fournis. Des examens vétérinaires sont en cours dans l’un des plus grand centre français, le délai pour les résultats est de 3 semaines. Le simple cout pour cette expertise est de 252€ donc bien inférieure aux frais d’adoption que nous demandions.

Après recherche le vétérinaire Roumain ayant identifié le chiot déclare que le chiot n’est pas enregistré au registre national du pays. Mais après investigation, le chiot se trouve bien inscrit au registre mais avec des dates différentes de son passeport. Pourquoi avoir menti ? on peut se poser la question.

Egalement un vaccin antirabique effectué début septembre sur un chiot de 2 mois alors que la législation ne l’autorise qu’à partir de 3 mois.

Une date de naissance également différente entre le passeport et le fichier central roumain.

Mais aussi une date d’enregistrement differente au fichier central.

Beaucoup d’incohérences qui laisse présager un trafic, surtout qu’une video tourne actuellement sur le web ou on voit cet homme négocier pour des chiots.

Au terme de l’enquête et si un trafic est décelé, je serai peut-être condamné pour avoir voulu « faire justice moi-même » comme on m’en accuse, mais j’espère alors que ce buzz regrettable sera au moins l’occasion de porter sur la place publique ce problème énorme de trafic d’animaux (qu’il s’avère qu’il s’agit bel et bien de ça ou pas, d’ailleurs).

Il faut savoir aussi que dans certains cas de maltraitance la police s’en remet directement aux associations en disant : « Allez-y, car nous on ne peut rien faire ». Ce qui revient très clairement à nous dire : « Nous n’avons pas les moyens légaux d’intervenir, sortez cet animal de là comme vous pouvez, on ferme les yeux. » Et si on n’y va pas, alors les gens nous jettent la pierre aussi.

Je rendrai donc compte de mes actes mais ce qui est incroyable c’est que mon association ait été accusée à travers le monde de « voler des chiens à des SDF pour gagner de l’argent. »

Toutes les associations et refuges de France croulent sous les animaux abandonnés et ont le plus grand mal à leur trouver de bons adoptants: qu’une association aille en « voler » pour le plaisir de les mettre à l’adoption en pensant gagner de l’argent au passage, franchement qui peut croire à ces fables. Surtout quand on connait les tarifs des vaccinations, vermifuges, déparasitage, identification etc, parfois même castration si l’animal est plus âgé.

Toutes les personnes qui me connaissent et même mes ennemis savent le temps que je consacre à mon association et au sauvetage d’animaux, au point de ne plus avoir de vie privée. A propos de vie privée, j’informe qui de droit que j’ai parfois hébergé chez moi des SDF en leur laissant mon propre lit : je ne suis pas certain que toutes les personnes qui me traitent de facho et souhaitent ma mort depuis quelques jours en aient jamais fait autant.

CAN est une association qui a pignon sur rue. Nous avons en charge plus de 700 animaux, de chevaux à furets en passant par les animaux de ferme, et de tous âges.

Cela représente énormément de logistique, de soucis, de soins quotidiens à prodiguer à chacun, donc imaginer que je profite d’une participation à une manifestation contre la fourrure pour aller chercher des animaux supplémentaires dans Paris est tellement énorme que j’avoue, quels que soit mes torts dans la façon dont les choses se sont déroulées lors de cette intervention qui était je le répète non prévue, que je suis très étonné de voir jusqu’où va la haine de certains et la volonté de nuire à CAN.

L’opinion publique a été particulièrement touchée parce qu’il s’agit d’un sans-abri, je suis devenu « un voleur de SDF » : je suis parfaitement bien placé pour savoir que nombre d’entre eux s’occupent très bien de leur animal et sont même capables de se priver de nourriture pour eux. On leur vient en aide d’ailleurs quand l’occasion se présente.

Ce n’était pas la peine de me l’expliquer par des milliers de messages insultants et menaçants, car cela n’a rien à voir avec les chiots victimes d’un trafic international connu qui enrichit en amont une mafia énorme, et qui déverse – en France notamment – un flot ininterrompu de nouveaux animaux alors que tant d’autres abandonnés par leurs « maîtres » attendent en cage d’être adoptés et sont même parfois euthanasiés (des dizaines de milliers chaque année) : est-ce que les gens peuvent comprendre qu’entre les chiens qui sont pour un SDF son seul ami et la prunelle de ses yeux, et ceux qui sont écoulés au marché noir, il y a une différence ?

Ceci sans présumer de l’affaire actuelle. Il est possible d’ailleurs si le cas se présente que nous soyons tous les deux condamnés : moi pour intervention dans un cadre non légal, et lui pour participation à un trafic d’animaux. Si sa bonne foi est établie je saurai lui présenter mes excuses et répondre des conséquences de mon erreur d’appréciation.

Les personnes qui se sont rendues coupables de faux témoignages (prétendant connaître cet homme dans ce quartier depuis plus de 15 ans alors qu’il dit lui-même n’être en France que depuis quelques mois), ainsi que celles qui m’ont livré en pâture aux réseaux sociaux en publiant mon adresse personnelle accompagnée d’incitation explicites au lynchage, auront elles aussi à rendre des comptes. Et comme quoi qu’il en soit des trafics de grande ampleur existent j’espère que tout cela servira au moins à attirer l’attention du public et des autorités sur cette mafia bien connue des services de police.

CAN restera debout, les bénévoles et militants qui la composent restent soudés, et même plus unis encore devant cette attaque d’une haine et d’une proportion incroyable, car les animaux dont nous nous occupons depuis des années comptent sur nous.

Antony Blanchard, président de Cause Animale Nord.

La position de “Cause Animale Nord”

Nous reparlons, malheureusement, encore de cette affaire dont les conséquences nous semblent, pour dire les choses sans ambages, catastrophiques.

Surtout qu’on est passé de la France à la diffusion de l’information dans la presse mondiale continue, avec à chaque fois comme présentation les “extrémistes” pro-animaux enlevant un chien à un SDF.

On en saura un peu plus aujourd’hui, parce que l’association “Cause Animale Nord”, dont le “président” a arraché un chiot de force à un SDF, a annoncé la tenue d’une conférence de presse aujourd’hui à Lille, à la maison des associations.

Vue toutefois la manière dont est présentée cette “conférence de presse”, on peut craindre toutefois le pire, à la fois dans la vision du monde “chevalier blanc”, dans l’expression de préjugés, dans la prise en otage de l’ensemble des défenseurs des animaux.

Nous espérons que tous et toutes comprennent l’ampleur du problème et ce qui est en jeu!

 

La légitimité de l’intervention en faveur des animaux

Dans l’affaire du chiot arraché de force, la situation est tellement terrible que la vraie question qui se pose, c’est : avec qui faut-il avoir tort ? Avec ceux et celles qui considèrent que cela ne se fait pas ? Ou bien avec ceux et celles qui considèrent que cela se fait ?

Normalement, ce qui compte c’est la vérité, mais là on ne sait pas si la personne à qui le chiot a été pris était un SDF ou quelqu’un utilisant les animaux dans sa mendicité, en rapport avec une mafia.

Le résultat est qu’on est soit embarqué avec des gens dénonçant la brutalité de l’action et considérant que l’interventionnisme pour les animaux dépasse les bornes… Soit avec l’auteur plein de préjugés d’une action spontanée, puisant sa légitimité dans l’interventionnisme pro-animaux.

Si on dit qu’on est avant tout là pour les animaux, on n’a pas le choix : mieux vaut des gens semi-fachos qui agissent vraiment (et qui donc logiquement demain ne seront plus fachos s’ils sont conséquents) que des anars qui ont raison sur tout parce qu’ils ne font rien du tout pour les animaux.

Réfléchissons un peu à cette problématique, en voyant par exemple une vidéo mise tout récemment sur le facebook de Cause Animale Nord, dont le « président » a arraché le chiot de force au SDF. Voici la présentation de celle-ci :

« Des ouvriers ont rebouché une doline à Voronezh, en Russie. Une chienne errante et portante passait par là au moment où les employés rebouchaient le trou, et l’animal a été pris au piège.

Trois jours plus tard, Vadim, un habitant du quartier, a entendu le chienne criée. Le jeune homme a compris qu’elle était coincée dans les sous-sols. Il a alerté les autorités qui n’ont rien voulu faire. Le jeune homme a alors pris les choses en mains et a libéré lui même l’animal.

Belka et ses futurs petits sont aujourd’hui en bonne santé. Elle a été accueillie dans un refuge pour animaux et sera bientôt proposée à l’adoption. »

C’est une vidéo dont le contenu est typique dans le mouvement de défense des animaux. Il faut d’ailleurs avoir en tête que l’ALF en Angleterre n’est pas né comme proposition théorique végane, mais comme stratégie de la libération animale : c’est né sur le tas de la volonté pratique et concrète d’aider les animaux, comme on peut le voir avec l’ALF Supporters Group Newsletter ou la revue Arkangel.

D’où le fameux slogan « Si ce n’est pas toi, qui ? Si ce n’est pas maintenant, quand ? », repris d’une formule d’un rabbin de l’époque de Jésus, Hillel Hazaken : « Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Et si pas maintenant, quand ? »

Évidemment, Cause Animale Nord n’a rien à voir avec cela, car la scène de l’ALF en Angleterre, dans les années 1970 et 1980, c’était un mouvement disposant d’une riche culture, pas des coups de force individuel.

Mais cela, les gens intervenant pour les animaux n’en ont pas conscience ; à leurs yeux l’ALF c’est une action “coup de force” en faveur des animaux et voilà tout. Bloqués souvent dans leur misanthropie, ils considèrent que de toutes manières c’est un peu eux contre le reste du monde. Brigitte Bardot est appréciée justement pour cette posture ; les fachos profitent de cela.

Seulement voilà, nous ne pensons pas que les fachos aient raison et nous penons en même temps que les gens intervenant en défense des animaux ont, à défaut peut-être d’être rationnel et d’agir de manière conséquente, une dignité très grande.

Ils représentent quelque chose d’essentiel à nos yeux. Ils sont tournés vers les animaux. Beaucoup ne sont pas vegans, mais ils ne sont pas vegans pour eux-mêmes comme beaucoup de vegans le sont. Et donc demain, ils pourront être vegans pour les animaux… Et là le véganisme a un vrai sens.

L’affaire du chiot du SDF : le silence des associations

La vague d’émotions au sujet de l’affaire du “vol” du chien d’une personne, soit SDF, soit membre d’une mafia jouant sur la compassion au moyen d’un chiot, commence à retomber.

Il y a tout de même quelques actualités, que nous allons présenter ici. Néanmoins, il faut bien voir que les dommages vont être bien entendu énormes. Les très nombreux commentaires qu’on trouve sur les sites de la grande presse sont véhéments, d’une grande agressivité.

L’intervention en faveur des animaux est pratiquement unanimement dénoncée. Dans les rares cas où l’hypothèse d’une mafia est considérée comme possible, l’Etat est présenté comme “de droit”, il est dit qu’il suffirait de porter plainte, etc.

Le plus souvent, les 195 euros demandés par l’association pour l’adoption (nous en parlions hier) sont utilisés comme argument pour dénoncer le mercantilisme des animaux.

C’est une énorme propagande qui s’est développée et qui laissera des traces. C’est une criminalisation de l’interventionnisme qui, comme toute personne aidant les animaux le sait, n’est jamais vraiment “légal”.

Disons le franchement : souvent dans les cas où l’on intervient en faveur d’un animal, on dépasse le cadre légal. Les oiseaux, les chats, les chiens, les rongeurs qui sont récupérés par les associations le sont parfois dans des situations rocambolesques…

Ce n’est pas l’ALF, mais l’Etat ne veut pas de ça et dans une société conservatrice comme l’est la société française, l’interventionnisme pro-animaux est considéré clairement comme un truc d’illuminés.

Ce qui est vraiment frappant ici, d’ailleurs, c’est que les anarchistes antispécistes qui sont toujours à mettre des images “radicales” sont évidemment tombés à bras raccourcis sur cette intervention, au nom d’un anti-racisme totalement décalé par rapport à la question, malgré le positionnement de la personne intervenue, qui est pleine de préjugés.

Ce qui compte, c’est : est-il moralement juste ou non d’intervenir pour les animaux, y compris en dépassant le cadre fixé par l’Etat? Mais il faut croire que la réalité animale n’intéresse pas ceux pour qui tout cela n’est que prétexte à un discours “radical” queer et autres.

Quiconque aime et défend les animaux comprend tout à fait l’interventionnisme pro-animaux, même s’il est mal fait, même s’il est critiquable. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas critiquer, mais participer à une campagne de dénonciation c’est soutenir l’exploitation animale.

En dénonçant “Cause Animale Nord” et en participant à la campagne contre l’intervention faite, les anarchistes ont montré qu’en étant “ultra” on n’est finalement qu’un appendice de l’exploitation animale.

Cela ne veut pas dire qu’il faille sombrer dans la bataille pour les institutions et il est significatif que L214 n’ait pas pris position, puisque justement cette association est née d’une position anti-spéciste anti-interventionniste, très violemment anti-ALF par exemple.

Le site Vegactu ne parle pas non plus de l’affaire, alors que la grande presse en a parlé : c’est très parlant.

Ces derniers temps, nous avons également dit que la “mode” vegan ne voulait rien dire au fond : on en a eu la preuve, car il n’y a aucun positionnement significatif des vegans.

En fait, ce qui s’est passé n’a intéressé que les gens les plus intéressants : ceux et celles qui mettent, comme le dit l’expression, les mains dans le cambouis.  Sans être forcément vegan, malheureusement, mais au moins sans avoir cette attitude moraliste individualiste tellement typique chez de nombreuses personnes veganes.

Voici d’ailleurs la réaction significative d’un facebook dédié à l’adoption:

LES ASSOCS
De la protection animale :-))))
Puis je vous demander ou vous etes a un moment ou ON s’en prend TOUS plein la gueule ?
On est attaqué de toute part , on nous fait passer pour de doux illuminés , mais vous , vous etes ou pour défendre CAN et un mec en train de se faire crucifier ?
Je l’aime pas Blanchard , c’est un con , mais son action était légitime et respéctable , alors les assocs , on devrait faire front derriere le mec qui en prend plein la gueule
Vous etes ou ?
Qui va laisser un com pour dire on le soutient ?
Alors nous on soutient , et vous l, a part le silence des agneaux , on entend quoi ?

Une polémique existe d’ailleurs entre ce facebook et le facebook ayant interviewé le SDF à qui le chiot a été pris, avec publiée une nouvelle vidéo, en mode toujours plus agressif.

Ce facebook défend en effet l’élevage des chiens et défend surtout la “propriété” du maître.

Ce même facebook avait posté cela d’ailleurs, de manière très étrange puisqu’en pratique c’était bien sûr impossible.

Pour résumer de manière très schématique, avec peut-être des corrections à faire finalement, il y a trois camps qui semblent se profiler :

– les gens proches de la défense des animaux, notamment par les refuges, qui ne disent rien ou expriment un soutien ou bien un scepticisme plus ou moins critique par rapport au “vol” du chiot ;

– les associations institutionnelles et les vegans, qui ne disent rien ou s’expriment contre l’interventionnisme ;

– les personnes extérieures aux véganisme ou à la défense des animaux, qui s’expriment contre l’interventionnisme.

Le prix de l’adoption d’un chiot

Parmi les innombrables commentaires anti-défenseurs des animaux de ces derniers jours, dans le cadre de l’affaire du vol du chiot (voir ici et ), il y a une accusation ridicule de vouloir faire du profit.

On peut accuser la personne qui a pris le chiot de force de beaucoup de choses, mais le fait de dire qu’il y aurait une question d’argent derrière ne tient pas debout une seule seconde.

Ceux qui disent cela n’ont pas d’autres horizons que le capitalisme et ils voient la course au profit partout, alors que justement il n’y a rien de cela dans l’abnégation pour les animaux, de par les frais très importants qui en découlent, le temps que cela prend, etc.

Il ne s’agit nullement ici de se plaindre – aucun défenseur des animaux ne le fera. Il s’agit de voir les choses telles qu’elles sont. Par exemple, dans l’article de la Voix du Nord dénonçant la personne ayant pris le chiot de force, il est donné la parole à un voisin expliquant que les chiens, qui sont plusieurs, hurlent quand leur “maître” n’est pas là et que la personne ferait mieux de s’installer à la campagne.

Ce ne serait pourtant que déplacer le problème : on se doute bien que les chiens présents ont été adopté et qu’ils sont terriblement anxieux. Dénoncer le “maître” n’a ici aucun sens, vraiment aucun.

De la même manière, il a été parlé très souvent de scandale car l’association demandait 195 euros pour placer le chiot.

Cela montre quelle est la logique derrière tout cela : celle de la dénonciation irrationnelle. Car toutes les adoptions ont un coût, et 195 euros est effectivement celui pour les chiots.

Voici les tarifs de la Spa Haguenau, par exemple.

Vaccins, tatouage… Chien Chiot – de 8 mois
CHPLR, toux du chenil + Tatouage 185 € 200 €
CHPLR, toux du chenil + Tatouage et Castration 265 € 260 €
CHPLR, toux du chenil + Tatouage et Stérilisation 275 € 290 €

Et voici leur explication:

Nous sommes obligés de pratiquer ces tarifs : les factures des vétérinaires sont de plus en plus élevées, chaque soin effectué sur un animal à un coût (frais de pharmacie, d’analyse etc…). Certains chiens ou chats arrivent en piteux état et nécessitent une hospitalisation : certains pourront vivre et d’autres trop atteints ou parce que nous ne pouvons assurer la prise en charge financière d’un traitement seront euthanasiés (acte que nous voulons à tout prix éviter).

Le grand refuge de la SPA de Paris à Gennevilliers demande le tarif suivant:

Une participation financière de :

150 € pour un chien – 200 € pour un chiot jusqu’à 6 mois

Le prix est le même au refuge SPA  de Loire-Atlantique, à la SPA de Basse-Normandie le tarif pour un chiot est de 185 euros, tandis qu’à la SPA de Carcassonne cela se passe de la manière suivante:

Chiot (moins de 4 mois) : 150 euros (pour les femelles, un chèque de caution de 200 euros, non encaissé, sera demandé pour leur stérilisation obligatoire à l’âge de 6 mois, et rendu dès l’opération effectuée),

Voici l’annonce passée par l’association de la personne ayant enlevé le chien de force. C’est une annonce comme une autre. Il ne faut rien connaître au monde des refuges pour dénoncer cela, et c’est bien le cas de la grande majorité des gens (mais aussi des ultras anarchistes antispécistes qui témoignent une fois de plus de leur nature).

Culturellement, une personne qui s’étonne du prix élevé d’une adoption d’un chiot a une posture de consommateur : elle nie les formidables efforts faits par les refuges derrière, l’abnégation, les sacrifices.

Suite de l’affaire du chiot arraché de force à un SDF à Paris

Voici les dernières nouvelles concernant l’affaire du “vol” du chiot d’un SDF à Paris. Il s’agit d’avoir un aperçu le plus clair possible, tant pour aujourd’hui, que pour demain. Car il faut avoir conscience que cette affaire, qui a pris des proportions médiatiques nationales (Le Figaro, Le Monde, L’Express…), cause un tort à la défense des animaux.

Le triomphe de l’émotion jusqu’à irrationnel, dans l’absence de sensibilité sur la situation réelle des animaux, provoque une sorte de tollé général contre les “extrémistes” de la cause animale. C’est une véritable catastrophe. La défense des animaux paie ici un prix absolument terrible.

Tentons de résumer le problème. Premier point : il est tout à fait vrai que des mafias roms utilisent des animaux drogués pour mendier.

C’est inacceptable et les personnes défendant les animaux ne l’acceptent pas. Les institutions, par contre, s’en accommodent parfaitement.

Cela dure depuis longtemps et c’est une problématique réelle, d’autant plus qu’elle frappe toutes les personnes aimant les animaux qui sont confrontées à cette situation. L’idée de récupérer l’animal a évidemment traversé (voire plus) la tête de toute personne végane.

Malheureusement, cette question disparaît totalement de l’affaire, qui est présentée comme celle d’un SDF à qui on a volé son chien, sans savoir justement s’il s’agit d’un SDF ayant un rapport traditionnellement très fort avec son ami canin – nous en avons souvent parlé – ou bien justement de quelqu’un lié à une mafia.

L’exploitation des animaux a totalement disparu de l’affaire, au profit du “fait divers”. Les réactions qui en découlent sont de ce fait à l’emporte-pièce, sans aucune analyse de fond. Il faut ici clairement noter que le responsable de l’association a une part de responsabilité énorme dans cette affaire.

Tout d’abord, habitant dans le Nord, il a pris cette initiative seul alors qu’il participait à une manifestation à Paris pour les animaux. Il affirme que le chien est drogué, mais il n’y aucun compte-rendu d’un vétérinaire.

Non content de ne rien expliquer, il a menacé de procès les gens le dénonçant, or la pétition contre lui a déjà plus de 175 000 signatures.

A cela s’ajoute que les médias ont largement relayé l’affaire, que le SDF a été soutenu par des gens et qu’il a porté plainte, que la police a elle-même affirmé suivre l’affaire.

Notons également à la charge de la personne ayant pris le chien, qu’il y a deux ans elle avait posté un message, enlevé par la suite, qui témoigne d’une paranoïa raciste forcenée, qui de toute manière suinte régulièrement dans ses opinions.

Elle affirme également que les papiers du chien, qui s’appelle Linda, seraient faux. Car entre-temps une vidéo est apparue avec une interview et des informations au sujet du chien. Elle a été mise en ligne par quelqu’un qui utilise facebook pour diffuser des informations sur la plainte contre le “vol” et explique que :

Ce SDF possédait un husky durant 17 ans. Sa mort l’a traumatisé et en avait fait son deuil. Il a adopté cette petite demoiselle qui avait été vaccinée et vermifugé par une association charitable. Ce SDF est connu dans le quartier pour l’amour et les soins qu’il apportait à ses animaux.

On notera toutefois que sur le net on trouve deux rumeurs au sujet du SDF : ce serait quelqu’un présent dans le quartier depuis 15 ans et ayant perdu “son” chien précédant un peu auparavant, une autre version le présentant comme un SDF arrivé depuis peu qu’on aurait vu souvent changer de chiot.

Il est en tout cas roumain et a 59 ans. Voici une vidéo où on voit quelqu’un donnant son point de vue, lui-même ne s’exprimant pas en français.

Essayons maintenant de voir ce qui compte. Selon nous, il faut avoir au centre des préoccupations la défense des animaux. Il est tout à fait stupide, comme les anarchistes antispécistes le font, de verser de l’huile sur le feu en affirmant que toute cette question de mafia rom utilisant des animaux est raciste, par exemple. Cela se voit que ces gens ne connaissent rien à la situation des animaux, prenant ces derniers en otage pour avoir l’air “radical”.

On ne peut pas nier les faits. Il existe des mafias, en général, et il y a, c’est vrai, une mafia de la mendicité, organisée, utilisant des animaux. Or, là, toute cette question, très importante (mais pas “essentielle” comme le prétend l’extrême-droite) et intolérable, disparaît totalement de la problématique, ce qui est grave.

On est dans la dénonciation des défenseurs des animaux, comme cet article de la Voix du Nord présentant la personne qui a pris le chien comme un extrémiste ayant trop d’animaux chez lui et qui à ce titre se fera expulser. On y lit cette explication d’une voisin :

“Quand il est arrivé dans l’immeuble, il était bien. Puis quand il a commencé à militer en faveur des animaux, s’est enfermé dans une logique, et s’est radicalisé.”

Toute personne défendant les animaux ne connaît que trop bien cette accusation totalement conformiste et relevant tout à fait de l’esprit dénonciateur fasciste.

C’est ce qui se passe en ce moment à grande ampleur : l’interventionnisme pro-animaux est criminalisé. Même si la personne qui a pris le chien est pleine de préjugés et même si elle s’est trompée, il faut bien comprendre que le sens de sa motivation n’est pour autant pas délirante du tout.

Voici ce qu’il dit à ce sujet dans Metronews.

Contacté par metronews, Anthony Blanchard, président de l’association et présent sur la vidéo – l’homme à la casquette blanche – se justifie : “En marge d’une manifestation pour le droit des animaux qui se tenait à Paris, samedi 19 septembre, une dame est venue nous voir (la femme blonde sur la vidéo, ndlr). Elle nous a dit qu’un Rom mendiant avait un chiot drogué avec lui. J’ai constaté de moi-même que le chien n’était pas dans son état normal.”

Ne voulant pas préciser si le vétérinaire, consulté par la suite, a bien confirmé que le chien était drogué, Anthony poursuit : “C’est un fait que les Roms droguent leurs animaux et les vendent sur le trottoir. Certains mangent des chats.”

Il ajoute, dénonçant le montage orienté de la vidéo filmée par une tierce personne : “Ce que vous ne voyez pas, c’est qu’on a d’abord discuté avec cet homme, qui n’a pas pu nous présenter les papiers de l’animal. Puis il l’a pris contre lui, l’a serré dans ses bras et s’est roulé par terre.”

Comme on le voit, tout cela est très compliqué. Et on paie le prix d’un interventionnisme velléitaire, gangrené par le style de travail misanthrope valorisant l’extrême-droite.

Mais c’est une question qui doit être résolue posément, en rejetant l’esprit calomniateur et dénonciateur visant ceux et celles qui veulent défendre les animaux.

Sur le “vol” d’un chien a priori utilisé pour la mendicité

La vidéo qui est ci-dessous est extrêmement choquante. Elle montre des gens d’une association qui, à Paris en plein centre-ville, volent le chien d’un SDF. A leurs yeux, ce n’est bien entendu pas un vol, mais une sorte de libération.

La vidéo est d’une grande brutalité. Elle est très choquante. Le chien est terriblement apeuré ; les réactions du SDF sont pathétiques et on est gravement interpellé par ce qu’on voit. Elle est indigne.

On peut arguer légitimement, à l’inverse, que les trafics d’animaux et leur utilisation pour la mendicité sont tout aussi brutaux, odieux et mettent dans une rage folle.

N’est-il alors pas juste d’intervenir, de refuser l’inacceptable? Faut-il accepter cet étalage jouant sur la manipulation des sentiments, aux dépens des animaux?

On pourrait cependant considérer que l’action n’a pas été réalisée en mode ALF, selon le principe d’anonymat, etc mais en promotion d’une association, et que le chien s’est même vu attribuer comme nom… “vegan”, prenant en otage toutes les personnes véganes par rapport à cette action.

On pourra répondre que ce qui compte c’est le chien. Ce qui est peut-être vrai.

A quoi on pourra répondre que si l’action est juste, elle est d’un mode opératoire au moins discutable, de par ce qu’elle a l’air d’impliquer. Ce qui est peut-être vrai aussi.

Aussi, s’il est difficile de faire la part des choses, nous mettons tout de même à titre informatif l’appel diffusé contre l’association en question, consistant en une pétition déjà signée par pratiquement 20 000 personnes.

Il y a des points soulignés qui sont très importants, mais surtout nous le faisons car l’association qui a “volé” le chien, d’une manière hautaine et non démocratique, a osé publier le communiqué suivant:

“L’association Cause Animale Nord dépose plainte contre l’ensemble des personnes portants des propos diffamatoires, insultes, menaces de mort, auteur de la vidéo concernant le chien Vegan. L’ensemble des sms, mails et la liste des numéros de téléphone seront demain remis à un huissier de justice. A titre d’information, la personne qui a voulu jouer à cela la dernière fois a été condamné.”

Nous ne savons pas d’où des gens peuvent arracher un chien à un rom dans des conditions visiblement sordides, en niant qu’une discussion soit nécessaire à ce sujet.  Sans compter que le terme de “vegan” a été attribué comme nom à ce chien. C’est là une décision qui engage tous les vegans par conséquent.

Inévitablement, des questions se posent.  Ce qu’on voit en vidéo est peut-être juste en soi, mais possiblement pas du tout, et alors c’est une sacrée insulte à toute l’histoire de la libération animale.

Si c’est une action “exemplaire”, alors elle doit pouvoir être expliquée. Elle a un sens, une dignité, mais cela doit être expliqué en tant que tel.

Dans tous les cas, tout cela demande une discussion calme et sereine : il en va de la libération animale. Les réactions à l’emporte-pièce sont toujours marquées d’anthropocentrisme, privilégiant ses propres émotions à une réflexion et l’action pour la libération de tous les animaux.

La fermeture de toute discussion est une grossière erreur et inacceptable (et d’ailleurs très naïve de par le caractère à la base illégale de l’action). Il y a lieu de réfléchir. Les gens voulant avoir des informations sur facebook à ce sujet peuvent à ce titre aller voir ici.

Notons d’ailleurs ce message facebook, qui résume bien ce qu’on peut rationnellement considérer au vu de tout cela:

“Je salue le fond mais la forme franchement .. Quand on voit avec quel brutalité vous arrachez le chien à la personne avec en justifications ´ c’est un rom qui mendit ´ pour moi agir comme ça sans certitude de violence ou mauvais traitement ça ne se fait clairement pas”

Voici la pétition qui critique l’action.

Ce n’est pas la première fois que cette association fait parler d’elle, et pas qu’en bien.

Le 19 septembre ils sont allés trop loin, et ce, en total illégalité avec leurs statuts: ”

L’association a pour but
– Organisation d’événements pour la cause animale.

– La gestion et l’organisation du village associatif de Lille pour la cause animale et sa déclinaison dans la France.

– Œuvrer à la protection de la faune sauvage et domestique.

– Œuvrer à l’adoption des animaux domestiques.

– Sensibiliser et informer sur les différentes causes animales.

– La mise en place d’une campagne de stérilisation des chats errants sur le Nord, Pas de Calais.

– La création d’un refuge avec accueil du public dans un but pédagogique (en prévision).

L’association travaillera dans un premier temps avec des familles d’accueil sur la France et la Belgique. Elle prendra en charge les animaux domestiques (chiens, chats, rongeurs, équidés, caprins, NAC…).”

Nulle part il n’est stipulé qu’ils sont en droit d’enlever sans préavis un animal, or c’est ce qu’ils ont fait en s’attaquant violemment à un SDF pour lui prendre son animal (un chiot), le 19 septembre dans le quartier de Châtelet à Paris.

Pour justifier cet acte d’une extrême violence, ils allèguent que ce SDF est un Rom, que l’animal était drogué dans le cadre d’un trafic, qu’il n’était ni vacciné ni identifié et encore moins nourri.

En date du 23 septembre, cet animal est proposé à l’adoption, au tarif de 195€, étrange pour un animal prétendument drogué, qui n’a toujours pas été vu par un vétérinaire.

Plusieurs personnes demandent des preuves (résultats prouvant que l’animal était drogué), des explications, ils reçoivent pour seule réponse des invectives.

Nous exigeons que cet animal soit rendu à son propriétaire avec dédommagements, si il est établi que l’association a outrepassé ces droits, ce que semble largement prouver cette vidéo jointe à la présente.

Nouvelle vidéo sur Giuseppe, l’ami des pigeons

Nous avons déjà parlé de Giuseppe, cet SDF d’origine italienne qui vit dans un quartier de Paris et a pris la défense des pigeons (« SDF parce qu’il nourrit les pigeons », Il faut aider Giuseppe !). Une petite vidéo documentaire, de moins de dix minutes, a été réalisée et mise en ligne il y a quelques jours, la voici.

La situation de Giuseppe est très significative de l’indifférence de notre époque, surtout en plein centre d’une ville comme Paris, où les prix augmentent à vive allure et où par conséquent la dimension populaire s’efface toujours plus devant les normes sociales dominantes.

C’est en quelque sorte la rencontre de deux mondes, et comme dit dans l’article sur « la vieille folle aux chats », ceux et celles qui agissent en-dehors des valeurs dominantes portent ici la dignité de l’humanité, face à l’indifférence et l’individualisme.

Bien entendu, Giuseppe, qui est d’ailleurs malade et a passé quelques temps à l’hôpital, a pu basculer dans une certaine misanthropie. Peut-on le lui reprocher ? Il n’a guère les moyens de se défendre, comparé à la machine de guerre des commerçants, des riverains bourgeois, etc. !

Rappelons qu’il existe des gens aidant Giuseppe, Les.amis.de.Giuseppe sur Facebook, où on peut lire d’ailleurs un point de vue de Giuseppe :

« J’aurais voulu être un oiseau. Même pour un seul jour, même s’il fallait mourir après. J’aurai tellement aimé voler. J’aurais voulu être un pigeon.

Parmi tous les oiseaux, c’est lui qui vole le mieux. Les corneilles sont lourdeaux, les moineaux trop rapides. Le pigeon, lui, c’est un artiste. C’est un acrobate. Il change juste la position de ses ailes d’un ou deux centimètres, il est parfait le pigeon, il fait de la voltige aérienne, il est précis.

Quand j’étais petit, je portais encore des couches, j’ai rêvé que je volais. J’avais peut être deux ou trois ans, nous étions encore dans notre vieille maison. Je passais par dessus les murets, au-dessus des arbres, en rase motte dans la campagne alentours, je volais vite, je volais doucement. C’était extraordinaire, magique. Puis je me suis réveillé, c’était fini.

J’ai souvent voulu refaire ce rêve. Ça me semblait tellement vrai. J’avais vraiment volé. Si je n’avais jamais fait ce rêve, ma vie aurait été bien pire. Quand tu ne voles pas, tu dois vivre avec les humains et ça vaut pas vraiment la peine. »

On notera d’ailleurs que sur ce facebook, une seule personnalité politique intervient alors que nous sommes en pleine campagne municipale, pour, prétendument, vouloir aider Giuseppe : Elie Hatem, un aristocrate libanais avocat international, membre de la direction des royalistes de l’Action française et candidat aux municipales pour le « Rassemblement Bleu Marine ».

Il y en a qui n’ont pas peur ! Là aussi, il y a deux mondes. Mais si c’est anecdotique, cela montre encore une fois que lors de ces élections, l’écologie et les animaux ont été oubliés, alors que bien sûr ce sont des thèmes qui devraient être très importants lors de débat sur la vie dans la ville !

Il faut aider Giuseppe !

Il y a quelques mois nous parlions de la situation terrible dans laquelle se trouvait Giuseppe, un SDF du 4ème arrondissement de Paris, qui nourrit, soigne et protège les pigeons. Quand Giuseppe trouve un pigeon malade ou blessé, il contacte la SPOV (Société Protectrice des Oiseaux des Villes, à Châtillon en banlieue parisienne), afin que cette association prenne en charge les oiseaux en danger.

Tout le monde pensera qu’une personne sans domicile aurait autre chose à faire que de nourrir des pigeons et d’être attentif à leur sort. Ce qui n’est heureusement pas le cas de cet homme au grand cœur passionné par les pigeons. Bien que Giuseppe fasse les poubelles et vive dans sa voiture, bien que Giuseppe soit détesté par certains et qu’il ait déjà été plusieurs fois agressé, son combat pour les pigeons ne s’arrête pas.

Notre combat pour soutenir Giuseppe ne doit pas s’arrêter non plus. Sa voiture a déjà plusieurs fois été ramassée par la fourrière. Mais l’année 2013 commence encore mal pour Giuseppe car la police va encore lui supprimer sa voiture – son seul abri.

On peut lire sur le site Facebook en soutien à cet homme, Les amis de Guiseppe, le dialogue retranscrit entre la police et Giuseppe. Il est très facile de comprendre que toutes les excuses, même les plus ridicules, sont bonnes à prendre pour que cet homme quitte le quartier du Marais (dont le maire, socialiste, est un ancien d’Yves-Saint-Laurent  et de LVMH). La méchanceté n’arrête pas de progresser, c’est le social-darwinisme.

Déjà chassé de son appartement, il est maintenant menacé d’être privé de sa voiture sous un prétexte totalement farfelu et infondé.

Comme la page Facebook le montre, Giuseppe a du soutien, mais bien trop peu de soutien. Il faut que le peu de personnes compatissant à la dureté de la vie de cet homme sans ressources se bouge et aille soutenir directement Giuseppe!

Pour apprendre à connaître Giuseppe ainsi que ce qu’il vit au quotidien, ainsi que sa passion pour nos amis pigeons, voici 2 vidéos (14 novembre) et (16 septembre) riches en émotions, qui devraient remplir chacun et chacune de compassion, que se soit envers Giuseppe ou envers les pigeons ! Les 2 étant intimement liés, détestés, maltraités et chassés de leur territoire.

Notons enfin, que sur la première vidéo, celle du mois de novembre, on assiste à une scène devenue banale, que l’on peut voir tous les jours dans la rue : des enfants s’amusant à courir après les pigeons.

C’est une terrible banalité qui amuse les enfants et les parents. Une banalisation de la violence qui échappe à tout le monde, vu que les pigeons sot des êtres haïs et considérés comme des « nuisibles » à « exterminer. »

“SDF parce qu’il nourrit les pigeons”

L’équipe de La Terre D’abord aime les pigeons et ne s’en cache pas. Bien au contraire, nous parlons des fils à leurs pattes qu’il faut enlever, et si nous devons prendre un logo avec, cela serait (ou sera plutôt) pour figure le pigeon biset, cet être tiraillé, méprisé et maltraité.

Et nous comprenons tout à fait une réalité honnie par la société : certaines personnes nourrissent les pigeons, bien que cette pratique soit interdite et sanctionnée.

Car nourrir les pigeons dans la rue, pour des raisons de sécurité, se fait de manière discrète par certaines personnes, pour ne pas se faire repérer. La nourriture n’étant, évidement, pas distribuée à proximité des routes. Les pigeons sont tellement affamés, qu’avec la joie et l’excitation de trouver des graines, ils peuvent vite se retrouver sur la route, là où les automobilistes ne se privent souvent pas de les écraser.

Voici ce que dit la loi au sujet de cette pratique illégale. Il faut de plus noter que tant les policiers que les juges ne se privent pas d’être particulièrement virulent et hargneux en ce domaine, frappant avec plaisir, on ne peut pas dire autre chose, les personnes amies des animaux, parce que celles-ci sont considérées comme “anti-social” et surtout parce qu’elles sont seules, sans culture végan revendiquée ni structure militante derrière. Isolées, ces personnes sont une cible facile pour la machinerie répressive.

Art. 120.

– Jets de nourriture aux animaux. Protection contre les animaux errants, sauvages ou redevenus tels

Il est interdit de jeter ou déposer des graines ou nourriture en tous lieux publics pour y attirer les animaux errants, sauvages ou redevenus tels, notamment les chats ou les pigeons ; la même interdiction est applicable aux voies privées, cours ou autres parties d’un immeuble lorsque cette pratique risque de constituer une gêne pour le voisinage ou d’attirer les rongeurs.

Toutes mesures doivent être prises si la pullulation de ces animaux est susceptible de causer une nuisance ou un risque de contamination de l’homme par une maladie transmissible.

Comme il est interdit de nourrir les animaux errants (ceci est donc aussi valable pour les chats), le peu de personnes assumant ce qu’elles considèrent comme un devoir moral encourent en pratique une contravention d’une bonne centaine d’euros, voire bien plus…

Voici justement l’exemple de Giuseppe Belvedere qui vivait dans un logement de la mairie de Paris. Malgré sa santé fragile (attestée par des certificats médicaux), il doit dorénavant vivre dans sa voiture, s’étant fait expulser de chez lui car… il nourrissait les pigeons !

La morale personnifiée devenant clochard: voilà le symbole de ce que vaut notre société, si elle ne se resaisit pas, si elle ne décide pas de se transformer.

Voici ce qui est arrivé à Giuseppe Belvedere: suite à des plaintes de voisinage, il a dû  en effet quitter son logement sous le motif suivant :

« n’utilise pas son appartement comme un bon père de famille »

Motif ô combien compréhensible et valable pour la mentalité dominante, bien sûr!

Cette situation révoltante et cruelle que vit Guiseppe depuis 18 mois a ouvert un petit groupe de soutien à Guiseppe http://www.facebook.com/Les.amis.de.Giuseppe, http://jesuisfauche.com/2012/07/solidarite-avec-giuseppe-belvedere/ ainsi qu’une pétition (https://www.lapetition.be/en-ligne/soutenons-guiseppe-belvedere-11007.html) bien peu signée.

Voici également une petite vidéo sur Guiseppe. Cette vidéo est une belle leçon de vie car même sans domicile, Guiseppe continue de nourrir ses amis pigeons. Cela souligne son caractère opiniâtre, un caractère des authentiques amiEs des animaux.

Ce qui est d’autant plus fou, c’est que 50 euros sont mensuellement prélevés de sa maigre retraite afin de rembourser les nombreuses amendes qu’il a eu en nourrissant les pigeons.

Il est facile de s’imaginer comment vivre dans une voiture, sans sécurité, avec une violence quasi quotidienne, sans perspective d’avenir est moralement éprouvant. Malgré cela Guiseppe reste altruiste et continue de s’occuper des pigeons en les nourrissant et en relayant les pigeons blessés à la SPOV qui les soignera (la Société Protectrice des Oiseaux des Villes de Châtillon, en Ile-de-France, qui s’occupent des oiseaux blessés ou malades).

Guiseppe considère que « donner à manger aux pigeons c’est un acte normal » et « qu’ils [les pigeons] font partie de la nature ». Ces paroles sont belles. Cet homme est un modèle de compassion, de fierté et de dignité envers les pigeons, et ce malgré le sort que lui a réservé la mairie de Paris.

Rappelons ici la forte présence d’EELV à la mairie de Paris; c’est une preuve de plus de leur méconnaissance complète de la réalité. A l’opposé, il faut faire tourner la vidéo afin d’espérer une amélioration de la situation de Guiseppe, il faut faire tourner la vidéo afin de montrer que tout le monde et n’importe qui peut aider les pigeons, il faut dire : non, Guiseppe n’est pas seul.

Il ne demande certainement pas de l’aide, mais nous disons: c’est la dignité de l’humanité et la reconnaissance la plus complète du règne animal qui se joue ici.

Comme expliqué il y a quelques jours, il faut venir en aide aux pigeons. Que se soit en leur retirant les fils aux pattes qui leur cause douleurs et moignons, en repérant les blessés, en les soignant…

Cela ne plaît pas à ceux qui veulent un monde dénaturé, un monde de béton et de violence. Mais, nous nous disons: le chemin vers une planète bleue et verte passe par là, par ce rejet ô combien clair de l’anthropocentrisme!

Le Fleuron, péniche parisienne pour les SDF et leurs compagnons canins

Le temps commence sérieusement à se refroidir, et nous voulons ici parler d’une initiative vraiment intéressante de la Fondation 30 millions d’amis: la péniche Le Fleuron, à Paris, qui accueille des SDF avec les chiens qui les accompagnent (contrairement aux centres d’hébergements traditionnels) et qui sont, généralement, leurs amis.

Il y a également des soins vétérinaires, des aides pour les gamelles, des laisses, etc.

Seul problème de taille toutefois: pour être admis sur la péniche, il faut passer par les services sociaux ou le SAMU social. On ne peut donc pas conseiller d’y aller directement, mais par contre on peut préciser le cas d’un SDF avec un chien en difficulté en appelant le SAMU social au 115.

Toutefois, on peut toujours en parler à des SDF qui sont avec des chiens, car il est toujours mieux que ces personnes soient au courant: elles sont très nombreuses à ne pas vouloir aller dans les hébergements justement pour leur refus, ô combien justifié, d’abandonner leurs amis canins.

Grand froid – Le Fleuron : une péniche pour les sans-abri et leur animal

Chaque hiver des sans-abri et leur chien sont accueillis sur une péniche gérée conjointement par la Fondation 30 Millions d’Amis et l’Ordre de Malte. Un lieu unique dans la capitale, au service des plus démunis et de leurs animaux en période de grand froid.

De nombreux sans domicile fixe (SDF) sont chaque jour contraints d’abandonner leur chien s’ils veulent être acceptés dans les structures d’hébergement d’urgence. Pour la plupart, cette séparation est insupportable, tant le lien qui les unit à leur animal est fort. Beaucoup préfèrent alors rester dehors, même par grand froid, car ce compagnon d’infortune constitue bien souvent leur dernier lien avec la société.

Depuis plus de 10 ans, la péniche « Le Fleuron » amarrée sur les bords de Seine dans le 15ème arrondissement de Paris, accueille chaque jour ces passagers.

Pour Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis, « un peu de place et de bonne volonté, c’est tout ce qu’il fallait pour accueillir ensemble des sans-abri et leurs chiens. S’organiser : c’était le seul effort à faire pour ne pas laisser ni l’homme, ni l’animal mourir de froid dans la rue. »

Selon elle, « la réussite hors du commun du Fleuron laisse espérer que de nouveaux centres d’hébergement dignes de ce nom verront enfin le jour rapidement partout en France ».

Chaque hiver, « Le Fleuron » fait la démonstration que rien n’est impossible.

Pratique :

Accueil des « passagers » – adressés par le Samu Social – 7 jours sur 7 à partir de 18h30 ;
50 places, dont 25 avec animaux ;
150 bénévoles au total ;
8 à 10 bénévoles chaque soir ;
Permanences médicales assurées 2 fois par semaine par deux médecins bénévoles ;
Permanence vétérinaire assurée par les étudiants volontaires de l’Ecole Vétérinaire de Maisons Alfort (94).

Important :

Pour être accueilli à bord du Fleuron, il faut impérativement s’adresser aux services sociaux ou directement au Samu Social.

Si vous croisez des personnes démunies en situation d’urgence, n’hésitez pas : composez le 115 !

Extreme Measures: un film posant la question de la vivisection

« Mesures d’urgence » (« Extreme Measures » en anglais) est un film de 1996 qui n’a pas eu de succès. C’est pourtant un film très intéressant et très intelligent, et c’est sans nul doute son thème qui a fait qu’il est passé à la trappe.

Derrière la façade d’un thriller relativement bien fait, avec des acteurs connus entre autres (Hugh Grant et Gene Hackman dans les rôles principaux), le film aborde en effet le thème de la vivisection.

Non pas de la vivisection sur les animaux, mais sur les humains. Le docteur Myrick, prix nobel de médecine, mène en effet des opérations sur des SDF qui ont été kidnappés par ses hommes de main.

Mais un docteur d’un service d’urgence d’un grand hôpital tente de sauver un SDF arrivé à son service, et s’aperçoit qu’il a subi d’étranges opérations. Constatant que son dossier tout comme son corps disparaissent, il mène son enquête.

De la drogue est alors caché chez lui pour qu’il soit arrêté, mais au bout du thriller, il arrive évidemment à stopper le médecin fou.

Là où ce film est très intéressant, c’est qu’à la fin, avant le dénouement, le docteur fou (évidemment joué par Gene Hackman) fait croire au héros qu’il est paralysé en raison d’une blessure.

Celui-ci s’aperçoit de la supercherie, mais alors le médecin fou lui présente sa fille paralysée, et lui demande ce qu’il faut être prêt à donner pour la science.

Il explique alors qu’il faut sacrifier des vies pour faire avancer la science. La vivisection sur les animaux est selon lui compliquée et coûteuse: pourquoi n’aurait-il pas le droit de s’approprier la vie de quelques SDF, les sacrifiant pour que d’autres, plus nombreux, puissent vivre?

Tout cela est extrêmement intéressant, et le problème est posé de manière rationnelle, voilà pourquoi le film n’a pas marché.

Car la vivisection est une pratique tellement barbare, tellement anti-démocratique, qu’elle est cachée. Lorsqu’elle fait surface, lorsque le problème est posé, cela perturbe.

Et cela d’autant plus que si dans le film la question est posée de manière rationnelle, il est évident qu’il ne saurait d’y avoir de réponse personnelle, d’un ou plusieurs scientifiques à une question qui doit être posée de manière démocratique.

Mais il n’y aura évidemment jamais de référendum sur la vivisection dans un pays où les industriels dirigent et façonnent l’idéologie dominante!