• Honnêteté - trop d’entre nous sont emplis d’avidité

xGOODFELLASx’s mafia !

xGOODFELLASx’s mafia est un groupe de hip hop du Nord de l’Allemagne…. qui se veut asocial et tatoué.

Le texte oscille ainsi entre une revendication affirmée et ultra provocatrice de la survie violente dans un monde d’asphalte et de violence, et une réflexion poétique froide sur la brutalité d’un monde qui ne va pas en s’arrangeant…

La seule perspective, concrète et en même temps terriblement lointaine, est le mode de vie vegan straight edge et le respect de mère nature. Voici une petite interview à ce sujet.

1. Le hip hop de xGOODFELLASx’s mafia est rude et tourné vers la rue. Quelle réalité cela exprime-t-il ?

La mentalité de toujours lutter, quelle que soit la situation de vie dans laquelle on se trouve. Avoir du respect et se comporter comme un homme, ce qui veut dire gère ton stress tout seul et ne provoque pas de soucis, mais si quelqu’un veut te pisser sur la jambe, alors démolis la personne en question.

2. Quel rôle joue pour vous l’identité vegan straight edge ?

C’est notre mode de vie, pour lequel nous nous sommes décidés il y a quelques années, et pour lequel nous mourrons.

Les drogues, c’est quelque chose pour les faibles, et nous sommes des combattants et marchons dans la vie avec une tête et un esprit clairs, afin qu’on puisse toujours compter sur soi-même et ne jamais perdre le respect de soi-même.

De plus, nous sommes absolument contre l’exploitation de formes de vie plus faibles et avons le respect de mère nature, et donc nous ne pouvons pas avoir sur la conscience d’avoir un animal dans notre assiette pour notre « plaisir. » C’est une décision pour la vie.

3. Quels artistes ont inspiré xGOODFELLASx ? Connaissez-vous le hip hop français?

Au niveau des textes, nous sommes inspirés par notre vie et nos problèmes personnels. Il y a quelques artistes allemands (peu) qui nous ont inspiré, comme par exemple des vieux trucs de Bushido & Azad, mais cela fait longtemps.

De nos jours, nous apprécions beaucoup le rap français. Nos artistes préférés de France sont Seyfu, les vieux trucs de Booba, Grödash, Kamelancien, Zehef, 400 Hyenes etc…

4. Comment voyez-vous le futur pour vous en tant que groupe ?

Il y aura de manière certaine un deuxième album de GFM. Pour le moment par contre, Partisan et Daniel Gun travaillent à leurs projets solo, ce qui contiendra encore certaines surprises.

5. Comment voyez-vous le monde aujourd’hui et dans le futur ? Que pensez-vous du mouvement pour un soulèvement, dans le sens de la libération animale?

Nous pensons que les gens ont détruit ce monde de leurs propres mains, et qu’ils ont simplement perdu le respect des animaux et de la nature.

Personne ne devrait vivre emprisonné, ni les animaux ni les humains ! Aucune prison, libérez tout le monde !

Nous vivons dans un monde de merde ! Il n’en va que de l’argent, tout le reste ne compte pas, que de la merde ! Les valeurs ? Aujourd’hui, il n’y a plus rien de cela. A ce sujet des paroles de nous me viennent à l’esprit, qui décrivent parfaitement cela :

La calotte glaciaire du pôle nord fond, le monde est au bord du gouffre
et tout ce que nous faisons revient comme un boomerang

Total Liberation!

Gather est un groupe vegan straight edge de musique hardcore, du milieu des années 2000. Voici les paroles de leur titre phare: Total Liberation! qui résume l’esprit de ce groupe assumant la libération animale et la libération de la Terre.

C’est bien entendu à cette tradition et cet esprit vegan straight edge que se rattache LTD!

for every life for liberation
we’re dedicated to bringing freedom for all enslaved
Pour chaque vie pour la libération
Nous sommes engagés à amener la liberté à tous ceux mis en esclavage

tear the blindfold from over your eyes
forget all that you thought you once knew
déchire le bandeau sur tes yeux
oublie tout ce que tu pensais que tu savais

after 10, 000 years of telling lies
dedicated to spreading the truth
après 10.000 ans de mensonges dits
engagés à répandre la vérité

taking pride in this path that we tread
in defense of the earth
assumant la fierté dans cette voie que nous avons prise
en défense de la terre

speaking out so the words of the voiceless can finally be heard
now’s the time to take action for freedom
and justice deserved
parlant pour que les mots des sans voix puissent finalement être entendus
maintenant il est temps d’agir pour la liberté
et la justice méritées

FIGHT FOR LIFE
take a stand
for truth and compassion
LUTTE POUR LA VIE
prends position
pour la vérité et la compassion

there’s no time to wait for change
show dedication
through your words and your actions
il n’y a pas le temps d’attendre le changement
montre l’engagement
par tes mots et tes actions

together we can end their suffering
TOTAL LIBERATION
ensemble nous pouvons mettre fin à leur souffrance
LIBERATION TOTALE

smash hierarchy
don’t buy into authority
détruis la hiérarchie
ne prends pas part à l’autorité

strive for sustainability
resources are running out
discontent because we’re not free
vise le durable
les ressources s’épuisent
le mécontentement car nous ne sommes pas libres

oppressors act out of greed
compassion and equality
are both necessary
les oppresseurs agissent par avidité
la compassion et l’égalité
sont tous deux nécessaires

reject the myths we were taught to believe
it’s time to deprogram ourselves
rejette les mythes qu’on nous a appris à croire
il est temps de nous déprogrammer

question stereotypes and traditions
follow no gods, no masters
remets en cause les stéréotypes et les traditions
ne suis ni dieux, ni maîtres

look at the root of racism, sexism, speciesism
and you’ll see, it’s all been fabricated to keep us apart
Regarde les racines du racisme, du sexisme, du spécisme
et tu verras, ils ont tous été fabriqués pour nous diviser

BREAK DOWN
THE BARRIERS
THAT ENSLAVE US ALL
RENVERSE
LES BARRIERES
QUI NOUS METTENT TOUS EN ESCLAVAGE



Après l’arrestation de Walter Bond: répression contre Peter Young

Dans le cadre de la répression contre Walter Bond, le FBI a mené une perquisition chez Peter Young, du site Voice of the Voiceless.

C’est la seconde fois en cinq mois que le FBI perquisitionne chez Peter Young; la « perquise » a cette fois-ci duré cinq heures.

La raison, ou le prétexte, est bien évidemment la pression du FBI après l’arrestation de Walter Bond. Toute cette histoire mélange trop d’aspects critiques de la société américaine pour ne pas poser un réel souci…

Le FBI a donc très officiellement dans le collimateur des mots d’ordre comme « ALF », « Go vegan » et « straight edge » (à titre indicatif, des personnes interrogées par la police en France il y a quelques temps au sujet de la libération animale ont également eu droit à la question « êtes-vous straight edge? »).

La perquisition avait donc comme objectif pour le FBI de rassembler des informations sur tout ce qui touche à ces thèmes, de trouver d’éventuels plans criminels en liaison avec les droits des animaux…

Mais également de rechercher des communiqués d’actions, une éventuelle correspondance entre Walter Bond et des « groupes extrémistes » ainsi qu’avec Peter Young, des preuves en rapport avec les incendies attribués à Walter Bond…

Le FBI cherchait également des manuels et des objets servant pour des actes illégaux, et enfin des preuves comme quoi Walter Bond a été, avant son arrestation, un colocataire de Peter Young (ce qui est faux).

Il va de soi que ce qui se profile, c’est une criminalisation de Peter Young et du site Voice of the voiceless. L’idée du FBI est d’impliquer une activité légale dans des actes illégaux, afin de criminaliser…

Mais aussi d’intimider toutes les personnes désireuses ne serait-ce que de savoir ce qui se passe. C’est exactement ce qui se passe avec la criminalisation en Autriche (à la différence il est vrai que le site Voice of the voiceless revendique son identité avec la stratégie de l’ALF, mais aux USA cela est théoriquement relativement légal).

D’ailleurs, la maison de Peter Young, à Salt Lake City, est une colocation d’activistes: pas difficile de voir que le FBI a décidé de frapper une activité militante en faveur de la libération animale.

Il va de soi que le FBI s’est intéressé de près aux téléphones portables et aux disques durs.  Il va de soi également que les colocataires de la maison de Peter Young ont été « approchés » par le FBI.

Les agents du FBI ont proposé que les affaires soient rendues plus rapidement en échange d’informations, ou bien de devenir directement un informateur…

Cette pratique ne doit nullement nous surprendre, elle fait partie des démarches basiques de la police pour recueillir des informations…

Interview: xAnchorx

Voici une interview d’un groupe de hardcore de Suède: xAnchorx. Il n’est sans doute pas inutile de comprendre nos questions et les réponses faites par rapport à ce que nous disions hier sur la question des « sensibilités. »

Si le groupe précise dans sa présentation « We’re Vegan Straight edge. » et met en lien Earth First! ou encore un site pro-ALF, on peut facilement voir qu’on est ici dans une mentalité très « straight edge ’88. »

1.Peux-tu présenter ton groupe et ta musique ?

Yo, nous sommes ANCHOR, 5 potes jouant du hardcore/punk. Nous sommes basés à Göteborg, en Suède, mais dispersés dans tout le coin.

2.Vous êtes vegan straight edge. Comment ce mode de vie est-il connecté à votre musique ?

Honnêtement, cela ne l’est pas vraiment. Je n’ai jamais reconnu le « Vegan Straight Edge » comme mode de vie ou comme un mouvement à partir duquel faire quelque chose.

C’est juste une série de choix qu’une personne peut faire pour différentes raisons et je suis très content d’avoir moi-même fait ces choix, pour mes propres raisons.

J’ai été intéressé à la musique bien avant d’avoir entendu parler du végétarisme ou du Straight Edge. Je joue dans dans des groupes parce que j’aime la musique et que je ne peux pas vivre sans cela, pas pour mettre en avant un message ou un programme.

La plupart du temps, jouer du punk rock semble la pire idée qui soit si vous avez quelque chose à dire et que vous voulez que tout le monde vous écoute. C’est malgré tout bien, ce groupe est autant le vôtre que le nôtre, vous prenez ce que vous voulez.

3.Vous venez de Suède, où la culture vegan straight edge a été forte durant les années 1990… Quelle est la situation maintenant, et dans quelle mesure vous y sentez vous liés ?

Eh bien, à un moment se dire Straight Edge a été très à la mode et beaucoup de gens sont devenus végans également, mais pour la plupart d’entre eux cela n’a pas duré plus longtemps que quelques mois. C’est ainsi que cela se passe et cela sera toujours ainsi.

Ce genre de choses arrive par vagues. Vivre une vie sans drogues est quelque chose dont moi-même je suis vraiment satisfait, et dont je suis fier. Quiconque intéressé par en parler avec moi est la bienvenue. Je suis certain que nous aurons une discussion sympathique.

Toutefois, Straight Edge ce ne sont que deux mots, vous mettez dedans ce que vous voulez. Pour moi personnellement, revendiquer ce titre n’est pas très important. La plupart des gens que je rencontre dans la vie quotidienne n’ont de toutes manières pas d’idée quant à ce que c’est ou ce que cela signifie. C’est comment je me comporte et comment je traite les gens autour de moi qui compte.

4.Vous venez de Göteborg. Y a-t-il une scène hardcore, vegan, sxe ? Et comment estimez-vous l’influence du nord de la Suède, comme le hardcore d’Umea, le kängpunk?

Je dirais que Göteborg est l’endroit où il y a de l’action en ce moment. L’année dernière a été assez bonne selon moi. Des tonnes de choses sympas ont eu lieu et beaucoup de jeunes provenant d’autres villes en Suède ont eu ces moments ensemble. Je croise les doigts pour que nous puissions garder cela vivant.

Je dirais que la plupart des groupes locaux puisent une bien plus grande influence des groupes américains que des groupes suédois ou européens. C’est la même vieille histoire, je m’imagine. C’est dommage alors qu’il y a plein d’excellents groupes européens, et la Suède en particulier a un surprenant héritage de hardcore et de punk, mais, bon… Au moins, cela change un peu dans le bon sens.

5.Comment voyez-vous le futur de votre groupe, et de la culture vegan straight edge?

Nous n’avons pas vraiment de projets. Nous écrirons et enregistrerons un nouvel album et avec un peu de chance il sortira au début de l’année prochaine, et nous voulons retourner aux USA avant que l’année ne soit terminée. A part cela, tout est pareil.

Sensibilités Straight Edge…

Le mouvement straight edge a connu plusieurs périodes de par sa liaison à la musique hardcore… périodes qui ont donné naissance à différentes sensibilités. Voici un petit aperçu général, que l’on peut bien entendu améliorer, mais qui est déjà pas mal parlant ! Etant Vegan Straight Edge, il est évident également que la figure vegan straight a le beau rôle…

Disons plus simplement qu’il s’agit d’une introduction des sensibilités que l’on peut rencontrer…

Le fan de hardcore des origines

Dans cette sensibilité (assez rare il faut dire), le straight edge n’est pas vraiment une identité. C’est ici un mode de vie positif faisant intégralement partie d’une scène à la fois hardcore et punk, et apprécié en tant que tel… par des gens pas forcément straight edge eux-mêmes!

Il y a une grande attention de portée aux premiers groupes américains de la fin des années 1970 et du début des années 1980 : ceux de Washington (Minor Threat, Government Issue, Teen Idles, State of Alert), de Boston (SSD, Negative FX) ou de Californie (Uniforme choice).

La figure de Ian McKaye, du groupe Minor Threat, est très respectée, et surtout son avis refusant que le terme de straight edge soit lié à des principes fixes, ou un mouvement. Ici, le straight edge, c’est une « bonne idée », pas forcément applicable, mais dans l’idéal…

Le coreux old school

Ici être straight edge est vue comme une attitude positive, bonne pour la santé et sympathique… et surtout personnelle. Il n’y a plus aucun lien culturel avec le punk et le principal centre d’intérêt est la musique.

Les techniques de danse hardcore sont particulièrement valorisées, et on considère grosso modo que le vrai hardcore est celui des années 1980, avec l’hégémonie de la vague des groupes straight edge de 1988, avec notamment les groupes Youth today et Gorilla Biscuits.

L’esprit est proche de la culture skater : bon enfant, anti-raciste, dans une démarche positive mais avec une méconnaissance assumée de la politique, la seule orientation valorisée étant le végétarisme. Le coreux old school dans sa version straight edge aime la musique et l’esprit, et selon lui… c’est déjà pas mal!

Le Vegan Straight Edge

Accordant une importance primordiale au véganisme, la sensibilité vegan straight edge est avant tout revendicative, et considère la musique comme une composante de sa culture, mais aussi comme un vecteur de ses idées (tout comme les groupes Earth Crisis, Refused…). Elle est ainsi (et se voit souvent) comme une posture punk réactualisée et avec un contenu idéal.

Trouvant finalement ainsi toujours quelque chose à redire (pas vegan / pas straight / pas contestataire / pas féministe, etc.) à la scène hardcore ou (uniquement) straight edge, cette sensibilité est très poreuse aux scènes alternatives (squatts, activisme vegan, écologie radicale, groupes anarchistes ou plus généralement d’extrême-gauche, scène « antifa »…).

Elle cultive donc sa particularité et sa démarche (vegan straight edge ? Vegan + Straight Edge ? Vegan Edge?), considérant qu’être vegan straight edge c’est plus construire un mouvement que réaliser une démarche individuelle…

Le mosheur

Le mosh est au hardcore ce que le pogo est au punk. Sauf qu’en plus d’être une danse purement individuelle, il y a en quelque sorte des figures imposées, demandant une souplesse certaine et présentant clairement un caractère violent.

Le straight edge se considère ici comme un simple élément de la communauté hardcore, dans l’esprit de sa version new yorkaise (dont les figures de proue sont les groupes Agnostic Front, Biohazard…) : du son lourd et très metal, beaucoup de muscles, et autant de tatouages. Il apprécie de ce fait tout autant le look des gangs latinos que le mode de vie hooligan européen ou l’attitude hip hop: ce qui compte c’est pour beaucoup la poussée d’adrénaline.

Le mosheur sait cependant qu’il est mal vu pour ses danses violentes et les poses virilistes, mais ne peut pas s’empêcher de céder à cette culture. Il oscille alors entre revendication assumée de sa mauvaise image et un mépris condescendant, et un esprit d’ouverture lui semblant finalement on ne peut plus conforme à l’esprit de la « communauté hardcore »…

L’ex-Hardline

Vegan straight edge issu de la culture des années 1990, l’ex-hardline conserve une sorte de nostalgie de l’époque où se profilait au sein du hardcore une culture hardline offensive et radicale, mettant à bas tout le système. Il raisonne directement en termes de mode de vie et est finalement un moraliste.

Très intellectuel il accorde une grande attention à ses envies de mettre en avant une attitude ferme et correcte. Mais très isolé voire déprimé, il a abandonné les rêves sociaux-révolutionnaires (chantés par des groupes comme Vegan Reich, Statement, Raid ou Purification) pour avoir une tendance certaine à se tourner vers certaines religions (Islam, bouddhisme, hindouisme, judaïsme).

L’ex-Hardline soutient donc une orientation alternative dans la scène hardcore, avec une grande ouverture au Do it Yourself, aux démarches de solidarité, au principe d’un retour « aux fondamentaux » du hardcore d’origine, etc. Un peu de spiritualité dans un monde de brutes!

Le raciste

Absent des concerts et de toute scène alternative où il sait qu’il se ferait rejeter brutalement, le raciste réduit l’attitude straight edge au respect de soi-même et de son corps, ce qu’il appelle la « santé. » Il pousse son raisonnement sectaire jusqu’au bout en s’imaginant faire partie d’une double élite : d’un côté une « race », une ethnie, etc. et de l’autre… les gens pensant comme lui, tant qu’à faire.

Prétendant refuser la « politique », le raciste ne cache pas pour autant sa fascination pour l’Allemagne nazie, au nom de sa quête d’une « communauté » idéale. C’est là son seul centre d’intérêt ; homophobe, anti-féministe et anti-américain, il ne connaît d’ailleurs rien à la culture historique straight edge, et elle ne l’intéresse pas.

Rejeté donc totalement par les scènes straight edge pour son nationalisme, le raciste tente alors de fédérer des gens comme lui, sous différents noms (hate edge, « hardline », hateline, etc.), mais toujours sous la seule bannière qui l’intéresse au fond: la violence, la violence et la violence (iconographie de pistolets, poings américains, anti-antifasciste, nationalisme, etc.).

Interview de Gabriel Kuhn, auteur de « Sober Living for the Revolution: Hardcore Punk, Straight Edge, and Radical Politics »

Voici une interview de Gabriel Kuhn, qui a publié un ouvrage sur le Straight Edge, ouvrage où il donne la parole à plusieurs acteurs et actrices de ce qu’on peut appeler la scène straight edge.

Il donne ici son point de vue au sujet de nombreuses questions, un point de vue progressiste bien entendu, mais différent du nôtre car nous tenons énormément aux définitions, et refusons de relativiser le mode de vie vegan straight edge (qui forme pour nous un tout indissociable).

Tu es le rédacteur de Sober Living for the Revolution: Hardcore Punk, Straight Edge, and Radical Politics [Une vie sobre pour la révolution: punk hardcore, straight edge et politiques radicales]. De quoi cet ouvrage parle-t-il?

A la base, cela consiste à retracer l’histoire des rapports entre straight edge et politiques radicales – par cela je veux dire des politiques progressistes, anti-autoritaires, égalitaires.

Le Straight edge est souvent associé au dogmatisme, au moralisme, à la satisfaction de soi, et au puritanisme. Malheureusement, certaines personnes se considérant straight edge ont donné raison à cela, même s’il y a eu une exagération grossière de l’ampleur de ces attitudes comme étant caractéristiques de la scène straight edge.

En même temps, il est vrai qu’il y a eu des sections largement « apolitiques » dans le mouvement, qui ont montré peu de résistance à ces tendances, ce qui leur a permis de fleurir et de malheureusement attirer une certaine attention.

Cependant, il y a également toujours eu des individus, des groupes, et des scènes entières – comme en Israel, au Portugal, ou en Suède – pour qui semblait très naturel l’union entre straight edge et politiques radicales; et c’est cette histoire que j’ai essayé de documenter dans cet ouvrage, en recueillant des interviews et des essais de différents artistes et activistes straight edge radicaux.


Comment en-es tu arrivé à ce thème? Es-tu straight edge toi-même?

Oui, je suis straight edge depuis plus de vingt ans.

Le straight edge signifie beaucoup pour moi. J’ai grandi dans une petite ville de l’ouest de l’Autriche, dans un environnement où les jeunes, les garçons en particulier, sont considérés comme devant commencer à boire quand ils ont treize ou quatorze ans.

J’étais le seul dans ma ville à rejeter cela, à part pour les jeunes de familles chrétiennes vraiment conservatrices, que je ne fréquentais pas non plus.

Il y avait ainsi un sens de l’isolement et j’ai constamment dû défendre mon choix de ne pas boire et, par la suite, de ne pas consommer d’autres drogues.

Découvrir le straight edge a été l’une des découvertes les plus excitantes de ma vie: non seulement cela signifiait qu’il y avait ailleurs d’autres jeunes comme moi – des jeunes dans la musique et la culture undergrounds, sans pour autant être intéressés par les drogues – mais cela signifiait aussi qu’il y avait un mouvement en tant que tel correspondant à mes choix et mes idées.

En d’autres termes, il y avait une collectivité avec lequel je pouvais m’identifier!

Le problème a été que, quand je me suis finalement rapproché au plus près des scènes straight edge – en 1994, quand j’ai déménagé aux USA – j’ai été terriblement déçu, parce que certaines politiques semblaient tellement déraillées.

Vous devez vous rappeler que c’est à cette époque que le mouvement hardline était vraiment fort, et qu’il y avait encore une domination masculine de la scène très prononcée.

A partir de cela j’ai eu un rapport hautement ambigu avec le straight edge: cela signifiait beaucoup pour moi, et je voulais en faire partie – pour autant je ne me sentais pas lié à beaucoup de tendances dans le mouvement.

Je pense que c’est cette ambiguïté qui m’a donné l’idée de ce livre: je voulais documenter les éléments de l’histoire straight edge avec lesquels je pouvais m’identifier; les éléments qui, pour moi, personnellement, font du straight edge la chose la plus inspirante et la plus belle.

Comment vois-tu l’évolution du mouvement straight edge?

Je pense que le straight edge s’est développé dans de multiples directions, ce qui est bien, même si je peux faire sans les éléments conservateurs.

Les dix dernières années en particulier ont amené une véritable diversité, dans le domaine musical aussi. Le straight edge n’est plus relié au style Youth Crew des années 1980, ou le metalcore des années 1990 – aujourd’hui il y a de nombreux concerts acoustiques straight edge, des groupes straight edge de Power Violence et tout ce qu’il y a entre les deux.

Il y a également différentes définitions du straight edge – les thèmes les plus controversés étant le véganisme, la sexualité, et la compréhension exacte des drogues – et il y a différentes adaptations politiques, allant de groupes straight edge anarchistes à des groupes néo-fascistes.

Comme je l’ai dit, je peux faire sans les éléments conservateurs, mais pour le reste la diversité est bonne, cela enrichit et stimule.

Nous pensons que le straight edge est une forme de désengagement, de refus des valeurs hégémoniques. Ainsi, c’est lié à l’engagement social, contre toute oppression, et donc ainsi au véganisme. Comment vois-tu cela et comment penses-tu que les straight edge voient cela?

J’apprécie la notion de désengagement. Je pense que cela décrit très bien l’une des dimensions politiques du straight edge.

Comme vous dites, il y a un rejet des valeurs et normes hégémoniques. Ainsi, si vous êtes opposés au système politique et économique qui produit ces valeurs et ces normes, être straight edge marque une opposition à cela.

Toutefois, la direction politique que cela prend n’est pas nécessairement clair de prime abord. Les fascistes rejettent le système actuel aussi, donc une simple attitude d’opposition n’est pas suffisante pour revendiquer le straight edge pour des politiques de gauche ou radicales.

Je ne pense pas qu’il y ait une connexion automatique entre le désengagement et l’engagement social ou la lutte contre l’oppression.

Quelque chose doit être ajouté pour permettre au straight edge d’aller dans ce sens: la conscience sociale et politique, un engagement pour un monde juste et égalitaire, l’empathie et l’affection.

Pour certains, le véganisme sera un choix évidemment à faire; d’autres peuvent peut-être faire d’autres choix concernant leur alimentation. Je ne pense pas que cela soit décisif en soi.

Ce qui est décisif est que l’on lutte pour un monde meilleur pour tous et que l’on s’engage dans un dialogique respectueux et de camaraderie avec les autres voulant la même chose.

Aucun individu n’a à lui tout seul les réponses concernant la question de savoir quelles formes exactes de comportement ou de conduite nous amènera à ce but – mais un effort commun nous guidera dans la bonne direction.

Et ce qui s’applique au véganisme s’applique au straight edge également: pour certains ce sera un élément important de ce périple, pour d’autres cela ne le sera pas. Certaines personnes peuvent considérer comme prioritaires d’autres formes de désengagement.

Après tout, le désengagement complet est difficilement possible dans un monde dominé par les États nations et le capital. Finalement, c’est la solidarité et le soutien mutuel qui compte. Pour nous, personnes straight edge, cela signifie prouver notre capacité à contribuer à cette lutte de manières positives et constructives.

C’est ainsi que je vois cela. Comment est-ce que les straight edge voient cela? Je ne suis pas certain. Je suppose que certains voient cela de manière similaire, mais il y a beaucoup de différentes manières de comprendre le straight edge, y compris ceux qui rejettent tout lien avec la politique. Comme je l’ai dit auparavant, il y a beaucoup de diversité.


Ces dernières années, certains mouvements d’extrême-droite, en particulier en Russie et en Allemagne, tentent d’intégrer la culture straight edge dans leurs modèles idéologiques. En France ces derniers mois, certains essaient de suivre ce modèle. Que peux-tu nous dire au sujet de cette tendance faisant du straight edge un social-darwinisme?

Dans sa définition de base, le straight edge n’a pas de contenu politique clair – il est seulement indiqué un refus des drogues. Les connotations politiques du straight edge viennent du contexte dans lequel il apparaît et des idées et notions auxquelles c’est relié.

Il est facile pour l’extrême-droite de prétendre au straight edge: tout ce qu’il suffit de faire est de transformer le straight edge en idéologie (plutôt qu’en choix personnel). Alors il est possible de prétendre être « meilleur », « plus avancé », ou « supérieur » que d’autres personnes.

C’est le premier pas vers le fascisme. Possiblement, le second pas est de relier ces sentiments à la notion de « santé. »

Si être straight edge peut certainement contribuer à la santé personnelle, une notion politique de « santé » est très dangereuse et a été utilisé par tous les mouvements fascistes – il suffit d’étudier leur langage, les fascistes ont toujours parlé de « maladie », de « plaies », ou bien de « pourriture » en faisant référence aux gens et aux communautés qu’ils voyaient comme inférieurs.

Le troisième moment, le troisième pas – et c’est là qu’on en arrive aux adaptations straight edge de type fasciste et néo-nazi de manière explicite – est quand on relie la notion de « santé » à celle de « race » ou de « nation » qu’il faudrait « défendre » ou « préserver » ou quoi que ce soit de ce genre.

Peut-être peut-on parler ici d’un danger d’extrême-droite en trois niveaux: 1. la satisfaction de soi (« je suis meilleur que toi »); 2. le social-darwinisme (« je suis en meilleure santé que toi et je te survivrai »); 3. le nationalisme / racisme catégorique (« nous sommes meilleurs que vous et nous devons maintenir notre pureté »).

Je pense que ce que nous avons vu ces dernières années en Russie et en Allemagne – et maintenant apparemment également en France, toutefois je ne sais pas grand chose à ce sujet – est la troisième étape, qui est articulé de plus en plus clairement.

Les deux premiers moments, pour être honnête, hantent le straight edge depuis longtemps.


Comment résister à ces développements?

Je pense qu’il y a peu d’intérêt à polémiquer sur ce que le straight edge doit “vraiment” être, ou bien à dénoncer les adaptations d’extrême-droite comme des « distorsions » du straight edge.

Les personnes d’extrême-droite qui sont straight edge ont clairement leurs propres définitions et il n’y a pas d’autorité supérieure pour décider ce qui est juste et ce qui est faux.

Finalement, nous nous épuiserions en nous jetant des définitions à la tête. Je pense qu’il est plus important de faire en sorte que nos idées soient aussi présentes que possibles dans la scène, et de faire en sorte qu’elles soient convaincantes pour les gens de la scène.

Nous gagnerons les jeunes en étant accueillant, plein de compassion, et compréhensif. Ce sont des valeurs fortes – tout ce qu’a l’autre camp, c’est la haine.

Oui, mais la haine est quelque chose de très important. Nous haïssons l’oppression et l’exploitation. Et, concernant les trois points dont tu parles plus haut, nous ne sommes pas d’accord avec le premier point. Car oui nous considérons que le mode de vie vegan straight edge est supérieur aux autres mode de vie.

Serais-tu d’accord pour dire que dans ta volonté de ne pas avoir de définitions précises et ta valorisation de la spontanéité, tu es favorable à une vision anarchiste ? Et comme quoi pour toi, Vegan et Straight Edge ne vont pas nécessairement de pair ?

Il est bien sûr important d’avoir des sentiments forts quant aux terribles conséquences de l’oppression et de l’exploitation. Si vous voulez appeler cela de la « haine », pas de souci. Mais ce que vous haïssez en ce cas c’est un système, et vous le haïssez parce que vous voulez que les gens – tous les gens, je pense – soient heureux.

Les gens à l’extrême-droite, de l’autre côté, haïssent les gens et c’est au centre de leur idéologie. Pour moi, il y a là une différence cruciale, c’est cela que je veux dire.

En ce qui concerne la supériorité du [mode de vie] vegan straight edge, je pense que cela dépend ce que vous entendez par là.

Si vous pensez que c’est la meilleure manière de contribuer à ce qu’il y ait le moins de cruauté possible dans vos vies personnelles, je ne vois pas de raison particulière de discuter de cela – même si j’aimerais souligner qu’être vegan straight edge ne suffit pas en soi pour ne pas être un trou du cul.

Comme je l’ai dit, si vous voulez réaliser un exemple vraiment convaincant en faveur d’un mode de vie « sans cruauté » ou « plein de compassion », l’éthique vegan straight edge doit être reliée à une conscience politique générale.

Par rapport à cela, la revendication comme quoi être vegan straight edge constitute un mode de vie supérieur peut poser des soucis si vous voulez réellement en faire une norme universelle.

Je veux dire par là, si nous allons à un village de pêcheurs au Sénégal et nous expliquons aux gens que leur mode de vie est inférieur au nôtre, alors notre éthique vegan straight edge peut facilement devenir cynique et insultante.

C’est pourquoi je n’aime pas parler du [mode de vie] vegan straight edge comme étant quelque chose de « supérieur. »

Je pense que le [mode de vie] vegan straight edge, en tant que pratique politique, donne beaucoup de sens dans certains contextes et dans certaines circonstances – mais nous ne devons jamais oublier que des milliards de gens ne partagent pas nos contextes et nos circonstances, et ainsi d’autres choses auront davantage de sens pour elles.

La vie est diverse, complexe et compliquée, et il n’est pas seulement important d’en avoir conscience, c’est aussi ce qui rend la vie excitante. Et c’est certainement une des raisons pour lesquelles je n’aime pas discuter des définitions.

Les définitions nous aident à aborder la complexité de la vie – il s’agit d’outils, mais qui ne contiennent pas de vérité. C’est pourquoi je pense qu’il est d’habitude oiseux de polémiquer à leur sujet.

On ne gagne pas le coeur des gens en définissant les choses – on les gagne en montrant l’exemple d’une vie plus joyeuse. Est-ce que cette pensée fait de moi un anarchiste ? Peut-être – si cela correspond à votre définition de l’anarchisme…

En ce qui concerne le rapport entre le véganisme et le straight edge, peut-être que cela aider à illustrer mon point de vue au sujet des définitions revenant à des outils : pour moi, les deux ne sont pas nécessairement connectés, parce que je définis le straight edge comme l’abstinence de drogues / d’intoxicants, et les gens peuvent s’abstenir de drogues / d’intoxicants sans être vegan.

Par conséquence, suivant la définition du straight edge que j’emploie, il n’y a pas de connexion nécessaire. Si vous avez une définition différence, votre conclusion est également possiblement une autre.

Cela peut être très amusant de discuter de ces choses, mais nous n’arriverons pas au point où l’un de nous a prouvé le caractère juste ou erroné d’un avis – et je ne pense pas non plus que cela compte.

Comment vois-tu le futur du mouvement straight edge?

Pour commencer, je suis convaincu qu’il va continuer. Il a survécu pendant trente ans, ce qui signifie qu’il a passé l’épreuve du temps. La plupart des jeunes straight edges n’étaient même pas nés quand Ian MacKaye a écrit la chanson « Straight Edge » en 1980. Les mouvements qui tiennent aussi longtemps assurent d’habitude une continuité.

Ce que le futur apportera? Encore plus de diversité, je pense – et j’espère encore plus d’expressions radicales. Je suis optimiste. Je pense qu’il existe à la fois un intérêt croissant pour la sobriété dans les cercles radicaux, et un intérêt continu pour les idées radicales parmi beaucoup de jeunes straight edge. C’est prometteur.


Quel est le meilleur moyen d’acheter le livre? Peux-tu nous parler de l’éditeur?

Le meilleur moyen d’acheter le livre est de le commander ou bien directement du site internet de PM Press (www.pmpress.org) ou bien depuis une librairie ou un distributeur indépendant. De cette manière, l’argent reste dans notre communauté et ira à d’importants projets politiques.

PM Press a été fondé il y a quelques années et a publié une remarquable série de livres, de DVD et de CD depuis le début de son existence, il y a peu de temps. On y retrouve quelques personnes impliquées qui ont de profondes racines dans la communauté punk hardcore, ce qui a certainement aidé à réunir des soutiens pour ce projet. Si vous voulez une meilleure idée des titres qu’ils publient, le meilleur est de parcourir leur site web.

BD straight edge

De manière anecdotique, car il ne s’agit pas d’une grande réalisation, mais avec quand même un certain intérêt, la « première BD straight edge » est téléchargeable. Elle provient des USA, du début des années 1990 (et est donc en anglais).

Pour résumer ces quelques pages, qui ont une problématique intéressante: un garçon est amoureux d’une fille, et ne parvient pas à lui dire. Au concert les nazis attaquent la fille (pas de fille dans le pit pour eux, parabole critique des machos et de leur culture fasciste), et le garçon l’aide. Mais la fille se sent humiliée d’avoir à être défendue…

Le film « edge »

Un film documentaire sur le mouvement Straight Edge vient d’être mis en boîte; une production Do It Yourself de Compassion Media, lié à Roots of Compassion, que l’on pourra voir lors d’une tournée en Europe (et aux USA) en novembre 2009, et qui sera également disponible en DVD.

On retrouvera dans le film notamment les deux figures historiques du mouvement, Ian MacKaye (du groupe Minor Threat) et Ray Cappo (du groupe Youth of Today), mais également le chanteur d’Earth Crisis, la chanteuse de Gather, la responsable du site consacré aux femmes dans la scène straight edge the sisterhood

On peut donc être sûr qu’une part importante sera consacrée au veganisme, en tant que constituante essentielle de la scène straight edge!

Umeå et son rôle dans l’émergence de la culture vegan straight edge

L’action qui a eu lieu en Suède à Umeå mérite d’être particulièrement mentionnée. Evidemment, la destruction par les flammes d’un club de chasseurs (voir les photos ici) n’a rien de particulièrement original pour la Suède, où le Front de Libération des Animaux est fort, tout autant que le véganisme.

Mais justement, la ville d’Umeå n’est pas n’importe quelle ville: elle est la principale ville du nord de la Suède. Le nord de la Suède n’a que peu d’habitants, sa tradition politique est très à gauche, très marquée par le communisme, en raison de la grande base ouvrière (en fait la Suède s’est enrichie avec sa neutralité pendant la seconde guerre mondiale, grâce aux minerais du nord). C’est également en pleine Laponie, et les Samis (vrai nom des « Lapons ») ont été et sont encore opprimés.

Et cette ville d’Umeå justement est devenue dans les années 1990 le bastion du mouvement straight edge, en tout cas en Europe, si ce n’est dans le monde. La Suède a peut-être le seul pays véritablement marqué par la scène vegan straight edge, qui a existé à un moment comme véritable alternative culturelle. Si le mouvement s’est essoufflé, le veganisme et le mode de vie straight edge forment encore une grande tradition.

L’une des figures culturelles de cette scène vegan straight edge d’Umeå a été le groupe Refused, notamment avec son album The Shape of Punk to Come. Le nom de la ville est également celui d’un album du second groupe de référence du « northcore straight edge »: Final Exit.

Billy Graziadei, du groupe hardcore Biohazard, a affirmé à cette époque: « Umeå est la capitale du hardcore en Europe. Nous aimons cet endroit. Je pense que les groupes d’Umeå  croient en ce qu’ils chantent plus que dans n’importe quelle autre endroit du monde. Et je ne pense pas qu’aux groupes Straight Edge comme Refused, Doughnuts et Final Exit. Il y a une honnetêté dans la musique ici qui est connue dans le monde entier. Ils savent ce qu’ils veulent. »

A noter que la Laponie suédoise, toujours dans la même veine contestataire, a également produit le « Kängpunk », le punk des bottes, punk ultra rapide (influencé par le « disbeat » à la Discharge) extrêmement critique par rapport à la société et très engagé.

la Terre d’abord

EARTH FIRST ! LA TERRE D’ABORD !

Aujourd’hui nous assistons à la destruction généralisée de la planète. Le mode de vie dominant subordonne la vie animale, la vie végétale, l’ensemble de la planète.

L’interférence humaine actuelle avec le monde non-humain est excessive et nuisible. La Terre d’abord prend ses racines dans le mouvement Earth First!, fondé en 1979 aux États-Unis.

Selon Earth First!, il s’agit de défendre la planète pour elle-même, sans considération de son éventuelle utilité pour l’humanité. L’humanité n’a pas le droit de réduire la richesse et la diversité biologique.
Le bien-être et l’épanouissement des formes de vies humaines et non-humaines de la Terre ont une valeur en soi. Ces valeurs sont indépendantes de l’utilité du monde non-humain pour les besoins humains.

VEGANISME

La Terre d’abord est lié au site VeganRevolution. Le véganisme est une valeur indissociable de l’écologie. On ne peut pas être écologiste sans être vegan, on ne peut pas être vegan sans être écologiste. La libération animale est indissociable de la libération de la Terre.
L’humanité doit choisir de produire différemment des choses différentes, en adéquation avec une éthique nouvelle: le véganisme.

STRAIGHT EDGE

Le mode de vie dominant prône une consommation non réfléchie et l’appropriation sans limites de son environnement. Le mode de vie straight edge est opposé à la promotion de l’alcool et des drogues et a donc selon nous un rapport avec le refus d’une vie prétendument spontanée mais en fait décidée par le capitalisme.
Il ne s’agit pas d’une recherche de pureté, mais une question de cohérence: vivre en relation harmonieuse avec la nature passe par le refus des échappatoires illusoires.

LA TERRE D’ABORD

Le site La Terre d’abord est un site d’informations concernant la libération de la planète, la libération animale (et également le mouvement vegan straight edge).

Pour des raisons écologiques la Terre d’abord est un site profitant de l’énergie solaire et son hébergeur est engagé dans une démarche écologique. Il faut savoir en effet que la production de Co2 causée par internet est plus importante que celle causée par les avions, en raison des énormes besoins en électricité.