• L'IPBES et "les peuples autochtones, les communautés locales"

Nuclear Baltic Sea Info Tour 2010

Si certainEs partent dans le Nord de l’Europe cet été, il est donc possible de rendre visite aux occupantEs du terrain prévu pour l’abattoir à Wietze. Mais il y a également une autre initiative qui a lieu cet été dans le Nord.

Elle concerne cette fois la mer Baltique, qui est, de toutes les mers du monde, la plus radioactive en raison de l’activité humaine.

La mer Baltique échange en effet peu avec les autres océans : seulement 1% par an; les activités humaines sont donc immédiatement lourdes de conséquences…

Or, il y a vingt installations nucléaires qui sont actives dans la région, et qui polluent la Baltique… Et il ne faut pas penser à la Russie seulement : les réacteurs suédois polluent 100.000 fois plus que la centrale de Saint- Petersbourg…

Est notamment en cause la centrale suédoise de Forsmark, tristement connue pour son accident de 2006, où on a risqué la fusion du coeur dans les sept minutes ou les huits heures, selon les analyses… L’année d’avant, en 2005, on s’était déjà aperçu que les containers devant tenir de 50 à 100 ans présentaient déjà des problèmes au bout de dix ans…

Mais également la catastrophe de Tchernobyl, ainsi que les nombreux tests atomiques…

A quoi s’ajoute l’installation nucléaire de Sellafield, au Royaume-Uni.

Installation qui s’appelle Sellafield et non plus Windscale pour une raison simple : il y a eu un accident dans un réacteur en 1957, avec un nuage radioactif parcourant le pays, alors pour donner le change à l’opinion publique à moyen et long terme…

Sellafield a évidemment eu d’autres soucis, de très nombreux autres soucis, durant toutes les années 1970, 1980…

Et ce jusqu’à aujourd’hui, notamment en 2005 où une zone a été fermée pendant deux années, où dans une pièce en béton armé conçue afin de recueillir les fuites, on a retrouvé… 83 000 litres de matière radioactive, contenant 200 kilos d’uranium, seuil d’une réaction nucléaire en chaîne !

Pour terminer le panorama, des déchets nucléaires sont censés être enfouis… sous la Baltique, à Forsmark, ainsi qu’à Olkiluoto en Finlande…

Un mouvement anti-nucléaire se reconstruit donc au Danemark, en Suède et en Finlande, pays où le mouvement nucléaire s’est effondré à la suite des années 1970, alors qu’en France il s’est maintenu, en Allemagne il est resté puissant, et en Autriche il a réussi à faire interdire en 1978 toute utilisation de centrale nucléaire dans le pays.

Une campagne est donc menée, sur un parcours de 6.000 kilomètres, afin d’alerter quant à la situation de la mer Baltique. Si vous passez dans la région cet été, n’hésitez pas à passer les voir (Saint-Pétersbourg, Riga, Vilnius, Jezioro Żarnowieckie, Greifswald, Copenhague, Malmö, Stockholm, Olkiluoto/Rauma et Oulu).

L’éruption de l’Eyjafjöll

Après 187 ans de repos, le volcan Eyjafjöll (ou Eyafjalla) s’est remis en éruption, rappelant aux humains que Gaïa est vivante.

Le magma fluide à plus de 1 000 °C rencontre la glace et se vaporise, alors que l’éruption projette dans le ciel des particules très fines, et ce jusqu’à 8 000 mètres d’altitude (mais cela peut monter jusqu’à 20.000 m).

Ces cendres nuisant à la visibilité et pouvant perturber les réacteurs des avions, le résultat en a été que 6.000 vols ont été annulé, dans le Nord de l’Europe: en Irlande, en Grande-Bretagne, en Norvège, au Danemark, en Suède, en Finlande, en Belgique et en France (Calais, Merville, le Touquet, Dieppe, Cherbourg, Amiens, Lille, Valenciennes, Brest, Lannion, Deauville, Morlaix, Quimper, Rennes, Caen, Strasbourg, Vatry, Reims, Metz, Beauvais, Pontoise, Toussus-le-Noble d’Orly, Roissy Charles de Gaulle et le Bourget).

Pour comprendre ce que cela signifie par rapport à l’économie mondiale, on peut profiter de cette très intéressante animation vidéo représentant le trafic aérien mondial pendant 24 heures. Il suffit de penser que tous les trajets dans le nord seront bloqués.

En Islande même, 800 personnes ont été évacuées dans la région autour du volcan, en raison des inondations. Le glacier lui-même devrait fondre en quelques jours.

La route principale de l’Islande (à une seule voie par sens, et qui fait le tour de l’île) a été percée en trois endroits pour laisser passer les eaux boueuses.

Ci-dessous, deux photos du glacier, la première de septembre 1992, la seconde du 30 mars de cette année, alors que le volcan avait commencé à s’activer le 20 et que nous sommes déjà le 16 avril, la situation ayant encore évolué depuis.

Voici des photos de l’éruption. On peut également voir une vidéo ici.

Jonatan Strandberg a besoin de solidarité!

Le 14 octobre 2008 les services secrets suédois menaient une opération contre trois maisons dans différentes villes et ont procédé à l’arrestation de Jonatan Strandberg.

Celui-ci, né le 29 avril 1988, a alors été condamné à 15 mois de prison pour trois actions menées au nom du Front de la Libération de la Terre.

Ces actions sont les suivantes: dans la nuit du 20 au 21 avril 2008, l’ELF a saboté une tour de communication du ministère de la défense à Almhult, ainsi qu’une grue de chantier et un camion pour abattre les arbres (au même moment, une autre cellule de l’ELF détruisait une villa de luxe en train d’être construite en pleine forêt).

Jonatan vient de passer deux semaines en isolement carcéral et l’administration pénitentiaire a décidé d’élever le niveau de son statut pour des « raisons de sécurité. » Il passe de la catégorie C à la catégorie B; en Suède, il y a quatre catégories de conditions de détention, de A à D avec A étant les plus difficiles.

Il est donc passé de la prison de Västervik à celle de Hällby, où sa situation sera bien plus difficile, d’autant plus qu’il est diabétique.

Et les raisons de son déplacement sont politiques: Jonathan est un activiste motivé, qui assume ses positions et qui y compris en prison développe ses points de vue. Il participe également au conseil des prisonniers et écrit pour la revue des prisonniers, Kåkbladet.

A cela s’ajoute le fait que lorsqu’entre son arrestation et sa condamnation finale, il a passé 10 mois dehors après les quelques mois de préventive et en a profité pour continuer ses activités politiques.

Jonathan a donc besoin de notre soutien et d’expression de solidarité. Il est possible de lui écrire:

Jonatan Strandberg
KVA Hällby
Box 100
64045 Kvicksund
Suède

Si vous lui envoyez des livres (en anglais) ou des CDs, il faut qu’ils soient neufs, le meilleur étant encore emballés.

Jonathan se définit comme un anarchiste anti-civilisation (il a une alimentation « paléolithique » c’est-à-dire celle des chasseurs – cueilleurs); voici un extrait d’un texte donnant son point de vue:

« L’expansion urbaine est la destruction du monde naturel afin d’étendre les villes conformément au mode de développement et au progrès toujours grandissants. Les villas des classes moyennes, les demeures de luxe et l’industrie sont en train de menacer la vie sauvage et les espèces en voie d’extinction, car cela se passe à l’échelle globale, dans chaque ville de taille grande ou petite, c’est une menace pour la continuation de la vie sur cette planète. Il faut s’y confronter avec une résistance sans compromis! Il faut détruire cela! »

Umeå et son rôle dans l’émergence de la culture vegan straight edge

L’action qui a eu lieu en Suède à Umeå mérite d’être particulièrement mentionnée. Evidemment, la destruction par les flammes d’un club de chasseurs (voir les photos ici) n’a rien de particulièrement original pour la Suède, où le Front de Libération des Animaux est fort, tout autant que le véganisme.

Mais justement, la ville d’Umeå n’est pas n’importe quelle ville: elle est la principale ville du nord de la Suède. Le nord de la Suède n’a que peu d’habitants, sa tradition politique est très à gauche, très marquée par le communisme, en raison de la grande base ouvrière (en fait la Suède s’est enrichie avec sa neutralité pendant la seconde guerre mondiale, grâce aux minerais du nord). C’est également en pleine Laponie, et les Samis (vrai nom des « Lapons ») ont été et sont encore opprimés.

Et cette ville d’Umeå justement est devenue dans les années 1990 le bastion du mouvement straight edge, en tout cas en Europe, si ce n’est dans le monde. La Suède a peut-être le seul pays véritablement marqué par la scène vegan straight edge, qui a existé à un moment comme véritable alternative culturelle. Si le mouvement s’est essoufflé, le veganisme et le mode de vie straight edge forment encore une grande tradition.

L’une des figures culturelles de cette scène vegan straight edge d’Umeå a été le groupe Refused, notamment avec son album The Shape of Punk to Come. Le nom de la ville est également celui d’un album du second groupe de référence du « northcore straight edge »: Final Exit.

Billy Graziadei, du groupe hardcore Biohazard, a affirmé à cette époque: « Umeå est la capitale du hardcore en Europe. Nous aimons cet endroit. Je pense que les groupes d’Umeå  croient en ce qu’ils chantent plus que dans n’importe quelle autre endroit du monde. Et je ne pense pas qu’aux groupes Straight Edge comme Refused, Doughnuts et Final Exit. Il y a une honnetêté dans la musique ici qui est connue dans le monde entier. Ils savent ce qu’ils veulent. »

A noter que la Laponie suédoise, toujours dans la même veine contestataire, a également produit le « Kängpunk », le punk des bottes, punk ultra rapide (influencé par le « disbeat » à la Discharge) extrêmement critique par rapport à la société et très engagé.