• 15 364 scientifiques de 184 pays avertissent l'humanité

Action de l’ALF à Rambouillet

Voici un communiqué de l’ALF diffusé sur Bite Back (avec trois photos).

« Dans la nuit du 1er au 2 décembre, dans la forêt de Rambouillet, nous avons scié 5 tours de chasse. Le but des ces constructions était d’y accueillir un ou deux chasseurs assis qui pouvait abattre les animaux rabattus dans leurs champs de tir tout en pouvant tirer près d’une route toute proche. Cessons la chasse qui n’est qu’une basse pulsion de l’être humain pour assouvir ses désirs de domination.

Même les plus petites actions donnent un sens à la lutte pour la liberté animale. Même si il n’y a que de nombreuses actions de petites ampleurs comme celle-ci, les tueurs et profiteurs des animaux comprendront notre message. Chaque action compte, agissez maintenant.

Pour les derniers animaux libre du Monde.

ALF Français »

Une route en plein parc du Serengeti?!

Aujourd’hui ont lieu des élections en Tanzanie, où le président est censé se faire réélire. Cela aura une conséquence importante, à savoir la réalisation pour l’instant certaine d’un projet totalement fou.

Chaque année en juillet-août a lieu une migration bien connue des amiEs des animaux : celle qui amène plus de deux millions d’herbivores du parc du Serengeti en Tanzanie vers le Masaï Mara au Kenya, par la traversée de la rivière Mara.

C’est un très grand symbole de la nature, de la vie sauvage, de Gaïa elle-même. Mais rien n’arrête la course au profit : d’ici quelques mois vont commencer des travaux pour établir une route à deux voies traversant le parc sur 50 kilomètres!

On peut voir sur cette carte comment la « Serengeti highway » va directement intercepter la migration annuelle absolument incroyable.

En rouge, on a le tracé de la « Serengeti Highway. » En vert, le projet alternatif (qui contourne le parc). En noir, les routes bitumées déjà existantes.

Les lignes avec les flèches montrent les migrations: en rouge, entre mai et juin. En rouge foncé, entre décembre et avril. En jaune, entre juillet et novembre.

Le Serengeti est un parc de 15 000 km2, où vivent quatre millions d’animaux. On y trouve 400 espèces d’oiseaux, des gnous, des zèbres, des gazelles de Thomson, des gazelles de Grant, des lions, des guépards, des léopards, des éléphants, des rhinocéros , des buffles africains…

Si cette autoroute est construite, les ¾ de la migration s’effondreraient en quelques années. Et comme le dit le site Serengi Watch, « Si nous ne pouvons pas sauver le Serengeti, alors que pouvons-nous sauver? »

Tel n’est évidemment pas le point de vue des Tours opérateurs. Voici le point de vue de celui qui se présente comme un grand spécialiste du Serengeti ; ses propos sont très intéressants car il témoigne d’une logique totalement insensée.

Pour Denis Lebouteux de Tanganika.com, tout le problème vient de l’usage malheureux du mot « highway » dans le premier discours du président.

Les chercheurs américains publiés par Nature ont immédiatement visualisé une autoroute, avec couloir protégé et barrières, et sont montés au créneau de la défense de la Grande Migration.

Notre interlocuteur met beaucoup de bémols à cette interprétation. « Le président a bien précisé que le goudron s’arrêtera à l’entrée du parc, il s’agira d’une simple piste sur les 50km de traversée.

Et elle sera fermée au trafic la nuit, de 18h à 6h du matin. » Ce qui change un peu la donne si la promesse est respectée.

Pas d’entraves aux passages d’animaux

L’objectif est de désenclaver Musoma à l’ouest du pays, une ville en forte croissance économique et dont tout le trafic passe déjà à l’intérieur du parc, ainsi que dans le Ngorongoro, par les 450km de routes existantes.

« Cela cause de gros dégâts sur les pistes, leur entretien coûte très cher au parc et l’idée est de limiter ces dégâts à 50 km, à défaut de limiter le trafic automobile en accroissement constant. »

Côté animaux, pour Denis Lebouteux, les gnous traversent déjà la route existante près de cinquante fois par an. Ils sont souvent tués par les camions, d’autant qu’une partie de la piste passe par leurs lieux de reproduction.

Ils n’auront à franchir la nouvelle route que deux fois, lors de leur aller-retour annuel vers le Kenya. « La traversée des rivières où beaucoup se noient est infiniment plus dangereuse pour eux qu’une simple piste.»

Des avantages pour les opérateurs touristiques

Le projet alternatif ne lui paraît pas plus satisfaisant : « Le paradoxe de la route du sud est qu’elle passera en lisière extérieure du parc et sera donc ouverte la nuit.

Il y aura de véritables massacres par les camions, le parc n’étant évidemment pas clôturé. »

« Cette route m’intéresse personnellement en tant qu’opérateur dans le pays depuis des années.

Elle va nous offrir des solutions plus confortables et des sorties du parc plus intelligentes, sans ces allers-retours contraignants que les touristes apprécient de moins en moins.

Elle va aussi désenclaver des merveilles difficiles d’accès comme le lac Natron.

Disons que cela va agrandir le terrain de jeux » conclut Denis Lebouteux, qui se demande pourquoi la Tanzanie est toujours montrée du doigt, sans forcément de raisons valables ni vérifiées.

Voilà pourquoi nous ne cessons de souligner la différence entre libération animale et protection animale. Cette dernière pourrait se satisfaire de tels propos : si la route n’est qu’une piste, qu’elle est fermée la nuit, etc. alors « c’est acceptable », « il faut bien faire avec », etc.

Pour nous, il en est hors de question. Le parc doit être un sanctuaire et les voitures n’ont rien à y faire ! Céder un peu c’est totalement capituler et provoquer la destruction totale. C’est d’ailleurs le point de vue des experts de la migration du parc du Serengeti… et on notera d’ailleurs que les scientifiques eux-mêmes parlent de « route » (et non d’autoroute) et il est totalement ridicule de s’appuyer sur la seule question du mot « autoroute »; c’est déplacer et fausser le débat.

Mais quand on voit que pour le tour opérateur, ce qui compte c’est… l’accès au lac Natron, où vivent presque trois millions de flamants nains, car ce lac aurait le malheur… d’être à l’abri des humains, on voit le niveau ! Même Walt Disney, qui a produit Les Ailes pourpres : le mystère des flamants justement tourné là-bas, apparaît comme d’une radicalité écologiste sans pareille en comparaison !

Nous reparlerons du parc du Serengeti, et il y a déjà une bonne nouvelle : il y a quelques jours, l’UNESCO s’est prononcé contre la « Serengeti highway. » Toutefois, il est évident qu’il faut soutenir la campagne pour sauver le parc du Serengeti!

Etudes en sciences naturelles et refus de la vivisection

Ce qu’on comprend dans l’explication de Walter Bond sur son expérience d’ouvrier, c’est que finalement tout est rapport de force et que la demi-mesure amène la défaite.

En cette rentrée qui est aussi étudiante, voici justement un article de la Nouvelle république, un quotidien basé à Tours. Cet article date de début août mais il parlera justement à toutes les personnes concernées par les études dans le domaine des sciences naturelles.

Il s’agit d’une personne étudiant en IUT, mais refusant de disséquer un animal. Seulement voilà, cette personne n’a pas eu une attitude claire et combattive, elle a essayé de louvoyer avec l’administration, du genre on lui met zéro ce n’est pas grave, ou bien essayer de disséquer un rat pour finalement ne pas pouvoir, etc.

Or, dans un pays comme la France où l’idéologie de la vivisection est totalement intégrée aux institutions, une telle stratégie ne pouvait amener qu’à se faire broyer par l’administration.

Cela souligne à quel point on a besoin de structures activistes, capables de mener des mini campagnes rapidement montées, passant le mot et mobilisant, ne serait-ce qu’un minimum.

Quand une injustice est faite, il est possible de mobiliser, même des gens non vegans, c’est même le point de départ d’une intervention sociale qui justement change les choses.

Voici l’article en question :

Elle refuse de disséquer les rats, l’IUT la sanctionne

Axelle L., étudiante en génie de l’environnement à Tours, n’a jamais pu disséquer un animal. L’IUT l’a mal pris. La justice s’en mêle.

C’est injuste, j’ai adoré tout ce que j’ai fait cette année à l’IUT et j’étais très motivée pour continuer dans les métiers de l’environnement. Aujourd’hui je n’ai aucune perspective et je ne sais pas comment rebondir, je ne peux même pas redoubler. »

Après un bac S et une licence en SVT (géologie), Axelle L., originaire de Saint-Nazaire, entre en génie de l’environnement à l’IUT de Tours. Le programme lui plaît mais un détail attire son attention : la dissection d’animaux. Dans l’année, son programme prévoit trois TP de quatre heures. Elle informe ses professeurs, par écrit, qu’elle ne touchera pas aux animaux, pour des raisons éthiques et morales.

Pour des raisons physiologiques aussi. Elle répugne à triturer la moindre blatte. En revanche, elle accepte tout à fait l’idée de s’informer à travers des CD-Roms, vidéos… Le chef du département lui aurait alors proposé d’assister seulement aux séances et de lui mettre zéro en travaux pratiques. Une proposition équitable, selon Axelle L., bien décidée à se rattraper sur les autres matières.

Victime d’une crise d’angoisse réactionnelle

Hélas ! les choses se compliquent avec son professeur de biologie qui n’accepte pas la posture de l’étudiante et lui demande de quitter son cours. Déstabilisée mais bien décidée à poursuivre son cursus, Axelle L. accepte de rencontrer, seule, la directrice de l’IUT et deux responsables de son département.

« Ils ont tout tenté pour me convaincre de procéder à des dissections sans vraiment m’écouter. J’ai donc essayé sur un rat blanc qu’ils avaient emmené avec eux. Mais c’était impossible. »

Des certificats médicaux sont avancés. « La requérante a été victime d’une crise d’angoisse réactionnelle à une situation émotionnelle, il y a une heure environ, ce qui impose un repos à son domicile » constate un médecin tourangeau vu juste après la séance.

Rien n’y fait. L’administration est intransigeante. Elle déclare l’étudiante « défaillante » au premier semestre malgré une moyenne de 10,07 et « ajournée » au second malgré une moyenne à 11, ce qui équivaut à ne pas valider l’année, sans l’autoriser à redoubler.

Choquée par ce qu’elle considère être une grave injustice, sa mère prend une avocate tandis que la Fondation Brigitte Bardot écrit à la ministre Valérie Pecresse pour dénoncer des méthodes « archaïques ».

« Pour qu’une élève soit déclarée défaillante » explique son avocate parisienne, Caroline Lanty « il faut des absences inexpliquées ou qu’elle refuse de rendre des travaux. Axelle ne se trouve ni dans un cas, ni dans l’autre. Au contraire, c’est une élève enthousiaste qui adorait ses cours. »

Un référé en suspension a donc été introduit auprès du tribunal administratif d’Orléans qui a rejeté la demande. La plaignante s’est alors pourvue devant le Conseil d’État en espérant qu’une décision sera vite prise. Et qu’elle pourra, enfin, reprendre le cours de ses études.

Contactés par téléphone, les responsables de l’Université François Rabelais qui sont actuellement en vacances n’ont pas donné suite à nos appels.

réaction

70.000 animaux sacrifiés

La Fondation Brigitte Bardot prend fait et cause pour Axelle L.. Après avoir rappelé que « 70.000 animaux étaient sacrifiés dans l’enseignement, avec une augmentation de 108 % en cinq ans », la Fondation milite pour une reconnaissance au « droit à l’objection de conscience qui ne pénaliserait plus les étudiants ».

« Il existe des logiciels de simulation, des documents vidéo, des programmes de formation qui reposent sur l’utilisation d’un animal artificiel comme le rat en PVC qui permet aux scientifiques de s’entraîner à 25 techniques opératoires » poursuit l’ex-comédienne.

Et de citer des pays comme l’Italie ou les Pays-Bas où existe le droit à l’objection de conscience. « Cette étudiante n’a pas refusé de participer aux travaux pratiques mais a simplement demandé à recourir à des méthodes alternatives. Je trouve cela absolument scandaleux et totalement imbécile car on refuse de donner la possibilité aux étudiants d’être formés à de nouvelles techniques et on s’acharne à leur enseigner des méthodes archaïques, cruelles et totalement inutiles. »

Le fait de refuser la dissection, mais d’avoir tout de même essayer pour trouver un terrain d’entente avec l’administration, est ici la clef de voûte du problème stratégique.

Face à l’administration et à l’idéologie de la vivisection, seul le rapport de force collectif peut permettre de gagner quelque chose sur le plan individuel. Au lieu de discuter avec l’administration, il aurait fallu :

-contacter toutes les associations mettant en avant la « cause animale » au sens large;

-contacter les syndicats étudiants locaux et nationaux et les associations progressistes de la région;

-monter un groupe d’information et d’agitation.

Au lieu de cela, on a la Fondation Brigitte Bardot et une pétition qui n’est qu’une posture de plus. La ligne de la protection animale est non seulement inefficace, mais elle est surtout anti-démocratique, car elle prétend mener un travail de « spécialiste » comme là avec l’avocat.

Alors qu’il est évident qu’une campagne activiste aurait arraché la victoire à l’administration… et que de telles campagnes on en a besoin et elles feraient boule de neige!