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Walter Bond : pourquoi je suis straight edge

Nous avons beaucoup parlé de Walter Bond, avant même d’ailleurs son arrestation aux Etats-Unis pour différentes attaques incendiaires contre l’exploitation animale. Voici un nouveau texte de lui, où il raconte comment il est devenu straight edge.

Un texte qui rappelle que le Straight Edge c’est la guerre aux drogues, c’est un drapeau qui appartient aux ouvriers, aux gens du peuple, qui sont les premières victimes de ces matières nocives, destructrices.

La guerre aux effets des drogues sur soi-même peut durer une vie. La guerre de soi-même contre soi-même, contre la tentation de fuir dans les paradis artificiels, n’est jamais gagnée dans un monde comme le nôtre.

La guerre aux mafias est une valeur indissociable de la culture straight edge et si dans un pays en crise comme la Grèce, il peut y avoir des initiatives révolutionnaires comme un cortège armé anti-drogues ou bien un affrontement armé avec la mafia, ce n’est pas pour rien.

Quand le social s’effondre, le cannibalisme social intervient. Y faire face est inévitablement violent. Tout le reste est capitulation.

C’est cela, aussi, le sens de l’engagement straight edge : se confronter avec un monde en perdition, où la morale est à l’abandon, où les drogues se répandent pour encore plus anéantir les esprits.

Je suis Straight Edge parce que je déteste les drogues et l’alcool. Je ne veux pas y toucher, je ne vais être avec des personnes qui en consomment et je ne veux rien avoir à faire avec la culture de la drogue, les bars, etc. Je ne suis pas simplement « drug free » (libre de toute drogue) car je m’oppose activement contre la culture de la drogue et j’ai prêté serment, à vie, contre la pourriture de l’enivrement.

J’imagine que chaque personne Straight Edge a ses propres raisons et des valeurs auxquelles elles se tiennent.

Pour la plupart, il s’agit d’une phase qui passera, une scène musicale avec ses modes, ou encore un groupe assez obscur de semblables pour satisfaire un désir tribal. Je suis passé par tout cela il y a des décennies et bien que ce fut plaisant et que j’apprécie toujours la musique, cela a cessé depuis longtemps d’être une histoire de bandes, de groupes et de danses.

Honnêtement, tout ceci n’a jamais ma raison principale de devenir Straight Edge, donc j’imagine… Je vais commencer par le début.

J’ai grandi entouré par les drogues et l’alcool. Mon père biologique, que je n’ai jamais connu, est allé en prison à cause de la méth [méthamphétamine]. Je l’ai rencontré lorsque j’étais adolescent.

Je lui ai rendu visite en prison. Je lui ai parlé quelques fois après sa sortie mais il n’y avait rien entre nous. Le père avec lequel j’ai grandi buvait. Et je veux dire par là : il buvait plus d’alcool que ce que je pensais être humainement possible, il devait ressemblait à un pot de pickles à l’intérieur ! Il jouait de la musique à côté de son travail à plein temps comme soudeur.

Ma mère buvait aussi, mais rien à voir avec mon père. Elle préférait fumer de l’herbe et avait l’habitude de mélanger les drogues. Sans entrer dans les détails, disons que les drogues et l’alcool ont mené mes parents au divorce alors que j’avais dix ans et je n’allais jamais retrouver la stabilité de ma maison disfonctionnelle.

A douze ans je fumais de l’herbe. A treize ans, je prenais toutes les drogues qui passait sous ma main (j’ai une personnalité addictive).

A seize ans, j’étais complètement cramé. Je ne sais pas combien de temps j’étais resté éveillé à cause de la meth et je ne sais pas combien d’autres drogues j’avais dans mon organisme.

Honnêtement, je ne me souviens que de morceaux. Je me souviens de rentrer à la maison et me disputer avec mon beau-père. Je me souviens d’avoir un couteau à la main. Je me souviens d’avoir la face contre terre et un genou dans mon dos.

Je me souviens des policiers passer la porte avec les mains sur les armes et je me souviens d’eux me saisissant. Et je me souviens ensuite de me réveiller dans une clinique psychiatrique.

Il semblerait que j’ai eu un épisode de psychose due aux drogues, ce qui est juste une manière déguisée de dire que je suis devenu fou à cause des drogues.

Après ça, tout étais différent. Je me sentais instable, incertain et effrayé à l’idée que je ne puisse plus me contrôler. J’ai été envoyé en désintoxication pendant quelques mois, ce qui n’a pas vraiment aidé.

Tout ce que j’y ai appris est que je devrai jamais croire en moi mais en une « force supérieure » et que j’étais malade et qu’il n’y avait pas de cure à part de participer à un groupe à douze étapes [programme proposé à l’origine par les Alcooliques anonymes pour se relever d’une dépendance].

J’ai décidé d’éviter tout ce bordel et j’ai fait franchi une étape. La voici : la prochaine fois que j’aurai envie de prendre de la drogue ou de l’alcool… je ne le ferai pas.

Ça a marché pour moi. Cependant, ça a marché parce que je connaissais déjà ce dont j’avais besoin. Je l’ai entendu dans la musique que j’écoutais en grandissant. Gorilla Biscuits, Youth Of Today, Uniform Choice et Sick Of It All.

J’ai su que le Straight Edge était ce qu’il me fallait le jour où je me suis réveillé après ma période de folie due aux drogues.

Faisons un petit retour en arrière. Nous étions au début des années 1990 et le Straight Edge dans ma ville devenait moralisateur et puriste, il devenait à la fois violent et fier d’être exclusif.

Et j’ai adoré ça !

J’ai su à travers tout ce que j’avais expérimenté dans ma vie de jeune que les drogues et la boisson étaient une maladie et un mal pour la volonté, un cancer à l’intérieur de la société. Mais ce n’est qu’à partir du moment où je suis devenu Straight Edge que je me suis senti assez confiant pour me relever et vaincre ce démon intérieur.

Tout ce que j’ai connu pour lutter contre les addictions recherchait soit à me rendre dépendant de programmes en m’empêchant de croire en ma capacité à décrocher seul, soit à me diriger vers la religion. Aucunes de ces options ne me convenaient.

Aussi longtemps que je me souvienne, une partie de la scène se plaignait de l’hyper-masculinité du Straight Edge (je ne dirais pas que c’était plein de testostérones, mais plutôt que c’était agressif) et de l’attitude hautaine qui s’en dégageait souvent.

Cependant, l’autre aspect est que lorsqu’on vient de la rue, d’un foyer brisé, avec des problèmes d’addiction et une rage intérieure bouillonnante, c’était un espace où tout ceci pouvait s’exprimer non seulement d’une manière plus positive que l’appartenance à un gang, mais surtout c’était se positionner de manière antagoniste au problème !

Et c’est ainsi que je suis né à nouveau [en référence aux chrétiens « born again » (renaître)]. J’aimais ma sobriété et avec une passion égale je me suis mis à détester non seulement les addictions mais aussi les consommateurs et les dealers.

Aujourd’hui lorsque je réfléchis à ce que j’étais, je vois où j’étais trop extrême dans ma vision des choses mais je ne pense pas avoir tant exagéré que ça. D’après mon expérience on peut aider une personne à condition qu’elle ait la propension et le désir profond de changer.

En revanche, en tant que groupe, les personnes dépendantes sont moralement déficientes, sournoises et jettent le blâme partout. Ce qui est véritablement horrible ce n’est pas les horreurs qu’un ivrogne ou un junkie s’inflige mais le prix fort et les dommages émotionnels et physiques que des spectateurs innocents, des proches et des communautés où ils vivent doivent endurer.

Quoi qu’il en soit, j’ai remarqué qu’en grandissant beaucoup de personnes autour de moi ont capitulé, abandonné ou renoncé au titre.

Ceci ne m’a jamais vraiment tracassé. Je n’ai jamais eu l’impression que ceux qui sont parti ont trahi la scène ou nous ont menti.

Le seul cas où cela m’énerve est quand ils veulent tirer profit, se réformer, ou revivre l’époque Straight Edge comme si elle était toujours là. Pour ceux individus, je n’ai que du mépris car si tout cela a eu un sens pour eux à un moment, cela leur semblerait étrange et inapproprié après cracher sur tout ce qui leur était cher.

Bien évidemment, cela n’arrive dans un vide social et il y a, malheureusement, toujours de très nombreux vendus, des marchands de nostalgie et des jeunes Straight Edge « non-hautains » qui soutiennent ces minables.

Comme je le disais au début, je suis maintenant plus âgé et plus tellement intéressé dans tout cela ni dans la scène musicale ou les concerts. Mais je suis toujours entièrement anti drogues et anti culture de la drogue et cela ne changera pas.

J’ai l’impression qu’à un moment dans mes vingt ans, j’ai arrêté de faire partie de la scène Straight Edge pour en faire tout simplement une partie de ce que je suis. Une grande partie de ma personnalité s’est construite autour parce que je ne l’ai jamais renié, je n’ai jamais abandonné et, en fin de compte, j’ai toujours été fier de le représenter.

Mes espoirs pour le futur du Straight Edge est qu’il se conserve au-delà de la musique et après que le concert soit terminé ; comme une force tournée CONTRE les drogues et l’alcool et POUR une vie saine et sobre. Car lorsque nous vieillissons, la pression pour boire et se droguer se fait plus forte que dans notre jeunesse. Mais aussi notre capacité personnelle à changer les choses.

Cordialement,

Walter Bond

ALF POW [Prisoner of war (prisonnier de guerre)]

Walter Bond et Earth first !

Il y a quelques semaines, Walter Bond a accordé une interview aux Etats-Unis, depuis sa prison, sur son expérience personnelle de la scène straight edge, de l’activisme pour les animaux, etc.

Il constate bien entendu que la scène straight edge et de la musique hardcore a été marquée par le virilisme, une certaine violence interne (même si n’ayant rien à voir avec la violence des milieux où prédominent l’alcool et les drogues), bref il a un regard lucide.

De manière intéressante, voici son point de vue concernant Earth first ! Rappelons en effet que Walter Bond associe, de manière fort logique à notre sens, libération animale et libération de la Terre. Voici son point de vue, qu’on peut accepter ou refuser, mais qui est en tout cas toujours intéressant, comme d’habitude avec Walter Bond.

J’ai remarqué que tu as deux tatouages identiques sur chaque partie de ton cou, avec des clefs croisées. Ce qui est un symbole typiquement associé à l’organisation Earth first ! As-tu déjà été associé avec EF ?!

Les clefs sur mon cou sont similaires à l’emblème d’Earth First ! mais pas tout à fait le même. Ils utilisent une clef à mollette se croisant avec un tomahawk. Mes clefs à mollettes sont celles de l’emblème d’Earth first !, qui est devenu synonyme de Vegan Straight Edge.

Pour moi, c’est un symbole de la résistance Vegan Straight Edge. Cela dit, j’aime le roman « Le gang à la clef à mollette » d’Abbey et je pense que groupe Earth First ! d’origine était spectaculaire. Ces vieux activistes comme David Foreman et Howie Wolke ont été des véritables pionniers et des activistes super efficaces.

Malheureusement, la version actuelle d’Earth First ! n’a rien à voir avec le groupe d’origine. Je n’ai jamais été affilié à Earth First ! autrement que par une décalaration de solidarité que j’ai écrit à leur demande. Je dirais que la dernière fois que j’ai été emprisonné en Iowa en 1997, j’ai eu le livre de Foreman « Confessions d’un éco-guerrier » et cela a été vraiment inspirant et influent !

Quand Foreman est parti et que Judi Bari est devenu plus intéressé à l’établissement d’une cohérence idéologique communiste / socialiste au sein du groupe, beaucoup de gens sont partis. Il semble que tu fais davantage le lien avec l’EF ! d’origine, avec sa multitude de perspectives idéologiques. Foreman, on m’a dit, était disposé à travailler avec tout le monde : anarchistes, républicains, vegans, mangeurs de chair, tant qu’ils étaient biocentriques et orientés vers l’action directe.

Tu dis vrai, je me réfère bien plus à l’EF ! de Foreman, principalement parce que c’était bien plus efficace que le nouveau anarcho-EF ! Quelques fois lors de mon activisme je me suis considéré comme relevant de l’anarchisme, ou en tout cas verbalement je m’y référais, étant donné que c’était si prévalent dans ce qui est considéré comme le radicalisme et la militance dans la communauté pour la libération animale.

J’en suis venu à regretter cela, et j’en suis vraiment arrivé à comprendre que l’anarchie / l’anarchisme est préjudiciable, contribuant à diviser et distraire le mouvement.

Le point sur lequel se concentrent la libération animale et de la Terre devrait évidemment être les animaux et la Terre. Non pas des théories ou des programmes politiques ridicules et schizophrènes.

C’est le cas avec le nouveau EF ! et la plupart des anarchistes en général. Il semble que pour ces gens la libération animale et de la Terre ne sont importants que dans la mesure où c’est placé à la queue de leur liste initiale des questions politiques. Dans ce processus, un grand nombre de gens se sentent étrangers au mouvement.

J’ai toujours admiré l’EF ! de Foreman, en partie parce que c’était tellement politiquement synthétique. Tout comme le mouvement Vegan Hardline et le mouvement Vegan Straight Edge à ses débuts, certains points de vue étaient très conservateurs et d’autres très progressistes. J’admire aussi le fait que quand EF ! a commencé cela a vraiment été lancé par un groupe comme noyau dur d’activistes à la base, et non pas de politiques. Il n’y avait pas de motivation ultérieur ou de programme de questions reliées en dominos. Seulement la défense de la Terre et de la nature sauvage.

Il est facile de voir le grand intérêt de la réflexion de Walter Bond. Ces derniers mois, on a ainsi pu voir débarquer des gens se définissant comme plus radicaux que radicaux, se définissant comme anarcho-queer et allant jusqu’à célébrer le porno, qui n’ont amené qu’une réaction de défiance générale, contribuant à renforcer au maximum l’extrême-droite qu’ils prétendaient combattre.

Il est vrai que leur démarche relève de l’esprit du moment, qui privilégie le spectaculaire, le grotesque, le glauque, comme avec les catastrophiques actions à la « 269 ».

Rien de cela ne parle aux gens « normaux », aux acteurs et actrices du quotidien, qui font face aux questions concrètes de la condition animale. On est libre après de ne pas opposer la théorie et la pratique ; Walter Bond est ici pessimiste plus qu’autre chose.

Walter Bond: “s’il le faut, alors nous choisissons les animaux”

Voici une nouvelle lettre de Walter Bond, publiée comme d’habitude à l’initial sur Support Walter. On retrouve toujours la même sincérité et la même affirmation des principes… Toujours la même dignité dans la bataille au service des animaux.

Supreme Vegan Power

Walter Bond

20 août 2013

Le consumérisme a vraiment affecté notre éthique et la façon dont nous nous comportons. Même celle de beaucoup des personnes qui se croient progressistes, ouvert d’esprit ou anarchistes d’une grande radicalité.

Les publicitaires nous ont appris à penser en termes de profitabilité, au lieu de principes.

Par exemple, quand il s’agit de véganisme beaucoup de gens que j’ai été amené à rencontrer apprécient de débattre de la validité de l’efficacité en tant que critère.

Et sans nul doute je comprends la validité de beaucoup de ces critiques. Comme je l’ai écrit plus d’une fois: « Pour chacun d’entre nous qui devient vegan, 100.000 enfants sont sevrés avec la chair comme nourriture. »

Cela étant dit, le véganisme est toujours un important premier pas et un impératif moral. D’un point de vue théorique, si tout le monde adhérait au véganisme, toutes ces dégoûtantes et maléfiques entreprises exploitant les animaux n’existeraient pas.

C’est ce que Bertrand Russell appelle une « vérité universelle » dans son livre, « Pourquoi je ne suis pas un chrétien. » Il dit: « Si vous pouvez prendre un comportement et l’étendre à l’infini [dans un contexte social] et qu’il est toujours bon pour tous, alors que le comportement est une vérité universelle. »

D’un point de vue fondamental, il est moralement inacceptable d’utiliser les cadavres et les sous-produits de l’esclavage de tout être qui a un intérêt dans la liberté ou le désir de vivre à l’abri de la douleur et de la souffrance. Les circonstances dans lesquelles vous les utilisez ne comptent pas.

Utiliser des corps d’animaux morts ou des sécrétions est moralement scandaleux, que ce soit sur une étagère de magasin ou en le sortant d’une benne à ordures.

Mangeriez-vous des cadavres brisés d’enfants travailleurs laissés à la poubelle? Si ce n’est pas le cas, pourquoi? Ils vont à la poubelle, autrement. D’ailleurs, vous ne les avez pas acheté, perpétuant ainsi leur exploitation. Vous ne voudriez pas les manger, parce que c’est mauvais que de participer à leur utilisation sous aucun prétexte à part la famine.

Tout comme il est erroné de s’engager dans l’esclavage et le racisme, et cela que sa propre participation perpétue le problème ou non.
Ou que sa non-participation arrête le problème. Le spécisme prend de nombreuses formes passives et le « freeganisme » du premier monde est l’un d’eux.

Nous sommes Vegan parce que le problème n’est pas dans la façon dont nous utilisons les animaux, le problème est que nous utilisons les Animaux. Une fois que vous ouvrez la porte de la transformation en objets interspéciste, c’est la boîte de Pandore qui est ouverte.

Alors pourquoi est-ce mal d’utiliser d’autres êtres pour la nourriture, les divertissements, les vêtements, la vivisection, etc? Quel est le raisonnement derrière notre idéologie du « laisser vivre » ? C’est ceci: « Vos droits s’arrêtent là où commencent ceux d’un autre. »

Contrairement à la société conduite par la consommation, chaque fois que vous avez une envie ou un désir, cela ne signifie pas que vous avez le droit de réaliser ce désir.

Juste parce que vous avez cinq dollars dans votre poche ne signifie pas que vous méritez des choses. Les animaux ont le droit de vivre leur vie sans la tyrannie humaine. Comme vous. Quoi que ce soit qui traverse cette ligne de démarcation n’est pas un droit.

C’est une capacité et cela ne doit pas être toléré ou protégé comme si cela serait en quelque sorte valide. C’est pourquoi le droit d’un animal à vivre ou à être défendue par tous les moyens nécessaires surpasse la capacité des commerces à tirer profit de leur exploitation, ou de leur mort.

« Vos droits s’arrêtent là où commencent ceux d’un autre » est également la raison pour laquelle il n’est jamais bien de prendre la décision consciente de choisir des produits de l’exploitation animale.

Bien sûr, la seule échappatoire à cette question est la famine ou si vous n’avez littéralement pas d’autre choix pour survivre. Mais à ce stade, vous ne faites pas une décision de consommateur, vous avez choisi de vivre au lieu de périr.

C’est une situation complètement différente de la fouille de poubelles chez Pizza Hut ou de manger un être abattu pour Thanksgiving parce que vous choisissez la tradition humaine plutôt que la vie d’un être innocent victime de l’avarice humaine.

Le droit des animaux à être laissé seul par les humains surpasse les faiblesses et les traditions humaines.

Nous ne devons pas tomber pour les petite mentalités comparant les « -istes » ou les « -ismes. »

Plusieurs fois, lorsque j’ai promu ou défendu le véganisme comme un mode de vie naturel et supérieur, j’ai dû faire face à des arguments microcosmiques jetés à ma face, comme la réfutation par « les indigènes. » La version courte de cet argument ressemble à ceci:

On dit que : « les gens doivent devenir vegan ! »

Ils répondent : « Et les peuples indigènes ? Pourquoi devraient-ils avoir à succomber à cette idée occidentale? Pourquoi devraient-ils avoir à encore plus changer leur culture déjà décimée pour répondre à cet idéal de l’homme blanc? »

Ceci est la version simplifiée, il y a tellement davantage dans le genre avec cet argument indigène. Et je suis d’accord avec, à 100 pour cent! Malheureusement, le plus souvent la personne qui utilise l’argument n’est pas tant préoccupé par la protection des droits des populations tribales que de tenter d’assimiler le véganisme au racisme. Et comme je le disais, c’est un argument microcosmique.

La dernière fois que j’ai vérifié, les blancs ne voyageaient pas dans la forêt tropicale ou en Arctique obligeant les natifs à consommer des Tofurkey [didon de tofu] et du lait d’amande.

Par ailleurs, je n’ai aucun souci avec les sociétés de chasseurs / cueilleurs vivant comment ils le font, en accord avec leur environnement et même, oui, en mangeant des animaux. Mais je pense toujours que les 5 milliards d’autres personnes sur la planète devraient devenir vegan !

Aussi, je ne souscris pas à l’idée qu’il soit correct de tuer des animaux en toute impunité parce que vous êtes brun ou parce qu’il y aurait des raisons culturelles pour le faire.

Désolé, mais je suis un activiste de la libération animale et il y a plusieurs milliers d’espèces, de variétés et de types d’animaux qui souffrent une terrible vie et la mort, de par le monde, et même l’extinction de la part des oppresseurs spécistes, humains, en Amérique, au Mexique, au Canada, en Chine, en Inde, en Australie , en Europe, en Afrique et ailleurs.

Nous ne sommes pas racistes ou sexistes. Nous ne sommes pas des impérialistes ou des bigots. Nous sommes des activistes de la libération animale. Nous sommes abolitionnistes et en tant que tel, nous étendons notre compassion, notre souci, notre férocité et notre l’énergie vers la libération de toute vie.

Si cela interfère avec la suprématie humaine de quelqu’un, qu’il en soit ainsi.

Le fait d’avoir à choisir entre les humains ou les animaux ne se produit pas toujours, mais s’il le faut, alors nous choisissons les animaux.

Pourquoi? Parce qu’ils sont innocents.

Les cerfs ne s’habillent pas en camouflage urbain et ne viennent pas dans votre voisinage et vous tirent une balle dans le visage, puis montent votre tête et ceux de votre famille dans leur espace de vie.

Les poulets ne construisent pas d’abattoirs mécanisés et n’élèvent pas des gens génétiquement modifiés et domestiqués pour être assassinés à grande vitesse, ou esclavagisés pour les œufs.

Les animaux ne constituent pas des religions ridicules qui exigent des sacrifices humains pour apaiser les hommes imaginaire dans le ciel.

Ils ne font pas des fermes pour notre peau, ils ne mangent pas nos cerveaux, ils ne font pas des vidéos de sexe tordus impliquant nos morts, ils ne nous impliquent dans des combats en cage, ils ne mettent pas nos enfants dans des caisses pour veau et les forçant à s’alimenter de régimes liquides.

Ils ne nous battent pas dans les rodéos, ils ne nous poignardent pas à mort dans des arènes bondées, ils ne montent pas nos crânes sur le devant de camions!

Les éléphants ne nous asservissent pas ou ne nous battent pas jusqu’à ce que nous réalisions pour eux comme des marionnettes, les tigres ne nous condamnent pas pour la vie dans une cage afin qu’ils puissent nous présenter dans un zoo, les serpents ne nous écorchent pas vifs pour faire de nous des ceintures, etc., etc., etc !

Non. Ce sont des activités humaines, chacune et chacune, je me trompe? Il y a une bonne raison de faire une dénomination spécifique entre les humains et les animaux et ce n’est pas parce que les humains sont supérieurs. C’est en raison de notre dépravation, de notre perversion, et de la soif de sang comme espèce, qui sont profondes et inquiétantes!

Il est vrai qu’il y a beaucoup de factions du véganisme mainstream en Amérique et en Europe, qui ruinent la pureté de l’éthique végane avec leur connerie classiste, mère de familles de classes moyennes, bobo !

Mais je pense que ce serait une grave erreur de la part d’une personne activiste de la libération animale que de simplement laisser des élitistes comme Francione, Peter Singer, ou un de leurs semblables, ruiner complètement notre mode de vie sans combat, parce que beaucoup d’entre nous ne sont pas eux.

J’ai rencontré des rastas végans (de Jamaïque). J’ai connu et aidé une soupe communautaire tenue par des noirs et pour des Noirs dans le centre-ville de Denver. J’ai lu des centaines de communiqués par des personnes guerrières vegans de l’ALF et de l’ELF du Mexique. J’ai rencontré des Africains qui ont tué des braconniers en Afrique. Et moi-même je suis un Latino.

Beaucoup de groupes Food Not Bombs groupes nourrissent des sans-abri chaque semaine avec des repas végétaliens. La plupart de gens de la communauté vegan et pour les droits des animaux sont des femmes.

Donc cette idée que le véganisme est une culture blanche ou élitiste est une image que perpétuent les publicitaires afin qu’ils puissent escalader les prix en recouvrant des emballages d’un grand « V. »

Mais si nous ne nous en tenons pas au véganisme en tant que tel et à ses idéaux, alors il continuera à être dépouillée de sa vitalité et de sa vérité. Jusqu’à ce qu’un jour être végétalien soit aussi ridicule que de suivre le régime Atkins [régime à la mode, réduisant les féculents].

Depuis que je suis vegan, j’ai vu que nous sommes passés d’être vue comme « ces cinglés des droits des animaux » à « ces hipsters branchés et yuppies blancs. »

Je préfère être de mon côté le lunatique des Droits des Animaux, pas un suppliant mendiant l’approbation et la validation de la part de connards de droite ou de gauchistes à peau fine.

Ce monde est destiné à tous les êtres. Compris ? Compris ! Bien !

La Libération Animale, quel qu’en soit le prix !

“Je suis ici à cause de qui je suis, de ce que je crois et de ma position de non-repenti”

Cela fait bien longtemps que nous n’avons pas parlé de Walter Bond! Voici une lettre de lui, et rappelons l’adresse du site de soutien : Supportwalter.org. Les gens qui n’aiment pas LTD n’en parleront jamais, alors si vous appréciez notre travail, n’oubliez pas la solidarité avec Walter Bond, quelles que soient les différences de conception, ou de stratégie.

WALTER EDMUND BOND (37096013)

Merci pour votre soutien

Il y a bien entendu les pouvoirs qui font souvent que mes communications sont une impossibilité bureaucratique.

Je fais de mon mieux pour répondre à toutes les lettres que je reçois et à tous ceux et toutes celles qui ont contribué à rendre mon temps plus facile en m’aidant avec des fonds, de sorte que je puisse avoir les quelques objets et le confort de créature qui me sont permis [allusion au court-métrage et à la série en pâte à modeler Creature Comforts, où des animaux critiquent leur captivité].

La prison est, comme vous pouvez peut-être l’imaginer, pleine de difficultés et de frustrations.

Mais je suis très chanceux d’avoir autant de personnes très grandes et attentionnées dans mon coin. Je veux vous dire merci du fond de mon cœur pour les mouvements à travers le monde pour la libération animale et la libération totale.

Chaque fois que j’ai lu vos lettres, à la fin cela m’a renforcé et dans un système carcéral qui tient sans cesse à vous faire intérioriser les attitudes négatives à votre sujet, vous m’avez rappelé maintes et maintes fois quant à la compassion de notre cause.

Loin d’être des « terroristes » comme les gouvernements essaient de nous dépeindre, nous sommes les obstacles à leur terrorisme parrainé par l’Etat et les grandes entreprises contre les Animaux, la Terre et les humains.

Je remercie chaque jeune Straight Edge qui m’a écrit pour me dire que je ne suis pas oublié, chaque Vegan qui a partagé ses histoires de triomphe et de frustration.

Merci pour toutes les images d’Animaux et pour chacune de leurs vies qui a été sauvée et enrichie grâce à vos soins ou votre inquiétude.

Comme beaucoup d’entre vous savent que je suis sous oppressions restrictives.

Même au sein de la prison, je suis distingué parmi des centaines de milliers de détenus et mis à l’écart dans une unité comme « terroriste domestique. » J’ai été dans cette situation depuis mon arrestation en 2010, pas à cause de ce que j’ai fait.Le crime d’incendie est doux par rapport aux agresseurs d’enfants et de meurtriers qui jouissent du statut de population générale dans les prisons fédérales.

Je suis ici à cause de qui je suis, de ce que je crois et de ma position de non-repenti.

Je m’attends à passer le reste de ma peine de prison dans la CMU [Communication Management Unit, où les communications sont étroitement surveillées].

Parce que si une stipulation de ma libération de ces unités est d’arrêter de se préoccuper et de cesser de me prononcer, je crains bien que ce sont les deux choses que je ne peux tout simplement pas faire.
Et vous, de votre côté, ne cessez pas de vous préoccuper et de parler non plus !

Si je peux prendre soin [des animaux] et continuer à le faire à partir d’une cage, et si les animaux se soucient encore de leur vie dans une cage, alors vous pouvez en prendre soin aussi!
Encore une fois merci à vous tous et toutes, grands et petits, pour me suivre, jusqu’à ce que tous et toutes soient libres.

Pour la Libération,

Walter Bond

37096-013

USP Marion CMU

PO Box 1000

Marion IL 62959

USA

Walter Bond au sujet du nom d’Abdul Haqq

Walter Bond avait choisi de prendre le nom d’Abdul Haqq, au moment de sa conversion à l’Islam (voir ici). Il a choisi de reprendre son nom d’origine, afin de ne pas parasiter son message.

Des esprits mesquins diront qu’il ne sait pas ce qu’il veut, mais un regard réaliste permet de voir aisément la véritable quête de Walter Bond: trouver un chemin praticable pour la libération animale.

Qu’est-ce qu’il y a dans un nom?

J’ai décidé de laisser tomber le nom d’Abdul Haqq pour les raisons suivantes:

Tout d’abord, la religion n’est pas l’aspect déterminant de ma lutte, c’est la libération animale qui l’est.

Si ma spiritualité est un aspect important de ma vie personnelle, cela n’a rien à voir avec la lutte pour la totale liberté des opprimés.

La religion a une expérience terrible de persécution d’à peu près tous les groupes sociaux qu’on puisse imaginer, et je ne suis pas ici pour jouer l’apologiste de la tyrannie, au nom de Dieu, ou de magouilles politiques ou de consommation, ou d’autres motifs lamentables que trouvent des gens pour justifier leur soif de sang!

En outre, plus ma propre spiritualité dans le mysticisme a progressé, plus je me rends compte que l’institution de la religion est un poison pour mon chemin spirituel.

Les soufis du passé ont souvent eu à parler et à écrire leur sagesse ésotérique en paraboles et en énigmes pour éviter d’être assassiné par les régimes orthodoxes de leur temps, je ne le fais pas.

Et je trouve réducteur pour soi et pour le contenu toute cette affaire d’étiquetage et de packaging de mes croyances et de ma foi sous les auspices de telle ou telle religion.

Deuxièmement, je vis dans une unité de prison où tout ce que j’entends environ 24 heures par jour, c’est la religion et la politique. Je suis tout simplement épuisé À mon humble avis, il faut avoir une sorte de pathologie pour ne littéralement avoir aucune autre pensée dans sa tête à part ces deux sujets, 24 heures par jour, pour toute la vie!

Les hommes ici ne sont pas mieux ou pire que tout autre groupe de personnes que j’ai fréquenté. Mais ne croyez pas le battage médiatique, pas tout le monde dans le CMU [communication management unit, unité de prison où les communications sont surveillées] est debout en tant que combattant de la liberté. Nous avons notre part de balances et d’informateurs du gouvernement fédéral, qui sont simplement gardés ici pour leur propre sécurité.

En troisième lieu, un nom est une identité, que j’ai déjà. Je suis Walter Bond, le Lone Wolf [Loup Solitaire] de l’ALF. Mon orthodoxie dans ce monde est appelée Vegan straight edge.

Je suis un prisonnier de guerre pour la Terre Mère et les Nations animales.

Et je ne juge pas les autres par leurs croyances ou non-croyances. Je tiens les agresseurs responsables de leurs actes.

Et enfin, Abdul Haqq signifie « esclave de la vérité »… « Walter » signifie « guerrier puissant »…. Je préfère Walter.

Définition du soutien au prisonnier par Walter Bond

Abdul Haqq, auparavant Walter Bond, définit dans son dernier message ce que doit être le soutien aux personnes emprisonnées pour leurs actions illégales. En voici la traduction.

Définition du soutien au prisonnier

En cette ère technologique de communication instantanée où il est facile pour l’activiste sur internet (un oxymore évidemment) de perdre la ligne de mire ce qu’est et n’est pas le soutien aux activistes en prison.

Voici une brève explication d’un bon soutien aux personnes emprisonnées et pourquoi c’est important pour la personne condamnée et le mouvement de Libération Totale.

-LES QUATRE GRANDS-

En tant que prisonnier, il y a quatre choses qui font toute la différence dans nos vies. Ce sont: l’argent, des lettres, des photos et des livres / magazines et la presse écrite.

1. ARGENT

Alors que l’on nous donne le strict minimum en prison pour survivre, les fonds font toute la différence.

Tout comme dans le monde extérieur hors des murs et des barbelés, les vêtements personnels comme des shorts, sweat-shirts et même des sous-vêtements de qualité coûtent de l’argent, une hygiène décente coûte de l’argent.

Les aliments (autres que celui qui vous est donné au moment du repas, ce qui n’est pas suffisant, quel que soit votre régime alimentaire, mais surtout pour un végétalien) coûtent de l’argent.

Comme c’est le cas pour les timbres, envoyer et recevoir des e-mails, télécharger de la musique, passer des appels téléphoniques, etc.

Mais, contrairement au monde extérieur, les personnes emprionnées n’ont aucun moyen de gagner de l’argent. Même avec un emploi en prison qui, si vous en avez un bon, pourrait ramener 50 dollars par mois (au maximum), le système pénitentiaire arrive à prendre jusqu’à 100% de ce que nous devons pour des restitutions ou des amendes. Par conséquent, un peu d’argent est toujours apprécié par les prisonniers.

2. LETTRES

Les prisonniers n’ont aucun moyen de rester dans le coup, de se tenir au courant des événements, ou de savoir que quelqu’un se soucie de lui, tant que nous n’obtenons pas une lettre.

En ce jour, en cette période, des milliers de personnes peuvent visiter un site de soutien ou une page facebook.

Mais dans des endroits comme la CMU (Unité de gestion des communications) pour les prisonniers politiques, nous ne sommes même pas autorisés à recevoir les impressions de ces textes de présentation agréable de soutien dans notre courrier postal.

Demandez-vous, est-ce que je poste ceci pour faire partie d’une communauté en ligne ou parce que je soutiens cette personne dans la réalité? Si oui, alors envoyez une lettre. Rappelez-vous alors que si les détenus fédéraux ont des accès limités aux mails, nous n’avons AUCUN accès à l’Internet.

3. PHOTOS-

En tant que prisonnier, notre monde est visuellement déprimant. Peinture grise, béton, portes, murs, des barreaux, des cages et des fils barbelés.

Nous voyons les mêmes personnes tous les jours, pas de changement.

Des photos d’animaux, de la Nature, les villes, vous les appréciez certainement. J’ai un album photo et deux panneaux de liège dans ma cellule.

J’épingle des photos de nature sur eux afin d’avoir des paysages de fortune sur mes murs et de temps en temps, je feuillette mon album photo pour me rappeler ce à quoi ressemblent les Vegans et les Animaux.

LIVRES / MAGAZINES ET MÉDIAS IMPRIMÉS

Les détenus ont plus de temps pour se concentrer sur les livres que quiconque sur la planète! Mais s’ils ne sont pas envoyés, il n’y a rien d’intéressant à lire. la plupart des bibliothèques des prisons actions utilisent la romance et la fiction dans des romans sans rien de substantiel.

Un livre ou magazine ne sera pas seulement lu par la personne à qui vous l’envoyez, mais par chaque prisonnier qui peut mettre la main dessus!

Les livres ont un public captif dans la prison. Je me souviens que quand j’allais au tribunal à Salt Lake City, les livres que j’ai lu et placé sur le chariot de livres ont vite fait le tour et ont été lus par des centaines de détenus.

La plupart de ces livres sont toujours en circulation dans cette prison longtemps après que je l’ai quittée.

Ces « grands quatre » est ce que vous pouvez faire pour aider ceux et celles d’entre nous qui ont perdu leur liberté, luttant pour la liberté de la Terre et des Animaux.

Le soutien aux prisonniers est vital pour le P.O.W. [prisoner of War – prisonniers de guerre] qui le reçoit, mais plus important encore pour l’avenir de la résistance.

La réalité est que la prison est tout simplement le risque professionnel pour les guerres de la Terre et des Animaux.

Il est important que les personnes libératrices en devenir et futures savent que si et lorsqu’elles font face à l’oppression du gouvernement, elles seront prises en charge et gardées dans le souvenir aussi longtemps qu’elles ont parlé ou combattu pour la Mère la Terre et les Nations Animales, et n’ont JAMAIS INFORMÉ SUR LES AUTRES ACTIVISTES.

C’est le cercle qui maintient la libération comme une lutte vivante et pas seulement une idée ou un idéal. Nous sommes ici pour la Terre et les Animaux, vous êtes là dehors pour nous!

Animal Liberation, Whatever It May Take!
ALF POW
Abdul Haqq

Walter Bond: “Vous ne pouvez pas arrêter la vie”

Voici une nouvelle lettre de Walter Bond (qui désormais s’appelle Abdul Haqq, comme nous l’avions expliqué). Cela fait longtemps que nous parlions de lui – en fait nous l’avions même interviewé avant son arrestation, en rapport avec un clip retraçant son parcours précèdent.

On peut être en désaccord avec sa démarche, ou encore ses croyances, mais il est impossible de nier que Walter Bond / Abdul Haqq est quelqu’un qui vit dans l’abnégation, qui rejette tout ego. Il se soumet à Gaïa, à l’ensemble, ce qui est indéniablement très moral.

Et il aime les animaux. Cela a l’air tout à fait simpliste de le mentionner. Mais il le dit et il le montre, et c’est quelque chose de normal et de touchant, et quelque chose qu’on ne voit jamais dans les démarches “antispécistes”.

Même dans sa cellule, il remarque la vie. Alors que tellement de gens, et même des vegans qui ne vont pas jusqu’au bout de leur conviction profonde, ne la remarquent pas alors qu’elle est devant eux. Il est par exemple impossible de vivre en ville et de ne pas avoir croisé un pigeon malade. Mais encore faut-il le remarquer, et savoir quoi faire!

On ne peut pas non plus être vegan et ne pas avoir chez soi de boîtes de transport. Aider les animaux, aider la vie, y participer, cela demande une sensibilité et un esprit d’initiative, un peu de bon sens et une bonne intendance!

WALTER EDMUND BOND (37096013)

2 juillet 2012

Vous ne pouvez pas arrêter la vie

Dans le rebord de la fenêtre de la maison de cellule ici à la CMU (unité de gestion des communications ou également « l’unité terroriste ») à [la prison de] l’USP Marion vit une mère Tourterelle triste [également appelée Tourterelle de la Caroline] et ses deux nouveaux poussins nés, et elle n’est pas la seule.

J”ai compté quatre nids d’oiseaux tout au long des rebords des fenêtres des quartiers cellulaires, avec d’autres mères vigilantes et leurs jeunes.

Cela illumine mon coeur de savoir que bien que nous, environ 40 prisonniers politiques et prisonniers de guerre, depuis les frères palestiniens jusqu’aux activistes ALF / ELF, ayons affaire à notre oppression fédérale 24 heures par jour et 7 jours par semaine, nous sommes encore en minorité au sein même ce quartier cellulaire et que la plupart de la vie au CMU Marion est absolument libre.

Des tourterelles tristes, Moineaux, Martinets et hirondelles. Jusqu’aux mites Regals, Impériales, Lunas et Polyphème d’Amérique.

Sans oublier les Hannetons, les Lucanes, les Guêpes rouges, les Guêpes de la boue et les Mantes religieuse.

Et aucun petit Cercle de la vie ne serait complet sans les prédateurs qui, dans ce campement, est composé de plus d’un chat sauvage.

C’est un symptôme de la société contemporaine à ne voir le monde qu’en termes humains, cela devient agrandi dix fois en tant que prisonnier parce que votre monde se rétrécit vers le bas au niveau d’une boîte de béton, de barbelés, de murs, de clôtures et des barres.

Cela peut devenir presque impossible à certains moments que de voir au-delà de son propre sort, sa lutte et sa propre propre incarcération. Mais, heureusement, la Terre est abondante avec la Vie et continue avec ou sans vous et moi.

Vous ne pouvez pas arrêter la vie !

Le complexe industriel carcéral peut arrêter, une vie, ou même des milliers de vies, mais ils ne peuvent pas arrêter la vie.

Et longtemps après que ces donjons de béton qu’ils ont érigées sur une conception malicieuse, raciste et de classe s’érodent et s’effritent, ce sera la Terre elle-même qui les fera s’effondrer par les tremblements et les avalera entièrement, se levant dans les vagues du tsunami et les emportant par des vagues au loin, descendant les collines avec des feux sauvages et brûlant le tout jusqu’en cendres, venant avec les tornades et déchirant tout, sortant avec des vents puissants soufflant des coups pour tout souffler, ou peut-être juste prenant lentement le tout alors que le liquide versé sur les décombres sur ce qui reste, érode, fait se craquer et s’effondrer de nouveau le tout dans des cailloux d’où ils proviennent.

Il s’agit du solde de la vie, et on ne peut l’arrêter. Pour chaque acte méchant et fou consistant à mettre bas la Terre, pour chaque entreprise gloutonne internationale à l’échelle mondiale, il y aura un jour des comptes.

J’ai foi dans l’équilibre de la vie, j’ai foi en la cause et l’effet. Toute la vie est un, Dieu est un. Les différentes manifestations que nous voyons, les personnes individuelles, des espèces distinctes, du microscopique tout le chemin jusqu’au macrocosmique Tout émane de l’ensemble, le caractère d’ensemble du « Un. »

Notre décision finale est : où allons-nous placer notre allégeance? Avec l’artifice de la construction humaine ou la réalité de la biosphère ?

Allons-nous être des agents du béton, du plastique, de la perversion et de la mort? Ou des guerriers pour les Animaux, l’Air, les Arbres, et toute la Vie ?

Je ne parle pas de nos démonstrations extérieures de la solidarité avec les opprimés et damnés, mais notre amour interne, intuitif et intrinsèque qui guide nos actions dans la défense de la Libération.

Avez-vous cela? J’espère que oui. Quand vous voyez des vidéos ou des images de vivisection, de brutalités policières, ou de destruction de l’environnement, pensez-vous que un morceau de vous-même est agressé? Cela vous rend-il malade?

Est-ce que cela créé le désir de se battre? J’espère que cela le fait. Parce que si c’est le cas, nous pouvons commencer à nous comprendre les uns les autres. Et je tiens à vous comprendre, je veux que vous me comprenez. Les connexions sont une belle chose, en particulier les connexions de sentiments réciproques.

Très souvent, nous expulsons les pensées criminelles de nos vies. Nous les avons découpés et jetés en raison de divergences d’opinion sur les questions abstraites ou tactiques qui nous sont proches et chères

Je pensais aujourd’hui au sujet de combien de fois je l’ai fait à d’autres à cause de mes propres croyances tenaces.

Combien de fois ai-je rétréci mon monde vers le bas parce que quelqu’un n’a pas fait la coupe dans ma vision du monde idéologique. Quel gâchis, honte à moi.

On se rend compte de la folie quand on est dans la boîte de béton à regarder les mites [donnant des papillons] et les bébés oiseaux. On se rend compte de l’erreur de sa propre attitude « ma manière à moi ou rien d’autre » quand on veut de la compagnie juste pour avoir de la compagnie.

Non pas que nous pouvons tous simplement nous entendre, car ce n’est pas la réalité de la vie sur Terre. Mais peut-être nous devrions avoir plus de respect pour nos connexions, parce que sans elles, nous nuisons et exploitons, nous perdons la direction, nous succombons à la mentalité autonome qui mène à la folie, à l’élitisme et aux inégalités sociales. Nous oublions qu’il y a le « Un », et que ce n’est pas nous-mêmes personnellement.

Le monde change, que nous parlions du climat, de la politique, de la spiritualité ou de l’effondrement économique. Le monde change. Il y a un certain quota de douleur et de souffrance que cette Terre va permettre, comme n’importe quel autre organisme, après quoi l’action drastique et les bouleversements sont immanents.

Mais à la fin ce qui rétablit l’équilibre vaut la difficulté et les bouleversements, que ce soit dans la santé écologique à long terme de la création d’Allah, ou bien dans la vie d’un activiste incarcéré de l’ALF.

Pour ceux à qui j’ai injustement nui, je m’en excuse. Pour tous ceux qui détruisent la Terre et les Nations animales, puissiez-vous brûler en Enfer. Et à tous ceux que je n’ai pas réussi à sauver, je promets que je vais essayer plus fort la prochaine fois.

Prenez soin de vous et je ferai de même. La Libération Animale, quelle qu’en soit le prix !

Much love,

Abdul Haqq

ALF POW [Prisonnier de Guerre du Front de Libération des Animaux]

Une lettre d’Abdul Haqq (anciennement Walter Bond)

Voici une lettre d’Abdul Haqq depuis sa prison américaine, une lettre sympathique et très intéressante. C’est d’ailleurs son anniversaire le 16 avril, et c’est par là que cela se passe si vous voulez l’aider à pouvoir acheter quelques bouquins et journaux.

Évidemment, cela veut dire aussi que si vous le faites, les éventuels voyages aux États-Unis seront certainement surveillés, de par la position révolutionnaire d’Abdul Haqq.

On notera également que les activistes Joyanna “Sadie” Zacher et Nathan “Exile” Block n’ont plus le droit de s’écrire. Ce couple est emprisonné pour avoir causé 2 millions de dollars de dégâts (un concessionnaire Chevrolet et un projet de promoteurs immobiliers).

La raison en est une lettre de Sadie, qui dit :

« Il y a eu de sombres journées ici, quand la rage d’être emprisonnée bout en des larmes de frustration – mais pas de regret, cela jamais. Même en sachant que ce serait le prix à payer – sept ans de ma vie ici, je ne changerais toujours pas mes actions de quelque façon. »

L’État américain n’a pas apprécié ce cran, et le couple emprisonné depuis quatre ans n’a plus le droit de s’écrire.

Voici la lettre d’Abdul Haqq, qui date de la mi-mars (notons juste par principe que nous pensons qu’Abdul se trompe quand il explique que le rituel sacrificiel n’est pas pratiqué dans tout le monde musulman, donc y compris en Inde ou en Malaisie, par exemple).

Depuis ma récente conversion à l’Islam, on m’a demandé à de très nombreuses reprises comment je fais face à l’attitude négative qu’a beaucoup du monde musulman envers les animaux. D’abord, permettez-moi de dire que bien que je sois en effet un musulman, je ne suis pas en croisade religieuse, la seule « croisade » que je soutiens, que j’ai eu et que j’aurai est la croisade pour la libération animale et de la Terre.

J’ai toujours eu un accord clair avec moi-même selon lequel je ne me détournerais pas de ce chemin aussi longtemps que je vivrais.

Cela dit, la façon dont je traite avec l’attitude islamique typique comme quoi les animaux sont à notre usage n’est pas différente de la façon dont je traite avec ce même point de vue biaisé qui est tenu par la plupart des gens des États-Unis, la plupart des athées, beaucoup d’anarchistes, presque tous les communistes et les capitalistes.

Le fait est que le préjudice direct et indirect, l’exploitation, le meurtre et l’oppression de la Terre-Mère et les Nations animales forment une maladie humaine de cruauté. Pas quelque chose d’inhérent à un seul segment de la société par rapport à l’autre.

Cela vaut le coup de noter que davantage d’animaux meurent en Amérique et en Europe chaque année dans la production de fourrure et pour la vivisection que dans l’assassinat dans les rituels religieux dans la péninsule arabique.

Il est aussi intéressant de noter qu’environ 70% des musulmans ne sont pas d’origine arabe et ne vivent pas dans les pays impliqués dans ces horribles cérémonies. Et il est également à noter que tuer des animaux n’est pas un pilier de l’Islam.

En fait, il a été dit dans le Hadith [propos de Mahomet rapporté par la suite] qu’un pécheur incroyable a une fois récupéré l’eau d’un puits à l’aide d’une chaussure [pour la donner à un chien assoifé] et pour ce seul acte, une valeur de vie de péché a spécifiquement été pardonné ; à l’inverse dans une autre narration, le Prophète Muhammad (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) a expliqué comment une personne très vertueuse dans tous les autres domaines a négligé de nourrir ou abreuver leur chat et comme résultat de cela le chat est mort, et aussi comme résultat, toutes les bonnes actions de cette vie n’ont pas épargné cette personne de la punition d’Allah, directement à cause de cruauté envers les animaux.

Il n’est pas du tout obligatoire que l’on participe à toute forme de violence envers les animaux pour être musulman. Si c’était le cas, je ne me serais jamais soumis à l’islam. Je suis enfermé avec ce que l’Amérique considère comme les pires menaces terroristes et islamistes radicaux dans le système carcéral et je n’ai rien reçu rien d’autre que le respect de ces hommes pour mon régime vegan et mes croyances en la libération animale.

Au contraire, j’ai déjà amené un frère à être vegan, et un autre est bien sur le chemin, Al hamdulillah! Jusqu’à la prochaine fois, bien à vous dans la lutte jusqu’à ce que la dernière cage soit vide et que le dernier animal soit libre!

Abdul Haqq

Pour précision, voici les passages auxquels Abdul Haqq fait référence:

« Alors qu’un homme cheminait, il fut pris d’une grande soif. Il trouva un puits dans lequel il descendit et but. Quand il en sortit, il vit un chien haletant qui mangeait de la boue sous l’effet de la soif. L’homme se dit : « Ce chien est en proie à une soif semblable à celle que je viens d’éprouver il y a peu. »

Il descendit alors dans le puits et remplit d’eau sa chaussure qu’il tint entre ses dents jusqu’à ce qu’il se hissât en dehors du puits. Ainsi, il donna à boire au chien. Dieu lui en fut reconnaissant de sorte qu’il lui pardonna, et le fit entrer au paradis. »

Les compagnons du Prophète lui demandèrent (surpris) : « Ô Messager de Dieu, nous serions récompensés pour (avoir été compatissants envers) des animaux ? » Le Prophète dit : « Pour tout foie humide (c’est-à-dire tout être vivant), il y a une récompense.» (Al-Bukhârî, Muslim)

« Une femme a été tourmentée en enfer à cause d’une chatte qu’elle avait enfermée jusqu’à ce qu’elle pérît. A cause de l’animal, elle entra en enfer. Elle ne l’avait ni nourrie, ni abreuvée alors qu’elle l’avait enfermée, ne lui laissant pas la possibilité de consommer ses proies. » (Al-Bukhârî, Muslim)

Walter Bond se convertit à l’Islam et devient Abdul Haqq

Nous avions parlé de Walter Bond à l’occasion du clip d’Earth Crisis sur son incendie d’un laboratoire de drogues, puis avec son arrestation en raison d’incendies de lieux liés à l’exploitation animale (Interview autour de « To ashes », L’usine, les animaux et le véganisme, Lettre de Walter Bond – libération animale et libération de la Terre, Walter Bond réitère sa position et est salué par les elfes végans, Déclaration finale de Walter Bond au tribunal, Du nouveau sur Walter Bond, et quelques réflexions, etc.).

De la même manière, nous avions parlé de l’Islam : comme avec toutes les religions, on ne peut suivre la religion musulmane et être végan. Toutes les religions s’opposent au véganisme, non seulement dans la vision du monde, mais également sur le plan des rites (voir: Judaïsme, christianisme et islam contre le véganisme, Aïd-el-Kébir, Eid al-Adha et sacrifice, le mouvement Hardline, l’interview du label Path of Perfection, etc.).

Cela ne veut pas dire qu’il faille rejeter l’apport des religions à la culture humaine, car les religions ont été un moyen de sortir des âges barbares, mais adorer un Dieu dans l’au-delà c’est forcément insulter la Terre « ici-bas. »

Si nous parlons de cela, c’est que les deux thèmes s’entrecroisent : Walter Bond explique dans un article en ligne ici pourquoi il devient musulman. Il considère qu’il y a des « signes » qui l’ont amené sur cette voie, où il doit considérer qu’il y a quelque chose « d’au-dessus » de lui.

Il explique également que le déclic est venu en raison du fait que la moitié des détenus de sa prison sont musulmans (Walter Bond est emprisonné dans une « Communication Management Unit », une prison où les rapports entre prisonniers et les communications avec l’extérieur sont restreintes et hautement surveillés).

Voici son raisonnement au sujet de sa philosophie :

« Avec l’âge, j’ai perdu toute foi en l’existence d’un « Dieu. » Mon processus de pensée est que s’il y avait un Dieu, pourquoi permettrait-il un tel mal dans le monde?

J’ai appris à travers mes propres difficultés diverses qu’il y a plus que les forces du mal à l’œuvre dans ce monde. Pourquoi et comment toutes les choses dont le déséquilibre et le mal existent, je ne suis pas en mesure de le comprendre totalement. Ce qui me revient, c’est de vivre pour Allah, de me battre pour la justice, la morale et de la libération. »

Walter Bond a donc abandonné Gaïa pour vénérer Allah. Il apprend l’arabe, lit le Coran ainsi que les hadiths de Mouhammad al-Boukhârî, les hadiths étant les dires de Mahomet rassemblés et formant la base juridique.

Une base juridique qui n’a rien à voir avec la libération animale et la libération de la Terre, malgré tous les bricolages que l’on peut inventer. Qu’il y ait des éléments de cela, oui bien sûr, comme dans toute idéologie populaire! La religion n’aurait jamais pu exister sans avoir une base opposée à la barbarie.

Mais c’était bon il y a 2000 ans, et encore. Aujourd’hui, contrairement à ce que prétend Walter Bond, on voit bien qu’il n’y a pas le « mal » mais ceux qui profitent de l’exploitation animale et de l’écocide. Il y a d’énormes profits en jeu. Rien à avoir avec le « mal » ou quelque chose qui nous dépasserait, serait incompréhensible.

Cela ne veut nullement dire que la solidarité avec Walter Bond doive s’arrêter, évidemment. Il faut respecter son choix, mais il faut aussi être très clair sur le cul-de-sac où cela va l’amener. Walter Bond ne peut que s’éloigner de la culture vegan et vegan straight edge.

Pour prendre un exemple concret sur le plan culturel : la religion islamique interdit la modification corporelle. Walter Bond, en tant que musulman, doit forcément regretter ses tatouages. Ce qui reviendrait à balancer par dessus-bord toute une partie de la culture vegan straight edge.

Nous ne disons pas qu’il faut que les vegan straight edge doivent avoir des X tatoutés sur les mains, ou même des tatouages tout court. Mais il n’y a rien contre et cela fait partie d’un certain « folklore » et en tout cas il n’y a pas a en avoir honte.

En assumant l’Islam, Walter Bond veut vivre une nouvelle vie. Personne ne l’en blâmera sur le plan personnel : dans les prisons américaines, l’Islam est souvent un refuge progressiste pour les gens les plus pauvres cherchant une expression contestataire et sociale. Quand on voit la liste de livres sur Amazon créée par Walter Bond, on reconnaît ce mélange Islam, Djihad, Black Panthers.

Il faut donc respecter son choix et son nouveau nom, qui est Abdul Haqq, Abdul voulant dire le serviteur et Haqq la vérité. Notons d’ailleurs une contradiction : il dit qu’il apprécie son ancien nom, or le nouveau est censé symboliser son accession à une nouvelle « conscience. »

Cela fait beaucoup de contradictions, et personne ne blâmera Walter/Abdul. Mais cela ne veut pas dire que les faiblesses de son raisonnement, de sa difficile situation provoquée par son engagement pour les animaux et la planète, ne soient à accepter telles quelles. Notre fidélité et notre abnégation ne va pas à un Dieu dans un au-delà, mais à la planète vivante ici et maintenant!

“Salariée d’une entreprise de découpe de volaille”

Avant-hier s’est terminé le congrès de l’un des principaux syndicats français, CGT-Force Ouvrière. Ni sur une ligne plus ou moins revendicative comme la CGT, ni « moderne » comme Solidaires, ni ouvertement réformiste comme la CFDT, CGT-Force Ouvrière est un syndicat avec une identité culturelle très conservatrice, tout en ayant des revendications sociales.

Quel rapport avec la libération animale, donc ? Jutement, en raison du positionnement de ce syndicat, à son congrès il y a eu un peu de remue-ménage au sujet des retraites. Un journaliste faisant un compte-rendu note notamment ceci, qui justement nous intéresse :

15h35 – Vibrant plaidoyer d’une déléguée issue de la fédération de l’alimentaire sur l’inscription explicite dans la résolution aux 37,5 années de cotisation.

Salariée d’une entreprise de découpe de volaille, où elle règle le sort de 14 poulets à la minute, elle ne se voit pas le faire pendant 42 années pour pouvoir partir en retraite.

“Je souhaiterai rentrer la semaine prochaine dans mon syndicat en pouvant dire que la ligne confédérale est celle d’un retour aux 37,5 ans”, a-t-elle crié à la tribune, provoquant bon nombre d’applaudissements dans la salle. Ecartée ce matin lors de la résolution protection sociale, cette vieille revendication de FO refait surface lors de la générale. Suspens…

Nous avons là une situation très compliquée, et en même temps pas du tout. Mais il est évident que le véganisme ne gagnera pas du terrain en France s’il ne sait pas répondre à ce genre de problématique.

L’agro-business représente beaucoup d’emplois, et il ne suffit donc pas de dire qu’il faut fermer les abattoirs. De même, cette travailleuse est objectivement une meurtrière puisqu’elle tue des poulets, mais pas subjectivement : elle n’a rien choisi.

Et elle ne se voit pas faire cet emploi pendant 42 années, une manière de souligner le caractère inhumain de l’entreprise.

Pourquoi n’arrête-t-elle pas, demandera-t-on ? C’est là que montrent leurs limites tant l’antispécisme que la lutte pour les « droits des animaux. » Car cette travailleuse n’a pas choisi l’oppression, l’antispécisme se trompe en opposant les humains aux animaux, de manière abstraite.

Et les droits des animaux ne pourront jamais exister dans une société où l’exploitation animale ramène un tel profit. En fait, tant qu’il n’y aura pas de critique de la nature même de la société, le véganisme n’avancera pas.

Critique de la société cela veut dire critiquer l’absence de la nature, son rejet en périphérie de villes toujours plus géantes et invivables. Cela veut dire aussi critiquer le mode de vie, tant celle de travailler que de passer son temps dans une société de consommation.

Le texte de Walter Bond sur son expérience dans les abattoirs est d’un grand intérêt, car il montre justement comment les humains confrontés aux massacres peuvent réagir, si on leur en donne les moyens, si on ne les rejette pas abstraitement comme « assassins. »

Il est totalement ridicule de critiquer la viande halal ou casher, ou encore les Chinois, etc., car tout cela est de la stigmatisation abstraite, de la généralisation fondée uniquement sur des clichés, des stéréotypes.

De la même manière, les gens qui travaillent dans les abattoirs le font car ils n’ont pas eu le choix, ils ont été entraînés dans la nécessité de gagner de l’argent pour vivre.

La travailleuse qui veut partir plus tôt à la retraite exprime un besoin bien plus grand qu’elle n’en a elle-même conscience. Mais alors, pour la convaincre, il faudra un projet solide, pas seulement des arguments moraux. Et là, seule est valable comme objectif l’harmonie avec Gaïa, au lieu de la destruction et du meurtre, conduisant à des vies aliénées et exploitées pour les humains.

Ce n’est pas 42 années, ni même 37,5 années qu’il faut travailler dans la « découpe de volaille », mais justement pas du tout. Pour cela, la société doit changer ses fondements et avoir des choix tournés vers l’harmonie avec notre planète, en refusant l’asservissement, l’exploitation, l’humanité faisant le choix d’être naturellement heureuse, tout simplement!

Déclaration finale de Walter Bond au tribunal

Voici la déclaration faite par Walter Bond avant que ne tombe le verdict. Cette déclaration est conforme à la position de Walter Bond depuis le début… Et cette position a payé. Walter Bond a en effet reçu la peine minimale prévue pour ses actes.

Son caractère politique a dû être reconnu par la juge, qui a même mentionné les 50 lettres de soutien à Walter Bond qu’elle a reçu. Elle a également noté la qualité de ses écrits!

Déclaration finale au tribunal

Je suis ici aujourd’hui parce que j’ai incendié la Sheepskin Factory [usine de peaux de moutons] à Glendale, au Colorado, un business qui vend des peaux, des fourrures et d’autres peaux d’animaux morts.

Je sais que beaucoup de gens pensent que je devrais éprouver des remords pour ce que j’ai fait, j’imagine que c’est le moment traditionnel où je suis supposé m’aplatir et implorer le pardon.

Je vous assure que si c’est ce que je ressentais, je le ferais. Mais je ne suis pas désolé pour quoi que ce soit que j’ai fait. Pas plus que je ne crains l’autorité de cette cour.

Parce qu’est un système injuste tout système de lois qui donnent de la valeur aux droits de l’oppresseur sur ceux qui sont foulés aux pieds.

Et bien que cette cour a un pouvoir réel et concret, je remets en question sa moralité. Je doute que la cour soit intéressée dans les précautions que j’ai pris pour ne blesser aucune personne ni aucun passant, et même qu’elle se sente encore moins concernée par les vies misérables qu’ont enduré, jusqu’à la mort, les moutons, vaches et visons, et cela afin qu’un business du Colorado puissent tirer du profit de leur enfermement, de leur esclavage et de leur meutre.

Evidemment, les propriétaires et employés de la Sheepskin Factory ne s’y intéressent pas non plus, ou bien ils ne participeraient pas à un tel macabre et sinistre commerce sanglant. Aussi ne perdrais-je pas mon souffle devant des oreilles sourdes.

C’est pourquoi je me suis tourné vers l’action directe illégale pour commencer, parce que vous vous en foutez. Peu importe à quel point nous, activistes des droits des animaux, parlions ou raisonnions avec vous – vous vous en foutez. Eh bien, Monsieur Livaditis (propriétaire de la Sheepskin Factory), je m’en fous de vous.

Il n’y a aucune base commune entre moi et des gens comme vous. Je veux que vous sachiez que peu importe les sentences de la cour à mon sujet aujourd’hui, vous n’avez rien gagné !

La prison n’est pas une grande privation pour moi. Dans une société qui accorde de la valeur à l’argent plus qu’à la vie, je considère que c’est un honneur que d’être prisonnier de guerre, la guerre contre l’esclavage inter-espèces et la transformation des êtres en objets !

Je veux également que vous sachiez que je ne vous paierais jamais volontairement le moindre dollar, même pas un ! J’espère que votre business s’effondrera et que vous étoufferez jusqu’à la mort de chaque centime de profit tiré du meurtre d’animal ! J’espère que vous en étoufferez et que vous irez en enfer !

A mes soutiens, je voudrais dire merci pour être derrière moi et montrer à cette cour et ces exploiteurs d’animaux que nous soutenons les nôtres et que nous, en tant que mouvement, ne nous excuserons pas d’avoir un sens de l’urgence.

Nous n’allons pas placer les intérêts du commerce au-dessus de la sentience [le fait d’avoir des sens] ! Et nous ne cesserons jamais d’éduquer, d’agiter et de se confronter aux responsables de la mort de notre Mère la Terre et de ses Nations Animales.

Mes frères et soeurs véganes, nos vies ne sont pas les nôtres.

L’égoïsme est la voie des gloutons, des pervers et des pourvoyeurs de l’injustice. Il a été dit que pour que le mal triomphe, il suffit que les gens biens ne fassent rien. Inversement, tout ce qu’il faut pour stopper l’esclavage, l’utilisation, le mauvais traitement et le meurtre des animaux non humains est de se décider à lutter dans leur intérêt!

Faites ce que vous pouvez faire, faites ce que vous devez, devenez des guerriers vegans et de vrais défenseurs des animaux, et ne faites jamais de compromis avec les meurtriers et les profiteurs.

Le Front de Libération Animale est la réponse. Rarement dans l’histoire humaine y a-t-il eu un tel mouvement particulier efficace puissant et international.

Vous ne pouvez pas rejoindre l’ALF, mais vous pouvez devenir l’ALF. Et c’est la chose dont je suis le plus fier, la chose la plus puissante que j’ai jamais faite.

Quand vous quitterez cette salle de tribunal aujourd’hui, ne soyez pas dans le désarroi en raison de mon incarcération. Toute la férocité et l’amour dans mon coeur continuent à vivre.

A chaque fois que quelqu’un libère un animal et détruit ses cages, ils continuent à vivre ! A chaque fois qu’un activiste refuse de se soumettre aux lois qui protègent le meurtre, ils continuent à vivre !

Et ils continuent de vivre à chaque fois que le ciel de la nuit illuminent les ruines en flammes d’un autre business d’exploiteurs d’animaux !

C’est tout votre honneur, je suis prêt à aller en prison.

Walter Bond  # P01051760
PO Box 16700
Golden, CO 80402-6700

Walter Bond a été condamné

La sentence est tombée aux Etats-Unis pour l’activiste Walter Bond. Il a été condamné à cinq années de prison ferme et trois ans avec sursis – sa réaction au juge : « Je suis honoré d’être un prisonnier de guerre. »

Il a également été condamné à payer 1 million 170 000 dollars à l’usine de peau de mouton qu’il a incendié – il a directement annoncé qu’il ne paiera pas : « Je ne suis pas désolé pour ce que j’ai fait. »

Nous reviendrons sur les réactions à cette condamnation.

LTD a parlé à de nombreuses reprises de Walter Bond.

Initialement, nous l’avions interviewé à l’occasion de la chanson “To Ashes” du groupe vegan straight edge Earth Crisis (Interview autour de « To ashes »). La chanson parle de quelqu’un incendiant un laboratoire de drogues afin d’aider son frère, et c’est justement l’histoire de Walter Bond qui a été prétexte à cette chanson.

Nous avons ensuite parlé en juillet 2010 de l’arrestation de Walter Bond, accusé par le FBI d’être à l’origine de l’incendie d’une usine de peaux de moutons à Denver dans le Colorado (500.000 dollars de dégâts), mais aussi de l’usine de cuirs Tandy, dans l’Utah, et du restaurant Tiburon spécialisé dans le foie gras.

Cela a été prétexte à quelques réflexions de notre part (Du nouveau sur Walter Bond, et quelques réflexions).

En août, nous avions mentionné la répression qui s’en est suivie contre l’activiste Peter Young ainsi que la position de Walter Bond suite à son arrestation (La situation de Walter Bond, et sa déclaration très claire). En août toujours, nous parlions également du fait que “Walter Bond réitère sa position et est salué par les elfes végans.”

Walter Bond a exprimé son point de vue à de nombreuses reprises également: on peut voir la Lettre de Walter Bond (libération animale et libération de la Terre) où il expose sa conception, L’usine, les animaux et le véganisme où il retrace son parcours d’ouvrier dans la construction d’abattoirs et sa prise de conscience, et enfin Biocentré et symbiotique où il expose le rapport étroit et évident entre libération animale et libération de la Terre.

Voici une photo de Walter Bond, alors qu’il travaillait dans un sanctuaire (il est ici avec Jeffrey).

Rappelons qu’il existe aux USA un comité de soutien à Walter Bond: http://supportwalter.wordpress.com/

Walter Bond a été nommé comme l’un des porte-paroles de l’office de presse de la Libération Animale d’Amérique du Nord (à titre symbolique surtout, bien sûr). Enfin, une marque de vêtements vegan straight edge a produit des t-shirts de soutien.

Walter Bond: libération animale et libération de la Terre

Si les personnes en faveur des « droits des animaux » ne s’intéressent pas à la libération de la Terre, tel n’est pas le cas de celles en faveur de la libération animale. Libération animale et libération de la Terre ne sont plus deux projets proches et parallèles ; de par leur nature, ils se rejoignent.

Le blog central d’Earth First ! aux Etats-Unis parle systématiquement de la libération animale ; le site Bite Back ne publie pas que les communiqués de l’ALF mais également ceux de l’ELF, les deux structures étant ouvertement les mêmes en Amérique du Sud, etc. etc.

C’est une nouvelle mentalité, dont LTD est fière de faire partie ! Notre planète se meurt, et il est fou de refuser de constater cela… et de ne pas chercher à changer la situation.

Voici justement un texte de Walter Bond à ce sujet. Nous avons déjà parlé de cet activiste, et rappelons que son procès aura lieu le 11 février et qu’un site organise le soutien : supportwalter.org.

Walter est en prison pour des raisons politiques : ses actions étaient motivées par la libération animale et la libération de la Terre. On peut critiquer ces actions, tout comme on peut trouver dans son texte des points critiquables. Toutefois, cela ne doit en rien empêcher d’affirmer clairement sa solidarité envers quelqu’un dont la sensibilité est nécessairement la nôtre.

Soit on est une partie du problème, soit on est une partie de la solution… Walter n’est pas une partie du problème.

Biocentré et symbiotique

De Golden, prison du Colorado

15 décembre 2010

Je soutiens qu’on ne peut vraiment être pour la libération animale sans avoir au moins le même intérêt pour la libération de la Terre.

La raison essentielle à cela est que toute la vie est en symbiose avec son environnement.

En tant qu’adultes dans la société occidentale eurocentrée, on nous a appris à compartimenter tout ce que l’on voit. Cela provient d’une tendance maniaque à relier les choses seulement en terme de valeur personnelle.

En d’autres termes, on nous a appris dès le premier jour à voir le monde uniquement à partir de notre point de vue : humainement centré et humainement suprême.

Une manière intéressante de voir la suprématie humaine à l’oeuvre chez presque tout le monde consiste en le fait de poser la question : « Parle moi de l’histoire du monde. »

Pratiquement chaque personne à qui j’ai posé cette question a répondu, comme dans un réflexe, avec des exemples de l’histoire humaine, de différentes époques et de différents endroits.

Vous entendrez rarement parler de l’histoire des dinosaures, de la tectonique des plaques, ou de l’abondance profonde et de l’évolution de la vie aquatique. Vous n’entendez pas plus parler des innombrables espèces, des types et de l’abondance du royaume végétal ou des mouvements et cycles de la Terre Mère elle-même.

Non. D’habitude, si quelqu’un creuse vraiment, vous entendrez peut-être parler des hominidés ou de notre proche parent, les grands singes. Qui apparemment sont seulement important en raison de leur relation proche avec nous.

Si on regarde à presque toutes les religions dans le monde, nous voyons pareillement que le dieu ou les dieux de toute la création ne s’intéressent qu’à nous humains. Dans la bible, il y a à peine deux pages au début de la Genèse pour expliquer la création de l’entière matière de l’univers, de la Terre et de toutes ses créatures.

Le reste est au sujet des humains. Comme il est ridicule et vain de penser que toute la vie n’est là que pour le bénéfice d’une seule vie.

Dans la mythologie hindoue, nous pouvons voir que, pour des raisons inexpliquées, les humains sont en haut de la chaîne karmique de nourriture et être né humain est à seulement à un pas de la divinité. Je soutiens que c’est ce genre de vanités totalement insatiables qui a fait des humains un cancer et une pestilence pour la Terre et toute la vie sur elle.

Je pense que l’on peut être certainement spirituel et pour autant séparer du fait de s’autocentrer de telle manière profondément spéciste. Les athées, bien que bien plus libre-penseurs en de nombreux points, semblent également porter avec eux les vestiges de la suprématie humaine.

Même les « ufologistes » [fans d’ovnis] considèrent que les aliens – qui sont toujours décrits comme humanoïdes – seraient suffisamment brillant pour déformer le temps et l’espace pour traverser les multivers [=plusieurs univers] juste pour… venir sur Terre et insérer des objets métalliques et froids dans nos rectums.

Mais, retournons à ce qui compte – la Terre. Comme j’ai dit, nous ne sommes pas importants, c’est la Terre-mère qui l’est.

Et toute la vie est dépendante à 100% d’elle, 100% du temps. Sans oxygène à respirer, vous mourriez en quelques minutes. Sans eau, en quelques jours. Sans nourriture, en quelques mois. Et sans un environnement naturel, en quelques années.

La Terre-mère est la vraie déesse et nous sommes justes une petite inscription dans son livre de la Vie. La seule qui nous rend importante, vraiment, c’est nos profondes folies et caractère mauvais à la face du globe.

De nombreuses fois dans mes écrits, j’en réfère à la mort des animaux et de la Terre comme étant un « holocauste. » Je comprends que les humains centrés sur l’humanité considèrent « l’holocauste » comme la pire chose qui soit arrivée. Mais ce n’est vraiment qu’une goutte d’eau dans le vase comparé à notre propre holocauste contre la Terre.

Ce qui est arrivé aux Juifs dans les mains des nazis était fou cruel. Ce que les blancs ont fait aux peuples natifs et continuent de le faire dans le monde est atroce.

Mais même s’il y a bien entendu des corrélations à faire entre toutes les formes d’oppression, ce ne sont pas des comparaisons réelles. Ce qu’un segment de la race humaine fait à un autre n’est nulle part proche de la perfidie de notre espèce contre toutes les autres espèces.

Nous (l’humanité) détruisons, polluons et rendons éteintes d’entières espèces et variétés de la Vie. Nous les chassons à mort, nous les mangeons à mort. Nous les braconnons à mort. Nous détruisons leurs habitats et empoisonnons leur bio-dome.

Nous perpétuons le plus grand holocauste qui ait jamais eu lieu dans l’histoire du monde ! Nous domestiquons, subjuguons et scellons le destin de tous.

Ce théâtre de folie ne prendra fin que de deux manières.

Ou bien nous adoptons une attitude bio-centrée ou nous salopons la Terre jusqu’à ce qu’elle réplique (et il est facile d’imaginer que nous n’allons pas gagner face à la colère de la Terre, avec notre kilo et demi de matière grise).

Bio-centré, c’est juste un mot pour dire « du point de vue de notre Mère la Terre », au lieu de seulement par rapport à notre propre espèce (par « notre » Mère la Terre je veux dire pour toute la vie, pas seulement pour les humains).

Commencer le changement de modèle de pensée vers une vision du monde bio-centrée est une voyage d’une vie entière, pour nous humains aliénés. Nous sommes l’animal domestiqué original.

Le premier pas est le fait que tout est inter-relié. Comme je l’ai dit plus tôt, toute vie est symbiotique à son entourage ou son environnement. Il y a des millions d’exemples de cela dans la nature.

Un exemple simple est un écureuil dans un arbre. Il est évident à mes yeux qu’il y a des extensions de l’un à l’autre. L’écureuil est grosso modo de la même couleur que l’écorce de l’arbre. Son petit pied et ses griffes maintiennent l’écureuil dans sa recherche de nourriture et d’abri. Et l’écureuil garde les prédateurs à l’écart et diffuse les graines pour l’arbre. De manière symbiotique.

Et également, de la même manière, un mystère d’interconnexion simple mais plus curieux est « la visage. » Presque toute la Vie a un visage. Dans l’eau, sur la terre, dans les airs. Des yeux, un nez, une bouche. Pourquoi ? Parce que la vie sur la Terre-mère est une manifestation de l’intelligence de la nature ; bien plus majestueuse et imaginative que quiconque n’étant une des inscriptions dans son livre de la Vie.

De la même manière qu’il y a des millions de manières de relations symbiotiques entre la Terre et l’animal que nous pouvons observer, il y autant de manières de considérer l’interconnexion. Bien trop pour ce bref article.

Mais aucune de ces contemplations de compte tant qu’elles ne se manifestent concrètement par des actions. Si notre compréhension de l’interconnexion ne change pas nos pratiques alors nous ne l’avons pas réellement compris de telle manière à commencer quelque chose par rapport à cela.

Quand je suis devenu vegan, tout d’abord, je me rappelle avoir senti une certaine énergie quant à cela. En regardant dans le passé, je sais maintenant que ce que j’ai ressenti est une petite partie de l’intégration. Un pas en avant dans le fait d’être une composante des choses, plutôt que d’essayer d’être suprême.

Je pourrais manger des animaux et leurs sous-produits si je le choisissais. C’est une capacité que j’ai. Mais je ne pense pas que ce soit mon droit. Le fait que je le puisse ne veut pas dire que je le doive.

M’extirper de cette position perçue – soit être une partie d’une « race supérieure », la race humaine – a fait voler en éclat quelque chose dans mon esprit. Cela m’a aidé dans mon rapport aux autres, et cela m’a aidé à me rebeller et à lutter pour ceux qui ne peuvent pas se battre pour eux-mêmes.

La mentalité d’interconnexion m’aide encore aujourd’hui. Mes insignifiantes peurs et tribulations ne sont pas ce qui est important.

Ce à quoi je suis part est important. Ce pour quoi je me bats est important. Cette Terre est ma mère et vous devez votre vie à votre mère.

Les animaux qui vivent autour de nous, grands et petits, sont d’autres nations, des semblables sentients tout comme nous. Non pas seulement avec leurs caractéristiques d’espèces, mais également en tant qu’individus. Tout comme jamais deux personnes, deux chats ou deux chiens ne sont semblables.

La seule chose que nous faisons de manière meilleure que le reste est de manipuler notre entourage. Nous déformons, tordons et jouons aux alchimistes jusqu’à ce que nous ayons des voitures, des téléphones, des bombes et tout ce que nous envisageons.

Mais nous utilisons nos capacités données par la nature pour des buts égoïstes et au détriment de la Terre. Notre avancée semble être le cancer de la Terre. Il y a à mon esprit au moins une douzaine d’insectes qui sont vitaux à l’écosystème. Mais si les humains cessaient immédiatement d’exister, on ne nous regretterait pas. La Terre s’en trouverait mieux.

Comme je suis bio-centré, je ne suis pas un fan d’une civilisation avancée, sur le plan technologique. Le plus nous innovons, le plus les gens compartimentent. Dans ce processus, les gens deviennent des invalides sociaux.

Au lieu de parler à la personne à côté de soi dans le bus, on est assis de manière glaciale et on envoie un texto à quelqu’un à l’autre bout de la ville. Au de s’engager dans des interactions sociales véritables, nous devenons une partie des « communautés en ligne » où chacun est uniquement comment il se présente et aucune petite manie de quelqu’un ne doit être prise en compte ou même admise.

Au lieu de se confronter au mal, on fait un blog à ce sujet, comme si le fait d’être d’accord passivement avec une idéologie pourrait prendre la place d’agir par rapport à cela. Je préfèrerais donner des coups de poings à un fasciste que de faire ami-ami sur internet avec une série de « généraux » assis sur une chaise devant un ordinateur.

Le plus nous philosophons et rendons ces questions abstraites, plus nous nous éloignons de faire quelque chose à ce sujet.

La solution au problème de la Terre en train d’être assassinée n’est pas de porter des jeans étroits et de ne pas se laver. La solution est la même que lorsque les Native Americans [les Amérindiens] ont pris le sentier de la guerre pour notre mère la Terre.

C’est la même solution que lorsque le Black Panther Party est devenu malade de voir des flics tuer leurs gens dans les rues. Et c’est la même solution que lorsque les Suffragettes en ont eu assez d’être battues selon le même principe avec lequel les grands-parents des Black Panthers ont été fouettés jusqu’au bout.

La solution est de voir les problèmes pour ce qu’ils sont, de refuser des les accepter plus longtemps, et de se battre de manière infernale, jusqu’à ce que vous soyez mort, emprisonné, ou que les choses ont changé ! C’est la réalité. On ne re-devient pas sauvage en étant domestiqué.

Notre mère la Terre n’a besoin de porte-paroles, elle a besoin de guerriers. Si ces mots semblent durs, c’est seulement parce que quelque chose doit agir comme un contre-poison à la couardise et l’apathie du premier monde, des ronronnements des junkies de la consommation.

Les mouvements militants de la libération animale et les mouvements militants de la libération de la Terre sont des extensions les uns des autres.

Tout comme l’écureuil et l’arbre. Ensemble nous formons le pinacle de tous les autres mouvements de libération, parce que si nous échouons il n’y aura plus d’humanité à libérer.

Le temps sera bientôt celui où notre Mère la Terre va répliquer tout comme un corps cherche à détruire un virus, et le bouleversement agira tant sur le juste que l’injuste. Et quoi que nous pensions, nous paierons pour ne pas avoir agi.

La libération de la Terre, quel qu’en soit le prix!

L’usine, les animaux et le véganisme

Voici une lettre de Walter Bond. La dernière fois nous avions fait remarquer qu’il associait libération animale et libération de la Terre. Cette fois il apporte deux éléments en plus, auxquels LTD s’intéresse tout particulièrement.

Tout d’abord, le monde du travail. Ici Walter Bond parle du monde de l’usine. Cela nous intéresse : nous avons toujours souligné que pour nous le véganisme était une démarche populaire opposée aux valeurs dominantes, et nous avons déjà dit que l’oppression vécue par les ouvriers avait comme modèle l’abattoir (Le rôle central de l’abattoir dans l’histoire de l’industrie).

Le travail à l’usine est harassant et aliénant, et les abattoirs ont même été à la base du modèle fordiste : on ne saurait à ce sujet assez conseiller de lire l’ouvrage « Un éternel Treblinka » de Patterson.

D’ailleurs, les machines à profit ont toujours du mal à trouver des bouchers et globalement des gens travaillant dans ce secteur. C’est bien une preuve que les ouvriers ne veulent pas! Nous illustrons le texte de Walter Bond avec des images de cette réalité ouvrière… et animale.

Ensuite, Walter Bond parle des « nations animales. » Nous n’avons jamais employé ce concept sur LTD, mais en fait nous utilisons ce principe en quelque sorte depuis le départ. Il s’agit de reconnaître les multiples petits mondes qui coexistent sur la planète et de voir que chaque individu fait forcément partie d’un ensemble plus grand.

Nous n’avons pas utilisé le concept parce que parler de « nations » est toujours fastidieux, et finalement inutile car nous n’en voulons pas. Mais c’est une idée très productive. Pour la petite histoire, il nous semble que ce terme de « nations animales » repris par Walter Bond n’a été formulé qu’une seule fois dans le mouvement de libération animale et de libération de la Terre : dans le premier communiqué de l’ELF. Il existe cependant également une grande association aux USA et au Canada qui a comme nom « United Animal Nations. »

A l’hiver 1995, lorsque j’avais 19 ans, j’ai eu un job dans une entreprise du nom de Dakota Mechanical. Nous construisions des abattoirs dans le Midwest, principalement dans l’Iowa.

L’Etat de l’Iowa est le plus grand producteur de porc de la nation. A cette époque où j’étais employé dans cette industrie maléfique, il y avait 27 abattoirs rien que pour les cochons. J’ai aidé à construire l’usine d’IBP [Iowa Beef Processors] à Logansport, également dans l’Indiana. C’était une usine toute nouvelle.

Je n’ai jamais vu d’animal tué durant les à peu près 9 mois où j’ai travaillé à Logansport, mais il n’était pas difficile pour moi de saisir de quoi il en retournait avec ces machines une fois en marche. J’étais au début surtout un cariste [conducteur de chariot élévateur], mais ensuite je suis parvenu à devenir un apprenti plombier industriel. Après que cette usine ait été construite, il y avait trois mois de pause.

Mais ensuite j’ai eu le coup de fil pour le prochain job. Celui qui changerait ma vie pour toujours. C’était un job plus court ; nous allions construire une extension à la zone d’abattage de l’usine IBP de Perry dans l’Iowa.

Dans cet abattoir fonctionnant pleinement, j’ai vu les meurtres mécanisés les plus glauques que l’on puisse constater. Comme c’était une vieille installation, nous étions constamment enlevé de notre construction pour faire de la maintenance dans toute l’usine. Des bureaux jusqu’à la zone d’abattage, en passant par la réutilisation des déchets, j’ai été un participant et un complice à tout cela.

Quand j’ai commencé, les odeurs, ce qu’on voyait, et les sons étaient insupportables. Je passais mon temps à me dire : « C’est ce que tu manges, ne sois pas impressionnable. » En 6-8 semaines, je me sentais détruit. Pendant 12 heures, parfois 15, je travaillais souvent baignant dans l’horreur.

Comme les trois jours où j’ai travaillé à la plomberie des stations de rinçage, avec des tonneaux de 40 gallons [à peu près 160 litres] remplis de têtes de porcs dépecés me regardant.

Ou les fois où je devais prendre le chariot élévateur derrière le bâtiment, pour rassembler des matériaux bruts, juste à côté de piles de 25 pieds de haut [un peu plus de huit mètres de haut] de cochons « défectueux » qui étaient « impropres à la consommation humaine. »

Pour une raison ou une autre, ils avaient été laissés là dans des piles, entassés, exposés aux éléments et gelant à mort dans le froid de l’Iowa. De toutes les horreurs que j’ai pu entrevoir, c’est cette pile de mort gelante qui hante encore mon âme.

Puis vint le jour qui m’a changé. Nous étions en train d’emballer nos outils et en train de nous nettoyer quand un cochon qui avait été rendu inconscient par un choc électrique, s’est réveillé après avoir eu la gorge tranchée et a être pendu à l’envers pour saigner à mort, convulsant, et se libérant de ce qui entravait ses pieds.

Il vient en courant à travers la zone d’abattage, directement sur moi et le reste de l’équipe. Les ouvriers d’IBP le prirent en chasse. Un avec une clé à molette et deux avec des battes de baseball. Ils ont commencé à battre à mort le cochon. Je me suis retourné comme je pensais que chacun le ferait… je me trompais.

Quand je me suis retourné, j’ai fait face au reste de mon équipe. Tout en entendant les bruits sourds et les couinements d’une mort abrupte juste 30 pieds derrière moi [un peu plus de neuf mètres], je voyais mes collègues criant et acclamant, se tapant dans les mains les uns les autres à chaque fois qu’il y avait un bruit sourd, riant et célébrant la mort violente d’un être sentient.

La nuit dans ma chambre d’hôtel, mon esprit faisait la course. J’étais dégoûté de moi-même. J’étais dégoûté de l’humanité. Je cessais de manger de la viande. Quelques jours plus tard, mon contremaître m’approcha et me demanda si j’avais besoin d’emprunter de l’argent. Je dis : « Non, pourquoi demandez-vous? »

Il dit qu’il avait remarqué que je ne mangeais que du beurre de cacahuète et de la gelée et il pensait que j’étais fauché. Je lui dit que je n’étais pas fauché et que j’avais simplement arrêté de manger de la viande. Il a commencé à me titiller et à m’appeler un « born-again tree hugger » [un « born again » est quelqu’un né une seconde fois, on utilise le plus souvent l’expression pour quelqu’un revenant à la religion. Un « tree hugger » est quelqu’un prenant un arbre dans ses bras.]

Je partis sur le champ. Je suis retourné chez moi et j’ai commencé à étudier les droits des animaux. Je suis devenu vegan et suis devenu actif de manière légale. J’ai passé des années à faire des tables de presse et à parler avec des gens. J’ai travaillé dans des sanctuaires d’animaux et ait sauvé des animaux dès que je pouvais.

Je n’ai jamais considéré que ce que j’avais fait ou que je ferai pour notre Mère la Terre et ses nations animales était suffisant. Ces machines que j’ai construites de par le passé, en 1996, sont toujours en train de tuer alors que j’écris ces lignes.

C’est ma culpabilité et ma honte ; je les ai fait tomber su moi. Mais c’est également ma force et ma détermination. Rien ne me fera jamais oublier la détresse des animaux dans les fermes usines et soit disant en plein air, ce qui est tout autant malade, faux, non nécessaire et indéfendable.

Comme toutes les industries de l’exploitation animale, le cercle de la maltraitance prendra fin quand l’antagoniste (les humains) s’effondrant sous sa propre perfidie. Par exemple, mon grand-père que je n’ai jamais rencontré était un fermier élevant des cochons. Il est mort l’année de ma naissance, l’ammoniac des déchets des cochons ayant détruit ses poumons. Ces mêmes déchets venant de sa ferme et des fermes voisines ont empoisonné les eaux souterraines dans les années 1970, amenant des niveaux illégaux de radium, qui ont pollué les eaux de distribution.

Jusqu’à ce jour dans certaines zones du Midwest, avant que l’eau courante soit mise en marche, vous devez signer un document affirmant que l’eau des réseaux publics est dangereux pour votre santé et que vous êtes « OK » avec cela.

Je l’ai dit auparavant, mais cela veut le coup de le redire. Ce sont ces industries de la mort qui sont les terroristes pour les animaux et la Terre. Pas ceux qui luttent contre eux.

A noter qu’aux USA s’est montée une structure de solidarité avec Walter Bond: http://supportwalter.wordpress.com/

Après l’arrestation de Walter Bond: répression contre Peter Young

Dans le cadre de la répression contre Walter Bond, le FBI a mené une perquisition chez Peter Young, du site Voice of the Voiceless.

C’est la seconde fois en cinq mois que le FBI perquisitionne chez Peter Young; la “perquise” a cette fois-ci duré cinq heures.

La raison, ou le prétexte, est bien évidemment la pression du FBI après l’arrestation de Walter Bond. Toute cette histoire mélange trop d’aspects critiques de la société américaine pour ne pas poser un réel souci…

Le FBI a donc très officiellement dans le collimateur des mots d’ordre comme “ALF”, “Go vegan” et “straight edge” (à titre indicatif, des personnes interrogées par la police en France il y a quelques temps au sujet de la libération animale ont également eu droit à la question “êtes-vous straight edge?”).

La perquisition avait donc comme objectif pour le FBI de rassembler des informations sur tout ce qui touche à ces thèmes, de trouver d’éventuels plans criminels en liaison avec les droits des animaux…

Mais également de rechercher des communiqués d’actions, une éventuelle correspondance entre Walter Bond et des “groupes extrémistes” ainsi qu’avec Peter Young, des preuves en rapport avec les incendies attribués à Walter Bond…

Le FBI cherchait également des manuels et des objets servant pour des actes illégaux, et enfin des preuves comme quoi Walter Bond a été, avant son arrestation, un colocataire de Peter Young (ce qui est faux).

Il va de soi que ce qui se profile, c’est une criminalisation de Peter Young et du site Voice of the voiceless. L’idée du FBI est d’impliquer une activité légale dans des actes illégaux, afin de criminaliser…

Mais aussi d’intimider toutes les personnes désireuses ne serait-ce que de savoir ce qui se passe. C’est exactement ce qui se passe avec la criminalisation en Autriche (à la différence il est vrai que le site Voice of the voiceless revendique son identité avec la stratégie de l’ALF, mais aux USA cela est théoriquement relativement légal).

D’ailleurs, la maison de Peter Young, à Salt Lake City, est une colocation d’activistes: pas difficile de voir que le FBI a décidé de frapper une activité militante en faveur de la libération animale.

Il va de soi que le FBI s’est intéressé de près aux téléphones portables et aux disques durs.  Il va de soi également que les colocataires de la maison de Peter Young ont été “approchés” par le FBI.

Les agents du FBI ont proposé que les affaires soient rendues plus rapidement en échange d’informations, ou bien de devenir directement un informateur…

Cette pratique ne doit nullement nous surprendre, elle fait partie des démarches basiques de la police pour recueillir des informations…

Lettre de Walter Bond (libération animale et libération de la Terre)

Voici une nouvelle lettre de Walter Bond. Il y expose son opinion globale sur le monde, et on peut voir que comme nombre d’activistes pour la libération animale aux USA, il est bien entendu partisan de la libération de la Terre.

Nous soulignons le passage où il souligne la dimension de cet enjeu, celui de notre époque!

“Merci vraiment beaucoup pour ta lettre de soutien. Bien qu’évidemment je ne peux pas parler de l’affaire en cours me concernant, le gouvernement des Etats-Unis ne me soumettra pas par la peur, ni ne me fera taire.

J’ai déjà écrit à Peter [Young, de Voice of the Voiceless] au sujet du jour de mon arrestation pour éclaircir à ce sujet et répondre clairement aux mensonges des médias quant au barbecue et au reste; je ne le refais pas ici. Je dirais à Peter qu’il peut partager cette information avec quiconque est intéressé par le sujet.

Je fais maintenant face à des charges et des allégations très sérieuses et si je suis condamné, la sentence pourrait être relativement sévère. Néanmoins, j’ai un bon moral. Ayant le privilège d’être un citoyen des Etats-Unis, ma situation est toujours meilleure que la plupart des gens du tiers-monde dans leurs pays.

Et rien de ce qu’ils ne peuvent me faire ne pourrait ne serait-ce qu’être comparé à la situation de détresse des animaux.

En ce qui me concerne, je ne céderais pas dans la lutte pour leur liberté totale. Tout activiste qui est vraiment efficace dans la résistance ou le sabotage de ces horribles commerces de sang peut avoir à faire face à des poursuites.

Aucune de celles-ci ne peut causer de désespoir. Quand on essaie de changer le status quo, le sacrifice de soi est le prix à payer.

Au bout du compte, notre cause vaincra.

Ou bien l’humanité périra après avoir ruiné la biosphère, et notre Mère la Terre guérira et continuera sans nous.

Ou bien les personnes s’affirmant en guerre pour la Terre et les animaux le prouvent et changent le courant de l’histoire du monde, comme l’ont fait de nombreux mouvements de justice sociale avant nous.

Cependant, nous ne vaincrons pas simplement parce que nous avons raison. Le progrès se produit seulement en raison du courage et de la confrontation.”

Walter Bond réitère sa position et est salué par les elfes végans

Voici deux nouvelles au sujet de Walter Bond.

La première est qu’une chaîne de télévision américaine l’a interviewé, et on peut le voir brièvement répondre dans cette vidéo (à partir de 1:00). Walter Bond a en effet rapidement interompu l’interview devant les questions hypocrites du journaliste, qui le poussaient en quelque sorte à s’accuser.

Mais il a eu le temps de citer les trois actions pour lesquelles il est accusé, disant à ce sujet :

« Tout ce que je peux dire, c’est que je crois en la libération animale, quel qu’en soit le prix. »

La seconde nouvelle est qu’a eu lieu une nouvelle action de l’ELF au Mexique, action dont le communiqué salue Walter Bond.

Voici le communiqué :

« Dans la nuit du 27 juillet nous avons réalisé un feu de joie avec de la propriété appartenant aux destructeurs et destructrices de la Terre.

Dans les forêts Dinamos de la section de Magdalena Contreras de la ville de Mexico, il y a un projet d’expansion urbaine qui en est encore au début dans les phases de construction.

Cela implique la création de puits profonds qui prendraient l’eau de la rivière avec comme but l’expansion urbaine et le progrès anthropocentrique.

Pour cette raison, les elfes végans sont responsables des sabotages suivants :

-Nous avons bloqué les puits avec des pierres, des briques, des blocs et des gravats, afin d’empêcher l’eau de la rivière de couler dans les tuyaux.

-Nous avons peinturluré les machines et le matériel de construction avec des slogans comme :

« Stop à l’expansion urbaine »

« Pas plus de civilisation des environnements sauvages »

et « Front de Libération de la Terre. »

-Nous avons, en utilisant des engins incendiaires, incendié trois machines, incluant deux bulldozers et une petite machine pour déplacer les gravats : le plus petit enfin a été placé dans le premier sous les pédales, le second a été placé dans la cabine après que la fenêtre a été brisée avec des pierres, et pour le troisième l’engin a été placé sur les câbles.

Nous nous sommes enfuiEs sans laisser de trace.

Les dommages s’élèvent à des milliers de pesos.

Nous voulons être clairEs et affirmer que ce que nous avons fait l’a été en défense de la Terre, qui est détruite chaque jour par l’égo-centrisme et l’autoritarisme ; mais pour chaque environnement sauvage ou semi-sauvage qui est détruit, des centaines de leurs machines et propriétés seront détruites et laissées comme inutilisables.

Que cela serve de leçon aux exploiteurs sur la planète!

Cette action est dédiée au guerrier de la libération animale aux États-Unis, Walter Bond, récemment arrêté pour trois incendies contre des entreprises pratiquant l’exploitation animale. Elle est également dédiée en soutien à Leo en Italie, et à Adrian et Abraham.

Frente de Liberación de la Tierra / Front de Libération de la Terre”

La situation de Walter Bond, et sa déclaration très claire

Walter Bond, arrêté aux USA pour des actions revendiquées au nom de l’ALF et victime d’une campagne de dénigrement médiatique, a fait sa première déclaration.

Voici tout d’abord son point de vue général concernant son arrestation et sa position quant à la libération animale.

« Il est clair que je ne peux pas parler de mon ou mes accusations en cours, mais je dirais cela : les accusations qui me sont portées sont sérieuses. Et le temps [d’emprisonnement] qui va avec est proportionnel.

Toutefois, rien qui ce qu’ils ne peuvent me faire n’est ne serait-ce que comparable avec ce que les animaux endurent dans les mains des oppresseurs humains spécistes.

S’il vous plaît, utilisez tous les moyens à votre disposition pour utiliser ce qui concerne mon cas pour faire passer le message concernant la détresse des animaux.

Je suis végan et un activiste de la libération animale, et ne céderais jamais dans la lutte pour la liberté totale des animaux non-humains. »

Cette déclaration est à saluer comme étant juste et celle de quelqu’un qui honore son devoir. Walter Bond aurait pu ne rien dire, ou même se dissocier de la libération animale afin d’essayer d’éviter d’avoir à affronter l’État américain.

D’autant plus que Walter Bond est la quatrième personne à être accusé selon l’AETA : l’Animal Enterprise Terrorism Act. Walter Bond est considéré comme un terroriste pour l’Etat américain, et sera considéré tel quel lors de son procès et par les médias.

L’AETA a été votée à l’unanimité par le sénat américain en 2006 (seulement 6 personnes ont participé au vote qui a eu lieu de manière express, républicains et démocrates étant d’accord), et bien entendu la seule voix dissonnante a été Dennis Kucinich, congressiste végan et très à gauche dont nous avons parlé ici au sujet de sa position très claire sur la marée noire dans le Golfe du Mexique.

L’AETA fait que tout acte violent contre une entreprise liée aux animaux (commerce, tests, boucheries, etc.) sera considéré comme terroriste.

Et ainsi malgré cette pression, le risque d’avoir 20 ans de prison, le fait d’être considéré comme un terroriste par le système pénitentiaire aux USA… Walter Bond appelle pourtant à parler des animaux plutôt que de lui-même.

Cette position est on ne peut plus parlante!

Parlons maintenant de l’affaire du hamburger non vegan que Walter Bond aurait prétendument mangé juste avant son arrestation.

La position de Walter Bond est la suivante : il n’a jamais été dans cette maison où les hamburgers étaient cuit, et en deux ans il n’a parlé qu’une demi-douzaine de fois aux gens de cette maison, juste pour de simples salutations.

Il n’a pas participé à un barbecue, il a simplement été arrêté devant la maison en question par le FBI et pense que c’est le « Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives » du FBI qui a organisé cette mise en scène.

Son arrestation a été également organisée par l’intermédiaire de son frère. Walter Bond ne l’avait pas vu depuis 12 ans et c’est par l’intermédiaire de celui-ci que le FBI a organisé la manoeuvre pour piéger Walter Bond.

En ce qui concerne son emprisonnement : Walter Bond reçoit une alimentation vegane, mais évidemment elle laisse à désirer. Il n’a pas d’argent et appelle juste à la solidarité pour qu’il puisse acheter des enveloppes et améliorer un peu le quotidien au niveau de l’alimentation.

Nous vous tiendrons au courant lorsque on en saura plus pour envoyer de l’argent à Walter Bond.

Évidemment il serait aussi content de lettres de soutien. Revoici son adresse, en rappelant que ce courrier sera lu et qu’en cas de voyage aux USA, il y a un risque clair d’ennuis avec le FBI.

Si l’on veut un exemple parlant: Gabriel Kuhn, que nous avions interviewé ici au sujet du Straight Edge, a été interdit d’entrée aux USA pour participer à des conférences, en raison de son engagement à l’extrême-gauche et de ses centres d’intérêt…

L’adresse de Walter:

Walter Edmund Bond
PO Box 16700
Golden, CO 80402-6700
USA

Du nouveau sur Walter Bond, et quelques réflexions

Voici les dernières nouvelles concernant l’arrestation de Walter Bond pour des incendies au nom de l’ALF alors que les nouvelles de son arrestation sont prétextes aux USA à de nombreux articles et reportages sur les chaînes de télévision (voir par exemple ici).

La première chose qui a marqué est que le groupe Earth Crisis, qui est une si ce n’est la figure principale de la scène musicale de hardcore vegan straight edge aux USA, a fait récemment une chanson sur l’incendie par Walter Bond d’un laboratoire de drogue (pour rappel : le clip est ici et notre interview de Walter Bond est là).

L’arrestation de Walter Bond est ainsi prétexte pour les médias à un aperçu sur la scène vegan radicale et ses revendications.

Ceci va évidemment de pair avec une tentative de ridiculisation. Certains médias affirment ainsi que Walter Edmund Bond avait, juste avant son arrestation… mangé deux hamburgers non vegan. Cela est naturellement prétexte à de nombreuses moqueries anti-vegan allant de pair avec celles sur le physique de Walter Bond. On reconnaît bien ici la culture beauf et son sens des priorités.

Plus sérieusement (même si ce genre de propagande fait évidemment du mal, surtout chez les hommes en raison de la dimension patriarcale), l’office de presse nord-américain de la libération animale a exprimé sa solidarité.

Son porte-parole Jerry Vlasak (qui a été interdit de rentrer en Grande-Bretagne pour participer à une conférence de SHAC) a déclaré : « S’il est celui qu’il prétend et s’il est à l’origine de l’incendie, nous le soutenons et pensons que c’est quelque de très bien. Il y a plein d’exemples de cas où de telles actions ont été menées et nous avons eu des résultats concrets, à l’opposé du lobbying au congrès et des lettres envoyées aux rédactions. Quand vous mesurez ce genre d’actions par rapport aux autres options, cela a montré qu’il s’agissait d’une des voies les plus porteuses pour amener les choses à changer. »

On a appris également que la personne qui a donné Walter Bond au FBI va obtenir 25.000 dollars de récompense. Cette personne est appelée CI-01 par le FBI, qui ne révèle ainsi ni son nom, ni même s’il s’agit d’un homme ou d’une femme (on peut lire ici le rapport de l’agent du FBI concernant l’arrestation).

Il n’est cependant pas difficile de penser que tout cela sent la fuite en avant. Rien que par le fait que, si Walter Bond a agi seul, ce qui semble être le cas (les actions étant signées « loup solitaire » par ailleurs), alors c’est la première fois que des actions de l’ALF sont menées en solitaire de manière revendiquée.

Il faut bien entendu attendre que Walter Bond s’exprime, et il le fera certainement, notamment sur cette question des prétendus hamburgers. Pour autant, il est dans l’ordre des choses que tout cela n’est, finalement, pas très constructif, ni même très clair finalement.

La morale, à elle seule, ne suffit pas à faire une stratégie pour la libération animale. Bien entendu, c’est toujours mieux que ceux qui se placent sur le terrain du « droit », des réformes, etc. qui eux n’arrivent à rien concrètement.

Mais il est évident que pour qu’un mouvement vegan se développe, il y a besoin d’un substrat, d’une culture. Prenons par exemple cette photo d’un stand de SHAC.

Il n’est pas difficile de voir que si en Angleterre le mot d’ordre est que « l’action compte, pas les mots », il y a quand même derrière énormément de mots, énormément de discussions, de débats, de réflexions…

Le tout rentre dans une culture globale, qui permet d’avancer dans la société. N’est-ce pas de cela dont nous avons besoin ?

Nous pensons que si, voilà pourquoi LTD aborde de très de nombreux thèmes, toujours à partir du prisme de la libération animale et de la libération de la Terre. Plus il y aura de gens à faire cela, plus une nouvelle culture grandira.

La question n’est pas de se fonder sur un esprit de réformes, pour aller dans une perspective très lointaine à la libération animale. La question est de commencer tout de suite à faire vivre l’esprit de la libération animale, et de contribuer à cette culture, pas à pas.

Walter Bond est malheureusement coupé de ce genre de démarche, parce qu’il voulait relancer abstraitement un mouvement hardline, qui se serait appelé vegan hardline. C’est honorable, malheureusement les résultats sont ce qu’ils sont et étaient prévisibles, car la démarche était unilatérale.

Naturellement, il faut prendre en compte les situations locales, les particularités, etc. et il ne s’agit pas de critiquer Walter Bond en particulier. Surtout vue sa situation! Non, il s’agit juste de voir de quoi on a besoin.

D’ailleurs, soulignons qu’en France on également a besoin de principes fermes et de refus du libéralisme. Sinon on en arrive à des situations où quelqu’un peut considérer que regarder précisément la liste des ingrédients d’un produit est trop « fatiguant », où quelqu’un peut se dire vegan « pour toujours » pour finalement terminer rapidement omnivore sans l’assumer, etc.

Finalement, que manque-t-il en France pour que la libération animale grandisse ? De la culture, de la fermeté et de la continuité.

Voici pour finir l’adresse de Walter Bond (les activistes aux USA n’ont pas réussi à savoir où il était emprisonné pendant cinq jours):

Walter Edmund Bond
PO Box 16700
Golden, CO 80402-6700
USA

Il n’est pas possible de lui envoyer des revues ou des livres, et rappelons évidemment que son courrier sera contrôlé de très près par le FBI. Il encourt une peine de 20 ans de prison.

Walter Bond a été arrêté 

Parmi les interviews que nous avons faites et mises en ligne, il y a celle de l’américain Walter Bond. Nous n’avons alors pas mentionné son nom, mais c’était lui qui, âgé d’un peu plus de 20 ans, avait incendié un laboratoire de drogues de type méthamphétamine, une drogue extrêmement puissante très répandue aux États-Unis.

Son acte avait été motivé car son frère était tombé dans la dépendance à cause du dealer possédant le laboratoire ; sa mère était également droguée et son père alcoolique. Walter a passé quatre années de prison pour cela, et le groupe de hardcore Earth Crisis a fait une chanson à ce sujet pour saluer son acte (voir le clip).

Walter est vegan straight edge et a travaillé par la suite dans un sanctuaire pour animaux ; il vient de se faire arrêter pour au moins un incendie.

Le FBI considère que Walter est à l’origine de l’incendie d’une usine de peaux de moutons à Denver dans le Colorado (500.000 dollars de dégâts), mais aussi de l’usine de cuirs Tandy, dans l’Utah, et du restaurant Tiburon spécialisé dans le foie gras.

Walter a apparemment été dénoncé par une personne qui a informé le FBI de ses activités ; le FBI a ensuite monté une rencontre entre l’informateur et Walter, enregistrant la conversation afin d’obtenir des preuves.

Le FBI affirme avoir trouvé sur Walter lors de son arrestation le document “Declaration of War – Killing People to Save Animals and the Environment.”

Cela peut très bien être un montage de la police, mais Walter était connu pour ses opinions radicales et était en train de chercher à relancer le mouvement hardline (la véritable scène, pas les gens d’extrême-droite ayant volé le terme depuis quelques années en Russie).

Le document en question date justement du début des années 1990 et est un « classique » de la scène hardline et de celle autour de l’ALF ; il reflète le point de vue d’anciens activistes de l’ALF posant la question de la nécessité de la lutte armée.

Interview autour de “To ashes”

[La personne interviewée est Walter Bond.]

Voici l’interview de quelqu’un qui va raconter brièvement son histoire, reprise justement par le groupe Earth Crisis dans sa nouvelle chanson « To ashes » (« Réduit en cendres ») dont on peut voir  la vidéo en ligne.

Il s’agit de l’histoire d’un jeune homme dont le frère et l’environnement sont victimes d’un dealer de méthamphétamine, une drogue extrêmement puissante très répandue aux États-Unis, d’un jeune homme absolument tout seul (la police étant bien sûr corrompue), qui décide de mettre le feu au laboratoire de drogues caché dans la maison du dealer.

Voici donc une interview pour montrer un fait très important dans la scène straight edge : beaucoup de gens ne sont pas devenus straight edge parce qu’ils ont toujours refusé les drogues, mais justement parce qu’ils y ont été confrontés personnellement, ou bien n’y ont pas été confrontés personnellement directement, mais par l’intermédiaire de leur entourage proche.

La tradition anti-straight edge fait toujours passer les straight edge pour des gens sectaires et bornés, qui considéreraient les personnes droguées comme des moins que rien devant être « liquidés. »

Une vision totalement ridicule et totalement fausse, n’ayant comme seul résultat le fait que dans leur délire les fachos (qui sont tout de même des figures de l’éthylisme) trouvent parfois « sympathiques » les principes straight edge !

Devenir straight edge ce n’est pas être contre les êtres humains, c’est être contre les drogues !

La chanson d’Earth Crisis « To ashes » (« Réduit en cendres ») traite d’un sujet qui est assez difficile et il te concerne. Peux-tu nous en parler?

Oui, la chanson « to ashes » traite d’une accusation d’incendie pour laquelle j’ai été inculpé en 1997, pour avoir brûler la maison d’un dealer de méthamphétamine et le laboratoire de méthamphétamine qui était dans la maison.

Ce dealer de drogues a vendu son poison dans ma ville natale pendant près de 20 ans. Il avait corrompu la moitié de la police locale et rendu dépendante à son poison la moitié de ma classe de faculté, y compris mon frère, qui avait alors été diagnostiqué comme souffrant de « troubles bipolaires provoqués par la drogue », ce qui est seulement une manière détournée de dire qu’il avait perdu la tête à cause de la drogue.

J’ai fait tout ce que j’ai pu trouver à faire, même parler avec le dealer de drogue, sans aucun résultat. Alors, j’ai décidé de prendre la loi entre mes mains et j’ai brûlé jusqu’aux fondations sa maison, dans un incendie qui a mis 17 heures à s’éteindre.

J’étais sous la surveillance du FBI, chose que je ne savais évidemment pas alors. Il y a des choses intéressantes qui sont arrivés à ce niveau.

D’abord, comme la maison n’était plus une structure tenant debout, les fédéraux ont eu la possibilité de rechercher sans mandat dans ce qui restait. Ils ont trouvé presque 1 million de dollars de drogues. Ensuite, le dealer a tout révélé sur ses amis dealant de la drogue. Et avec le temps ce sont je crois 13 dealers de méthamphétamine qui ont été mis en prison dans quatre Etats américains.

En ce qui me concerne, j’ai fait quatre années de prison pour avoir détruit par le feu son antre de drogues. Je ne le regrette en rien. Mes quatre années d’emprisonnement ne sont qu’un petit prix à payer pour un tel résultat positif.

Comment es-tu devenu straight edge, et qu’est-ce que cela signifie pour toi?

J’ai maintenant 33 ans, je suis straight edge depuis 18 années et vegan depuis 13 années. Je suis devenu straight edge principalement pour me rebeller contre ma famille. Mon père était un alcoolique terrible, et ma mère et mon frère étaient tous les deux dans la drogue.

Je ne voulais pas terminer comme cela. J’avais 15 ans et j’ai écouté un groupe appelé « gorilla biscuits » hurlant le message straight edge. Je l’ai aimé au moment je l’ai écouté! J’ai imméditament su que c’était cela pour moi.

C’est également par l’intermédiaire du straight edge que j’ai appris ce qu’était le véganisme, qui je pense est la cause la plus importante et ayant le plus de valeur sur cette planète.

En ce qui concerne ce que représente straight edge pour moi, c’est pas de drogues, pas d’alcool, pas de proximité (sexuelle), tant que je serais en vie.

Cela signifie également se soulever contre la culture de la drogue et l’apathie.

Penses-tu que la chanson d’Earth Crisis reflète la complexité de qui t’est arrivé et de ce que tu as ressenti?

Je pense que cela le retranscrit très bien, bien entendu il n’y a que ce qu’on peut mettre dans une vidéo de quelques minutes. Mais Karl [chanteur d’Earth Crisis] et les autres ont fait un très beau boulot! Cela m’étonne vraiment de voir mon histoire dans une chanson et une vidéo de mon groupe préféré! Je suis très honoré par tout cela. Je suis simplement content si mon histoire éduque ou inspire quelqu’un.

La personne interviewée participe aujourd’hui à un sanctuaire pour animaux aux Etats-Unis.

« Les flammes pourpres
Contre le ciel obscur
L’acte ultime d’une intervention
Pas d’autres options restantes à part rendre les coups
Visant à attaquer la source
L’origine éradiquée

……

Il n’y a pas d’option. Il n’y a pas de recours.
Il n’y a pas d’autre voie.
Chaque laboratoire de méthamphétamine incendié
Réduit en cendres
Chaque laboratoire de méthamphétamine incendié »
(Earth Crisis, To ashes)