La NRA (Nuclear Regulatory Authority – Commission de régultion atomiques, créée en septembre 2012) avait publié un rapport concernant des prédictions en cas de fusion totale des réacteurs d’une centrale. On apprend qu’en réalité celui-ci comportait de nombreuses erreurs, et que la correction qui a été faite suite à la découverte ce celles-ci en contenait encore des nouvelles. Pour la NRA cela n’aurait pas un impact significatif sur les prédictions effectuées.
Pourtant, c’est tout le chemin qui a permis d’aboutir à ce rapport qui pose problème : la NRA a délegué la JNES (Japan Nuclear Energy Safety organization) pour effectuer les calculs, et celle-ci a à son tour délegué le travail à un sous-traitant privé. Et chez ce dernier, tous les calculs auraient été effectués par une seule personne qui a pris les données météorologiques données par l’industrie nucléaire, les a rentrées dans un code de dispersion des polluants de l’autorité de sûreté américaine, puis personne n’a vérifié quoi que ce soit.
Entre le mars 2011 et septembre 2012, 24 118 personnes ont travaillé sur le site de Fukushima-Daiichi. Et seulement 3,7 % se sont vues proposées un dépistage du cancer gratuit par le gouvernement et TEPCO : celui-ci est réservé aux personnes ayant reçu plus de 50 mSv (milli Sievert) entre mars et décembre 2011, ou plus exactement aux personnes équipées d’un dosimètre ayant enregistré plus de 50mSv…ce qui n’est pas le cas de la majorité des travailleurs à cette période où seul les chefs d’équipes en étaient équipés.
Toutes les personnes qui n’ont pas pu travailler avec un dosimètre sont donc particulièrement inquiètes car pour l’instant elles ne peuvent bénificier de ces dépistages gratuits, et revendiquent donc le droit à un dépistage gratuit pour tous.
Mercredi 21 novembre, une nouvelle fuite de la station de traitement des eaux contaminées a été détectée, 176 litres d’eau ont fuit avec une contamination de : 370 000 Bq/L (Becquerels/litre) de césium 134, 650 000 bq/L de césium 137, 3 500 Bq/L de cobalt 60 et 1 900 Bq/L de manganèse 54. La fuite a été réparée et l’eau essuyée.
Les boues des stations d’épuration radioactives et de cendres d’incinérateurs de déchets sont en véritables problèmes : il y en a actuellement 87 800 tonnes et le gouvernement ne sait pas comment gérer cette situation. Les estimations étaient de l’ordre de 50 000 tonnes, il y en 37 000 de plus. De plus, le gouvernement s’était engagé à prendre en charge tous ces déchets dont la contamination dépasse les 8 000 Bq/kg, mais pour l’instant il n’arrive pas à trouver le moindre lieu pour un site de retraitement : tout le monde refuse de voir arriver un site de retraitement pour ces déchets. La majorité de ces déchets se trouvent dans la province de Fukushima qui cumule à elle-seule 70 000 tonnes.
Les travailleurs de Fukushima ne sont pas les seuls à s’exposer à des radiations plus importantes que prévues et avoir fait les frais d’une gestion dangereuse de la catastrophe. Des simples personnes qui s’estimaient à l’abris en extérieur à des endroits situés au-delà du rayon de 20 km autour de la centrale ont reçu des doses allant jusqu’à 11 mSv durant les quatre premiers mois de la catastrophe. Ceci peut paraître faible, mais à titre d’exemple la dose moyenne reçue par personne en France est de 2,4 mSv/an.
Au total, 120 personnes ont reçu une dose supérieure à 10 mSv (en dehors des travailleurs de la centrale) pour l’instant.