Archive for avril 2011

De l’uranium détecté en Californie

Hier il y avait encore 45 enfants dans le village de Iatate-mura qui est situé à 40 kilomètres de la centrale de Fukushima et qui est particulièrement contaminé. Cela fait pourtant plusieurs semaines que les autorités sont censées organiser l’évacuation. Une mère a expliqué que malgré ses inquiétudes pour la santé de son fils, elle n’avait pas les moyens de partir.

Dans la région la dose radioactive annuelle est estimée à 62 millisieverts, la limite pour l’évacuation est de 20 millisieverts par an.

Autre information inquiétante : de l’uranium a été détecté en Californie.

D’après un certain nombre de spécialiste il s’agirait bien d’uranium provenant de la centrale de Fukushima.

C’est en tout cas l’avis de la Low level radiation campaign (LLRC) une organisation s’intéressant aux dangers des « très faibles doses » de radioactivité.

L’uranium a été detecté et analysé par l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA).

L’EPA fournit également des données pour les Iles Marianne (à 2800 km au sud de Fukushima), Hawaï, et Seattle. La LLRC après avoir re-analysé ces données montre clairement que le niveau de radioactivé en uranium diminue lorsqu’on s’éloigne du Japon.

Toujours d’après la LLRC, des « niveaux élevés d’uranium ont été trouvés dans les filtres dont l’EPA dispose dans le Pacifique nord ».

Notons que pour le moment ni TEPCO ni le gouvernement japonais n’ont fourni de données concernant les taux de radioactivité en plutonium et uranium qui sont les particules radioactives parmi les plus dangereuses.

Ne pas faire confiance au gouvernement…

La température diminue dans le réacteur numéro 1

La température au sommet du réacteur numéro 1 a diminué suite à l’injection d’eau dans l’enceinte de confinement, à raison de 10 tonnes d’eau par heure. Elle était de 107°C hier à 11h, soit 25°C de moins par rapport au début de l’opération.

Toujours dans le réacteur numéro 1, le dernier niveau de dose détecté par les robots est de 1 120 sieverts par heure dans le bâtiment au niveau des pompes, au rez de chaussée.

TEPCO a annoncé hier que le niveau de l’eau dans le réacteur numéro 2 avait baissé de 10 cm après 9 jours de pompage.

On apprend que par crainte de manque de main d’oeuvre qualifiée dans les centrales japonaises, le gouvernement envisage d’augmenter la dose limite pour les travailleurs du nucléaire. En effet, de nombreux travailleurs d’autres centrales qui travaillent actuellement à Fukushima ont déjà atteint la limite maximale annuelle. Elle est aujourd’hui de 50 millisieverts par an, et de 100 millisieverts sur 5 ans.

Par ailleurs, 45 personnes vivent toujours dans la zone interdite d’accès à 20 kilomètres autour de la centrale, de la nourriture leur ait fourni une fois par semaine pour éviter qu’elles ne meurent de faim.

La catastrophe de Fukushima pourrait se révéler pire que celle de Tchernobyl

Hier TEPCO a réévalué l’endommagement des combustibles pour plusieurs réacteurs de la centrale de Fukushima. Si pour le réacteur n°1 l’endommagement est plus faible que prévu (55% au lieu des 70% initialement annoncés) pour les réacteurs  n°2 et n°3 le combustible est davantage endommagé (35% au lieu de 30% pour le n°2 et 30% au lieu de 25% pour le n°3).

Dans le réacteur n°4, malgré l’injection de 140 à 210 tonnes d’eau chaque jour, le niveau reste plus bas qu’il ne devrait l’être (de 10 à 40 cm trop bas). Cela semble confirmer la présence d’une fuite au niveau de la piscine du réacteur.

D’après la médecin et militante anti-nucléaire Helen Caldicott, qui étudie depuis plus de trente ans les effets de la radioactivité nucléaire, la situation serait même bien pire que celle de Tchernobyl et les conséquences en seront donc encore plus meurtrières.

D’après elle Tchernobyl aurait entrainé plus d’un million de décès.

La situation serait pire pour plusieurs raisons :

- Jamais auparavant 6 réacteurs d’une même centrale ont été endommagé, au même moment.

- Les barres de combustibles ont fondu, comme à Tchernobyl et Three Mile Island, à la différence que les systèmes de refroidissement, même ceux de secours, ne fonctionnaient plus.

- la présence du combustible MOx, davantage chargé en plutonium (qui est un des éléments radioactif les plus meurtriers) que le combustible « classique ».

Le fait que l’océan ait été gravement contaminé est aussi très inquiétant, aussi bien de ses habitants que pour la planète entière.

On apprend également par Helen Caldicott que trois ingénieurs qui ont participé à la conception de Fukushima ont quitté le projet en raison des problèmes de sécurité propres à la centrale et des risques de séismes.

Nouvelle hausse des limites d’exposition pour les enfants

L’enceinte du réacteur n°1 laisse elle aussi échapper de l’eau à l’extérieur, dans l’océan. D’après TEPCO il ne s’agirait pas de « fuites d’eau importantes ».

L’eau dans le réacteur n°2 ne descend pas malgré le pompage. Elle est toujours à 89 cm sous le niveau de débordement. Par ailleurs l’autorité de sûreté nucléaire japonaise a publié un rapport à propos de la fuite d’eau radioactive qui s’est déversée durant plusieurs jours dans l’océan. Le document est en anglais et au format PDF ici.

Dans le réacteur n°3 l’eau continue de monter dans les galeries souterraines. TEPCO ne peut pas évacuer cette eau car il n’y a plus de cuve de stockage disponible. La situation est la même pour le réacteur n°4 avec un niveau de radioactivité de l’eau environ 250 fois plus élevé qu’un mois auparavant.

Apparemment le gouvernent japonais aurait à nouveau revu à la hausse la dose admissible de rayonnements ionisants pour les enfants de la préfecture de Fukushima. Elle serait de 3,8 microsieverts par heure, soit plus de de 33 millisieverts par an. En France la limite est de 20 millisieverts par an pour les travailleurs du nucléaire et de 1 millisievert par an pour la population.

Cela est d’autant plus inquiétant que les enfants sont beaucoup plus sensibles aux rayonnements et plus vulnérables aussi sur le long terme. Le risque de développer un cancer à cause des rayonnements radioactifs est de 3 à 4 fois plus élevé pour les nourrissons (moins d’un an). Il est deux fois plus important pour les nourrissons de sexe féminin que pour les nourrissons de sexe masculin.

De plus une récente étude menée pendant 25 ans en Allemagne révèle que pour les enfants de moins de 5 ans et vivant à moins de 5 km d’une centrale nucléaire (fonctionnant « normalement ») le risque de développer une leucémie est doublé.

Nous apprenons également qu’en cas de pannes ou de coupures de toutes les sources électriques régulières dans les centrales nucléaires japonaises la plupart des réacteurs ne parviendrait pas à maintenir un état stable, les générateurs électriques de secours ne suffiraient donc pas.

Malgré cela le gouvernement japonais a affirmé qu’il va continuer ses efforts pour promouvoir l’exportation de la technologie nucléaire.

Après avoir été abandonnés, des milliers d’animaux vont être tués

On apprend que dans la zone interdite d’accès (20 kilomètres autour de la centrale) les animaux considérés comme du « bétail » seront tués ! Les autorités préfectorales justifient cette décision en parlant de mesure de santé publique. Rappelons que la situation des animaux dans cette zone est catastrophique et que les informations à leur sujet sont toujours aussi rares !

Dimanche, TEPCO a injecté 210 tonnes d’eau dans la piscine du réacteur numéro 4 en raison de la température qui reste trop élevée : elle était de 81°C. Cette grande quantité d’eau s’ajoute aux 165 tonnes d’eau qui avaient été injectées la veille. Tout ceci est nettement supérieur aux 70 tonnes par jour auxquelles TEPCO espérait pouvoir s’en tenir, et la crainte de voir un volume d’eau trop important endommager le réacteur n’est donc toujours pas écartée.

D’après un rapport de TEPCO, approuvé par l’organisme gouvernemental de la sûreté nucléaire, la quantité de substances radioactives ayant été déversée début avril dans l’océan était de 20 000 fois la limite annuelle autorisée !

Le gouvernement a augmenté la limite de temps pendant laquelle les personnes habitant dans la zone interdite d’accès peuvent récupérer des affaires de 2h à 5h.

Manifestations pour la sortie du nucléaire

Deux manifestations rassemblant chacune plusieurs milliers de personnes ont eu lieu hier à Tokyo, l’une en centre-ville, l’autre à quelques kilomètres de là. Toutes deux réclamaient la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables.

De son coté le gouvernement japonais continue d’affirmer la nécessité du nucléaire : « Nous ne pouvons nous passer de l’énergie nucléaire, mais nous devons réfléchir aux plans et au calendrier de construction de nos centrales ».

Concernant la centrale de Fukushima, TEPCO a annoncé samedi avoir pompé 930 tonnes d’eau des sous-sols du réacteur numéro 2. Rappelons qu’au total ce sont près de 14 000 tonnes d’eau qui ont été injectées dans ce réacteur.

Voici quelques photos des manifestations :

 

Inquiétude à propos de la solidité des enceintes des réacteurs 1 et 4

Le réacteur n°1 est l’objet de nouvelle crainte à la centrale de Fukushima, le gouvernement s’inquiète de la solidité de l’enceinte de confinement.  TEPCO  injecte dans la cuve 6 tonnes d’eau par heure. Par le contact avec le combustible très endommagé, l’eau s’évapore pour se recondenser dans l’enceinte de confinement. L’accumulation de l’eau exerce alors une importe pression sur les parois, ce qui peut être dangereux en cas de séisme. L’eau serait à peu près à mi-hauteur de l’enceinte.

Dans le réacteur n°4, malgré l’apport en eau permanent, la température est toujours au dessus de 90°C. La crainte est que le poids de l’eau puisse endommage le bâtiment.

Près du réacteur n°3 a été retiré un gravat ayant un débit de dose de 900 millisieverts par heure.

Hier ils étaient 30 intervenants à avoir été exposé à une radiation dépassant les 100 millisieverts à Fukushima.

Les autorités de la préfecture de Fukushima envisagent par ailleurs de mettre en place des bilans de santé réguliers pour les résidents, et de suivre sur le long terme la santé des enfants. Mais d’après eux les taux de radioactivité ne sont, pour le moment, pas un danger pour la santé des habitants.

 

La zone interdite d’accès s’étend

Le gouvernement a interdit l’accès à la zone se situant à 20 kilomètres autour de la centrale de Fukushima, cette mesure concerne directement les 80 000 personnes qui y vivaient. Elles pourront toutefois retourner chercher leurs affaires selon certaines conditions : 1 personne par famille au maximum pendant deux heures, avec une combinaison de protection et un dosimètre individuel.

On apprend également que 30 000 cochons, 600 000 poulets et 3 000 vaches y sont laissés pour compte. Et il semble que la seule proposition qui a été formulée est de les abattre ! Elle provient de certains fermiers qui en ont demandé l’autorisation (pour éviter que les animaux meurent de faim), chose qui n’a pas été acceptée à cause des fuites radioactives qui persistent.

Par ailleurs, suite à l’annonce de l’interdiction concernant la zone à 20 kilomètres autour de la centrale, on apprend que plusieurs villes en dehors de cette zone vont être évacuées d’ici fin mai.

Mercredi, le bilan officiel concernant les victimes depuis le 11 mars s’élèvait à 14 063 morts, à 13 691 personnes disparues et 2 285 blessées. Depuis le 11 mars, 12 000 personnes ont été engagées dans les opérations de secours.

Le niveau d’eau monte dans le réacteur numéro 3

Le réacteur numéro 3 est sujet à une augmentation inquiétante du niveau d’eau dans les sous sols. Le risque est que celle-ci déborde : elle était hier à 108 cm au dessous du niveau du sol. D’autant que le condenseur est plein et que TEPCO ne sait pas où mettre l’eau !

La fuite d’eau dans le réacteur numéro 2 aurait été colmatée et on estime à 520 tonnes la quantité d’eau hautement radioactive rejetée. Ce rejet s’élève à environ 4 700 térabecquerels (téra = million de million), soit 940 térabecquerels de de césium 134, autant de césium 137, et 2800 térabecquerels d’iode-131. Cela représente 20 000 fois la limite annuelle autorisée !

Les opérations de pompage dans le réacteur numéro 2 devraient se terminer le 14 mai. On apprend que le robot qui a été envoyé a été « aveuglé » à cause de buée due à la présence de vapeur. Ceci créé des difficultés supplémentaires dans ses opérations de mesure et d’inspection.

La chaleur devient de plus en plus problématique pour les personnes travaillant sur le site. Entre la combinaison et le masque qui empêche de boire fréquemment, les risques d’arrêts cardiaques vont s’accroître.