Cela fait à présent trois mois qu’ont eu lui le séisme et le tsunami qui ont entraîné la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima.
Trois mois après, la situation reste très préoccupante et n’est toujours pas stabilisée.
L’Autorité de sûreté nucléaire japonaise (NISA) a, ces derniers jours, révélé de nouvelles informations sur la chronologie des événement dans les réacteurs n°1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima.
Ainsi dans le réacteur n°1 les barres de combustibles ont été exposées à l’air deux heures après le séisme et la fusion du cœur a eu lieu 5 heures après le séisme, soit environ dix heures plus tôt que l’estimation de TEPCO .
La fusion a eu lieu 80 heures après le séisme pour le réacteur n°2 et 79 heures après pour le réacteur n°3. Soit respectivement 29 heures plus tôt et 13 heures plus tard par rapport aux estimations de TEPCO.
En ce qui concerne la quantité d’hydrogène produite lors de la fusion du cœur des barres de combustibles, la NISA les a également vu à la hausse : pour le réacteur n°1 cette quantité est de 1000 kilogrammes, de 800 kilogrammes pour le réacteur n°2 et de 1000 kilogrammes également pour le n°3.
Par ailleurs, mercredi a eu lui une coupure de courant dans les salles de contrôle des réacteurs n°1 et 2 pendant trois heures, entraînant la suspension de la transmission des données et de l’injection d’azote dans le réacteur n°1. Dans le n°2, TEPCO compte débuter l’injection après avoir filtré l’air du réacteur et chassé la vapeur d’eau radioactive.
Hier, 9 travailleurs sont entrés dans le réacteur n°3 pendant 20 minutes. Ils sont ressortis après avoir mesuré un débit dose de 100 millisieverts par heure dans l’enceinte de confinement. Leur exposition a été supérieure aux 5 millisieverts par heure prévus.
Dans le réacteur n°4, des travailleurs sont entrés hier au troisième étage pour la première fois depuis la catastrophe. Ils ont ainsi pu examiner l’état de la tuyauterie et mesurer les taux de radioactivité. L’objectif est l’installation d’un système de refroidissement de la piscine, dont la température s’élève actuellement à environ 80°C.
L’océan et ses habitants continuent d’être considérés comme une simple poubelle : TEPCO envisage d’y rejeter 3 000 tonnes d’eau de mer contaminée, qui sont actuellement dans les sous-sols des réacteurs de la centrale de Fukushima Daini. Cette eau salée risque de ronger progressivement les structures et de percer ainsi l’enceinte de confinement.
Notons cependant que la concentration en césium dépasse la limite autorisé pour un rejet. Pour les autorités, le seul problème que cela poserait est la contamination des poissons qui seront ensuite pêchés. Aucune valeur n’est donc accordée ni à l’océan, comme poumon de la planète, ni aux animaux.
D’ailleurs, concernant la situation horrible des animaux victimes de cette catastrophe voici une vidéo (datant du mois d’avril) d’un élevage de vaches dans les alentours de Fukushima après l’évacuation. Les vaches, qui ont été totalement abandonnées, restent enfermées dans leur enclos et finissent par mourir de faim.
1700 enfants habiteraient encore la zone comprise entre 20 et 30 kilomètres autour de la centrale de Fukushima, malgré les recommandations d’évacuation. Mais beaucoup de personnes refusent de partir pour diverses raisons (refus d’abandonner ses animaux, peur de ne plus jamais pouvoir revenir chez soi, proche âgé qui refuse de partir, etc.).
Notons également que les deux travailleurs fortement contaminés ont vu leur doses réévaluées (en hausse) : un a reçu 643 millisierverts et l’autre 678 millisierverts.