Archive for juillet 2011

Pluies torrentielles et séisme au Japon

Depuis quelques jours des pluies torrentielles s’abattent sur le nord Japon et particulièrement dans la province de Fukushima et celle de Niigata.

Un personne est morte noyée et 300 000 personnes ont été invitées par les autorités à quitter leur domicile.

De plus dans la nuit de samedi à dimanche à 03h54 (heure japonaise) un séisme de magnitude 6,4 s’est produit dans le nord-est du Japon. Son épicentre était situé au large des côtes de la préfecture de Fukushima. Aucune alerte tsunami n’a été déclenchée et il n’y aurait aucune victime.

Voilà des faits qui démontrent une fois de plus que la planète Terre n’est pas un gros caillou mais bel et bien un système vivant complexe.

Du coté de la centrale de Fukushima Daiichi, d’après TEPCO les trois réacteurs accidentés rejettent actuellement 1 milliard de becquerels par heure.

TEPCO essaye également de mesurer les taux de contamination de l’air présent à l’intérieur des enceintes de confinement des réacteurs n°1 et 2  pour avoir une estimation plus précise des rejets aériens des trois réacteurs. Le réacteur n°3 est trop radioactif, ce qui empêche de telles mesures.

D’autre part, l’eau des sous-sols des réacteurs n°2 et 3 n’est plus pompée car la cuve est pleine et la station d’épuration ne peut traiter autant d’eau qu’initialement prévue. Selon TEPCO il n’y a pas de risque de débordement et le pompage devrait recommencer lundi.

Par ailleurs un nouveau scandale à éclater au Japon concernant entre autre la NISA (l’autorité de sûreté nucléaire japonaise) et TEPCO.

Lors d’un forum en 2007 sur l’utilisation, pour les réacteurs de la centrale nucléaire de Hamaoka, du combustible MOX (qui est un mélange de plutonium et d’uranium, présent également dans le réacteur n°3 de la centrale de Fukushima Daiichi)  la NISA aurait demandé à l’exploitant de Hamaoka (Chubu Electric Power Co.) de placer dans le public des personnes favorables au MOX.

Ainsi sur 524 participants à ce forum environ 150 seraient lié à l’exploitant.

Ainsi des employés, des sous-traitants et des associations ont été poussés à participer au forum, à préparer des questions et des interventions positives pour orienter le débat en faveur du nouveau combustible.

7 compagnies d’électricité du Japon (dont TEPCO) ont également admis avoir incité leurs salariés à participer aux débats.

Un manque de personel pour les centrales japonaises

Mardi, TEPCO a décidé d’envoyer un robot examiner les tuyaux et les valves du réacteur n°3  dans le but d’y détecter une éventuelle fuite car ce réacteur nécessite beaucoup plus d’eau que les autres. Le robot n’ayant détecté aucune anomalie (il a toutefois mesuré un débit de dose qui est monté jusqu’à 75 millisieverts par heure), TEPCO a envoyé mercredi 6 personnes dans les 1er et 2e étages pour voir s’il est possible d’utiliser la tuyauterie pour le refroidissement.

Selon un document interne du ministère de l’économie et de l’industrie, le nombre de travailleurs qui auront reçu une dose supérieure à 50 millisieverts sur le site de Fukushima pourrait s’élever à 1600. Actuellement, TEPCO fait état de 416 personnes, employées directement par TEPCO ou par des sous-traitants, qui ont reçu des doses supérieures à 50 millisieverts.

Sachant que la limite annuelle est de 50 millisieverts, ces personnes ne peuvent théoriquement pas retourner travailler sur d’autres sites, ce qui n’est pas sans poser de problèmes quant à la sûreté de ces centrales.

Ce problème avait déjà été soulevé fin mai (nous en parlions ici), l’idée était de supprimer la limite de 50 millisieverts par an et ne garder que celle de 100 millisieverts sur cinq ans.

On apprend que sur les 122 personnes qui ont participé au test de contamination interne, du césium a été détecté dans les urines de la moitié d’entre elles. Toutefois, les niveaux détectés seraient faibles d’après les autorités : cette contamination représenterait une dose inférieure à 1 millisievert sur une année.

Le gouverneur de Niigata a déclaré que les réacteurs n° 2 à 4 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, qui est la plus puissante au monde avec ses 7 réacteurs, ne redémarreraient pas tant que l’on aura pas compris ce qui s’est passé à Fukushima.

L’AIEA salue les efforts de TEPCO

Vendredi l’alimentation électrique des réacteurs n°3 et 4 de la centrale de Fukushima Daiichi a été coupé, apparemment à cause d’une surtension.

Si l’injection d’azote et d’eau dans l’enceinte du réacteur n’a pas été stoppée, la décontamination de l’eau radioactive et le système de refroidissement de la piscine ont été momentanément suspendus, pendant environ 5 heures.

Par ailleurs, notons que l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) a salué « les progrès significatifs réalisés par Tokyo Electric Power (Tepco) pour mettre en oeuvre sa feuille de route destinée à contenir et stabiliser la situation ».

L’Agence juge ainsi possible la mise en place de l’arrêt à froid des réaceurs dont le combustible a été gravement endommagé.

Ensuite le nettoyage de la centrale pourrait s’étaler sur plus de dix ans.

Si TEPCO a tenu certains délais, les problèmes persistent

La station d’épuration a connu de nouveaux problèmes lundi : son débit est descendu à 37 tonnes d’eau par heure. Rappelons que la station était prévue pour pouvoir en traiter 50 par heure. TEPCO ne connait pas l’origine de cette baisse.

Dans le réacteur n°1, une nouvelle baisse du débit d’eau injectée a été détectée dimanche passant de 3,7 à 3 tonnes d’eau par heure. Il s’agit de la troisième baisse en moins d’un mois. Selon TEPCO, une tuyauterie entartrée pourrait être à l’origine de ces dysfonctionnements.

Les systèmes de refroidissement des piscines des réacteurs n° 1, 2 et 3 fonctionnent en circuit fermé. L’eau injectée dans les réacteurs n° 1, 2, 3 provient de la station d’épuration, mais cette eau continue à fuir dans les sous-sols.

De plus, de l’azote est injecté dans ces mêmes réacteurs afin d’éviter une explosion due à une trop forte concentration en hydrogène.

Dimanche marquait la tenue des délais pour la première feuille de route concernant la centrale de Fukushima : injection d’azote dans les réacteurs n°1, 2 et 3, ainsi que la mise en place de systèmes de refroidissement en circuit fermé.

La station d’épuration toujours en panne

Une nouvelle fois la station de décontamination de l’eau radioactive à la centrale de Fukushima Daiichi a dû être arrêtée.

Actuellement, seulement 37 tonnes d’eau peuvent être traitées par heure. Cela représente une baisse de 20% de la capacité de traitement de la station.

L’objectif de TEPCO était un traitement de l’eau en continu à partir du 17 juillet. Ce ne sera pas le cas.

Dans le réacteur n°3, alors que l’injection d’azote (pour éviter une explosion d’hydrogène) a débuté jeudi, le lendemain TEPCO a déclaré que malgré l’injection de 200 m3 d’azote dans la cuve du réacteur, la pression n’a pas augmenté.

Il y a donc de fortes chances pour qu’il y ait une fuite.

Pour un avenir sans nucléaire !

Un plan pour les combustibles

On apprend que le combustible entreposé dans les piscines 1 à 4 sera retiré entre 2014 et 2016, selon le plan de la commission pour l’énergie nucléaire du gouvernement japonais. Toutefois, TEPCO ne sait pas quoi en faire : ce combustible sera transféré dans une autre piscine sur le site en attendant de trouver une autre solution.

Le combustible fondu pose plus de problèmes, et le plan de la commission est très vague à ce sujet. En effet, il est prévu de le maintenir noyé jusqu’en 2021, malgré que les cuves et les enceintes de confinement soient percées. D’ici là, TEPCO doit trouver un moyen de colmater les fuites.

Dans les sous-sols des réacteurs, l’eau contient 800 000 térabecquerels (c’est-à-dire huit cent mille million de millions de becquerels), ce qui est énorme. La moindre fuite représente donc une menace considérable pour l’environnement. La construction d’une barrière souterraine est prévu, elle devrait être financée à la fois par le gouvernement et TEPCO (son coût s’élève à 870 millions d’euros).

La station d’épuration a été suspendue pendant 8 heures mardi, en raison d’un joint qui a été rongé par des produits chimiques.

Le sort des animaux n’intéresse les autorités que lorsqu’il s’agit de la viande, ou de la pêche. Cela se confirme malheureusement encore une fois : toutes les vaches qui vivent dans les fermes de la zone d’évacuation seront tuées…pour regagner la confiance des consommateurs.

Quant à l’océan rappelons que de l’iode 131, du césium 134 et du césium 137  ont été retrouvé dans l’eau de mer à 40 kilomètres de la centrale.

La contamination des êtres vivants marins se fait en autre par les algues qui par leurs propriétés concentrent un nombre important d’éléments radioactifs. Or ces algues nourrissent des milliers de petits organismes marins, eux-mêmes nourrissant les grands mammifères marins.

Il n’est donc pas étonnant qu’avec toute la pollution radioactive rejetée dans l’océan, du césium ai été détecté lors de l’analyse de deux baleines abattus au large d’Hokkaido dans le cadre de la chasse commerciale.

A Daté sur les 113 familles à qui l’on a conseillé d’évacuer, 71 veulent partir, 21 préfèrent rester, et 21 n’ont pas répondu.

Toujours à Daté, des volontaires ont commencé à décontaminer l’école élémentaire de Tominari et sa piscine. Celle-ci contenait 100 à 600 becquerels de césium par litre, depuis elle est passée à 20 becquerels par litre grâce au filtrage avec des zéolites, soit moins que la nouvelles limite pour les eaux de baignade qui est de 50 becquerels par litre.

Remédier à la catastrophe de Fukushima prendra plusieurs décennies

Alors que les chaudes et ensoleillées journées d’été approchent au Japon, dans la ville de Fukushima les gens évitent autant que possible de sortir de chez eux par crainte d’une trop forte exposition à la radioactivité.

Et les nouvelles déclarations du premier ministre japonais ne sont pas spécialement rassurantes. 

Celui-ci a en effet déclaré hier à propos de la centrale de Fukushima Daiichi qu’ « il faudra trois, cinq, voire 10 ans pour parvenir à en reprendre le contrôle, et même plusieurs décennies pour remédier aux conséquences de l’accident ».

Il a également annoncé que le combustible nucléaire fondu dans les réacteurs devrait être retiré vers 2021.

Cependant d’après le gouvernement et des données récupérées par hélicoptère, le débit de dose a baissé d’environ 20% dans un rayon de 80 kilomètres autour de la centrale de Fukushima Daiichi par rapport à la fin du mois d’avril.

Les fortes pluies de ces dernières semaines ont certainement fait tomber un certain nombre de particules radioactives au sol.

Rappelons quand même que si plusieurs bilans des dégâts humains et matériels ont été fait dans les alentours de la centrale, aucun bilan sérieux de l’impact qu’a eu la catastrophe sur la nature, l’océan et les animaux n’a eu lieu.

A la centrale de Fukushima Daiichi TEPCO a déclaré qu’il renonçait à ce que la station d’épuration soit opérationnelle à 100% et se contentera de 80%.

La question de la solidité de la station se pose aussi car sa mise en place s’était faite dans l’urgence.

Pour l’instant environ 15 000 tonnes d’eau ont été traitées.

Dans le réacteur n°3 TEPCO laissait entendre le 7 juillet qu’en raison d’un très haut niveau de radioactivité l’injection d’azote (visant à éviter une explosion d’hydrogène) allé être repoussé. Pourtant, le lendemain, l’exploitant décidait d’envoyer des travailleurs dans le bâtiment pour voir si l’installation du système d’injection était possible. Les robots dont dispose TEPCO ne pouvaient pas effectuer cette reconnaissance parcqu’ils étaient bloqués par des débris aux sols.

La contamination des sols à la ville de Fukushima est préoccupante

La municipalité de Daté, située à 60 kilomètres au nord-ouest de la centrale de Fukushima, a déclaré qu’elle comptait décontaminer la partie directement concernée par l’évacuation de 113 familles.

Une étude menée du 26 au 30 mars sur 1080 enfant de 0 à 15 ans par la commission de sûreté nucléaire japonaise, dans les villes d’Itate, Kawamata, et Iwaki (respectivement dans les parties nord-est, et dans le sud-est de la préfecture de Fukushima), a révélé que 45% des enfants ont la thyroïde contaminée.

Les résultats d’une autre étude menée dans le ville de Fukushima par un groupement d’associations sur les contamination des sols de la ville a été rendu. Jusqu’à 931 000 becquerels par mètre carré en césium radioactif ont été mesurés en un point. En d’autres points, 46 540, 326 00 et 384 000 becquerels par mètre carré ont été enregistrés. Rappelons que la limite légale au Japon est de 10 000 becquerels par mètre carré, et que la ville de Fukushima, où vivent 300 000 personnes, est à 63 kilomètres au nord-ouest de la centrale de Fukushima.

Par ailleurs, à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi une baisse de la quantité d’eau injectée dans le réacteur n°1 a été détectée lundi matin vers 8h. Elle aurait débuté dimanche soir aux alentours de 21h. Le débit était de 3 tonnes d’eau par heure, contre 3,7 en temps normal. Le débit est revenu à la normale en moins d’une heure. TEPCO ne connait pas la cause de l’incident, mais cela n’a pas eu de conséquences sur la température du réacteur.

Stop Nucléaire !