Archive for octobre 2011

La situation des réfugiés de Fukushima peine à s’améliorer

La situation pour les réfugiés de la catastrophe de Fukushima est toujours très précaire.

L’écrasante majorité vit toujours dans des hébergements d’urgence,et très peu sont ceux qui parviennent à trouver du travail.

Le gouvernement vient d’annoncer, d’après la décision de la commission de compensation, que seules les personnes qui avaient quitté la zone des 20 kilomètres autour de la centrale de Fukushima avant le 22 avril (date d’interdiction d’accès à la zone par les autorités) recevront une compensation. 36 000 personnes ont quitté d’elles-mêmes leurs domiciles situés dans une zone contaminée de Fukushima, mais que le gouvernement ne compte pas soutenir financièrement. A cela s’ajoute les personnes qui étaient restées pour diverses raisons (dont celle de ne pas abandonner leurs animaux qui étaient interdit d’évacuation) au delà du 22 avril dans la zone des 20 kilomètres.

Dans la zone entre 20 et 30 kilomètres quelques écoles et collèges ont rouvert, notamment dans le district de Haramachi. Les élèves ne peuvent passer que 2 heures maximum par jour à l’extérieur, et entièrement recouvert par des vêtements et un masque.

Dans ville de Tokyo plus de vingt « hot spot » (traduire par « point chaud ») ont été détectés. Est considéré comme « hot spot » une zone où le débit de dose (à un mètre du sol) est de 1 microsievert par heure supérieur au débit de dose moyen des environs.

Alors que les informations sur la contamination de l’océan sont très rares le gouvernement a publié un rapport mercredi dernier avec de nombreuses données. Cependant, les limites de détection sont très basses et ne permettent donc pas de se rendre compte de l’ampleur de la situation.

A la centrale de Fukushima, l’exploitant TEPCO estime que les rejets aériens s’élèvent toujours à 100 millions de becquerels par heure.

Des examens médicaux commencent plus tôt que prévu

Nous parlions la semaine dernière de l’eau et des déchets très fortement contaminés dont dispose TEPCO suite à la décontamination et dont l’exploitant ne sait pas quoi faire. Le même problème se pose pour de l’eau faiblement contaminée, que finalement TEPCO a décidé d’utiliser tout autour de la centrale par exemple pour prévenir les risques d’incendie en arrosant le bois, etc.

L’hydrogène présent dans le tuyau du réacteur n°1 à fini d’être évacué.

On peut trouver sur le site de TEPCO des photos des réacteurs de la centrale de Fukushima.

Des examens médicaux, pour la thyroïde, ont débuté le 9 octobre, ils visent 360 000 enfants de la province de Fukushima qui devraient tous être examinés d’ici 2014. Tous passeront ensuite des examens similaires tous les deux ans jusqu’à leurs vingt ans, puis tous les 5 ans au-delà cet âge.

Notons que ces examens ne devaient commencer qu’à partir de 2014, mais les autorités ont du mettre en place un dispositif pour les débuter dès maintenant, sous la pression des parents. De plus, seuls 30 médecins de l’hôpital universitaire de Fukushima feront passer ces examens, alors qu’il en faudrait vraisemblablement le double (voire plus).

La cartographie des conséquences de la catastrophe sur l’environnement dans différentes provinces continue, celles de Niigata (à l’ouest de Fukushima) et d’Akita (au nord-ouest de Fukushima) ont été ajoutées. L’équivalent d’une dose annuelle supérieure à 1 millisievert a été détectée en différents endroits de la province de Niigata, en particulier vers la frontière avec la province de Fukushima : des activités de 30 000 et 60 000 becquerels par mètre carré en césium 137 ont été relevées. Des opérations de décontamination ont donc été prévues. L’activité la plus élevée relevée dans la province d’Akita est quant à elle très inférieure, elle atteint 20 000 becquerels par mètre carré en certains endroits. Il reste encore 10 provinces à cartographier.

Le ministre de la santé du Japon va repasser à 100 millisieverts la limite de dose maximale reçu par les travailleurs de la centrale de Fukushima. Rappelons qu’au début de la catastrophe elle avait été augmentée à 250 millisieverts. Le ministre a d’ailleurs précisé qu’en cas de crise la limite repasserait à 250.

Ces variations de limite maximale, que ce soit pour les travailleurs du nucléaire, pour la population en général, ou pour les enfants, ne peuvent que nous faire douter de leur pertinence sanitaire.

A la centrale de Fukushima : une situation encore très instable

Le gouvernement japonais a finalement mis fin aux recommandations de se tenir prêt à évacuer ou à s’isoler pour la population vivant toujours dans la zone située entre 20 et 30 kilomètres autour de la centrale de Fukushima.

Cette décision est étonnante puisque cela insinue qu’il n’y a plus aucun risque. Alors même qu’un pourcentage important d’hydrogène a été mesuré il y a quelques jours dans un tuyau du réacteur n°1 qui aurait pu provoquer une explosion si de l’oxygène avait été présent.

En effet, alors que le 23 septembre TEPCO annonçait un pourcentage d’hydrogène aux alentours de 1% dans le tuyau, quelques jours plus tard, le 28,  l’exploitant déclarait avoir mesuré 63% d’hydrogène.

De plus de la vapeur s’échappe toujours du réacteur n°3 comme on peut le voir sur cette vidéo.

En ce qui concerne le réacteur n°2 ce sont toujours 10 tonnes d’eau qui sont injectées par heure pour le refroidir.

La situation est donc loin d’être vraiment stabilisée, il est donc surprenant que le gouvernement fasse comme si tout était sous contrôle alors que depuis à présent 7 mois TEPCO et les autorités japonaises ne font que bricoler des solutions à court terme.

Même le directeur de la NISA (l’autorité de sûreté nucléaire japonaise) a qualifié le système de refroidissement des réacteurs d’ « équipements de fortune ». En cas de violent séisme ou de tsunami la stabilité des installations est loin d’être garantie et peut faire craindre une nouvelle catastrophe.

Un autre exemple criant de comment est géré (ou plutôt n’est pas géré) la situation est que suite aux différentes opérations de décontamination TEPCO se retrouve avec 4 700 fûts d’eau à très forte contamination, avec 307 m3 de déchets très radioactifs et 581 m3 de boues extrêmement contaminées. Et personne ne sait quoi faire de tout cela.