Archive for novembre 2011

Des premiers résultats des examens de la thyroïde inquiétants

Le gouvernement du Japon exige de l’exploitant (TEPCO ) qu’il retire les combustibles usés des piscines un an avant la date prévue par la feuille de route, soit dans deux ans au lieu de trois.

Huit mois après la catastrophe de Fukushima le problème de l’inondation des sous-sols n’est toujours pas réglé puisque ceux-ci contiennent encore 77 000 tonnes d’eau contaminée. Celle-ci vient d’une part de l’eau qui est toujours versée dans les réacteurs pour garder le combustible à une température basse et d’autre part de l’eau souterraine qui s’infiltre par les fissures.

En ce qui concerne la situation des différents réacteurs : l’air est filtré dans les bâtiments des réacteurs n°1 et 2. En revanche il reste des débris hautement radioactifs dans les bâtiments des réacteurs n°3 et 4, ce qui empêche toute intervention humaine. Il est prévu qu’ils soient retirés à l’aide d’une grue.

Par ailleurs, le xenon détecté dans le réacteur n°2 dont nous parlions dans notre dernier article était lié à la fission spontanée et pas à une reprise de réaction en chaîne, d’après la NISA (l’autorité de sûreté nucléaire japonaise),

Concernant les contrôles de la thyroïde qui avaient été effectués sur des enfants de moins de 18 ans les premières statistiques viennent d’être dévoilées et sont très inquiétantes : 77% des enfants qui ont été examinés entre le 9 octobre et le 13 novembre présentent des anomalies, ce qui est largement supérieur aux résultats attendus.

 

Une réaction en chaîne dans le réacteur n°2 ?

Des traces de xénon-133 et de xénon-135 ont été détectées dans le réacteur n°2 de la centrale de Fukushima mercredi. Ces isotopes du xénon, qui est un gaz noble, sont des produits de la fission nucléaire d’une demi-vie de 5 jours pour le 133 et 9 heures pour le 135. Du bore a très rapidement été injecté dans le réacteur afin de prévenir toute réaction en chaîne.

La présence de ces deux éléments, bien que présents en faible quantité, pouvaient suggérer une réaction nucléaire. Mais TEPCO a annoncé hier (jeudi) qu’il ne s’agirait que d’une réaction ponctuelle.

Des déchets radioactifs vont être entérrés en forêt

Dans la commune d’Iitate-mura quasiment tous les habitants sont partis, à l’exception d’une centaine de résidants d’un hospice. Lors de l’évacuation il avait été considéré comme trop dangereux pour les personnes âgées d’être déplacées, la moyenne d’âge tournant autour de 86 ans. A présent et pour une durée indéterminée ces personnes sont cloîtrées à l’intérieur de l’hospice (où le débit de dose atteint 0,2 microsieverts), ne pouvant ni sortir ni ouvrir les fenêtres, l’air étant filtré. Et l’hiver approchant avec son lot de neige, la présence du personnel restant risque d’être plus compliquée d’après le directeur de l’hospice.

La semaine dernière nous avons également appris par la presse que l’Agence forestière a donné son accord aux municipalités pour l’enfouissement des sols radioactifs dans les forêts domaniales, sans aucun respect pour la nature et ses habitants.

Concernant les végétaux et les animaux, l’ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest) a publié de nouveaux résultats de contamination effectués sur des algues et des poissons qui ont été analysé par Greenpeace. Le document en français est ici.

Notons au passage que la construction de la barrière souterraine visant à stopper les fuites d’eau radioactive vers l’océan a dû débuter et devrait s’étaler sur deux ans.

Samedi dernier deux travailleurs de la centrale de Fukushima ont été blessés, dont un grièvement, lors de de la chute d’un câble qui était relié à une grue.