Archive for décembre 2011

Une commission d’experts a rendu un rapport concernant la catastrophe

Un rapport d’une commission d’enquête a été publié hier. Il pointe les défaillances de TEPCO et des autorités par rapport à la gestion de la catastrophe. D’une part le laxisme dont a fait preuve TEPCO en n’ayant pas pris en compte, volontairement, la possibilité qu’une catastrophe comme celle du 11 mars puisse avoir lieu. D’autre part le manque de réactivité dans les décisions prises par TEPCO après la catastrophe, mais également le manque de réactivité des autorités face aux événements et à la gestion de l’exploitant.

Cette commission n’est pas une initiative indépendante ou autonome puisqu’elle provient du gouvernement. Elle est composée d’experts mandatés par celui-ci, et lui a donc remis un rapport en retour.

Bien qu’en apparence cette commission ait l’air indépendante, que son rapport pointe du doigt les défaillances quant à la gestion de la catastrophe, elle ne remet en aucun cas en cause l’existence même de l’industrie nucléaire. Dans le fond, il est clair qu’un tel rapport sert le nucléaire : le rapport critique les dérives, la mauvaise gestion, le manque de communication entre les autorités et l’exploitant, les consignes d’évacuation …soit tout sauf le secteur nucléaire lui-même, dont l’image ne cesse de se dégrader depuis le début de la catastrophe.

Le 16 décembre, TEPCO a annoncé l’arrêt à froid de tous les réacteurs. Concrètement, cela signifie que leur température est inférieure à 100°C (entre 38°C et 68°C pour les réacteurs 1 à 3, au pied de la cuve). La situation n’est pas encourageante pour autant, il y en a (au moins) pour 30 à 40 ans avant que le démantèlement de la centrale n’ait lieu : il faut évacuer les combustibles endommagés, vider les piscines, chercher l’origine des fuites puis retirer le corium, avant de pouvoir commencer à démanteler la centrale.

De plus, le président de la Commission de sûreté nucléaire a déclaré que l’arrêt à froid des réacteurs n’était pas un gage de sûreté car le système de refroidissement mis en place est très précaire.

Une nouvelle fuite d’eau radioactive détectée

On apprend qu’une nouvelle fuite d’eau radioactive vers l’océan a été détectée. Environ 300 litres d’eau radioactive s’y sont répandus suite à une fuite. Au total ce sont près de 45 tonnes d’eau contaminée qui ont été détectées aux alentours d’un condensateur, dans un des bâtiments de la centrale. Une barrière de fortune a été dressée immédiatement avec des sacs de sable.

Cette eau contenait notamment du césium 137, de l’iode 131, ainsi que du strontium, trois éléments toxiques pour les humains, les animaux et l’environnement. Mais TEPCO s’est empressé de relativiser les faits en expliquant que le niveau de radioactivité de la fuite était proche de celui détecté dans l’océan dans les environs de la centrale. 300 litres (voire plus!) d’eau contaminée déversés dans l’océan, mais cela ne serait pas grave !

On voit encore que même plus de huit mois après la catastrophe, l’exploitant ne maîtrise absolument rien et continue de nier l’impact énorme de la catastrophe de Fukushima sur la planète et ses habitants.

La planète doit redevenir bleue et verte !

Nouveau rapport de TEPCO

De nouveaux « points chauds » ont été détectés à Minami-Sôma et Daté. Il a été conseillé à 37 familles de quitter leurs quartiers.

Concernant l’état du combustible dans les réacteurs n°1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima, TEPCO a rendu public mercredi dernier un rapport d’analyse. D’après l’opérateur le combustible du réacteur n°1 a complètement fondu, percé la cuve, et est allé jusqu’à s’enfoncer d’environ 65 centimètres de profondeur dans le sol en béton de l’enceinte de confinement.

Les combustibles des réacteurs n°2 et 3 ont respectivement fondu à 57 et 63% , et ils ont également atteint le béton l’érodant de plusieurs centimètres.

Toujours d’après TEPCO l’érosion a été stoppée grâce au déversement d’eau.

Dans ces trois mêmes réacteurs, TEPCO est toujours confrontée au risque d’explosion hydrogène. Pour éviter cela il y est injecté depuis plusieurs mois de l’azote.
L’exploitant de la centrale souhaite également faire remonter la température des réacteurs d’environ 10°C (passant donc de 70 à 80°C) afin d’augmenter les vapeurs d’eau. Pour cela la quantité d’eau injectée va être réduite.

Autre information très inquiétante : le résultat d’une étude (menée par les universités de Kyoto et Tsukuba ainsi que de l’Agence de météorologie nationale) indique que le fleuve Abukama a rejeté environ 52 gigabecquerels par jour dans la mer. C’est à dire 52 milliards de becquerels, ce qui est énorme et extrêmement préoccupant.