« Personne ne sait comment nettoyer la radioactivité »
Trois importantes compagnies japonaises ont décroché des contrats pour 12 projets pilotes de décontamination dans la région de Fukushima, qui s’élèvent en tout à 93 millions de dollars. Trois compagnies qui ont participé à la construction de 45 des 54 centrales nucléaires du Japon, dont celles de Fukushima Daichii.
La raison de ce choix ? D’après le gouvernement, ce sont de grandes entreprises qui ont des moyens techniques, du personnel, et du matériel de protection en quantité. En réalité, elles n’hésitent pas à sous-traiter une bonne partie du travail à des sous-traitants (qui eux-même n’hésitent à sous-traiter à nouveau). Sans parler du fait qu’il n’y a pas de réel expert en décontamination, comme le résume un employé d’un des sous-traitant : « nous sommes tous des amateurs. Personne ne sait comment nettoyer la radioactivité »
Les habitants de Iitate, un village à 39 kilomètres au nord de Fukushima, ont de leur côté commencé à tester des méthodes de décontamination avec l’aide d’universitaires. Pour l’instant la priorité est de décontaminer les forêts des montagnes avoisinantes.
Jeudi dernier, de la boue hautement radioactive a été trouvée dans une ville à 25 km au nord de Fukushima (Minamisôma). Elle a été envoyée à l’université de Kôbé ; une activité d’un million de becquerels de césium par kilo a été détectée, ce qui correspond à celle d’un déchet nucléaire à « faible » activité.
Le césium semble s’enfoncer plus rapidement dans la boue des fonds marins de la baie de Tôkyô que sur terre. Cette accumulation est due aux deux rivières qui transportent des éléments contaminés qui finissent par se retrouver et s’accumuler dans la baie.
Par ailleurs, la gestion des déchets et des débris liés directement ou indirectement à la catastrophe posent de plus en plus de problème. Seules 10 provinces sur 42 ont acceptées d’en recevoir, par crainte des contaminations radioactives.
Pour faire face, les autorité avaient décidé d’augmenter brusquement, l’année dernière, la limite de becquerels par kg de déchets incinérés. Elle est passée de 100 becquerels par kg à 8000 en prétextant qu’il s’agit de déchets qui ont vocation à être enfouis et que 99,8% des radiations émises lors de l’incinération pouvaient être bloquées. La question est donc de savoir si dans les faits 99,8% des radiations seront effectivement bloquées.





