Archive for mai 2012

Dix fois plus de césium 137 dans la piscine du réacteur n°4 qu’à Tchernobyl

Un appel international a été lancé cette semaine par 72 associations japonaises afin d’interpeler le gouvernement japonais ainsi que l’ONU sur les risques liés à la piscine du réacteur n°4 : celle-ci est la plus chargée du site (Fukushima Daiichi) avec une quantité de césium 137 dix fois plus importante que celle relâchée à Tchernobyl ! En cas de séisme les conséquences pourraient donc être dramatiques. Le document en anglais en disponible ici.

Le gouvernement tente toujours de convaincre la population autour de la centrale d’Oî des bienfaits du redémarrage de la centrale. Ce redémarrage pose encore de nombreux problèmes à la population, en particulier aux personnes vivants aux alentours proches de la centrale, notamment sur la question de la sécurité.

C’est dans ce contexte qu’une réunion publique s’est tenue à Oî fin avril avec des représentants du gouvernement et des membres de la NISA (Nuclear and Industrial Safety Agency , Agence de sûreté nucléaire et industrielle japonaise) au sujet du redémarrage des réacteurs n°3 et 4. Des mesures de sécurité importantes ont été mises en oeuvre pour cette réunion : détecteurs de métaux, fouille des sacs, interdiction d’apporter toute boisson ou toute nourriture, contrôle de tous les véhicules venant à Oî…Ceci en raison des manifestants anti-nucléaires, du moins en partie.

La question de l’évacuation des environs en cas d’accident a été évoquée mais aucune réponse concrète n’a pu être donnée. Pourtant 300 000 personnes vivent dans un rayon de 30 km autour de la centrale et sont directement concernées par un éventuel accident. De plus, il faut savoir qu’en hiver cette zone n’est pas très accessible : peu de routes et une seule ligne de chemin, ce qui n’est pas sans poser de problèmes pour une évacuation.

Pour le maire d’Ôsaka, les habitants doivent faire des économies d’énergie sinon la centrale devra être redémarrée.

On apprend que la centrale de Tsuruga (préfecture de Fukui) a très peu de chances de redémarrer d’après la Commission de sûreté nucléaire : l’exploitant doit pouvoir prouver que la faille située en dessous n’est pas active, ce qu’il aura du mal à faire.

La limite de dose pour les travailleurs du nucléaire est passée à 50 milliSieverts / an (contre 100 depuis la catastrophe), et à 100 mSv / an sur 5 ans. Toutefois 16 personnes qui ont dépassé la limite de 100mSv (annuelle) resteront tout de même sur le site de Fukushima Daiichi à la demande de TEPCO, en raison de leur expérience qui est indispensable d’après l’exploitant. TEPCO est actuellement en train de blinder la pièce où ces 16 personnes se trouvent le plus souvent – afin de limiter leur exposition.

La municipalité de Namié (préfecture de Fukushima, dans la zone des 20km) va mesurer la contamination de ses habitants en utilisant une anthropogammométrie, elle compte avoir mesuré tout le monde à la fin de l’année.

Rappelons à ce sujet que des mesures avaient été faites en février dans les forêts aux environs de la centrale à l’aide de singes et de sangliers équipés de GPS, de dosimètres et de compteurs Geiger. Cela montre à quel point la situation des animaux aux alentours de la centrale est catastrophique : abandons, exécutions, errance, et maintenant « cobayes » radioactifs.

Des mesures de protection ont été publiées et analysées par la NISA (l’Agence de sûreté nucléaire et industrielle japonaise) qui les a jugé appropriées, et ce, même si une vague de 21m venait se jeter contre le nouveau mur de 18m de haut.