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Nouvelle réplique sismique à Fukushima

Hier, pour la première fois depuis le 11 mars des travailleurs sont entrés dans le bâtiment du réacteur n°1.

Ils ont installé huit tuyaux de 30 centimètres de diamètre qu’ils ont relié au système de ventilation de la salle des machines.

L’objectif étant d’y purifier l’air, de faire baisser le taux de radioactivité afin d’envoyer des travailleurs dimanche pour rétablir le systèmes de refroidissement du réacteur.

L’opération a pris 1h30, en fonctionnant par groupes de trois et durant 10 minutes maximum pour chaque groupe. Le système de ventilation fonctionne.

Les débits de dose qui ont été mesurés allaient de 10 à 93 millisieverts par heure. Les ouvriers ont reçu des doses de 0,24 à 2,8 millisieverts, soit ce qui était prévu.

Une puissante réplique sismique (6,1 de magnitude) a eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi (à 00h58 heure locale) et a été particulièrement ressentie dans la zone de la préfecture de Fukushima.

Il n’y aurait pas de dommages ni de victimes.

L’installation du système de refroidissement est prévue pour dimanche

TEPCO a annoncé que l’installation du système de refroidissement dans les bâtiments du réacteur numéro 1 débutera dimanche. Une vidéo réalisée par TEPCO est disponible depuis hier, elle montre des images de l’intérieur des bâtiments du réacteur numéro 1. On peut la voir ici. Les images ont été filmées le 29 avril dernier par les robots dont TEPCO se sert depuis maintenant plus de deux semaines.

On apprend également que TEPCO n’avait pas mesuré la radioactivité dans le bâtiment où travaillaient les deux femmes qui ont reçu des des doses de plus de 5 millisieverts. Deux cent personnes passent chaque jour dans ce bâtiment situé à 200 mètres au nord-ouest de la centrale.

De son côté, le gouvernement déterminera au début de l’année prochaine si les réfugiés de la catastrophe de Fukushima pourront retourner chez eux.

Les animaux et les plantes, victimes aussi de la catastrophe

Lundi TEPCO a injecté 7 400 tonnes d’eau dans la cuve du réacteur n°1 de la centrale de Fukushima. Il s’agit, à peu près, de la quantité qu’elle peut contenir. Cependant, la cuve n’est toujours pas pleine. L’entreprise dit ne pas comprendre pourquoi.

L’intervention de travailleurs dans l’enceinte de ce réacteur, pour installer un système de ventilation destiné à purifier l’air intérieur, est prévue pour le 5 mai.

Presque deux mois après le tsunami du 11 mars et la catastrophe qui s’en ait suivi à Fukushima, de la fumée blanche continue à être émise par les réacteurs n°2 et 3. Elle contient très certainement de la vapeur radioactive.

Lundi seulement, nous avons appris que le système informatique japonais destiné à calculer la dispersion des gaz radioactifs n’a pas fonctionné le 11 mars, jour du tsunami, à cause d’une coupure de courant. Cela expliquerait en partie le retard qu’il y a eu pour l’évacuation de la population autour de la centrale de Fukushima.

L’indifférence de la part des autorités concernant les répercussions de cette catastrophe sur les animaux et la planète continue. Les seules informations à leur sujet concernent l’alimentation humaine.

Ainsi nous apprenons que plusieurs pâtures destinées à nourrir des vaches ont un taux de radioactivité jusqu’à 30 fois supérieur aux limites autorisées en césium. Des taux dépassant les limites ont aussi été détectés pour l’iode.

En ce qui concerne l’océan, où des milliers de tonnes d’eau radioactive ont été et continuent d’être déversées, les seules données existantes concernent l’eau de mer. Il n’y en a pour le moment aucune concernant les êtres vivants.

Hier TEPCO a rendu public de nouveaux résultats d’analyse de sédiments marins prélevés le 29 avril à quelques kilomètres de la centrale de Fukushima.

A 15 km vers le nord il y avait 1 400 becquerels de césium 137 par kilogramme de sédiments et 1300 becquerels de césium 134.

A 20 km vers le sud il y avait 1 200 becquerels de césium 137 et de césium 134 par kilogramme.

Les sédiments sont également contaminés en iode 131.

D’après une agence de presse japonaise, ces chiffres sont de 100 à 1000 fois plus élevés que le niveau de radioactivité normal .

Pour avoir une idée des taux de contamination des différents êtres vivants peuplant l’océan il faut multiplier ces chiffres par des facteurs de concentration. Vous en trouverez certains ici.

« De la fumée blanche continue à être émise par les réacteurs 2 et 3 ». Autrement dit de la vapeur contenant certainement de la radioactivité.

Les travailleurs de Fukushima pourraient retourner dans le réacteur numéro 1

TEPCO a commencé hier à installer un filtre à air dans les bâtiments du réacteur n°1 afin de réduire le niveau de radiation qui est très élevé. TEPCO espère ainsi permettre aux travailleurs d’entrer pour y installer un système de refroidissement. Ce serait alors la première fois que des travailleurs retournent dans ce réacteur depuis le 12 mars, jour où s’est produit une explosion due à l’hydrogène qui a conduit à l’émission de substances radioactives.

TEPCO envisage également la construction d’un nouveau mur anti-tsunami de 2 mètres de haut fait de pierres empilées dans une armature métallique. Le mur atteindrait alors 12 mètre au-dessus du niveau de la mer. Les galeries menant vers la mer devraient aussi être bouchées.

Dans la station d’épuration de Koriyama (dans la province de Fukushima) des concentrations élevées en césium ont été retrouvées dans la boue : 26 400 becquerels par litre. Et 334 000 becquerels par kilogramme une fois la boue asséchée. L’envoi de cette boue vers les cimenteries a été arrêté par les autorités locales.

Par ailleurs une fuite a eu lieu dans une centrale située à Tsuruga, dans la préfecture de Fukui. L’opérateur de la centrale, Japon Atomic Power Co., a prévu d’arrêter la centrale et de vérifier le système de refroidissement du réacteur numéro 2 où ont été détectées ces fuites. Il y avait lundi 4,33 becquerels par centimètre cube d’iodine-133 et 3,9 de xénon, contre 2,1 d’iodine-133 et 5,2 de xénon jeudi dernier.

Le réacteur numéro 3 menace de déborder

Dans le réacteur n°2 le niveau de l’eau a baissé de 4 centimètres depuis le début des opérations de pompages le 19 avril. Il était hier à 84 centimètres sous le niveau du sol, ce qui est peu.

Le niveau de l’eau dans le réacteur n°3 continue de monter : il était à 90 centimètres sous le niveau du sol hier matin. La priorité pour TEPCO est pour l’instant d’éviter que celui-ci ne déborde.

On apprend qu’une femme d’une quarantaine d’années, travaillant dans l’équipe médicale à Fukushima, a reçu une dose supérieure à la dose limite de 5 millisieverts en 3 mois : elle a reçu 7,49 millisieverts. Rappelons que la limite de 250 millisieverts concerne les personnes qui travaillent dans le nucléaire (en temps de crise). TEPCO avait également annoncé mercredi qu’une femme avait reçu 17,55 millisieverts.

TEPCO estime la durée nécessaire pour que le niveau de radiation commence à baisser à 3 mois, et la durée pour réduire les fuites radioactives à un niveau très bas entre 6 et 9 mois.

La température diminue dans le réacteur numéro 1

La température au sommet du réacteur numéro 1 a diminué suite à l’injection d’eau dans l’enceinte de confinement, à raison de 10 tonnes d’eau par heure. Elle était de 107°C hier à 11h, soit 25°C de moins par rapport au début de l’opération.

Toujours dans le réacteur numéro 1, le dernier niveau de dose détecté par les robots est de 1 120 sieverts par heure dans le bâtiment au niveau des pompes, au rez de chaussée.

TEPCO a annoncé hier que le niveau de l’eau dans le réacteur numéro 2 avait baissé de 10 cm après 9 jours de pompage.

On apprend que par crainte de manque de main d’oeuvre qualifiée dans les centrales japonaises, le gouvernement envisage d’augmenter la dose limite pour les travailleurs du nucléaire. En effet, de nombreux travailleurs d’autres centrales qui travaillent actuellement à Fukushima ont déjà atteint la limite maximale annuelle. Elle est aujourd’hui de 50 millisieverts par an, et de 100 millisieverts sur 5 ans.

Par ailleurs, 45 personnes vivent toujours dans la zone interdite d’accès à 20 kilomètres autour de la centrale, de la nourriture leur ait fourni une fois par semaine pour éviter qu’elles ne meurent de faim.

La catastrophe de Fukushima pourrait se révéler pire que celle de Tchernobyl

Hier TEPCO a réévalué l’endommagement des combustibles pour plusieurs réacteurs de la centrale de Fukushima. Si pour le réacteur n°1 l’endommagement est plus faible que prévu (55% au lieu des 70% initialement annoncés) pour les réacteurs  n°2 et n°3 le combustible est davantage endommagé (35% au lieu de 30% pour le n°2 et 30% au lieu de 25% pour le n°3).

Dans le réacteur n°4, malgré l’injection de 140 à 210 tonnes d’eau chaque jour, le niveau reste plus bas qu’il ne devrait l’être (de 10 à 40 cm trop bas). Cela semble confirmer la présence d’une fuite au niveau de la piscine du réacteur.

D’après la médecin et militante anti-nucléaire Helen Caldicott, qui étudie depuis plus de trente ans les effets de la radioactivité nucléaire, la situation serait même bien pire que celle de Tchernobyl et les conséquences en seront donc encore plus meurtrières.

D’après elle Tchernobyl aurait entrainé plus d’un million de décès.

La situation serait pire pour plusieurs raisons :

- Jamais auparavant 6 réacteurs d’une même centrale ont été endommagé, au même moment.

- Les barres de combustibles ont fondu, comme à Tchernobyl et Three Mile Island, à la différence que les systèmes de refroidissement, même ceux de secours, ne fonctionnaient plus.

- la présence du combustible MOx, davantage chargé en plutonium (qui est un des éléments radioactif les plus meurtriers) que le combustible « classique ».

Le fait que l’océan ait été gravement contaminé est aussi très inquiétant, aussi bien de ses habitants que pour la planète entière.

On apprend également par Helen Caldicott que trois ingénieurs qui ont participé à la conception de Fukushima ont quitté le projet en raison des problèmes de sécurité propres à la centrale et des risques de séismes.

Après avoir été abandonnés, des milliers d’animaux vont être tués

On apprend que dans la zone interdite d’accès (20 kilomètres autour de la centrale) les animaux considérés comme du « bétail » seront tués ! Les autorités préfectorales justifient cette décision en parlant de mesure de santé publique. Rappelons que la situation des animaux dans cette zone est catastrophique et que les informations à leur sujet sont toujours aussi rares !

Dimanche, TEPCO a injecté 210 tonnes d’eau dans la piscine du réacteur numéro 4 en raison de la température qui reste trop élevée : elle était de 81°C. Cette grande quantité d’eau s’ajoute aux 165 tonnes d’eau qui avaient été injectées la veille. Tout ceci est nettement supérieur aux 70 tonnes par jour auxquelles TEPCO espérait pouvoir s’en tenir, et la crainte de voir un volume d’eau trop important endommager le réacteur n’est donc toujours pas écartée.

D’après un rapport de TEPCO, approuvé par l’organisme gouvernemental de la sûreté nucléaire, la quantité de substances radioactives ayant été déversée début avril dans l’océan était de 20 000 fois la limite annuelle autorisée !

Le gouvernement a augmenté la limite de temps pendant laquelle les personnes habitant dans la zone interdite d’accès peuvent récupérer des affaires de 2h à 5h.

Manifestations pour la sortie du nucléaire

Deux manifestations rassemblant chacune plusieurs milliers de personnes ont eu lieu hier à Tokyo, l’une en centre-ville, l’autre à quelques kilomètres de là. Toutes deux réclamaient la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables.

De son coté le gouvernement japonais continue d’affirmer la nécessité du nucléaire : « Nous ne pouvons nous passer de l’énergie nucléaire, mais nous devons réfléchir aux plans et au calendrier de construction de nos centrales ».

Concernant la centrale de Fukushima, TEPCO a annoncé samedi avoir pompé 930 tonnes d’eau des sous-sols du réacteur numéro 2. Rappelons qu’au total ce sont près de 14 000 tonnes d’eau qui ont été injectées dans ce réacteur.

Voici quelques photos des manifestations :

 

Inquiétude à propos de la solidité des enceintes des réacteurs 1 et 4

Le réacteur n°1 est l’objet de nouvelle crainte à la centrale de Fukushima, le gouvernement s’inquiète de la solidité de l’enceinte de confinement.  TEPCO  injecte dans la cuve 6 tonnes d’eau par heure. Par le contact avec le combustible très endommagé, l’eau s’évapore pour se recondenser dans l’enceinte de confinement. L’accumulation de l’eau exerce alors une importe pression sur les parois, ce qui peut être dangereux en cas de séisme. L’eau serait à peu près à mi-hauteur de l’enceinte.

Dans le réacteur n°4, malgré l’apport en eau permanent, la température est toujours au dessus de 90°C. La crainte est que le poids de l’eau puisse endommage le bâtiment.

Près du réacteur n°3 a été retiré un gravat ayant un débit de dose de 900 millisieverts par heure.

Hier ils étaient 30 intervenants à avoir été exposé à une radiation dépassant les 100 millisieverts à Fukushima.

Les autorités de la préfecture de Fukushima envisagent par ailleurs de mettre en place des bilans de santé réguliers pour les résidents, et de suivre sur le long terme la santé des enfants. Mais d’après eux les taux de radioactivité ne sont, pour le moment, pas un danger pour la santé des habitants.