11 500 tonnes d’eau contaminée jetée dans l’océan
L’idée d’une île artificielle remplie d’eau semblait être folle. Elle l’est, et le gouvernement japonais l’a abandonné. Au lieu de cela, il a jeté directement à la mer l’eau contaminée. 11 500 tonnes vont être jetées dans l’océan.
10 000 tonnes d’eau proviennent des cuves, 1500 tonnes des réacteurs 5 et 6. Yukio Edano, porte-parole du gouvernement japonais, a affirmé : « Nous n’avons pas d’autre choix que de rejeter cette eau contaminée dans l’océan comme mesure de sécurité. »
Remarque édifiante à ce sujet de Didier Champion, directeur de l’environnement et de l’intervention à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, présentée par le journal Le Figaro :
L’incertitude règne aussi concernant l’impact de la radioactivité sur les écosystèmes. «Pour commencer, on ne sait pas encore dans quelle mesure le tsunami a lui-même endommagé les écosystèmes», relativise Didier Champion. A imaginer que ceux-ci n’ont pas été détruits par la catastrophe naturelle, la radioactivité entraînera avant tout un problème de ressources pour les hommes, qui ne pourront plus consommer les produits de la mer. En revanche, «au regard de précédentes études d’écotoxicologie, on ne s’attend pas à un grand bouleversement à l’échelle de l’écosystème littoral», estime l’expert de l’IRSN.
On reconnaît bien la négation de l’existence des êtres vivants dans l’océan. En fait, tous ces experts n’en savent rien, et s’en moquent même royalement. Tout ce qui les intéresse, c’est que le business « humain » puisse continuer à tourner, quitte à détruire la planète !
On en sait aussi davantage sur les conditions de vie du personnel à la centrale. En fait, les chambres à coucher sont improvisées dans des salles de réunion,à côté des salles de bains, dans les couloirs…
Et les lits sont des matelas de plomb. Ces matelas de plomb ne sont normalement pas des matelas, mais des matelas de protection, qui font écran pour isoler des radiations lors des opérations de maintenance.
Pour la nourriture, il s’agit de riz instantané et des aliments en conserve….
Les médias japonais ont également découvert que la météo japonaise envoyait d’une à deux fois par jour des prévisions concernant la dispersion des polluants radioactifs à l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), mais personne ne rendait les chiffres publics. Le gouvernement a promis la transparence…
La Russie a de son côté proposé au Japon un bateau spécial de décontamination, bateau… financé par le Japon il y a dix ans. Le « Landysch » servait en effet à traiter les déchets nucléaires des sous-marins soviétiques abandonnés (nous en parlions ici).
Et les partis sociaux-démocrates d’Allemagne et d’Autriche se sont mis d’accord pour lancer un référendum européen. Celui-ci pour se réaliser nécessite 1 million de signatures d’au moins 7 pays européens différents, recueillis pendant 12 mois maximum.
Cette campagne ne sera pas soutenu par le Parti Socialiste en France. Le groupe socialiste à l’Assemblée nationale expliquait par exemple en mai 2010 que « Étant donné nos engagements européens en matière de lutte contre les gaz à effet de serre, l’énergie nucléaire est aujourd’hui incontournable dans le bouquet énergétique français. »
Nous en reparlerons si une campagne est lancée. Notons également une autre campagne, celle pour qu’ait lieu l’année prochaine le « procès » des crimes du nucléaire civil. Voici l’appel :
Pour un tribunal Russell contre les crimes du nucléaire civil en 2012 !
En 1966, le Tribunal Russell-Sartre jugea les crimes de guerre contre l’humanité notamment commis par les Etats-Unis au Viêt-Nam. On y condamna aussi le nucléaire militaire.
En 2012, un nouveau Tribunal d’opinion doit juger les crimes du nucléaire civil.
Les Tchernobyl et les Fukushima passent mais le nucléaire ne trépasse pas.
Le gouvernement japonais lui-même ne cesse de se plaindre de l’opacité que pratique la société gestionnaire donc responsable de la catastrophe humaine et écologique.
Ce nouveau Tribunal Russell est indispensable pour que la vérité succède aux mensonges.
Ce nouveau Tribunal Russell est indispensable pour que la politique succède à la peur.
La parole doit revenir d’abord aux citoyens et à leurs élus et non aux experts mercenaires.
Nous ne pouvons pas rester sans agir dans l’attente d’une nouvelle catastrophe
(Etats-Unis 1979, URSS 1986, Japon 2011) alors que nous sommes le principal pays nucléocrate.
Nous entendons faire entendre notre voix d’ici 2012 et bien sûr au-delà.
Nous, citoyens, élus, intellectuels appelons donc l’ensemble de la population à signer cet appel le plus massivement possible et à le faire connaître par tous les moyens.

























































