11 500 tonnes d’eau contaminée jetée dans l’océan

L’idée d’une île artificielle remplie d’eau semblait être folle. Elle l’est, et le gouvernement japonais l’a abandonné. Au lieu de cela, il a jeté directement à la mer l’eau contaminée. 11 500 tonnes vont être jetées dans l’océan.

10 000 tonnes d’eau proviennent des cuves, 1500 tonnes des réacteurs 5 et 6. Yukio Edano, porte-parole du gouvernement japonais, a affirmé : « Nous n’avons pas d’autre choix que de rejeter cette eau contaminée dans l’océan comme mesure de sécurité. »

Remarque édifiante à ce sujet de Didier Champion, directeur de l’environnement et de l’intervention à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, présentée par le journal Le Figaro :

L’incertitude règne aussi concernant l’impact de la radioactivité sur les écosystèmes. «Pour commencer, on ne sait pas encore dans quelle mesure le tsunami a lui-même endommagé les écosystèmes», relativise Didier Champion. A imaginer que ceux-ci n’ont pas été détruits par la catastrophe naturelle, la radioactivité entraînera avant tout un problème de ressources pour les hommes, qui ne pourront plus consommer les produits de la mer. En revanche, «au regard de précédentes études d’écotoxicologie, on ne s’attend pas à un grand bouleversement à l’échelle de l’écosystème littoral», estime l’expert de l’IRSN.

On reconnaît bien la négation de l’existence des êtres vivants dans l’océan. En fait, tous ces experts n’en savent rien, et s’en moquent même royalement. Tout ce qui les intéresse, c’est que le business « humain » puisse continuer à tourner, quitte à détruire la planète !

On en sait aussi davantage sur les conditions de vie du personnel à la centrale. En fait, les chambres à coucher sont improvisées dans des salles de réunion,à côté des salles de bains, dans les couloirs…

Et les lits sont des matelas de plomb. Ces matelas de plomb ne sont normalement pas des matelas, mais des matelas de protection, qui font écran pour isoler des radiations lors des opérations de maintenance.

Pour la nourriture, il s’agit de riz instantané et des aliments en conserve….

Les médias japonais ont également découvert que la météo japonaise envoyait d’une à deux fois par jour des prévisions concernant la dispersion des polluants radioactifs à l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), mais personne ne rendait les chiffres publics. Le gouvernement a promis la transparence…

La Russie a de son côté proposé au Japon un bateau spécial de décontamination, bateau… financé par le Japon il y a dix ans. Le « Landysch » servait en effet à traiter les déchets nucléaires des sous-marins soviétiques abandonnés (nous en parlions ici).

Et les partis sociaux-démocrates d’Allemagne et d’Autriche se sont mis d’accord pour lancer un référendum européen. Celui-ci pour se réaliser nécessite 1 million de signatures d’au moins 7 pays européens différents, recueillis pendant 12 mois maximum.

Cette campagne ne sera pas soutenu par le Parti Socialiste en France. Le groupe socialiste à l’Assemblée nationale expliquait par exemple en mai 2010 que « Étant donné nos engagements européens en matière de lutte contre les gaz à effet de serre, l’énergie nucléaire est aujourd’hui incontournable dans le bouquet énergétique français. »

Nous en reparlerons si une campagne est lancée. Notons également une autre campagne, celle pour qu’ait lieu l’année prochaine le « procès » des crimes du nucléaire civil. Voici l’appel :

Pour un tribunal Russell contre les crimes du nucléaire civil en 2012 !

En 1966, le Tribunal Russell-Sartre jugea les crimes de guerre contre l’humanité notamment commis par les Etats-Unis au Viêt-Nam. On y condamna aussi le nucléaire militaire.
En 2012, un nouveau Tribunal d’opinion doit juger les crimes du nucléaire civil.
Les Tchernobyl et les Fukushima passent mais le nucléaire ne trépasse pas.
Le gouvernement japonais lui-même ne cesse de se plaindre de l’opacité que pratique la société gestionnaire donc responsable de la catastrophe humaine et écologique.
Ce nouveau Tribunal Russell est indispensable pour que la vérité succède aux mensonges.
Ce nouveau Tribunal Russell est indispensable pour que la politique succède à la peur.
La parole doit revenir d’abord aux citoyens et à leurs élus et non aux experts mercenaires.
Nous ne pouvons pas rester sans agir dans l’attente d’une nouvelle catastrophe
(Etats-Unis 1979, URSS 1986, Japon 2011) alors que nous sommes le principal pays nucléocrate.
Nous entendons faire entendre notre voix d’ici 2012 et bien sûr au-delà.
Nous, citoyens, élus, intellectuels appelons donc l’ensemble de la population à signer cet appel le plus massivement possible et à le faire connaître par tous les moyens.

L’improvisation continue à la centrale de Fukushima

TEPCO a tenté de bloquer la fissure dont nous parlions hier, au moyen d’un polymère absorbant mélangé à de la sciure et du papier. Le polymère est une matière très absorbante, capable d’assimiler 50 fois son volume (on la retrouve dans des couches-culottes).

Presque 60 kg de sciure et papiers additionnés de 8 kg de polymère ont été employés. Cependant, cette tentative semble avoir échoué, tout comme celle au moyen de béton avant-hier. Et il ne faut pas se leurrer : le polymère en question, c’est de la résine… Les moyens employés continuent de relever de la pure improvisation !

De manière étrange, on a également découvert il y a quelques jours… deux cadavres dans la centrale. Il s’agirait de deux employés tués au moment du tsunami. La découverte a eu lieu mercredi mais a été annoncée hier seulement. Il est étrange cependant qu’il ait fallu deux et semaines et demi pour découvrir deux cadavres, dans une zone où sont actives 500 personnes !

Le salaire des personnes présentes à la centrale va désormais d’ailleurs jusqu’à 3500 euros par jour, voire par une seule heure. Une mission particulièrement difficile est par exemple d’amener les pompes jusqu’à l’eau radioactive : selon TEPCO il s’agit simplement de jeter la pompe dedans, puis de repartir dans l’autre sens en courant le plus vite possible…

La ration alimentaire des personnes présentes à la centrale passe également de deux repas par jour, trois. Mais elles doivent apparemment dormir souvent sur place, et il est évident que les conditions sont absolument terribles.

L’eau radioactive continue donc de rejoindre l’océan, alors que 550 tonnes d’eau sont pulvérisées chaque jour sur les réacteurs, afin de les refroidir. Goshi Hosono, conseiller du chef du gouvernement Naoto Kan, a expliqué sur Fuji TV que cette bataille du refroidissement durerait encore plusieurs mois.

270 top managers ont d’ailleurs quitté le pays en mars, craignant pour leurs hauts salaires et des conséquences de la catastrophe nucléaire. Le tsunami a lui fait plus de 27 000 personnes tuées ainsi que 211 milliards d’euros de dégâts.

Le maire de Minami Soma (Soma Sud) a lui posté une vidéo (sous-titrée en anglais), avec une explication de la situation dramatique des gens confinés dans la zone entre 20 et 30 kilomètres de la centrale, isolés de tout et pratiquement sans aide. Le gouvernement japonais est très clairement débordé par l’ensemble de la situation !

Les animaux et leurs amis, héros de la situation post-tsunami au Japon

La catastrophe de Fukushima consiste en la catastrophe nucléaire, mais évidemment également en les conséquences du tsunami. Les animaux, notamment dit « de compagnie », comptent parmi les nombreuses victimes, et ce jusqu’à aujourd’hui.

Au Japon, dans la quasi totalité des cas, les centres de réfugiés n’acceptent pas les animaux dit de compagnie. Cela signifie qu’en plus des animaux victimes du tsunami, les autres animaux sauvés sont considérés comme « indésirables » et doivent alors obligatoirement être remis pour une éventuelle adoption.

Une grande revendication est donc que les gens refusant d’abandonner les animaux puisent obtenir des tentes. La seule autre option pour ces gens est de dormir dans leurs voitures ou des voitures abandonnées.

Ces gens, qui refusent d’abandonner leurs amis, sont l’honneur et la dignité de l’humanité, tout comme la centrale nucléaire de Fukushima est le symbole de ses lourdes erreurs.

A l’opposé de ce mépris lamentable, on a ces images d’un chien refusant d’abandonner un autre chien blessé, dans une vidéo qui fait le tour du monde et qui rappelle ce que sont les vraies valeurs de la vie : l’amour sans bornes.

watch?v=J3TM9GL2iLI

Dans la vidéo, les reporters mettent un temps avant d’apercevoir le chien et surtout le second, qu’ils pensaient mort au début. Ils n’ont pas pu le prendre et ont dû repartir, et il faut savoir ici que la loi japonaise interdit formellement de toucher à quoi que ce soit suite à une catastrophe.

C’est donc en toute illégalité qu’un groupe de fans de motocross a récupéré les deux chiens, roulant pendant neuf heures pour trouver un vétérinaire, qui leur a fourni l’essence pour repartir. Celui-ci n’a plus d’eau courante et son électricité provient d’une dynamo, et même le réfrigérateur familial a été réquisitionné pour l’opération de sauvetage des animaux de la zone.

Ce vétérinaire a réussi à sauver les deux chiens : celui qui était allongé avait bu la tasse mais a pu être sauvé, le second par contre est passé par un état critique car il avait un clou rouillé planté dans le pied, et il y avait un début de gangrène. Pour l’instant, l’amputation est évitée.

Il n’y a pas plus d’informations, ni de photos, les personnes impliquées évitant en fait les médias et appelant à sauver tous les chiens (et pas que ceux-là), ce qui a amené une polémique sur la véracité du sauvetage des deux chiens par le groupe en motocross.

A priori, il faut tout de même y accorder du crédit, tout comme pour le sauvetage en mer d’un chien. Celui-ci n’a sans doute pas passé directement trois semaines en mer, car il serait sans doute mort de déshydration (le sel marin est éliminé par le corps au moyen d’eau, donc boire de l’eau de mer déshydrate le corps, en plus d’abîmer les reins).

En tout cas, la vidéo du sauvetage (qu’on peut voir ici, cliquez sur « play » sur l’image) est extrêmement émouvante, et la joie du pauvre chien certainement pas feinte (on peut voir une autre vidéo ici, et là une longue vidéo montrant la très grande difficulté du sauvetage).

Enfin, pour finir, soulignons qu’il existe de nombreuses équipes tentant d’aider les animaux, dans des conditions terribles. Voici par exemple le lien (facebook) pour le Japan Earthquake Animal Rescue and Support.

Il est à nos yeux très important de parler et de saluer ces initiatives, et de les aider si l’on peut. Tout comme on peut et on doit soutenir les refuges en France, adopter des animaux en détresse, participer à la défense de tous les animaux.

Fuite radioactive dans l’océan et megafloat

Les nouvelles continuent de ne pas être bonnes. Tout d’abord, on a découvert une fissure sur une structure en béton du réacteur numéro 2, qui sert normalement de fosse pour stocker les câbles, câbles qui rejoignent le bâtiment du réacteur par une galerie souterraine.

La fissure fait 20 centimètres et fait que l’eau radioactive s’en va directement dans l’océan (le taux est de 1 sievert par heure).

Voici une photo de l’endroit.

Et voici, pour mieux comprendre, le schéma localisant la structure.

Cela repose donc la question de l’eau contaminée : qu’en faire ? Le projet actuel de l’Etat japonais est d’utiliser une île artificielle, la « megafloat. » On trouve ici une explication en anglais du principe, mais voici deux images d’un « megafloat » dans le port Shimizu à Shizuoka.

En clair le principe serait… de stocker de l’eau radioactive, plusieurs milliers de litres même, dans une sorte de gigantesque barque.

Il est évident qu’un tel projet est totalement précaire! Et cela montre la gravité de la situation, alors qu’en plus des « conseils » d’AREVA, le gouvernement japonais est désormais épaulé par General Electric (qui a conçu les réacteurs), 11 experts de la NRC (Nuclear Regulatory Commission) nord-américaine, avec en appui 140 marines membres de la « Chemical Biological Incident Response Force. »

Fukushim, zone de mort, devient logiquement une zone de guerre. Une guerre absurde, provoquée par l’être humain et son mépris pour notre planète!

13 000 tonnes d’eau radioactives et une pompe Putzmeister

Les responsables du gouvernement ont décidé de remettre le costume-cravates et d’abandonner leur « tenue de crise. » On peut se demander pourquoi, car aucune raison apparente n’existe pour cela.

Au point que les autorités ont affirmé que finalement ils n’étaient pas certains des chiffres donnés concernant la radioactivité dans la nappe phréatique. Cela ressemble plus à une tentative de nier les faits qu’autre chose.

On ne sera pas étonné que les Français fassent de même. Thierry Charles, responsable de la sûreté à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), a expliqué : « On ne s’attend plus à des soubresauts pouvant provoquer des rejets radioactifs importants. S’il y a encore des hoquets, ils n’auront qu’un impact local. »

La cellule de crise de l’IRSN, opérationnelle 24 heures sur 24 depuis le 13 mars, va ainsi se mettre en veille.

Pourtant, de manière officielle, par la voix de Yukio Edano, la zone autour de la centrale est officiellement considérée comme « abandonnée. » La population n’aura plus le droit de retourner dans cette zone.

La centrale n’est donc toujours pas sous contrôle, et on apprend toujours davantage, comme par exemple que le seul matériel prévu était en fait un seul téléphone satellitaire et un seul brancard : la centrale ne devait en effet théoriquement connaître aucun problème de cette ampleur !

On sait aussi que les premiers jours, les personnes présentes à la centrale avaient trop peu d’appareils de mesure de la radioactivité. La plupart des 5 000 appareils avaient été rendus inutilisables par le tsunami. Il n’y avait alors que 320 appareils de mesure…

Tepco affirme cependant que désormais chacune des 500 personnes présentes sur le site a son propre appareil de mesure. Les médias japonais parlent toutefois désormais régulièrement des « 50 héros », qui mourront en raison des radiations et ont été en première ligne. Une de ces personnes a en effet appelé sa mère – contre les consignes de Tepo – et expliqué qu’ils savaient qu’ils allaient mourir.

Une situation terrible, alors qu’on sait qu’il reste désormais 13 000 tonnes d’eau radioactives à évacuer ! Cette eau contamine tout l’endroit, et l’inondation fait entre 20cm et 1,50 m de hauteur,

Le pompage de cette eau est une tâche particulièrement ardue, alors que fait partie désormais du matériel sur place une pompe normalement utilisée pour le coulage de béton sur des chantiers de construction en hauteur. Cette pompe va permettre de continuer le refroidissement, mais comment gérer l’eau contaminée?

Cette nouvelle pompe disponible de type Putzmeister M58-5 a une flèche de 58 mètres et doit permettre de refroidir le réacteur 4, en pulvérisant 163m3 d’eau par heure.

Quatre autres pompes vont être également utilisés, deux de 62 mètres et deux de 70 mètres. Des pompes Putzmeister, au nombre de 11, avaient déjà été utilisés à Tchernobyl, en 1986.

Fukushima : un document interne d’AREVA démontre tout le cynisme de l’industriel

Voici un document du réseau Sortir du nucléaire, critiquant le vil opportunisme d’AREVA, qui en soit n’a évidemment rien d’étonnant.

01/04/2011
Fukushima : un document interne d’AREVA démontre tout le cynisme de l’industriel

Anne Lauvergeon, la n°1 d’AREVA, est actuellement en déplacement au Japon pour « apporter l’aide et l’expertise d’AREVA » dans la gestion de la catastrophe de Fukushima. À cette occasion, le Réseau « Sortir du nucléaire » rend public un document interne d’AREVA qui démontre que, loin de se soucier réellement du sort des Japonais, l’industriel se préoccupe avant tout des impacts éventuels de la catastrophe de Fukushima sur la construction de nouvelles centrales nucléaires… et donc sur son chiffre d’affaire !

Le déplacement d’Anne Lauvergeon, parallèle à celui de Nicolas Sarkozy, relève d’une stratégie de communication, de la part du pays leader sur le marché nucléaire mondial. Il s’agit d’instrumentaliser la catastrophe de Fukushima pour valoriser les technologies nucléaires d’AREVA, sous couvert d’apporter à Tepco une aide pour le moins hypothétique.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » dénonce le cynisme dont fait preuve AREVA au moment même où la population japonaise souffre des conséquences dramatiques de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Consultez le document interne d’AREVA (en anglais) intitulé « Impact of Fukushima event on nuclear power sector » en date du 25 mars 2011 en cliquant ici : http://groupes.sortirdunucleaire.org/alerte-japon/DocinterneAREVA-25Mars2011.pdf

TRADUCTION EN FRANCAIS DES EXTRAITS DE CE DOCUMENT INTERNE AREVA :

Page 4 :

Principaux effets attendus de l’évènement de Fukushima sur le secteur électro-nucléaire

  • La plupart des pays engagés dans le nucléaire ou dans un programme de construction ont eu des réactions plutôt rationnelles suite à l’événement de Fukushima
    - L’énergie nucléaire est nécessaire
    - Ne surfent pas sur une vague émotionnelle
    - Des leçons doivent être tirées de la crise japonaise
  • La plupart des pays ont annoncé des contrôles de la sécurité de leurs installations nucléaires existantes:
    - Pour quatorze pays européens, ces contrôles incluront des audits
  • Quelques pays ont déjà annoncé qu’ils reverront leurs standards de sécurité
  • Seule l’Allemagne a annoncé d’emblée des mesures plus rigoureuses à l’égard de leurs installations (fermeture temporaire des sept centrales les plus vieilles, moratoire de trois mois sur l’allongement de leur durée de vie).
  • Les nouvelles constructions – particulièrement celles avec les dates d’entrée en service commercial les plus proches – pourront être reportées pour tenir compte de standards de sécurité et de procédures d’autorisation modifiés.
  • Il n’est cependant pas question – en-dehors du Japon – d’annuler un quelconque programme de construction, ou d’arrêter des constructions en cours

Une contamination qui s’étend encore

Ce qu’on craignait est donc en train de se passer : la contamination s’implante. Il y a ainsi une nappe phréatique à 15 mètres sous le réacteur numéro 1, et on y a trouvé de l’iode 131, avec un taux de 430 becquerels par cm3 (10 000 fois la norme légale).

Rappelons que le réacteur ne touche pas le sol directement : il y a un sol en béton… Et que le grand risque est que la contamination soit tellement forte qu’elle condamne définitivement l’accès au sol sol de réacteurs.

Pareillement, la radioactivité a encore augmenté dans l’océan : à 300 m de la centrale, le taux dépassait 4 385 fois la limite… Depuis plusieurs jours, ce taux ne cesse d’augmenter.

Hidehiko Nishiyama, l’Agence de sûreté nucléaire japonaise, a reconnu qu’il était « possible » que les substances radioactives s’écoulaient de manière ininterrompue dans l’océan…

La société Tepco a quant à elle dû reculer. Elle avant en fait annoncer mercredi que les réacteurs 1 à 4 seraient fermés, mais il fallait comprendre en réalité que Tepco comptait… continuer à utiliser les réacteurs 5 et 6 ! Voici une image pour rappeler la totale folie que cela signifie.

Devant le caractère hallucinée d’une telle idée, le Premier Ministre nippon Naoto Kan a annoncé que la centrale sera démantelée. Reste à savoir quand, et également comment.

Car si le gouvernement japonais a rejeté hier la proposition, notamment mise diplomatiquement en avant par l’Agence internationale de l’énergie atomique, d’élargir la zone de sécurité à un périmètre de 30 kilomètres autour de la centrale, il y a plus de deux semaines après le tsunami, plusieurs centaines de cadavres humains toujours pas ensevelis dans la zone, en raison de la dangerosité de celle-ci !

Nous avions parlé des bateaux containers qui éloignaient la zone, c’est désormais officiel : le danois Maersk considère que ses bateaux doivent se trouver à au moins 140 milles marins (environ 260 km) de la centrale, APL qui est une filiale du groupe singapourien Neptune Orient Lines va encore plus loin avec une distance de 200 milles (370 km).

On se demande comment Tepco va alors techniquement réaliser son « idée » d’utiliser un cargo pour pomper l’eau radioactive ayant servi au refroidissement de la centrale, et qui désormais s’écoule.

Comme on le voit, les bateaux containers qui valent une « fortune » n’ont pas le droit d’approcher à moins de quasiment 300 kilomètres. Mais les humains et les autres animaux ne comptent pas et peuvent donc rester à plus de 20 kilomètres, sans parler de la flore (évidemment) coincée dans une zone de mort, symbole de toute une époque à laquelle il est temps de mettre fin !

Impressionnantes photos de la centrale de Fukushima

Hier ont été rendues public des photographies satellites de la centrale de Fukushima; prises par satellite la semaine dernière (le 24 mars 2011), elles montrent bien l’ampleur des dégâts et sont impressionnantes de par la peur qu’elles suscitent quand on imagine ce qu’est cet endroit: une centrale nucléaire en perdition.











Abandon de tout moratoire sur le réacteur EPR : Pressions politiques au plus haut niveau de l’Etat sur l’Autorité de sûreté nucléaire

Voici un intéressant communiqué de l’Observatoire du nucléaire, qui démasque très bien l’Autorité de sûreté nucléaire et sa pseudo « indépendance. »

Observatoire du nucléaire – Communiqué du mardi 31 mars 2011

Abandon de tout moratoire sur le réacteur EPR :
Pressions politiques au plus haut niveau de
l’Etat sur l’Autorité de sûreté nucléaire

Alors que M. Sarkozy est au Japon pour promouvoir le réacteur français EPR, il était hors de question que l’ASN maintienne son idée de moratoire sur l’EPR !

Hier mercredi 30 mars 2011, le Directeur de l’Autorité de sûreté nucléaire, André-Claude Lacoste, auditionné à l’Assemblée nationale, déclarait « Je pense que si la question d’un moratoire se pose, et nous nous la posons, ce sera sur la construction de Flamanville 3″ (cf http://bit.ly/ftWQ2k ), c’est à dire sur le réacteur EPR actuellement en chantier. 

Or, ce matin, interviewé par France-info, M. Lacoste a clairement fait machine arrière en réfutant le terme de moratoire qu’il avait pourtant lui-même utilisé la veille ! Que s’est-il donc passé entre temps ?

C’est bien simple : aujoud’hui même, M. Sarkozy est au Japon où il tente de profiter de la catastrophe nucléaire en cours pour promouvoir le réacteur français EPR (cf http://bit.ly/hAFpcI ), prétendant contre toute évidence qu’il serait plus sûr que d’autres réacteurs.

Il est clair que cette cynique instrumentalisation de la catastrophe de Fukushima serait tombée à plat en cas de moratoire décrété en France sur le réacteur EPR. Pour l’Observatoire du nucléaire, il est évident que des pressions politiques au plus haut niveau de l’Etat se sont exercées entre hier et aujourd’hui sur l’ASN dont la supposée « indépendance » n’existe absolument pas en réalité.

En effet, ces derniers jours, pour attester de cette dite « indépendance » de l’ASN, des personnes ont cité la mise en cause l’an dernier du « contrôle-commande » de l’EPR conjointement par trois autorités de sûreté dont la française (cf communiqué commun du 2 novembre 2009 : http://bit.ly/31abcO ). Or, en réalité, c’est l’autorité de sûreté britannique qui a levé le lièvre (cf The Times du 1er juillet 2009 : http://bit.ly/PB5k2 ). L’ASN française, elle, n’avait rien vu (il s’agirait alors d’une très grave incompétence) ou rien dit.

Par ailleurs, la loi de 2006 sur la transparence est mise en avant parce qu’elle a donné, sur le papier, l’indépendance à l’ASN. Mais M. Lacoste était directeur de la sûreté nucléaire depuis 1993 : serait-il devenu indépendant miraculeusement en 2006 ? Il est permis d’en douter, d’autant qu’il est un pur produit de l’Ecole des Mines d’où sont sortis tous les acteurs de l’industrie nucléaire française.

D’autre part, la direction (ou « collège ») de l’ASN comprend des personnes comme M. Philippe Jamet dont la dépendance vis à vis du lobby nucléaire est établie puisqu’il a effectué l’essentiel de sa carrière (cf http://bit.ly/eJLjAp ) au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), puis à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dont une des missions principales est le développement de l’énergie nucléaire sur la planète.

Mieux, ou pire : M. Jamet était le chef de la délégation de l’AIEA (cf http://bit.ly/f5cIkb ) chargée de tirer les enseignements du séisme du 16 juillet 2007 qui a gravement endommagé la centrale nucléaire de Kashiwasaki au Japon. Les préconisations de M Jamet ont été bien mièvres, et bien peu gênantes pour TEPCO (l’EDF japonais) puisque, 3 ans plus tard, on se retrouve en plein drame nucléaire suite à… un séisme au Japon !

L’Observatoire du nucléaire réaffirme donc que l’ASN n’est aucunement indépendant de l’industrie nucléaire et du pouvoir politique français et que, de fait, l’audit des centrales françaises, annoncé le 24 mars par le premier ministre François Fillon, est un subterfuge dont le résultat est connu à l’avance : l’ASN annoncera que les centrales françaises sont « sûres » et peuvent continuer à fonctionner (moyennant peut-être quelques aménagements peu dérangeants pour EDF).

A ce sujet, il apparait que, au niveau européen, l’ASN française pèse de tout son poids (cf http://bloom.bg/gp17Ax ) pour empêcher, lors des « stress tests » à venir, la prise en compte du risque « chute d’avion » qui, pourtant, est un des plus graves dangers pesant sur les installations nucléaires. Il est vrai qu’aucun réacteur français n’est conçu pour résister à la chute d’un avion de ligne, ni les réacteurs actuels, ni l’EPR…

Japon : des millions de personnes à la merci de la radioactivité !

La CRIIRAD a publié un nouveau communiqué, Japon : des millions de personnes à la merci de la radioactivité !

On peut y lire entre autres:

La CRIIRAD rappelle que l’urgence concerne la protection sanitaire des habitants des zones contaminées. Depuis le 12 mars dernier, ils subissent, jour après jour, heure après heure, l’impact des rejets radioactifs de la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI.

Toutes les voies d’exposition se cumulent :

o Exposition aux rayonnements qu’émettent les aérosols et les gaz radioactifs que les vents transportent vers les zones habitées, celles de la Préfecture de Fukushima, bien sûr, mais aussi bien au-delà de la ville de Sendai, à 100 km au nord et bien au-delà de Tokyo à 230 km au sud.

o Exposition aux rayonnements émis par les produits radioactifs qui retombent progressivement au sol (du fait de la gravitation, des pluies et de la neige) et s’accumulent sur les surfaces ;

Les débits de dose sont multipliés par 10 à bien plus de 100 km de la centrale nucléaire, par 100 à quelques 60 ou 70 km de distance et quand l’on considère un périmètre d’une cinquantaine de kilomètres certaines valeurs dépassent de 1 000 fois le niveau normal. Il s’agit là de zones où les populations n’ont été ni évacuées, ni confinées.

Et ces niveaux d’exposition ne correspondent pas à des élévations ponctuelles des flux de rayonnements. Rappelons qu’une valeur de 8 µSv/h (qui ne constitue pas un maximum) correspond à 64 µSv pour 8 h de présence et à 1 152 µSv sur 18 jours, soit une valeur supérieure à la limite de dose maximale admissible sur 1 an (1 mSv).

Et si les gaz radioactifs ont pénétré, comme nous le pensons, à l’intérieur des habitations, il faut calculer les doses d’exposition externe sur la base de 24 h/jour (on arrive alors à plus de 3 mSv/an, soit 3 fois la limite de dose maximale admissible sur 1 an).

Contamination externe à cause du dépôt des particules radioactives sur la peau et les cheveux (une contamination qui peut très facilement se transformer en contamination interne si la peau comporte des blessures ou de simples microlésions ; si les doigts sont portés à la bouche, au nez ; si la personne manipule des aliments sans s’être lavé les mains ; si les aérosols déposés sur les cheveux sont remis en suspension et inhalés…) ;

o Contamination interne par INHALATION des aérosols et gaz radioactifs présents dans l’air : parce que l’on ne peut pas s’arrêter de respirer, parce que les simples masques à poussières portés par la population ne procurent AUCUNE PROTECTION contre les iodes radioactifs gazeux dont l’air est chargé ; parce que le confinement à l’intérieur des bâtiments est une contre-mesure de COURT TERME qui n’aurait jamais dû être prolongée sur plus de 15 jours : soit les personnes s’asphyxient parce que le confinement fonctionne, soit il est imparfait, et elles sont alors approvisionnées en oxygène ET en produits radioactifs ! ;

o Contamination interne par INGESTION d’eau et d’aliments contaminés : parce que le contrôle des aliments à risque a commencé de façon tardive ; parce que ne sont retirés de la consommation que les aliments dont le taux de radioactivité dépasse les normes, qui sont plus protectrices que les normes en vigueur en France et en Europe, mais qui restent quand très élevées.