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Les snipers de la Macronie lancent l’opération pro-PMA

Les masques tombent : voilà que des députés de La République En Marche se mettent à tenir le même discours que toute une scène censée représenter une libération transgressive (queer,  LGBTQ+++, transsexuels, etc.).

Nulle surprise à cela : les discours sur les transgressions n’ont été qu’un marche-pied du discours libéral libertaire le plus général. Droit au cannabis, droit à l’enfant, droit à définir son identité, droit à se suicider, droit à choisir son sexe, droit à refuser le couple, droit à ne pas avoir de responsabilité sentimentale, etc. tout cela n’est que le reflet de la société de consommation façonnant les esprits selon ses propres besoins.

Comment comprendre autrement la phrase suivante sinon ?

Il n’y a pas de modèle unique qui représenterait la famille.

Toute la réalité naturelle niée. Des siècles de culture simplement rejetés. Zéro responsabilité, tout se décide selon les caprices, dans la négation du réel, dans le refus des sentiments, dans le rejet de toute construction.

C’est de la folie.

Il va de soi également que jamais la tribune de ces députés, paru dans Libération, n’aurait vu le jour sans l’aval du grand patron! Emmanuel Macron lance ici un tir de semonce, avant les grandes manoeuvres.

La preuve en est la présence de Pierre Person, député de Paris et cofondateur-président des Jeunes avec Macron, ainsi que Guillaume Chiche, Sacha Houlié  et Aurélien Taché, présentés par Le Monde comme des  «  snipers de la Macronie », membres de la garde rapprochée du grand boss (“« C’est le 11e choc de Macron, un commando de jeunes députés sans états d’âme, mobilisables dans la minute, d’une loyauté sans faille », résume un proche du président de la République”).

Nul hasard donc, juste une étape de plus dans le rythme politique donné par Emmanuel Macron. Tout cela va faire très mal, atomisant encore davantage la société.

Et au coup d’après, les fachos vont revenir en force, parce qu’aucune société ne peut accepter un tel suicide ultra-libéral. Tout doit être fait pour ne pas que la France succombe à l’étau ultra-libéral / facho total!

La PMA pour toutes, un acte d’égalité

Alors que la consultation publique des états généraux de la bioéthique sur nos territoires a pris fin et que le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) s’apprête à rendre son rapport, nous, parlementaires de la majorité, souhaitons rappeler notre attachement à l’extension de la procréation médicale assistée à toutes les femmes, célibataires, en couple hétérosexuel ou en couple lesbien.

Lors de ces débats sur nos territoires, nos concitoyennes et nos concitoyens ont pu s’exprimer et ainsi être entendus, permettant au CCNE d’avoir une pleine et entière appréhension et compréhension des attentes des Françaises et des Français sur un sujet qui relève de l’intimité de chacune et chacun.

Après le temps du débat citoyen qui fonde notre action et sur lequel nous nous appuierons pleinement, viendra celui du débat parlementaire poursuivi dans un climat calme et serein, propice à l’écoute et au respect de toutes et tous.

Nous, parlementaires, dès à présent, refusons que la PMA soit instrumentalisée comme l’a été la loi autorisant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe il y a cinq ans.

Nous le refusons car il s’agit d’un engagement de campagne du président de la République et nous avons été élus pour faire en sorte qu’il soit tenu. Près de six Français sur dix se déclarent favorables à l’extension de la PMA aux couples de femmes hétérosexuels ou lesbiens ainsi qu’aux femmes seules.

L’extension à toutes de la PMA n’enlèvera aucun droit à personne. Il n’y a pas de modèle unique qui représenterait la famille. La société évolue, les familles sont de plus en plus diverses.

Qu’ils soient couples mariés, pacsés, concubins, des parents unis ou séparés, des familles monoparentales, des familles recomposées, des familles homoparentales, toutes et tous ont des devoirs et droits égaux envers leurs enfants.

Il faut sortir de l’hypocrisie de celles et ceux qui refusent de voir que la famille a changé et de l’égoïsme de celles et ceux qui s’opposent à l’extension de la PMA pour toutes en niant la frustration, la souffrance, la colère, l’injustice qu’une femme peut ressentir lorsque son corps ne l’autorise pas à devenir mère.

Nous, parlementaires, nous devons permettre à chacune et chacun de vivre sa vie de parent comme il l’entend, mais surtout de reconnaître à égalité de droit et de dignité les différentes façons de le devenir.

Aujourd’hui, l’accès à la parentalité n’est pas possible pour toutes et injuste, notamment lorsque la PMA fait ressortir des inégalités socio-économiques en permettant à certaines femmes d’y avoir recours à l’étranger pour 30 000 euros environ hors frais médicaux préalables aux injections et suivi postnatal.

Au-delà, ces femmes prennent des risques pour leur santé en se rendant dans des cliniques à l’étranger. Face à ce désir si intense et intime et parfois tellement inaccessible, et compte tenu des risques encourus, nous, parlementaires, ne pouvons plus fermer les yeux.

C’est la raison pour laquelle nous devons donner le choix à toutes celles qui le souhaitent et qui ne le peuvent pas aujourd’hui, de fonder une famille. Ce choix, cette liberté assumée de décider de sa maternité, nous l’avons aujourd’hui entre nos mains.

Nous devons nous en saisir, et faire évoluer les droits des célibataires, hétérosexuelles ou homosexuelles. Nous sommes convaincus que cette réforme synonyme de progrès social et d’égalité est indispensable. L’égalité de droits ne nuit pas à notre société, au contraire, elle l’élève.

PARMI LES SIGNATAIRES
Des député·e·s :
Guillaume Chiche (Deux-Sèvres)
Coralie Dubost (Hérault)
Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire)
Laetitia Avia (Paris)
Thomas Mesnier (Charente) Laurence Vanceunebrock-Mialon (Allier) Raphaël Gérard (Charente-Maritime)
Elise Fajgeles (Paris)
Hugues Renson (Paris)
Carole Grandjean (Meurthe-et-Moselle) Aurélien Tache (Val-d’Oise)
Cécile Muschotti (Var)
Pieyre-Alexandre Anglade (Français établis hors de France)
Claire Pitollat (Bouches-du-Rhône)
Sacha Houlié (Vienne)
Stéphanie Rist (Loiret)
Pierre Person (Paris)
Sophie Beaudoin-Hubiere (Haute-Vienne) Damien Pichereau (Sarthe)
Martine Wonner (Bas-Rhin)
Mickaël Nogal  (Haute-Garonne)
Didier Baichère (Yvelines)
Delphine Bagarry (Alpes-de-Haute-Provence)
Damien Adam (Seine-Maritime)
Ludovic Mendes (Moselle)
Laurent Saint Martin (Val-de-Marne)
Florent Boudié (Gironde)
Philippe Chalumeau (Indre-et-Loire),
Guillaume Gouffier-Cha (Val -de-Marne)
Eric Bothorel (Côtes d’Armor)
Bérangère Abba (Haute-Marne)
Marne Fabienne Colboc (Indre-et-Loire)
Stéphane Testé (Seine-Saint-Denis)
Dominique David (Gironde)
Jean-Louis Touraine (Rhône)
Anne Genetet (Français établis hors de France)
Marie-Christine Verdier-Jouclas (Tarn)
Stéphane Buchou (Vendée)
Jean-Marie Fiévet (Deux-Sèvres)
Olga Givernet (Ain)
Denis Sommer (Doubs)
Brigitte Bourguignon (Pas-de-calais)
Valérie Gomez Bassac (Var)
Joël Giraud (Hautes-Alpes)
Jennifer de Temmerman (Nord)
Frédéric Barbier (Doubs)
Bérangère Couillard (Gironde)

Esther Benbassa veut “plus de cannabis”

Sénatrice EELV, Esther Benbassa est une figure très connue pour son folklore, correspondant tout à fait au cliché que font les fachos de la bobo qui ne cesse de faire des comparaisons ininterrompues (et totalement déplacées) avec la Shoah pour désigner le (triste) sort des migrants et prône l’ultra libéralisme sur le plan individuel.

Depuis la « marée humaine » de Jean-Luc Mélenchon de samedi dernier où elle a participé, il y a une petite vague dans les rapports sociaux consistant à la montrer dans le cortège avec sa pancarte favorable au cannabis.

Elle s’est bien entendu munie de son écharpe tricolore de sénatrice pour chercher à ne pas tomber sous le coup de la loi… Rappelons en effet ce que dit celle-ci :

Article L3421-1

L’usage illicite de l’une des substances ou plantes classées comme stupéfiants est puni d’un an d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende. (…)

Article L3421-4
La provocation au délit prévu par l’article L. 3421-1 ou à l’une des infractions prévues par les articles 222-34 à 222-39 du code pénal, alors même que cette provocation n’a pas été suivie d’effet, ou le fait de présenter ces infractions sous un jour favorable est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende.

Cependant, dans la constitution il est aussi dit :

Article 26
Aucun membre du Parlement [c’est-à-dire l’assemblée nationale + le sénat] ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions.

Las ! Si Esther Benbassa avait mieux étudié le droit – et si l’État l’appliquait d’ailleurs – il y aurait quand même eu poursuite, contre Europe Ecologie Les Verts. La pancarte que tient Esther Benbassa est en effet signée EELV, et si donc la sénatrice échappe aux poursuites, dans l’ordre des choses la signature impose juridiquement de se retourner contre EELV !

Cela ne sera bien sûr pas le cas, la capitulation de l’État étant complète devant la marche forcée du « capitalisme de l’or vert ».

Notons au passage qu’outre de mettre en valeur la déchéance du corps et de l’esprit (les deux étant une seule chose pour nous), Esther Benbassa est également une lâche. Voici son argumentaire sur twitter, où elle se dégonfle de manière pathétique.

Qu’elle est minable !

Cela montre au passage que notre vision des choses selon laquelle la question du cannabis thérapeutique n’est qu’un prétexte est tout à fait juste. Les partisans du cannabis utilisent le principe de la boule de neige : chaque élément de plus permet d’ébranler l’opposition au cannabis, chaque argument de plus fait avancer la cause.

Et cela ne semble pas parti pour aller dans le sens d’un référendum, désormais ce sera aux opposants de le demander. Les choses vont plutôt dans le sens de l’utilisation du cannabis comme argument pour des élections parlementaires ou présidentielles, sans doute par Emmanuel Macron.

L’appât du gain d’un côté, le libéralisme des mœurs de l’autre, feront que le cannabis s’installera finalement aisément dans la société française.

Et l’en extirper va être difficile ! Montrant une fois de plus qu’il faut un esprit d’opposition frontale : ou bien les valeurs vegan straight edge, ou bien l’effondrement.

Quand Le Monde résume le couple hétérosexuel aux «mêmes frites à la cantine»

Être straight edge, c’est refuser tout rapport sexuel hors du cadre du couple construit. C’est le troisième « X » qui est absolument indiscutable. Et c’est une valeur de plus en plus révolutionnaire.

Pourquoi ? Parce si on a les fachos et les cathos d’un côté, de l’autre on a les dégénérés qui remettent tout en cause au nom de la « liberté », c’est-à-dire de l’esprit de consommation et de l’ultra-individualisme.

Comme on le sait, ces deux phénomènes se nourrissent l’un l’autre. Plus les uns disent qu’une femme doit être soumise, plus les autres disent qu’un fœtus ne vaut pas plus qu’un déchet ; plus les uns disent que le couple est un préjugé du passé, plus les autres disent qu’il faut avoir une conception patriarcale du couple.

On est mal barré !

Pour avoir un aperçu de plus de cette logique de la déliquescence se mariant avec la progression des ultras-réacs, voici ce que raconte dans Le Monde Maïa Mazaurette, la chroniqueuse de « La Matinale du Monde ».

C’est un excellent exemple, en effet, de propagande délirante que son article Hétéro, cisgenre et monogame : qui rêve encore d’être « normal » ?. En voici le début :

Qui veut encore être « normal » ? Pas les jeunes. Selon une étude américaine, 20 % des millennials (18-34 ans) se définissent comme LGBTQ (GLAAD, 2017).

Même son de cloche en Angleterre, où 43 % des 18-24 ans se voient comme non strictement hétérosexuels (Yougov, 2015).

Rangeons notre scepticisme : cette évolution ne provient pas d’un sursaut hormonal ou d’une mode (combien de temps allons-nous utiliser l’argument « mode » dès qu’un changement sociétal nous déplaît ?). Il ne s’agit même pas forcément d’une contestation solide des normes. Objectivement, le label hétéro cisgenre monogame ne fait plus rêver.

Il va de soi que c’est totalement n’importe quoi. Il faut vivre dans une sorte de bunker universitaire, de forteresse bobo ou grand bourgeois d’une grande ville pour tenir des propos pareils.

Les gens aspirent à la normalité. Malheureusement d’ailleurs, c’est cela qui les amène à tomber dans le piège du conformisme : la normalité dans la société de consommation, c’est la perte des sentiments…

Et cela ne veut pas dire que dans « l’arrière-pays », il n’y ait pas n’importe quoi, pas de prostitution ou de perversités. L’isolement ne produit jamais rien de bon…

Mais heureusement il reste la nature humaine et heureusement il reste des personnes romantiques, refusant le sexe comme performance, rejetant le principe d’identité comme moyen d’avancer dans la vie, croyant en la force des sentiments.

C’est même la majorité des gens qui sont ainsi, encore est-il qu’il faut lever cette bannière, ne pas la laisser aux religieux.

Sans pour autant céder le terrain aux dépressifs de la société de consommation qui ne trouvent de solution que dans la destruction de toutes les valeurs, jusqu’au délire caricatural d’une guerre à l’existence naturelle majoritaire de l’hétérosexualité, d’une guerre contre le couple, d’une guerre contre la simplicité.

Les propos tenus par la suite dans l’article sont explicites à ce sujet.

Vous me direz : et pourquoi pas, si ça rend les gens heureux de passer une vie entière à mettre des pénis dans des vagins ? Je suis absolument d’accord.

Mais ça ne rend pas les gens heureux, du moins pas à long terme… or la monogamie rêve de long terme. Si ce système fonctionnait réellement, les sexologues, psys, vendeurs de lingerie à moumoute, experts en relations extraconjugales et avocats millionnaires spécialisés en divorce seraient au chômage. Leurs clients ne sont pas des imbéciles, ni des perdants.

Ils sont simplement coincés dans une sexualité format timbre-poste, immobile, identique du premier rapport au dernier, à deux-trois détails près. Exactement comme si on était condamnés à manger les mêmes frites à la cantine tous les jours, avec pour Noël de la mayonnaise plutôt que du ketchup.

L’hétérosexualité serait insuffisante en soi. Le couple une impasse. La fidélité une impossibilité. Le couple ne pourrait être que temporaire. L’amour est une illusion, ou bien un sentiment passager.

Car on le remarquera, la question des sentiments n’est pas prise en compte. Tout est réduit à une sorte de mécanique des corps. C’est l’individu qui se considère comme sa propre entreprise, et qui accumule.

Qui accumule de l’expérience, des gens, des sentiments, des émotions, sauf que cela ne marche pas comme cela dans la vie.

Et comme cela ne marche pas, il faut aller toujours plus loin pour avoir l’illusion d’avancer quand même. La journaliste propose quand même par exemple qu’un couple hétéro pratique la pénétration du pénis…

Enfin bref, c’est toute la philosophie existentialiste du « aller plus loin », « vivre sa propre vie », « faire ce qu’on veut » et se définir par cette pseudo-liberté…

C’est le reflet le plus direct, le plus pur, du capitalisme triomphant tellement qu’il généralise l’individualisme.

Et les partisans de ce mode de vie détraqué se prétendent progressistes, masquent leur propagande derrière la conquête des droits, prétendent changer le monde…

Et malheureusement, nombre de jeunes voulant se rebeller tombe dans ce piège. Ils s’imaginent avoir des problèmes d’identité au lieu de vouloir de combattre ce que nous appellerons, par commodité, Babylone.

Ils veulent se changer eux – ce qu’il faut faire, mais en tant que personne, pas en tant qu’individu – au lieu de changer le monde.

Ils passent du rejet de la réalité… telle qu’elle est, au nom de ce qu’elle pourrait être, au rejet du réel.

Une intéressante tribune sur les insectes

François Lasserre est un des responsables d’une association naturaliste, l’Office pour les insectes et leur environnement. Il a publié dans Libération une tribune très intéressante, intitulée “L’insecte, égal de l’homme”.

Naturellement, il y a de grandes limites : toujours ces précautions oratoires, ces tournures plus que prudentes, ce refus d’assumer une vision du monde combative. Comment peut-on être aussi timoré tout en soutenant dans l’association que nous allons à une catastrophe écologique majeure ?

Et où le véganisme, dans tout cela ? La mise en valeur de Gaïa comme système planétaire ? A un moment il faut y aller quand même, au lieu de tourner inlassablement autour du pot!

Un commentaire dit d’ailleurs bien les choses :

Ballade en forêt au mois de mai; au cœur du printemps les bois devraient vrombir du vol des insectes et être empli de chants d’oiseaux… et rien!

Trois mouches et une abeille et une – une seule – fauvette!

Ce n’est pas que la situation est grave, c’est que c’est bel et bien déjà foutu.

Et tout ce que M. Lasserre trouve à faire c’est un cours de morale en écriture inclusive. Il va falloir trouver autre chose.

C’est malheureusement vra : l’article fait dans le moralisme, dénonçant une sorte d’insectophobie, revendiquant un droit “individuel” de chaque insecte. Bref on retombe dans le libéralisme, l’individuel, au lieu de raisonner en système planétaire…

On devrait respecter les insectes “en soi comme individus”, alors que ce qu’il faut en réalité, c’est célébrer la vie en général, et en particulier comme réalité de l’ensemble planétaire…

C’est donc une intéressante tribune sur les insectes. Mais c’est limité par rapport aux exigences historiques. Vu du futur, c’est bien trop faible !

L’insecte, égal de l’homme

Mais où sont passés les papillons ? Que deviennent les abeilles ? Où sont ces insectes qui s’écrasaient par centaines sur nos pare-brise ? Voilà des interrogations récurrentes qui font écho à l’actualité de ces trente dernières années : les populations globales d’insectes diminuent drastiquement (Libération du 18 mai).

Pour certains d’entre nous, c’est peut-être une bonne nouvelle : enfin moins d’insectes ! Cela fait des millénaires que nous luttons contre ceux qui nous piquent, transmettent des maladies ou mangent nos récoltes. Alors enfin les voilà qui disparaissent.

Seulement, avec eux, tout un pan de la biodiversité diminue, celui qui dépend de ces petits animaux incroyablement nombreux et présents à tous les étages des écosystèmes.

Oui, les insectes qui nous embêtent peuvent en cacher d’autres, bien d’autres, inconnus et bienfaisants, pourtant. Seules quelques espèces apportent une sale réputation à l’ensemble de ce vaste monde.

Si l’on nous demande quels sont les insectes qui nous embêtent, environ 20 espèces (ou un peu plus pour un agriculteur) nous viennent en tête : moustiques, guêpes, frelons, mouches, puces, doryphores, capricornes, pucerons, etc.

Pourtant, rien qu’en France, il existe plus de 40 000 espèces d’insectes. C’est-à-dire qu’une vingtaine d’espèces portent préjudice à 39 980 autres ! Et pour aller plus loin, au sein de ces espèces, seuls quelques individus nous ennuient.

Ainsi, dire que «les pucerons sont nuisibles» ou que «les guêpes piquent» est une erreur de pensée face aux statistiques et probabilités. En effet, ici, nous manquons de pensée critique en ne prenant pas en compte toutes les fois où nous avons croisé une guêpe inoffensive, ou qu’un puceron a épargné nos tomates. Nous ne retenons qu’une anecdote : l’individu qui nous a ennuyés.

Mais combien de milliers de guêpes côtoyons-nous chaque année ? Malgré cela, la réputation des guêpes est unanime : elles piquent et nous ennuient. C’est aussi faux que de dire que tous les habitants de telle région sont peu accueillants, à partir d’une anecdote malheureuse. En fait, nous nous comportons de façon discriminante vis-à-vis des animaux non-humains.

Nous les mettons tous «dans le même panier». Attitude que nous tentons d’atténuer depuis longtemps entre humains. Certes ces derniers ont droit à un traitement de faveur, mais depuis Darwin, nous savons pourtant que le vivant n’a pas de hiérarchie, que l’arbre généalogique avec les humains placés tout en haut, et les insectes, et d’autres, en bas, n’existe plus.

Oui, nous sommes tous autant évolués les uns que les autres, sans hiérarchie, ni sens. Au cours du temps, un insecte a évolué vers la mouche, la guêpe, etc., comme un primate a évolué vers l’humain, le chimpanzé, etc.

Humains et mouches vivent aujourd’hui, aucun n’est resté dans le passé, ils ont tous évolué, changés.

Mais cette réalité biologique heurte encore notre philosophie et nos sens des valeurs. Notre anthropocentrisme nous empêche encore aujourd’hui d’intégrer cette théorie de l’évolution dans nos schémas mentaux.

C’est si difficile de penser que les capacités cognitives qui nous permettent d’écrire, d’imprimer et de lire ce journal ne sont pas «en haut de l’évolution» ! Alors nous continuons à traiter les non-humains comme bon nous semble.

Est-ce notre civilisation occidentale qui, au cours de l’Histoire, a accentué la violence qu’Homo sapiens a toujours eue avec le vivant ? Il semble en effet que la culture naturaliste élaborée au 17e siècle dans un Occident judéo-chrétien, qui consiste à séparer la nature de la culture (c’est-à-dire des humains), ait amplifié ces rapports conflictuels.

Nous en sommes profondément imbibés. Posons-nous la question : quel est mon rapport avec le vivant ? Sommes-nous individuellement et spontanément généreux et bienveillants avec cette araignée, cette souris ou ce frelon ? Pas vraiment, car nous voyons plus facilement leurs côtés négatifs et les détruisons sans remords.

Si les sciences naturalistes nous ont beaucoup apporté, elles ont aussi entériné le fait qu’il y avait des groupes impersonnels, comme «arbres», «insectes» ou «nature».

Sans nous en rendre compte, cela nous autorise une grande violence envers eux. Cela supprime notre sensibilité et notre acuité à voir la singularité d’un insecte, par exemple. Nous ne percevons plus l’être que l’on croise, mais sa catégorie.

Ainsi, lorsque notre voisin dit avoir détruit un nid de guêpes, cela n’a aucun impact sur notre sensibilité.

Pourtant ces individus ne nous ont souvent fait aucun mal et ils avaient eux aussi leur ontologie, comme disent les philosophes. Ils ont eux aussi une vision subjective du monde, et aucun d’entre eux ne souhaite mourir. Comme nous.

Nous sommes tous différents au sein des humains, tous singuliers, et nos sociétés nous ont faits égaux devant la loi.

Est-ce que Darwin arrivera un jour à rendre humains et non-humains plus égaux devant la loi (tout en préservant l’intégrité des humains) ? Ne serait-ce d’ailleurs l’une des meilleures pistes pour sauver les non-humains de nos occupations de l’espace et des terres ?

Car finalement, c’est ce qui fait disparaître la diversité du vivant, notre propension à occuper l’espace sans nous soucier des autres. Où que nous allions nous détruisons et aseptisons les espaces.

Nous les dominons, y compris dans nos jardins. Alors sans lieux où nicher, sans nourriture à déguster, comme des fleurs sauvages pour les insectes pollinisateurs, et voilà les insectes qui disparaissent. Et si en plus nous les aspergeons de produits toujours plus efficaces pour les tuer, cela ne les aide pas.

A cela s’ajoute notre propension à n’avoir d’yeux que pour les animaux «intelligents», c’est-à-dire qui nous ressemblent cognitivement, et surtout à ne reléguer les insectes qu’aux «rôles» qu’ils joueraient pour nous.

Dans ce cas, que faisons-nous de ceux qui n’en jouent pas ? Et comment pouvons-nous exiger d’un autre animal un rôle écologique, alors que nous, personnellement, n’en jouons pas ?

Et qui leur aurait attribué un «rôle» ? Dieu ? Nous ? Cela revient au même. Pourrons-nous un jour les accepter pour ce qu’ils sont, sans justificatif nécessaire ? Aucun d’eux et aucun de nous n’a plus de légitimité à vivre sur Terre, voilà une réalité biologique qui pourrait positivement alimenter nos réflexions philosophiques.

Enfin, les insectes représentent typiquement l’étranger, l’autre. Rencontrer un insecte, c’est rencontrer une autre culture.

Les apprécier pour ce qu’ils sont est une véritable gageure au pays des «nuisibles» ou autres «pestes», de la mécanisation de la «nature» et du traitement dominants/dominés que nous réservons aux non-humains, qu’ils soient domestiques à travers l’élevage, ou sauvages à travers la chasse.

De plus, notre gouvernance étatique semble entretenir et conforter cette attitude dominatrice. Est-ce qu’une démocratie un peu plus égalitaire et moins monarchique apporterait un autre rapport avec tous ceux qui nous entourent ? Certain.e.s le pensent.

Nous sommes entourés d’individus ayant chacun sa singularité et subjectivité, qu’il s’agisse d’humains ou de non-humains.

A partir de ce constat, ne pourrions-nous pas construire l’avenir, celui d’un humanisme plein et entier, sans frontières et magnifiquement biodiversifié ? Être Humain n’est-ce pas simplement accepter les autres, tous les Autres, pour ce qu’ils sont ?

Sauvons les renards de l’hôpital psychiatrique Pierre-Janet du Havre

Il existe une pétition en ligne pour sauver les renards du parc de l’hôpital psychiatrique Pierre-Janet du Havre ; elle a pratiquement 60 000 signataires et il est tout à fait juste de la signer et de la diffuser.

Elle reflète quelque chose de tout à fait démocratique, allant tout à fait dans le sens de la défense de la vie animale. C’est ce genre de choses qui fait avancer le véganisme.

Elle a été lancée par une infirmière du service de nuit de cet hôpital, dont la direction a décidé d’exterminer les renards. Pourquoi, alors que les renards vivent depuis des années et des années là-bas?

Pour une raison bassement administrative, sans coeur ni âme, avec toujours des motifs absurdes : la rage, l’agressivité, etc., tout ce qui peut faire peur.

Mais le fond, bien entendu, c’est toute une vision du monde anti-naturelle.

Voici le texte de la pétition, notamment comme archive ; il faut soutenir ce combat !

Récemment, nous avons appris que l’administration de l’hôpital allait mettre en œuvre sous peu, une opération d’éradication des renards du parc par l’utilisation de piège, ce qui occasionne chez nous une grande colère du fait d’une totale incompréhension.

En effet, nous ignorons à quel endroit exactement se situe leur habitat mais nous pouvons les observer régulièrement, ayant ainsi pu constater une absence de dangerosité de leur part et en revanche, un contact adapté.

Ils n’ont jamais montré le moindre signe d’agressivité, nous n’avons eu aucun précédent de morsure ni même grognement ou saccage et ils restent craintifs face aux hommes.

Il n’y a pas eu de velléité de domestication de notre part, seulement de coexister et cela n’a jamais occasionné le moindre problème, bien au contraire, les lieux semblant plus accueillants car vivants.

Plus encore pour les patients qui les attendent et se réjouissent de les observer le soir venu, au même titre que les hérissons ou chats avec qui les renards cohabitent.

D’autre part, la multiplication des données scientifiques sur ce sujet nous permet d’affirmer que le renard fait partie intégrante de la biodiversité et, est à tort, qualifié de nuisible depuis trop longtemps. Son extermination systématique sans discernement et ce, tout au long de l’année ne constitue qu’un ravage supplémentaire de l’homme sur la faune sans que cela ne soit justifié.

L’argument de la prolifération de cette espèce dans nos lieux est erroné, ces derniers n’étant ni plus nombreux ni plus présents qu’avant, étant déjà les victimes indirectes des activités humaines ainsi que de maladies intraspécifiques.

De plus, il a été avéré que cette espèce est capable d’autorégulation avec une diminution du nombre de renardeaux dans une portée en fonction des ressources disponibles.

Le second argument présentant cet animal comme porteur de maladie ne se constate pas plus, rappelons qu’en France, la rage est considérée comme disparue depuis 2001 et qu’il serait scientifiquement faux de considérer le renard comme l’unique vecteur de pathologie. L’exemple actuel le plus utilisé est la maladie parasitaire de l’echinococcose étant transmissible à l’homme par le renard mais au même titre que tout rongeurs ou encore chiens ou chats domestiques. (1)

De plus, il s’agirait de déséquilibrer le rapport des espèces dans ce lieux car le renard est un prédateur qui permet la régulation d’autres populations animales, elles aussi bien présentent chez nous, comme certains rongeurs.

À ce jour, il apparaît même que, par son action de régulation des rongeurs, le renard permet une diminution du nombre de tiques donc une baisse de l’incidence de la maladie de Lyme, cette corrélation ayant été observée par nos voisins néerlandais, il y a un an. (2)

Et cela n’est qu’un des nombreux exemples de la nécessité du renard dans l’ensemble de l’équilibre de notre biodiversité. En d’autres termes, nous ne pouvons que constater que ces animaux ne représentent pas une menace et ne sont, en ce sens, en rien qualifiable de nuisibles.

Nous vous adressons donc cette pétition car il s’agit pour nous de ne pas laisser faire cette extermination systématique qui n’a aucune raison d’être et ne répondrait qu’à une volonté de « nettoyage » sans fondement.

Dans ce but, nous recherchons tout soutien qui permettrait d’éviter ce qui serait un massacre absurde afin de faire entendre nos convictions qui elles, au même titre que les renards, ont toute légitimité à exister.

Merci de nous prêter main forte.

(1) http://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/echinococcosis

(2) http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/royprsb/284/1859/20170453.full.pdf

Le Monde découvre les refuges faisant des sauvetages

[Les photographies montrent des souris d’un sauvetage récent dans le 92, deux malous étant encore à l’adoption – ils vous attendent!]

Sur le Lemonde.fr, on peut lire un article intitulé :

Incroyable « opération sauvetage » de 266 rats

Le chapeau explique :

Lors de l’expulsion d’une personne de son logement insalubre en région parisienne, des rongeurs par centaines ont été découverts par les employés de la fourrière animale.

Il s’agit d’un article relativement long, dont voici le début pour bien voir de quoi il en retourne :

Ceux qui sont entrés dans la pièce ont eu la surprise de leur vie. Ils savaient bien que la femme expulsée de son logement insalubre ce jour-là avait des animaux, et qu’il faudrait les récupérer, comme toujours en pareil cas.

Mais là… ce n’est pas un chien ou quelques chats que les employés de la fourrière animale départementale de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, découvrent derrière la porte, à la toute fin d’avril. A la place, des rats en nombre incroyable.

« Environ 200 », selon la première évaluation. Le chiffre réel, après comptage, se révèle encore plus effrayant : 266 rats se trouvaient entassés dans une petite pièce insalubre !

Il y avait des mâles et des femelles, des nouveau-nés, tous laissés en liberté. Des blancs, des gris, des noirs. Quelques blessés, présentant des abcès ou des plaies.

« Ils étaient à la merci des chats et des chiens qui passaient de temps en temps en croquer un ou s’amuser avec d’autres », précise un responsable appelé à la rescousse. L’occupante du logement s’était visiblement laissé dépasser. « La misère sociale est le quotidien de ceux qui s’occupent de protéger les animaux », commente un professionnel.

Suit une présentation – plutôt allant dans le bon sens – de la mise en branle d’associations pour placer les pauvres rats, avec le passage chez le vétérinaire, la cagnotte d’urgence, etc.

Sauf que malheureusement, erreur ou plutôt faute, il n’y a aucun lien, alors que tous ne sont pas sauvés encore!

Il reste des rats mâles à adopter : 4 séparés et vivant a l’heure actuel seul, un groupe de 5, un groupe de 3.

Rappelons ici que les adoptions les plus efficaces sont malheureusement les animaux « à la mode » (en raison de leur couleur notamment) et il revient aux végans de s’organiser pour adopter ceux qui ont le moins de chance d’être adopté en priorité.

Tout saccage de sa vie sociale est un égoïsme par rapport aux besoins des animaux en détresse !

Le luxe de l’égoïsme et de l’individualisme est non seulement absurde, mais criminel dans les faits !

D’un côté, donc, diffuser l’information est évidemment très bien : les journaux devraient le faire tout le temps.

De l’autre côté, c’est tout de même incroyable que cet étonnement de la part d’un journaliste.

On retrouve cette étrange approche, qui malgré une éventuelle bonne volonté témoigne d’une fascination journalistique pour le pittoresque, voire de l’étrange… Et, conséquence de cela, il n’y a aucune enquête, aucun étude du fond du problème.

Le lecteur lit cela comme une anecdote. Pas de lien, pas de présentation de la situation.

Or, n’importe qui connaissant les refuges et leurs activités sait qu’il y a des situations de crise de ce type, en particulier pour les rongeurs, ou les poissons.

Si une centaine, plusieurs centaines d’animaux adopter n’est pas une norme, cela peut arriver. Quiconque a travaillé dans un refuge sait cela d’expérience.

Et pourquoi cela ? Parce que l’État ne fait rien. Parce que la société ne fait rien. Parce que tout repose sur l’abnégation des bénévoles des refuges.

Sans cette activité des bénévoles, cette activité occupant toute une vie privée, sans réelle reconnaissance, une activité usante, épuisante même, qui ne peut pas s’arrêter en raison des responsabilités, eh bien sans cela, il n’y aurait rien.

Les refuges n’ont pas d’argent. L’Etat compte sur eux pourtant pour se débarrasser de tout ce qui dérange le conformisme d’une vie quotidienne d’où l’animal est soit objet, soit marchandise, soit étranger.

Mais l’Etat ne soutient en rien. Tout repose sur le sens du sacrifice. Les bénévoles des refuges sont les héros du quotidien.

Le Monde peut bien trouver une information pittoresque sur un sauvetage de 266 rats, mais de tels événements se produisent souvent, dans l’ombre d’une société aveuglée par l’individualisme, pétrie par l’égoïsme.

La bataille pour les refuges, en ce sens, est une priorité pour les gens pour qui le véganisme ce n’est pas le bien-être, l’alimentation, la santé… mais bien les animaux !

Et ici tout le combat reste à mener! Malgré la diffusion du véganisme – ou bien d’une forme de véganisme -, d’un discours “antispéciste”, la situation n’a pas du tout changé pour les refuges.

Il y a plus de gens qui parlent des animaux, mais dans les faits rien ne change! Or, il faut que cela change!

Stomy Bugsy et le véganisme

La démarche de l’association PeTA de chercher des célébrités et de racoler avec des femmes nues est désolante. Mais pour le coup la vidéo où Stomy Bugsy, figure du rap, explique son passage au véganisme est un vrai plaisir à regarder.

Quand on a en tête un véganisme populaire, décomplexé, simplement positif, c’est vraiment fort!

L’étrange programme du REV d’Aymeric Caron

Le Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant (REV), fondé autour d’Aymeric Caron, a tenu sa première réunion publique il y a trois jours (avec 450 personnes revendiquées, ce que la photo ne montre pas vraiment), à Paris, et a enfin un programme, rendu public le même jour.

Enfin ! Parce que jusqu’à présent, l’initiative était vide de sens, l’organisation d’un amateurisme complet, et on se doute bien que si l’adhésion est gratuite, ce n’est pas pour rien : c’est une coquille vide, une pure construction.

D’ailleurs, précisons le tout de suite : le mouvement n’est pas démocratique, il veut une société d’experts. Il est ainsi demandé la :

« Création du Comité du Vivant, collège de sages et d’experts constitué de scientifiques et d’intellectuels compétents chargés d’éclairer sur toutes les questions liées à l’environnement et aux droits des animaux. »

Ce « Comité du Vivant » désignerait des gens d’ONG pour former le tiers des membres d’une Assemblée naturelle qui remplacerait le Sénat, un autre tiers étant élu, un autre tiers composé de hauts fonctionnaires.

Cela signifie que la société serait verrouillée par des experts, puisque le Sénat verrouille le parlement… C’est très technocratique, comme dans les années 1930 dans les propositions de laboratoires d’idées d’extrême-droite pour mieux « gérer » la société.

Et comme on le sait, nous sommes toujours prompts à disqualifier comme fachos et esprit des années 1930 toute affirmation régressive alliant culte de la petite production, technocratie et spiritualité : autant dire qu’ici nous ne sommes pas déçus.

Surtout que dès le départ, le programme exprime de manière frontale une espèce de mystique :

« Le REV est le mouvement politique qui représente l’écologie essentielle. L’écologie essentielle est une écologie métaphysique qui s’oppose à l’écologie superficielle, laquelle est une écologie mathématique. »

Étant donné que métaphysique signifie « au-delà » de la physique et désigne l’interprétation spirituelle de cet au-delà, on est bien là dans le mysticisme.

Entendons-nous bien : on peut tout à fait être vegan et bouddhiste… Mais pour être vegan il faut aimer concrètement les animaux, pas les lier à la question de l’au-delà. Or, là, avec le REV, il n’y a pas l’amour des animaux – rappelons qu’au début de son ouvrage « Antispéciste », Aymeric Caron assume de rejeter cet amour.

C’est là un véritable problème de fond. Et quand on ne voit pas cela, on en arrive à des revendications tordues, comme celle d’une « période transitoire » où :

« Les morceaux de viande devront obligatoirement être accompagnés d’une photographie de l’animal vivant puis de son abattage ».

Et voilà, comme d’habitude. Comme avec L214 et les autres. On commence par dire qu’on veut tout changer. Et on se retrouve à demander, quoi? La photographie d’un animal tué sur la « viande  ».

Non mais franchement. Tout ça pour ça ? C’est cela, la libération animale ? Demander une période transitoire, en proposant à côté de cela dans le programme la réduction du temps de travail à 28 heures et la gratuité de l’eau du robinet ? Ou bien – et là c’est incompréhensible parce qu’il en faudrait plutôt partout – « la fin des radars automatiques sur les routes » ?

Dans un même ordre d’idée, toujours pour la transition, le REV demande une :

« Interdiction de la chasse les weekends, vacances scolaires et jours fériés. »

Là, c’est pareil. On veut défendre les animaux, mais on se retrouve à faire quoi? A demander l’arrêt de la chasse… le week-end.

C’est d’autant plus choquant, d’ailleurs, que le combat contre la chasse ne saurait être transitoire. On peut réclamer sa fin directement : la population est d’accord et de toutes façons lorsque les choses bougeront, les chasseurs seront dans leur écrasante majorité du mauvais côté…

Cependant, ne parlons pas de demain, parlons d’aujourd’hui : après tout, le REV se veut un parti politique qui va progressivement changer les choses. Imaginons que ce genre de revendications transitoires puisse avoir un sens et allons à l’essentiel : la vision du monde.

Deux points nous intéressant sur le plan du véganisme : la nature du véganisme tout d’abord, la question de la Nature ensuite.

Sur le véganisme, il est dit – ou plutôt sur l’antispécisme, terme que nous rejetons de notre côté en défense du véganisme :

« Nous sommes antispécistes : nous réclamons une égalité de considération pour toutes les espèces animales sensibles.

L’antispécisme s’inscrit dans la continuité de tous les combats menés dans l’histoire en faveur des populations discriminées (lutte contre l’esclavage, lutte pour les droits civiques des afro-américains, pour les droits des femmes, pour les droits des homosexuels…). »

On retrouve la dimension passive : les animaux sont loin, ce sont les autres, les discriminés. Ils ne font pas partie de la Nature, comme nous, il ne faut pas les aimer. Finalement, il est logique que le REV parle du vivant et pas de la vie : lorsque nous disons de notre côté « en défense de toute vie », le REV parle du vivant, afin d’échapper à la question de la compassion, de l’amour, du bonheur.

Il ne se situe pas dans la tradition athée, épicurienne, naturaliste, appelons le comme on voudra – nous dirons simplement : vegan straight edge !

Il fait du vivant un mysticisme, par ailleurs ainsi défini :

« Nous nous engageons pour la protection du vivant sous toutes ses formes : humain, non humain, animal et végétal (…).

Nous reconnaissons une hiérarchie dans les expressions du vivant. Nos obligations ne sont pas les mêmes à l’égard des animaux sensibles non humains et des végétaux. »

Nous allons protéger tout le monde sans distinction ! Mais nous ferons une hiérarchie quand même ! Nous allons protéger les animaux des forêts ! Mais que le week-end ! Nous allons protéger les animaux des élevages ! Mais symboliquement avec une photographie !

Quelle défaite morale, intellectuelle ! Quelle misère humaine !

Cannabis : la Creuse veut être à la pointe de “l’or vert”

Les partisans du cannabis sont toujours plus subtils dans leur offensive!

Depuis quelques jours, il y a une avalanche médiatique au sujet d’Eric Correia. Cet élu de la Creuse fait depuis quelques temps un forcing démesuré pour que cela soit chez lui que “l’or vert” soit produit.

Sa méthode est des plus simples : il revendique que la Creuse soit une zone test pour le cannabis médical. C’est bien entendu une escroquerie. Il s’agit tout simplement de faire de la Creuse un bastion du capitalisme cannabistique.

La question de la médecine n’est qu’un prétexte pour que cela passe. L’argumentaire de Eric Correia tourne très rapidement d’ailleurs à la mise en valeur du capitalisme du cannabis, comme ici dans ce qu’il raconte à La Montagne.

« À un moment donné, ça sera autorisé. Mais si dans trois ans on n’a pas avancé sur ce dossier, ça sera fichu pour la France.

Un peu plus de 35 Etats des États-Unis autorisent le cannabis thérapeutique et récréatif, d’autres seulement le cannabis thérapeutique.

En Europe, la France reste le seul pays où il n’est pas légalisé. On est le pays le plus répressif mais aussi celui où il y a le plus de consommateurs !

Soit on attend que ce soit les Allemands qui nous l’exportent, soit on est plus intelligent et on nous autorise à le faire en Creuse.

Ici, on a des producteurs de chanvre intéressés : cette économie, cette filière, on est capables de la construire. Au Colorado, ils ont créé 18.000 emplois en trois ans. Imaginez ici ce qu’on peut gagner en emplois et en nouvelle population si on se lance. »

Ces propos sont carrément cash et, rappelons-le, encore inégal, puisque faisant la promotion d’une drogue. Qu’il ne soit pas poursuivi en dit long sur la capitulation totale de l’Etat par rapport au cannabis.

Mieux encore, ou plutôt pire, Eric Correia a remis au préfet de la Creuse – au nom de la contribution au “Plan Particulier pour la Creuse” – un document de synthèse intitulé :

« La Creuse, territoire d’expérimentation de la légalisation du cannabis à usage médicinal et récréatif ».

Le terme “récréatif” montre bien qu’on dépasse la question du médicinal, même si les médias ont joué le jeu en ne parlant en fait que de cet aspect ces derniers jours. L’idée est bien entendu de faire tomber un peu plus l’opinion publique.

On est bien là ni plus ni moins que dans une manipulation au nom des bons sentiments : qui oserait protester contre une éventuelle progression du combat contre la douleur?

C’est tactiquement extrêmement bien joué. Cela permet vraiment de lancer une offensive sur un nouveau secteur de la population, pour qu’il bascule du côté de la légalisation du cannabis.

Il y a clairement une stratégie générale, où Eric Correia vient subtilement se poser. D’ailleurs, il  organise le 22 mai 2018 une conférence de promotion du cannabis dit thérapeutique, avec donc on l’a compris l’idée d’établir “l’or vert” dans la Creuse…

Depuis plusieurs années, le chanvre s’est imposé dans l’industrie pharmaceutique comme un produit devenu incontournable. Selon l’International Association for Cannabinoid Medicines (IACM), plus d’une quarantaine de pathologies pourraient être soignées ou prises en charge par la plante.

Au-delà de l’opportunité pour le bien-être des patients, le cannabis est aussi un axe de développement économique considérable, et notamment en Creuse où il pourrait permettre des bénéfices importants.

Le 22 mai, Président de l’agglomération du Grand-Guéret et Conseiller Régional de la Nouvelle Aquitaine organise, en collaboration avec l’association NORML France une réunion d’information sur le chanvre thérapeutique.

L’événement permettra le débat autour des activités économiques possibles liées à l’exploitation du chanvre avec un panel élargi d’éclaireurs, de décideurs, d’agriculteurs, de patients et citoyens.

Avec :

– Eric CORREIA, Président de l’Agglo du Grand Guéret et conseiller régional PS de Nouvelle Aquitaine
– Dr Olivier BERTRAND, NORML France – Santé & Médecine
– Florent BUFFIERE, NORML France – Culture & Tradition
– Béchir BOUDERBALA, NORML France – Droit & Législation
– Vincent TURPINAT, Collaborateur du Député de la Creuse
– Francois VINCENT, Professeur de Pneumologie au CHRU de Limoges

Mais aussi des agriculteurs et chanvriers Creusois, dont : Marien SABLERY (Chanvre Limousin), Mathieu COUTURIER, Jouanny CHATOUX…

Des témoignages de patients, les aspirations des possibles futurs acteurs économiques du cannabis Creusois…

Mais aussi et surtout : Vous!
Votre point de vue, vos idées, vos suggestions…

C’est très bien joué, malheureusement. Entre l’envie de basculer dans les paradis artificiels, l’appât du gain, le je-m’en-foutisme, l’esprit libéral, l’esprit anarchiste… il y avait de quoi faire boule de neige.

Avec la question de la santé, il y a en plus une offensive jouant sur la question de l’intérêt général face à la maladie, ce qui permet au cannabis d’acquérir “ses lettres de noblesse”. Le discours sur l’utilisation “ancestrale” du cannabis pour soigner est devenue une norme.

C’est vraiment un tournant. Il est évident que le contexte annuel – aujourd’hui a également lieu à Paris la “cannaparade”, qui profite de nombreuses entreprises sponsors – est particulièrement favorable à la légalisation.

La résistance historique au cannabis périclite toujours davantage. Cela souligne d’autant plus l’importance d’assumer un mode de vie (vegan) straight edge, pour être capable de s’interposer avec le mode de vie dominant individualiste, égocentrique, tourné vers la fuite…

Il faut assumer la vie telle qu’elle est, la prendre dans toute sa richesse en osant y contribuer, sans sombrer en cherchant une facilité imaginaire qui ne fait en réalité que tout ruiner!

Un McDonald’s, un Black Block et le véganisme

Le site Bite Back !, qui publie notamment les communiqués de l’ALF, a mis en ligne deux photographies liées au saccage d’un McDonald’s à Paris lors du premier mai. La raison en est deux tags : un « go vegan » et un « ALF ».

Une question doit alors se poser : est-ce juste ? C’est une question qui est la même que lorsque des gens ont fait une « commission antispéciste » lors de Nuit Debout place de la République à Paris, ou bien lorsque des vegans ont valorisé la France insoumise comme mouvement qui serait favorable au véganisme.

Quelques années auparavant, certains avaient tenté une même approche avec le Nouveau Parti Anticapitaliste, à sa fondation. En ce moment, d’autres considèrent qu’EELV pourrait potentiellement être ouvert à cela aussi.

La question est de grande importance et d’une dimension profonde. Si ces gens ont raison, alors ils répandant le véganisme en profitant d’une bonne dynamique ; si ces gens on tort, ils diluent le véganisme et le transforment en gadget faisant partie de la panoplie de la « contestation ».

Comme on le voit, ce n’est pas tout à fait pareil…

On peut donc deviner à quel point les avis sont ici tranchés, divergent de manière complète, avec naturellement un conflit entre personnes, puisque les choses vont soit dans un sens, soit dans un autre.

Il ne s’agit pas ici de regretter cela : il faut savoir faire des choix. Aucun mouvement ne peut avancer s’il ne s’épure des gens qui oscillent entre les points de vue, ou qui trahissent à la première occasion.

Aussi est-il important d’évaluer les situations, les phénomènes, de raisonner de manière générale et non pas seulement individuel.

C’est d’ailleurs le sens du « go vegan » et de « ALF » tagués sur le McDonald’s : faire apparaître une ligne de contestation sur la société sur la bonne base.

En gros, si le Black Block est cohérent, alors il doit nécessairement voir que si on est contre « McDo », alors il faut être vegan et tant qu’à faire, si on est vegan, forcément soutenir ou rejoindre l’ALF.

Il serait hypocrite de ne pas formuler ici de point de vue ; à quoi il faut ajouter bien entendu que tout dépend ici des expériences faites, du vécu, de l’interprétation de ces expériences et de ce vécu.

En l’occurrence, de par l’expérience et les retours, il y a de quoi être circonspect, pour ne pas dire plus. Déjà que croire en la « convergence des luttes » relève d’une même fantasmagorie que l’astrologie ou la sorcellerie… Alors s’imaginer que le « black block » en a faire quelque chose à faire du véganisme est irréaliste.

Il en aurait pu être autrement, mais il aurait fallu que lorsque la ZAD a passé sa première étape, elle ne se tourne pas vers la petite production et l’élevage. Or, elle l’a fait. Ne pas voir qu’il y a eu un tournant à la ZAD, c’est ne pas voir les choses en face.

Au départ, cela a été une mobilisation en faveur de la protection d’une zone naturelle, cependant c’est très vite devenu un projet en soi.

Nous l’avons vu, nous l’avons dénoncé et nous avons bien fait : cela permet d’éviter les leurres et la destruction des principes.

A cela s’ajoute que la scène anarchiste française n’a jamais apprécié le véganisme, la Fédération Anarchiste interdisant même sa mise en avant dès 1995, l’OCL le dénonçant au moyen d’un renégat. Cela n’est bien sûr  pas vrai de la scène anarcho-punk par ailleurs restreinte.

Il pourrait en être autrement, sauf que pour cela les choses devraient se dérouler bien différemment. Prenons le Black Block justement. A la base il n’est pas là pour casser, même s’il peut l’assumer : il est avant tout un rassemblement politique, le noir étant privilégé pour se protéger de la répression, maintenir le cortège dans l’unité.

C’est la mise en avant d’un projet. On sait alors si le véganisme fait partie du projet en question ou pas. Et en Allemagne, pays d’origine du Black Block, dans les années 1990 et 2000, le véganisme faisait partie des valeurs hégémoniques, incontournables,  dans la scène autonome, des squatts, etc. et malheur à qui ne soutenait pas cette cause !

C’était très clair, tout à fait lisible. Rien à voir avec le premier mai 2018 en France donc.  Le Black Block français et à la française ne soutient pas le véganisme, s’imaginer même qu’il puisse le soutenir est plus que douteux…

Et même qu’il ait put choisir de le soutenir, car le « Black Block » a été un amas de tout et n’importe quoi, soit d’aventuriers (un jeune consultant gagnant 4200 euros par mois a été arrêté!), soit de gens là par esprit de contestation « amusante », soit de gens liés à une scène anarchiste insurrectionnaliste (à la Julien Coupat) ayant un rapport au véganisme allant du dédain au mépris.

Peut-être les choses sont-elles différentes… Auquel cas on le verra rapidement. Cependant, si ce n’est pas le cas, alors la Cause aura été diluée dans une contestation éphémère, et donc cela n’aura pas été une bonne chose.

Pourquoi Brigitte Bardot a-t-elle choisi Laurence Parisot?

Les personnes observatrices l’auront remarqué : Laurence Parisot signe régulièrement des tribunes pour les animaux, dont par exemple celle contre la chasse à courre.

Cela peut surprendre parce que, après tout, elle est surtout connue pour avoir été la présidente du Medef, le « syndicat des patrons », de 2005 à 2013, dont elle est encore la présidente d’honneur par ailleurs.

Mais c’est en fait qu’elle a été choisir par Brigitte Bardot pour prendre, après son décès, la tête de la Fondation Brigitte Bardot. Elle n’a pas encore été officiellement adoubée, car selon Brigitte Bardot elle doit encore « faire ses preuves », mais c’est un processus largement enclenché.

Cela depuis quelques temps déjà, d’ailleurs : la revue très marquée à droite Valeurs Actuelles publiait ainsi en novembre 2017 un article intitulé « Copinages, tweets racistes : Parisot prête à tout pour mettre la main sur la Fondation Bardot ».

L’article se voulait éminemment à charge :

« L’inquiétude règne autour de la Fondation Brigitte Bardot : l’ancienne patronne du Medef et de l’Ifop Laurence Parisot lorgne sur cette structure vouée à la défense des animaux (comptant 75.000 donateurs et une centaine de salariés) créée en 1986 par l’ancienne actrice. »

Laurence Parisot ferait même partie des quelques abonnés du compte twitter du mari de Brigitte Bardot, qui publie des choses comme :

« Les noirs, une espèce qui ne sera jamais complètement humaine, même ces forces de la nature que sont les gorilles ont plus de sentiments »

Laurence Parisot et Brigitte Bardot ont demandé un droit de réponse, la première affirmant quelque chose qu’on pourra évaluer à l’avenir comme il se doit :

« Si je me réjouis de mes excellentes relations avec Brigitte BARDOT et d’avoir été désignée au conseil d’administration de sa fondation, je n’en convoite en aucun cas la présidence. »

D’autant plus que dans son propre droit de réponse, Brigitte Bardot l’annonce en quelque sorte à mots couverts :

« Laurence Parisot m’a fait l’honneur de rejoindre ma Fondation en qualité d’administrateur et je la remercie de son engagement personnel et de sa motivation à défendre la cause des animaux, n’en déplaise aux esprits chagrins.

Elle est une personne loyale et intègre qui saura mettre du cœur à l’engagement de ma vie et je lui fais entière confiance. »

Mais pourquoi Brigitte Bardot a-t-elle choisi Laurence Parisot ? C’est une question vraiment importante. Cela en dit long, en effet, sur la question de la nature du mouvement pour les animaux au sens le plus strict.

Car, on l’aura compris, Laurence Parisot est tout sauf une rebelle. Elle est un gage d’institutionnalisation maximale en tant qu’ancienne dirigeante du MEDEF. Cela permettra de pérenniser la Fondation Brigitte Bardot dans un cadre général.

Son profil mesuré correspond tout à fait à ce dont a besoin la Fondation Brigitte Bardot : elle soutient L214, elle est pour des avancées sur le plan du droit, pour qu’une réflexion s’engage, mais hors de question faire dans les principes purs et durs.

Par conséquent, et cela compte ici de manière essentielle, elle n’est pas végane. Elle se définit comme « pas totalement végane », elle le deviendrait toujours « un petit peu plus » ce qui est bien entendu un strict non sens libéral qui lui va bien.

C’est ici une sorte d’écho à un très vieux texte publié sur l’ancêtre de LTD, Vegan Revolution, en 2005 : « Véganisme utopique et véganisme scientifique » expliquait que le véganisme utopique ne servirait qu’à diffuser l’individualisme, à ajouter des « individus » à une société libérale.

C’est très précisément ce qu’affirma l’antispécisme apparut quelques années après la parution de l’article, article qui résumait alors cette lecture libérale de la manière suivante :

« Comme Bentham le dit: “Chacun compte pour un et nul ne compte pour plus d’un”. Le rêve idéalise du citoyen bourgeois rêvant à sa tranquillité. Le fantasme fasciste de “chacun son pavillon”. »

Voilà pourquoi donc pourquoi Brigitte Bardot, historiquement d’extrême-droite, a choisi Laurence Parisot. C’est la tentative de nier le véganisme au profit d’une lecture idéale, idéalisée, idéaliste de la question animale.

Dans le sens de l’émotion et du droit individuel, dans la logique du lobbying et du positionnement individuel. Sans jamais se confronter à l’exploitation animale dans les faits.

Et contre cela – également donc contre L214, 269, etc. – il faut réaffirmer que le véganisme est né comme mouvement au tout début des années 1990, que la libération animale a commencé même une décennie auparavant avec l’ALF, que la question des animaux n’est pas le fruit d’un questionnement libéral des années 2010, mais le fruit d’une vague révolutionnaire qui apportait en même temps les réponses.

En défendant le patrimoine historique de la Cause, on protège la Cause… et on prépare la prochaine vague !

De bien insuffisantes tribunes contre les animaux dans les cirques

Plusieurs pétitions ou tribunes ont été mises en avant ces derniers jours pour protester contre les cirques avec animaux. Premier problème : pourquoi plusieurs pétitions et pas une seule. Autre problème, bien plus grave : elles s’appuient sur des vétérinaires.

C’est quelque chose de très grave. Cela asphyxie la parole populaire, comme si en 2018 il y avait besoin d’études approfondies pour savoir que les animaux souffrent dans les cirques. C’est une appropriation par des “techniciens” de ce qui relève de la démocratie.

Et parlons en de ces techniciens, de ces “professionnels”. Ils ne disent rien contre la vivisection. Ils ne mettent jamais les pieds dans les refuges. A peine certains font-ils des prix aux associations, somme toute.

Sans parler de leur volonté de contrôle totale sur les savoirs, alors qu’il existe une expérience gigantesque faite par des millions et des millions de personnes de la santé de nombreux animaux vivant proches des humains.

La profession de vétérinaire relève d’une des plus grandes faillites morales historiques. Vue du futur, les vétérinaires apparaîtront comme un caste profitant d’un monopole pour asseoir son existence sociale.

Voici les textes en question. Le premier est de l’association PeTA et signée par 107 vétérinaires.

À l’attention du ministre de la Transition écologique et solidaire Monsieur le ministre, Vous avez déclaré ne pas être favorable à la captivité des animaux sauvages, et vous n’êtes pas le seul.

Nous, vétérinaires exerçant en France, nous souhaitons vous apporter notre avis de professionnels sur la condition des animaux captifs dans les établissements itinérants.

Celui-ci est très clair : la détention, le transport et le dressage des animaux utilisés dans les cirques infligent à ces êtres sensibles des restrictions comportementales, sociales et physiques et donc de la souffrance.

La Fédération des vétérinaires d’Europe dont fait partie l’Ordre national des vétérinaires auquel nous appartenons avertit que : « Les besoins des mammifères sauvages ne peuvent être satisfaits dans un cirque itinérant, en particulier quant aux conditions de vie et à la possibilité d’exprimer des comportements normaux ».

La détresse des êtres sensibles n’est pas acceptable et devrait encore moins être montrée en spectacle. C’est pourquoi nous vous demandons de suivre l’exemple de tous les pays qui, en Europe et dans le monde entier, interdisent la détention des animaux sauvages dans les cirques.

Dans l’attente de votre action sur ce sujet important, nous vous prions d’agréer, Monsieur le ministre, l’expression de notre considération la plus distinguée.

Le second document est une tribune publiée dans Libération. Ces gens croient bien faire, mais ils déplacent le terrain de la sensibilité à l’interprétation “technique” ; ils nient le fait de se tourner vers les gens.

L’exploitation d’animaux sauvages par les cirques suscite un émoi grandissant dans l’opinion publique, et 22 pays européens ont déjà légiféré pour la limiter ou l’interdire.

Mais la France fait figure de retardataire. Selon les défenseurs de cette pratique, ces animaux ne possèdent pas les mêmes besoins que leurs semblables sauvages parce qu’ils sont issus de lignées nées en captivité depuis plusieurs générations.

Ce point de vue est-il recevable à la lumière des connaissances scientifiques actuelles ?

Les animaux sauvages des cirques sont qualifiés d’«apprivoisés» car il s’agit d’individus qui vivent au contact de l’homme et ont souvent été élevés par leurs dresseurs.

Le terme «domestiqué» ne s’applique pas aux individus mais aux espèces, et désigne le résultat d’un long travail de sélection artificielle, opéré sur des dizaines de générations successives. Une espèce est donc considérée domestiquée lorsqu’elle a subi des modifications génétiques qui façonnent son apparence, sa physiologie et ses comportements en vue de favoriser l’émergence de caractéristiques particulières, comme la docilité.

La reproduction des animaux de cirques est non-sélective. Elle s’effectue au gré des reproducteurs disponibles, et les lignées d’animaux de cirques comptent au plus quelques générations (et certaines espèces ne se reproduisent pas en captivité, comme les éléphants).

Les animaux sauvages des cirques ne sont donc pas domestiqués, et présentent de ce fait le patrimoine génétique et les besoins caractéristiques de leur espèce. L’incapacité à les satisfaire est source de souffrances.

Ainsi, une célèbre expérience sur des visons a montré qu’être privés de baignade était pour eux aussi stressant qu’être affamés. Les conditions de détention des animaux de cirques sont incompatibles avec la satisfaction de tels besoins vitaux à plusieurs titres, tout particulièrement dans le cas des grands mammifères, très prisés des cirques.

Certes, les animaux captifs ne connaissent ni la faim ni la prédation et peuvent bénéficier de soins vétérinaires. Cependant, de nombreuses espèces (les éléphants) supportent mal la captivité. Elles y vivent moins longtemps qu’à l’état sauvage, s’y reproduisent difficilement et développent de graves troubles comportementaux.

Les animaux de cirque vivent dans des cages ou des espaces très confinés, et passent seulement quelques heures par jour dans des enclos extérieurs dont la taille atteint rarement les très faibles standards réglementaires.

Ainsi, la réglementation française (qui n’est pas toujours respectée) impose un espace intérieur de 7 m2 pour un tigre, avec quatre heures par jour d’accès à une aire de détente de 60 m2. Pour rappel, un tigre adulte pèse de 150 kilos à 200 kilos, et parcourt quotidiennement dans la nature un territoire de 50 km2 – 200 km2.

Ce confinement provoque l’apparition d’anomalies comportementales comme des stéréotypies (répétitions ritualisées d’un ou plusieurs mouvements sans but apparent), qui occupent 25 % – 30 % du temps des éléphants ou des ours de cirques. Absentes dans la nature, ces stéréotypies traduisent un état de mal-être psychologique, et leur fréquence est particulièrement élevée chez les espèces qui possèdent de larges domaines vitaux à l’état naturel (les éléphants, les grands carnivores et de nombreux primates non-humains, témoignant de l’inadéquation du confinement dans de tels cas).

L’environnement social des animaux de cirques est souvent perturbé dès le plus jeune âge, lorsque les petits sont séparés de la mère pour être élevés par l’homme. Le sevrage précoce laisse des séquelles irréversibles, dont une sensibilité exacerbée au stress et aux troubles du comportement, notamment social.

Les animaux de cirques sont souvent hébergés seuls ou en groupes dont la taille et la composition ne reflètent pas leur organisation sociale naturelle : les tigres, naturellement solitaires, sont souvent contraints de vivre en groupe, ce qui entraîne conflits et blessures à répétition auxquels les animaux ne peuvent échapper.

Ce stress social chronique peut être à l’origine d’une détérioration de la santé et de syndromes dépressifs. A l’opposé, chez les mammifères sociaux (l’éléphant et de nombreux primates), l’isolement social, aussi fréquent dans les cirques, constitue un facteur de risque majeur pour la santé physique et psychique, tout comme chez l’homme. Ainsi, 90 % à 100 % de macaques vivant seuls en cage expriment des comportements anormaux.

Les animaux de cirques voyagent parfois quotidiennement, ce qui implique des mouvements forcés lors des charges et décharges, et un confinement extrême, parfois long, pendant les déplacements.

Les conditions de transport, parfois inadaptées, peuvent les exposer à la chaleur, au froid, à des bruits et à des secousses inconfortables, voire pire : cette année, une éléphante a été tuée et deux autres gravement blessées dans un accident de la route. Les animaux de cirques ne peuvent se soustraire au public, même en temps de repos, et sont exposés à des stimuli visuels, sonores, et olfactifs stressants lors des représentations.

Chez les tigres, la fréquence des stéréotypies augmente de 80 % juste avant et pendant la représentation, illustrant l’intensité du stress induit par cette contrainte quasi quotidienne.

Certains artistes ont même rythmé leur numéro sur le balancement pathologique des éléphants. De plus, les postures physiques imposées aux animaux durant les spectacles, inadaptées à leur morphologie, peuvent causer des blessures (problèmes articulaires chez les éléphants).

Bien que les méthodes de dressage soient rarement dévoilées, elles sont une source de souffrance majeure si elles impliquent des violences physiques, et des témoignages issus du monde du cirque, dont le récent ouvrage de Joseph Bouglione, confirment l’existence de telles pratiques.

Auteurs : Elise Huchard docteure vétérinaire et chargée de recherches en écologie comportementale, Alice Baniel chercheuse post-doctorale en écologie comportementale, Alecia Carter chargée de recherches en écologie comportementale, Aurélie Célerier maître de conférences en biologie du comportement, Franck Chaduc docteur vétérinaire, Marie Charpentierdirectrice de recherches en écologie comportementale, Philippe Deviennedocteur vétérinaire et philosophe, Bernard Godelle professeur d’université en biologie évolutive, Bruno Lassalle docteur vétérinaire, Emmanuelle Pouydebat directrice de recherches en biologie évolutive, Cédric Sueur maître de conférences en éthologie, Frédéric Veyrunes chargé de recherches en biologie évolutive, Christine Webb chercheuse post-doctorale en écologie comportementale

Le dernier document, publié également dans Libération, ne peut que rendre d’une grande tristesse. Il parle de la situation terrible de l’éléphante Maya, et au lieu de mobiliser, de dénoncer, d’attaquer, on a ici une prosternation devant l’Etat… alors qu’il est expliqué que l’Etat n’applique même pas ses propres décisions à ce sujet !

La question de savoir si la détention des animaux sauvages dans les cirques, l’itinérance, le dressage, les spectacles sont compatibles avec leur épanouissement est une question qui doit être soumise à la délibération publique et tranchée dans les mois qui viennent, afin que nous disposions d’un cadre législatif clair, comme c’est le cas dans d’autres pays.

L’objet de cette tribune n’est pas de répondre à cette question. Nous voulons simplement porter l’attention des citoyens et des pouvoirs publics sur un cas qui est emblématique de l’impasse dans laquelle nous sommes collectivement.

Maya, une éléphante d’Asie âgée de plus de 50 ans et que suit l’association One Voice, continue d’être transportée et exploitée par le cirque La Piste aux étoiles alors que plusieurs vétérinaires, y compris celui qui a été mandaté en février 2018 par Mme Patricia Willaert, la préfète du Lot-et-Garonne, attestent qu’en raison de son état de santé, elle ne peut plus être sur les routes.

L’arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants n’est pas non plus respecté.

Comme on le voit en lisant les articles 22 et 26 de l’arrêté, les conditions d’hébergement des animaux de cirque doivent satisfaire à des exigences minimales (évacuation des urines, litière adéquate, enclos assurant la sécurité du public hors des spectacles et pendant les spectacles). Les animaux malades ou trop âgés ne doivent plus participer aux spectacles (article 9).

Toute personne qui voit Maya, que ce soit dans son enclos minuscule ou dans le camion, comprend que la loi n’est pas respectée. En outre, l’autorité de la préfète est bafouée. Car elle avait demandé que le cirque laisse Maya dans ses quartiers d’hiver ou la transfère dans un sanctuaire, par exemple dans le sanctuaire Elephant Haven, en Haute-Vienne, où sa place a été réservée depuis octobre 2017.

Cette éléphante, qui souffre des pieds et a des stéréotypies attestant l’état de folie auquel ses conditions de vie et sa solitude l’ont conduite, est le symbole d’une double injustice : elle est, depuis plusieurs années, dans un état de détresse qui ne peut laisser personne indifférent et le droit est impuissant.

La souffrance de Maya est la preuve tragique que, lorsqu’il est question des animaux, les lois ne sont pas souvent appliquées.

De plus, quand des infractions sont dénoncées par une association, comme par One Voice qui, depuis septembre 2016, mène sur ce cas des enquêtes dont le sérieux est indiscutable, on assiste à une bataille juridique, et à des procès qui grèvent le budget des cirques et rendra leur situation encore plus difficile.

Pourtant, les faits sont têtus : le vétérinaire mandaté par la préfète parvient aux mêmes conclusions que les spécialistes internationaux auxquels One Voice, en septembre 2017, avaient confié une expertise : l’état de santé de Maya est alarmant, son alimentation et ses conditions de détention ne sont pas adaptées à ses besoins et elle souffre des pattes, sans parler d’un abcès non soigné.

Le tribunal de grande instance de Strasbourg a lui aussi reconnu le 13 février 2018 que le travail de One Voice, que le cirque La Piste aux Étoiles avait assignée en justice, était légitime : il a autorisé l’association à poursuivre son combat qui avait déjà rencontré en décembre 2017 le soutien de plus de 100 000 personnes ayant signé la pétition pour libérer Maya (#JusticePourMaya).

Les établissements de spectacles itinérants valent mieux que ce jeu de cache-cache qui conduit certains d’entre eux à se soustraire à la loi. Il y a déjà longtemps que tout le monde sait que, dans certains cirques, les animaux sont maltraités. Les associations de défense des animaux militent contre la captivité des animaux sauvages dans les cirques, mais elles ne sauraient se substituer au législateur.

Leur mission première est de dénoncer les situations de maltraitance et de les porter sur la place publique afin que le sort des animaux, qui intéresse de plus en plus de personnes, soit connu, que les éléphants, dont tout le monde reconnaît l’intelligence et la majesté et dont l’espèce est menacée, ne dépérissent pas dans l’indifférence et qu’en l’absence de décision politique claire et courageuse, les lois existantes soient au moins respectées.

La spécificité d’une association comme One Voice est de savoir dialoguer avec les acteurs pour chercher des solutions pouvant convenir à tout le monde. Il n’est pas dans l’intérêt du cirque La Piste aux étoiles de se ruiner en procès ni de perdre tout prestige aux yeux d’un public qui, même quand il continue à aller voir des spectacles avec animaux, ne tolère pas qu’ils soient maltraités.

Muriel Arnal, la présidente de One Voice, a apporté une aide financière conséquente à Elephant Haven, installé à Bussière-Galant, afin qu’il puisse accueillir Maya. Tout est prêt pour elle et, de toute façon, elle ne peut plus travailler. Faut-il attendre qu’elle décède ? Faut-il attendre un accident ? Doit-on donner raison à ceux qui disent que la voie de la réforme, du dialogue et du droit est vaine et que seul un scandale permettra de changer les choses ?

Il ne s’agit pas d’un rapport de force entre défenseurs de la cause animale et circassiens, mais d’une exigence de justice : nous voulons que la loi soit appliquée. Maya doit pouvoir jouir d’une retraite bien méritée. Ou alors c’est que nous ne sommes plus dans un Etat de droit.

Signataires :

Laurent Baheux, photographe animalier, Thierry Bedossa, vétérinaire praticien, ancien élève de l’école vétérinaire de Maison-Alfort, Allain Bougrain-Dubourg, journaliste, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Sophie Dol, vétérinaire praticien, ancien élève de l’école vétérinaire de Maison-Alfort, Loïc Dombreval, vétérinaire, député LREM, président du groupe d’étude «condition animale» à l’Assemblée nationale, Pascal Durand, eurodéputé écologiste Ile-de-France et hors de France, Yolaine de La Bigne, journaliste, fondatrice de l’Université d’été l’animal et l’homme, Frédéric Lenoir, philosophe, fondateur de Ensemble pour les animaux, Laurence Parisot, chef d’entreprise et présidente d’honneur du Medef, Corine Pelluchon, philosophe, professeur à l’Université-Marne-La-Vallée, Jacques Perrin, cinéaste, Franck Sorbier, grand couturier et Maître d’art.

Tout cela est totalement déconnecté du travail pour conquérir l’opinion publique, de la bataille démocratique, du principe comme quoi :

– le véganisme est incontournable ;

– le véganisme ne peut qu’être porté naturellement par le peuple , les gens normaux ;

– la situation historique et planétaire est catastrophique et il faut mobiliser, renverser la table, faire la révolution et non pas tergiverser ou laisser la parole aux “experts”.

Quasiment 35 000 signatures pour la pétition appelant à la démission du préfet de l’Oise

Il y a un peu plus de deux semaines, nous parlions de la pétition appelant à la démission du préfet de l’Oise, en raison de son soutien forcené à la chasse à courre. Il y avait alors 20 000 personnes ayant donné leur signature en quelques jours.

La pétition a désormais 34 750 signatures, ce qui montre qu’elle a été non pas simplement une réaction épidermique, mais bien un mouvement de fond. Il serait à ce titre évidemment très bien d’arriver à 35 000.

Diffusez le lien vers la pétition, afin d’arriver à 35 000 ! Que cela soit un argument de plus pour soutenir la mobilisation, car oui il est possible de mobiliser, oui il est possible de rassembler, oui la lutte est possible !

Il y a de la pression, il y a de la répression, il y a des difficultés, mais c’est possible et nécessaire. Qui a compris le sens de la lutte pour les animaux ne doit jamais baisser les bras ! De par l’ampleur du désastre en cours, il s’agit ni plus ni moins que de l’avenir de la planète !

Il y aurait sans doute même encore plus de monde pouvant la signer, la pétition pourrait bien avoir des millions de signataires, vue que la majorité des Français sont contre.

Mais il faut bien penser que la lutte contre la chasse à courre est quelque chose qui va demander encore bien des efforts. Emmanuel Macron soutient les chasseurs de manière particulièrement forte et ceux-ci ont fait de la chasse à courre le symbole de leur propre existence.

Pourquoi ? Sans nul doute, parce chez les chasseurs ce sont les notables qui donnent le ton. Il n’y a pas plus pyramidal, avec un en-haut constitué de gens de la haute, et un en-bas se voulant d’une grande franchise, ce qui donne en pratique une agressivité brut de décoffrage ou bien résolument rustique.

L’idéologie de la chasse est clairement un levier très puissant pour paralyser des milliers et des milliers d’hommes dans une attitude anti-Nature, faussement authentique, farouchement anti-culturelle, etc.

C’est sans doute l’occasion de découvrir ou de redécouvrir Henri Tachan, un chanteur très peu connu du grand public, qui se situe historiquement dans l’esprit de Charlie Hebdo. Sa chanson sur les chasseurs en général souligne leur dimension profondément beauf, réactionnaire.

Or, Emmanuel Macron a besoin pour son capitalisme ultra-moderne soutenu par un Etat géré comme une start-up d’une base solide : les chasseurs sont un appui tout à fait profitable pour lui, afin de quadriller le pays.

Et l’existence des préfets – ces capitaines militaires nommés par le président, sans aucun compte à rendre au parlement – est impeccable pour verrouiller le pays.

Le préfet ne démissionnera donc pas aussi facilement que cela… Mais la pétition, tout comme le mouvement anti-chasse à courre avec ses succès, est un premier pas en ce sens. C’est une question de pression, de bataille pour gagner toujours plus de monde… Et la chasse à courre peut et doit tomber !

La diffusion du GHB/GHL : des décadents aux branchés

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies vient de publier un rapport au sujet de la drogue appelée GHB ; en voici les extraits les plus significatifs et ils valent vraiment le détour.

Non seulement parce qu’on découvre les modalités de cette drogue, mais parce que le rapport cible très précisément l’origine de celle-ci, au point qu’on croirait lire du Balzac!

De manière détaillée, le rapport explique comment cette drogue s’appuie à l’origine sur une utilisation par des gens socialement très favorisés et fréquentant des milieux décadents, en quête de sensations fortes, dans les milieux gays parisiens.

Puis, par effet de “branchitude”, elle a ensuite été adoptée dans les soirées se voulant “alternatives” (par opposition aux boîtes de nuit hyper-chic ou au “Macumba”), et relevant en réalité d’une fuite dans l’auto-destruction urbaine.

Pour bien saisir l’ampleur du désastre – le GHB (ou encore GHL pour une variante) est largement présent dans les soirées parisiennes et ne coûte pratiquement rien – notons ce “témoignage” de “Sophie, 30 ans, médecin, Paris” publié par Libération.

Ce n’est ni plus ni moins qu’un éloge de cette drogue par une personne se revendiquant médecin… Normalement une telle publication serait interdite, une enquête menée, l’ordre des médecins se mettant également en branle…  Cela ne sera évidemment pas le cas, libéralisme libertaire oblige !

«Je nourris une certaine curiosité vis-à-vis des drogues, même s’il y a aussi une part de crainte.

Je n’ai jamais eu une consommation régulière de quoi que ce soit (à part l’alcool, en soirée), mais j’ai déjà essayé le cannabis, le poppers, la cocaïne, la MDMA, la kétamine…

J’ai pas mal d’amis dans le milieu gay qui prennent du GBL depuis quelque temps déjà.

On m’avait dit que ça faisait un peu plus planer que l’alcool. A l’automne dernier, lors d’une soirée, on était plusieurs à vouloir tester avant de sortir en boîte. L’important pour moi, c’est que cela se fasse dans un contexte «safe», rassurant.

En l’occurrence, j’ai une totale confiance en la personne qui m’en a proposé, qui par ailleurs maîtrise les posologies via son métier et dispose de matériel de précision pour doser. Il nous a clairement mis en garde sur l’interdiction formelle de boire de l’alcool. Je savais que le risque principal était une forte somnolence.

J’ai dilué le produit dans du soda. Une fois dans la boîte, trente minutes après la prise, j’ai senti une détente progressive, une sorte de gaîté, quelque chose d’assez doux, une exaltation, et clairement, j’étais désinhibée sur le plan sexuel.

Par contre, par habitude, j’ai commandé un verre d’alcool au bar, mais tout en surveillant d’éventuels effets indésirables. Par la suite, j’en ai repris environ trois fois, dans des soirées en appartement.

Là où l’alcool rend la vision floue, donne la gueule de bois ou des nausées le lendemain, ce n’est pas le cas du GBL. On m’en a donné, que je conserve chez moi. Peut-être que j’en reprendrai, dans un contexte de rencard, pour le côté désinhibé sexuellement, par exemple.»

Voici les extraits du rapport présentant l’avènement du GHB/GHL comme drogue “branchée”.

Le GHB (gamma-hydroxybutyrate) est une molécule utilisée dans le cadre médical comme anesthésique et dans le traitement de la narcolepsie, qui agit sur les récepteurs GABA1 comme l’alcool ou les benzodiazépines .

Il possède une double action : sédative et amnésiante. Le GHB est utilisé de manière détournée à des fins récréatives ; beaucoup plus rarement à des fins criminelles dans le cadre de tentatives de soumission chimique d’une personne par une autre (Djezzar et al., 2009).

Dans les années 1990, l’usage récréatif du GHB se développe dans les espaces festifs du courant musical électronique (Cadet-Taïrou et Gandilhon, 2009).

Par conséquent, il a été classé comme stupéfiant en France en 1999. Les effets du GHB apparaissent au bout de 15 minutes et durent de 1 heure 30 à 2 heures. À faibles doses, il a un effet relaxant, désinhibant et euphorisant.

À fortes doses, il entraîne une sédation et peut provoquer une dépression respiratoire ainsi qu’une une perte de conscience, communément appelée G-hole par les individus familiers du produit, qui peut aller jusqu’à un coma profond (de plusieurs heures à plusieurs jours) et aboutir au décès.

Cependant, jusqu’à la fin des années 2000, le GHB acquiert surtout une notoriété à travers les mises en garde des usagers des clubs et des discothèques contre la diffusion de la « drogue du viol », allusion à l’usage criminel du GHB .

Le GBL (gamma butyrolactone) est un solvant industriel précurseur du GHB c’est-à-dire qu’une fois ingéré, ce dernier est métabolisé en GHB par l’organisme.

La prise de GBL entraîne donc les mêmes effets que celle du GHB. En revanche le temps d’apparition de ses effets et leurs durées varient puisqu’ils dépendent du temps d’absorption et de métabolisation du GBL.

Ainsi, les effets apparaissent plus progressivement que ceux du GHB (30 à 45 mn) et durent un peu plus longtemps (3 à 5 h). À partir de 2006, l’usage détourné du GBL remplace progressivement celui du GHB (Cadet-Taïrou et al., 2008).

Le GBL ne fait l’objet d’aucun classement juridique du fait d’une utilisation courante dans l’industrie (comme solvant à peinture ou pour le nettoyage des jantes de voiture, par exemple).

La substitution du GHB par le GBL s’explique ainsi par son faible coût et sa facilité d’accès, malgré l’interdiction par l’État de sa cession et de sa vente au grand public en 2011, à la suite de cas d’hospitalisations occasionnés par des ingestions de GBL .

Si le nom usuel donné au produit reste le plus souvent « GHB » (Fournier et al., 2010), d’où l’emploi du terme « GHB/GBL » dans cette note, c’est actuellement le GBL qui circule et qui est consommé.

GHB et GBL exigent tous deux un dosage extrêmement précis du fait de l’écart étroit entre la dose nécessaire à l’obtention des effets recherchés et la survenue d’une perte de connaissance.

Quelques millilitres du produit sont suffisants dans le cadre d’un usage récréatif, c’est pourquoi le GBL doit théoriquement être dosé à la pipette. (…)

Au début des années 2000, le réseau d’observation TREND constate que l’usage de GHB/GBL dans le cadre de la mouvance techno est discret (Cadet-Taïrou et al., 2008 ; Costes, 2010).

La consommation de GHB/GBL est alors un phénomène bien spécifique, lié essentiellement au milieu du clubbing homosexuel8 , principalement parisien. La population concernée est masculine, plutôt restreinte et socialement bien insérée .

Les consommateurs de GHB/GBL sont des hommes appartenant à des catégories socioprofessionnelles plutôt élevées et ayant déjà consommé d’autres drogues auparavant (Bello et al., 2002 ; Bello et al., 2004).

Entre 2002 et 2005, la consommation de GHB/GBL semble s’amplifier dans les espaces festifs gays parisiens, mais reste confinée aux soirées les plus fermées au public hétérosexuel lesquelles autorisent une plus grande visibilité de la sexualité (Fournier et al., 2010). (…)

À partir du milieu des années 2000, l’usage du GHB/GBL s’étend aux espaces festifs gay et gay friendly de plusieurs métropoles régionales françaises investiguées par le dispositif TREND (Bordeaux, Lille, Toulouse et Marseille), où l’absence d’un milieu festif exclusivement homosexuel favorise le brassage entre différentes populations.

Le GHB/GBL touche ainsi, à la fin des années 2000 le public plus large des clubs et les discothèques (y compris hors de la mouvance techno). (…)

L’intensification des consommations de GHB/GBL en espace privé est également liée au développement du chemsex à la fin des années 2000, c’est-à-dire des pratiques de consommation de substances psychoactives dans le cadre de relations sexuelles organisées à domicile par une frange du milieu gay (Batisse et al., 2016 ; Milhet et Néfau, 2017). Cette tendance est accompagnée par l’émergence de nouvelles modalités de rencontres via des sites Internet et des applications mobiles géolocalisées.

Plusieurs enquêtes font état de la place centrale occupée par le GHB/GBL dans la palette des produits consommés lors de ces sessions chemsex en appartement (Fournier et al., 2010 ; Milhet et al., 2017). (…)

Depuis 2015, le produit semble connaître un nouveau cycle de diffusion vers l’espace festif commercial notamment lors des soirées gay friendly, où il est consommé par une population mixte, jeune et hétérosexuelle. Cet épisode est relativement semblable à celui survenu 10 ans plus tôt. (…)

À Paris et à Lyon, cette diffusion s’inscrit dans la tendance plus générale, également observée à Lille, Marseille ou Bordeaux, au développement d’une offre festive « alternative » dans le centre des villes.

Cette offre se traduit par l’organisation d’événements dans des salles, des clubs ou des bars proposant un éventail de musiques électroniques plus variées que les programmations des boîtes de nuit généralistes. (…)

À Paris, cet espace festif alternatif de plus en plus hybride attire ainsi différentes populations : les clubbers mélomanes séduits par la programmation musicale, les teuffeurs en quête de lieux alternatifs où la consommation de drogue est tolérée, des étudiants attirés par des prix relativement réduits, le public LGBTQ par l’ambiance LGBTQ friendly, etc. (Pfau et Péquart, à paraître).

Le site TREND lyonnais constate également une porosité croissante entre les scènes musicales commerciales généralistes et alternatives (en matière d’ambiance, de programmation) favorisant le mélange des publics et la mixité des consommations.

Dans ce contexte, la présence du GHB/GBL semble se renforcer depuis cinq ans « à toutes les étapes des nuits festives : en before, en soirée, et en after, dans les espaces collectifs de danse comme dans les espaces de sexualité » (Tissot, 2017 ; Tissot, à paraître).

C’est une faillite morale et culturelle… Cela souligne d’autant plus la nécessité d’affirmer l’identité vegan straight edge !