Le coronavirus parti de Chine, une problématique vegan par excellence

Pourquoi y a-t-il une attention mondiale extrême au coronavirus parti de Chine, alors que sa dangerosité est relativement faible ? Pour une simple raison : il provient d’une déchirure complète du « mur » censé exister entre l’espèce humaine et la Nature.

Il y a donc des risques énormes de développement incontrôlable. L’humanité qui joue les apprentis sorciers se retrouve avec ce qui peut être une bombe à retardement. Voilà la raison fondamentale de la mobilisation générale en cours.

C’est là la véritable problématique de fond, à laquelle il est tout le temps fait référence à l’arrière-plan, mais ce n’est jamais dit ouvertement, et pour cause ! Car il faudrait pour cela reconnaître que l’humanité dynamite les frontières naturelles, qu’elle provoque avec ses interférences des dérèglements profonds, incontrôlables.

Que donc l’humanité doit reculer, trouver une place dans Gaïa qui soit la sienne, et la sienne seulement.

Le Figaro résume de la manière suivante l’origine du coronavirus :

« Les tout premiers cas de Covid-19 – nom attribué à la maladie provoquée par ce nouveau coronavirus – concernent majoritairement des personnes qui se sont rendues ou qui travaillaient sur un marché de Wuhan, où étaient vendus des fruits de mer et des animaux vivants. L’hypothèse d’une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmise par les animaux, est donc hautement privilégiée, comme ce fut le cas pour le SRAS (transmis à l’homme par la civette) et le MERS (transmis par le dromadaire). »

Cela, tout le monde l’a compris. On prend beaucoup d’humains… On les rassemble… On rassemble ensuite beaucoup d’animaux morts, surtout issus de l’industrie… Puis on rassemble beaucoup d’animaux vivants, surtout issus de la vie sauvage… On a alors un gigantesque shaker, à ceci près que les choses ne se déroulent pas de manière quantitative, mais qualitative. Des choses inattendues se produisent, car la vie est quelque chose qui bouge.

Ce qui se résume scientifiquement, encore par Le Figaro :

« Des analyses génétiques ont effectivement montré que le nouveau coronavirus est très proche d’un virus présent chez une espèce de chauve-souris. Des investigations sont toujours en cours pour tenter d’identifier l’animal qui aurait joué le rôle d’hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l’homme.

Il pourrait s’agir du pangolin, un animal largement braconné et très convoité pour ses écailles, auxquelles la médecine traditionnelle chinoise prête des vertus thérapeutiques. Pour l’heure, on ne sait pas comment le virus est parvenu à passer de l’animal à l’homme.

Ce saut d’espèce est sans aucun doute la résultante de mutations génétiques et d’une augmentation de la fréquence des contacts entre l’animal infecté et l’homme. »

Les choses sont claires et la Chine l’assume d’ailleurs en interdisant le commerce et la consommation d’animaux vivants issus de la vie sauvage. D’où l’information diffusée par l’AFP à travers plusieurs médias :

« Coronavirus. La faune sauvage, bénéficiaire indirecte de l’épidémie »

Cela signifie concrètement que la Chine a, du jour au lendemain, mis un terme à une consommation ayant une tradition de plusieurs centaines d’années, voire de mille, deux mille ans, trois mille ans. Du jour au lendemain et contre son gré.

N’est-ce pas la preuve que l’humanité peut tout à fait, du jour au lendemain, passer au véganisme ? Il suffit d’ailleurs de mettre cela en parallèle avec l’entreprise finlandaise Solar Foods, qui a produit une protéine issue de bactéries, de minéraux et de l’air.

Une humanité sans conflit avec Gaïa laissera, évidemment, même les végétaux en paix. Le chemin est inévitable. Et la crise mondiale du coronavirus Covid-19 montre que c’est inévitable. Une humanité en guerre contre Gaïa n’a aucune chance de tenir. La planète est un gigantesque système vivant et un élément de ce système ne peut pas se comporter comme il l’entend.

Quoique d’ailleurs l’humanité n’entend rien du tout, se contentant de vivre sans se poser de questions, sans réflexion sur ses comportements, sur ses mœurs, ses mentalités, ses pratiques, ses conceptions.

Les problématiques mondiales sont un rappel à l’ordre. Le dérèglement climatique en est un. Le coronavirus Covid-19 en est un également.

EELV et la proposition de loi anti-vegan pour un « élevage éthique »

Il existe en ce moment une très intense mobilisation en faveur de réformes en faveur du « bien-être animal ». Les forces agissant dans cette direction consistent notamment en Europe Écologie Les Verts, mais pas seulement, il y a également des figures médiatiques, appuyées par telle ou telle personne influente, très influente, extrêmement influente.

Ce que nous sous-entendons par là, c’est que certains ont compris que la question animale avait été très largement saisie par les gens, mais que l’option vegan n’arrive à rien ou pas grand-chose. Il y a donc les moyens de récupérer tout cela par le biais du « bien-être animal ».

La question est ici très complexe, car il y a une partie des gens qui est ici sincère. Pour d’autres, c’est par contre simplement un boulevard à prendre pour s’imposer sur le terrain politique. Inversement, des gens sincères peuvent être corrompus. Ainsi le Parti animaliste a une ligne qui est désormais ouvertement celle du « bien-être animal », en se liant notamment à Europe Écologie les Verts.

EELV propose justement au Sénat une loi « pour un élevage éthique, socialement juste et soucieux du bien-être animal » et cet appel est relayé par exemple sans commentaire par Aymeric Caron, qui se définit pourtant comme « abolitionniste ».

Il est vrai qu’Aymeric Caron revendique fièrement son amitié avec Esther Benbassa, qui est justement la sénatrice EELV proposant cette loi. C’est encore un exemple de corruption : si la proposition avait été faite par quelqu’un d’autre, Aymeric Caron l’aurait descendu en flammes.

Que dit cette proposition de loi, pour laquelle EELV a mis en place une pétition ? Qu’il faut un « abattage éthique et transparent », une « régulation du transport animal », un « encadrement de l’abattage et de l’élevage porcin », un « encadrement de l’élevage et de l’abattage des volailles », un « encadrement de l’élevage cunicole », un « accès au plein air des animaux », un « moratoire sur l’élevage intensif ».

Il y a beaucoup d’arrières-pensées et voici comment il faut en réalité comprendre cela.

Il s’agit tout d’abord de l’interdiction de la « viande » halal et cacher, en exigeant la perte de conscience de l’animal mis à mort. C’est clairement du populisme visant à se donner une image aux dépens d’une partie de l’exploitation animale liée à des religions non majoritaires.

Il s’agit ensuite de faire intégrer les associations du « bien-être animal » dans l’exploitation animale, au moyen d’un « conseil du bien-être animal » pour chaque établissement d’abattage, conseil bien entendu justement composé « d’associations de consommateurs et d’associations de protection animal ».

Cela implique une compensation financière, naturellement, ce qui n’est pas mentionné mais va de soi puisque le conseil peut proposer des « audits en matière de bien-être animal dans l’établissement », des « aménagements », ainsi qu’un « plan de mesures correctrices ».

Il y a ensuite l’interdiction du transport d’animaux au-delà d’un certain nombre d’heures. C’est ici une convergence directe avec les producteurs français, qui torpillent ainsi la concurrence lointaine au moyen d’une loi de « bien-être animal ».

Il y a ensuite l’interdiction de la castration à vif et de la caudectomie des porcelets, ainsi que du broyage des poussins mâles et des canetons femelles vivants. C’est là une « humanisation » de l’exploitation animale qui va avec l’exigence, à partir de 2025, d’un accès au plein air pour les animaux de tout élevage.

Ce dernier point est inapplicable et il n’a qu’un sens : favoriser à fond l’exploitation animale en mode « bio ».

EELV se place en fait comme porte-parole de l’exploitation animale en mode « bio », ce qui est tout bénéfice pour elle au niveau des réseaux. C’est un moyen également, très important évidemment, de prétendre avoir un discours au sujet des animaux.

Voici comment EELV présente, plus directement, son approche.

Quel est le problème ?

Chaque année, en France, plus d’un milliard d’animaux sont abattus. 80% proviennent d’élevages industriels. Ce système agro-alimentaire ne respecte ni les animaux ni les agriculteurs/trices.

Alors que près de 80% des Français·e·s sont opposé·e·s à l’élevage intensif, les lobbies continuent à résister et à défendre un modèle agricole destructeur.
Il est temps de changer de modèle et de passer à une agriculture paysanne, soucieuse du bien-être de l’animal, qui favorise les circuits courts et qui respecte les consommateurs/trices.

C’est pourquoi, la sénatrice écologiste de Paris, Esther Benbassa, a déposé une proposition de loi pour la mise en place d’un élevage éthique, socialement juste et soucieux du bien-être animal.

Demandons son inscription à l’ordre du jour du Sénat !

C’est de la récupération, ni plus ni moins. Les animaux sont pris en otage pour une valorisation opportuniste.

Esther Benbassa, sur son Facebook, essaie même de racoler chez les vegans, c’est dire à quel point c’est de l’opportunisme :

« Tout le monde étant encore très loin d’être vegan, il convient d’œuvrer sans tarder en vue d’un élevage plus éthique et d’accompagner les paysans dans la transition à effectuer pour sortir de l’élevage industriel »

Ce point est très important, car il montre bien que l’initiative est anti-vegan, au sens où elle implique que les vegans se mettent derrière le réformisme du « bien-être animal », comme cinquième roue du carrosse, comme faire-valoir.

Il va de soi que le plan est tellement grossier que cela n’a aucune chance de réussir. Rien qu’en utilisant « élevage éthique », on a une telle monstruosité que n’importe quel vegan un tant soit peu conséquent hallucine littéralement. Cela ne veut bien entendu pas dire que les gens se mettent à former des structures de l’ALF. Mais il y a des limites qui font que, au-delà d’elles, le véganisme n’a plus aucun sens, même en apparence.

C’est ici encore un épisode de plus d’intégration-désintégration. Mais il faut bien avoir en tête que ce n’est là qu’un épisode de ce qui forme un tout nouveau cycle de plusieurs mois s’ouvrant désormais, visant à proposer des réformes, parfois d’ampleur, sans pour autant assumer le véganisme. Voir dans quelle mesure cela est productif ou contre-productif va être ardu.

L’Office français de la biodiversité, en réalité l’Office français du paysage

Le premier janvier 2020, il y a eu la fusion de l’Agence française pour la biodiversité et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, pour former l’Office français de la biodiversité. Emmanuel Macron a tenu le 13 février 2020 un discours d’une heure pour en présenter les contours, comme aboutissement d’un « Conseil de défense écologique » s’étant réuni trois fois depuis mai 2019.

Le logo de l’Office français de la biodiversité,
aux couleurs écologistes classiques, mais un peu étrange car logiquement le bleu de l’eau – et non du ciel – est placé sous le vert de la terre

Emmanuel Macron n’a toutefois pas tenu qu’un seul discours le 13 février 2020. Il en a fait un autre « sur la biodiversité et la protection du Mont Blanc », qui a duré une petite demi-heure.

Regardons d’abord ce qu’a dit Emmanuel Macron « à l’occasion du lancement de l’Office français de la biodiversité ». Ou regardons plutôt ce qu’il n’y a pas. Il y a en effet quelque chose de tout à fait significatif. Le mot animal, au singulier ou au pluriel, ne revient qu’une seule fois, alors que le mot « espèce » revient 12 fois.

On dira, c’est logique puisqu’on parle de « biodiversité » et pas des animaux ; Emmanuel Macron n’est pas en faveur du véganisme et de l’amour des animaux. Il veut préserver les espèces comme on protège un coffre-fort. C’est vrai.

Toutefois, on trouve le réchauffement climatique tout autant mentionné que les espèces. C’est même son axe central. Toute l’orientation de son discours va dans le sens du « soutenable ». Et lorsqu’il parle réellement, au sens strict, de la question de la biodiversité en soi, c’est pour parler d’un :

« objectif de protection de 30 % de la surface de la planète et donc d’avoir des aires protégées – qui sont des aires de liberté, si je puis dire, du vivant »

Il faut voir que cela implique que 70 % de la planète ne sera pas protégée ! Emmanuel Macron raconte d’ailleurs que la fibre c’est super pour…

« recréer de l’activité économique, industrielle, du travail au plus près de l’endroit où on habite »

L’écologie, c’est somme toute souhaitable, mais dans la mesure du possible, et simplement pour un développement soutenable. Emmanuel Macron a d’ailleurs parlé du prix du « porc », des éleveurs qui sont merveilleux car ils travaillent H24 en présence des animaux et pour le bien de ces derniers, du manque d’organisation de la « filière bovine », etc.

Quel rapport avec la biodiversité, mystère ! À moins de saisir que par biodiversité, il entend la diversité des ressources naturelles. Et c’est très précisément le cas. Il reprend d’ailleurs la théorie du 70 %-30 % pour l’appliquer à la France. Cela donne la chose suivante :

« A horizon 2022, 4 nouveaux parcs naturels régionaux — Mont Ventoux, Doux Horloger, Baie de Somme- Picardie maritime et Corbières Fenouillèdes — seront mis en place et 20 réserves naturelles nationales.

La Polynésie a créé une aire marine gérée de 5 millions de kilomètres carrés, Tainui Atea, qui pourrait à terme, si la Polynésie le souhaite et ça fait partie des échanges que j’aurai en avril prochain sur place, devenir elle aussi une aire protégée.

Tout cela, c’est le chemin que nous allons parcourir dans les deux années à venir pour tenir l’objectif que nous nous sommes donnés à nous-mêmes : protéger 30 % du territoire national, terrestre et maritime, dont un tiers à un niveau élevé de protection d’ici la fin du quinquennat. »

Tout cela sonne très bien. Encore faut-il s’entendre sur ce qu’on entend par parc naturel. Car, dit comme cela, on s’imagine un lieu où la Nature existe en-dehors de l’humanité. Sauf que ce n’est pas le cas du tout ! Ainsi, la commune de Saint-Quentin-en-Tourmont est certainement très sympathique. Mais elle fait partie du parc naturel de la Baie de Somme- Picardie maritime, comme 133 autres ! Le parc naturel du Mont Ventoux concerne pareillement 39 communes, etc.

Et, s’adressant aux responsables de l’Office français de la biodiversité, Emmanuel Macron a dit la chose suivante :

« Vous êtes une police rurale de la nature, de la chasse, de la pêche, une police de tous les usages de la nature. (…)

Nous devons tout remettre à plat. A terme, vous aurez ces fameux 30 % du territoire à protéger, 10 % sous protection forte. C’est dire l’importance de votre rôle à cet égard, non seulement pour préserver la biodiversité, mais pour préserver les paysages de France, cette qualité de vie qui fait le rayonnement de notre pays. (…)

Vive la nature, vive la République et vive la France ! »

On a ici la clef pour tout comprendre, avec le mot « paysage ». Les Français rejetant la Nature, ils ne peuvent concevoir « l’environnement » que par l’intermédiaire du concept de « paysage ». C’est ici la prédominance de la conception cartésienne, de la prétention au « libre-arbitre » au-delà de la Nature, bref c’est l’anthropocentrisme sur toute la ligne.

Pas la Nature, mais « l’environnement » par l’intermédiaire du concept de « paysage »

Dans le second discours, moins destiné à des « professionnels » et ayant comme prétexte le Mont Blanc, Emmanuel Macron dit d’ailleurs que :

« Le constat est évidemment celui d’un fort déclin de la biodiversité, mais rattrapable si un sursaut immédiat et une action dans la durée sont conduites. »

Tout est dit. Car bien sûr que c’est « rattrapable », mais par la Nature elle-même, pas en forçant par en haut, en s’imaginant tout contrôler. Il faut que l’humanité anéantisse ses prétentions et même littéralement son ego, pour céder la place à Gaïa comme système.

Il en est bien entendu hors de question pour la quasi totalité des gens… Alors qu’en même temps, cette nécessité est perçue comme la seule réelle option à l’arrière-plan. Les gens nient la Nature, mais ne peuvent pas ne pas savoir que le retrait de l’humanité par rapport à elle est inévitable.

Rien qu’avec le Mont Blanc, d’ailleurs, on le voit bien. Emmanuel Macron peut-il stopper le réchauffement climatique ? Non. L’autre grand thème local, dont il a été obligé de parler en passant, est celui de la Vallée de l’Arve, un bastion mondial de la pollution. Peut-il la supprimer ? Non. Il peut simplement faire en sorte de mettre à l’écart les camions les plus polluants.

Mais cela ne changera rien, car c’est à l’échelle mondiale que cela se joue, et avec tout ou rien. L’humanité doit cesser entièrement son anthropocentrisme, elle doit cesser de croire qu’elle est comme « maître et possesseur » de la Nature alors qu’elle n’est qu’une composante… Qui doit être à son service.

Le seul avenir de l’humanité, c’est dans sa soumission à Gaïa et son identification à son utilité pour elle.

Pas de compromis dans la défense de notre mère la Terre !

Intégration désintégration : un danger

Voici deux exemples totalement différents, mais convergents absolument dans l’idée d’intégration-désintégration. Ils ne sont d’ailleurs différents qu’en apparence, parce qu’au fond ils visent le même public, celui qui consomme, qui est passif, qui est dans le symbole.

En l’occurrence, il s’agit de la cérémonie des oscars 2020 et de l’occupation des locaux parisiens de l’entreprise BlackRock par Youth for Climate Paris. Tous deux ont, à peu de choses près, exactement la même posture.

La cérémonie des oscars 2020 est une fête superficielle hollywoodienne bien connue, et exerçant une puissante fascination. On a Joaquin Phoenix qui a gagné l’oscar du meilleur acteur. Il est vegan et engagé sur ce plan ; c’est lui qui fait notamment la narration sur Earthlings, un célèbre documentaire au service de la cause des animaux.

Lors de la remise de son prix, il a tenu un discours qu’on peut en apparence prendre pour engagé. Après avoir rapidement parlé de l’amour du cinéma partagé par les personnes présentes, il a très vite enchaîné sur la thématique suivante:

« Mais je pense que le plus grand cadeau qui m’a été donné, et à beaucoup de gens [de cette industrie du cinéma], c’est l’opportunité d’utiliser notre voix pour les sans voix.

J’ai pensé à propos de problématiques préoccupantes auxquels nous avons fait face. Je pense que, par moments, nous nous sentons ou sommes amenés à nous sentir les champions de différentes causes.

Mais pour moi, je vois une base commune. Je pense, que nous parlions d’inégalité entre les genres ou de racisme ou de droits des personnes LGBT, des personnes indigènes ou des animaux, nous parlons de la lutte contre l’injustice.

Nous parlons ici de la lutte contre la croyance qu’une nation, un peuple, une race, un genre, une espèce, a la droit de dominer, d’utiliser et de contrôler en toute impunité.

Je pense que nous sommes devenus très déconnectés du monde naturel. Beaucoup d’entre nous sont coupables d’une vision égocentrique du monde, et nous croyons que nous sommes le centre de l’univers. Nous allons dans le monde naturel et nous le pillons pour ses ressources.

Nous nous sentons le droit d’inséminer artificiellement une vache, et quand elle donne naissance, nous lui volons son bébé, alors même que ses cris d’angoisse sont sans équivoque. Ensuite nous prenons le lait qui est censé être pour son veau et nous le mettons dans notre café et nos céréales.

Nous avons peur de l’idée de changement personnel, parce que nous pensons que nous aurions à sacrifier quelque chose. »

Puis ensuite, Joaquin Phoenix s’autoflagelle disant qu’il a lui-même mal agi de par le passé, etc., pour prôner ensuite la rédemption. C’est très religieux, très charity business, totalement hypocrite…. L’Amérique dans ce qu’on fait de pire.

Cela suffira bien sûr pour les gens ne croyant en rien, ne faisant pas d’effort intellectuel ou culturel. Ces gens se précipiteront sur les réseaux sociaux pour dire du bien de cet acteur. Mais c’était justement là le piège.

Pourquoi ? Parce qu’on est là au cœur du système, au cœur de Babylone. On ne peut pas changer les mentalités avec Hollywood… On ne peut les changer que contre Hollywood.

C’est cela que PeTA ne comprend pas par exemple, en utilisant des femmes nues pour ses campagnes. Comme si on pouvait changer les mentalités en s’appuyant sur des mentalités mauvaises.

Un exemple suffit ici pour les Oscars. Les médias ont largement diffusé l’information qu’aux Oscars 2020, il y aurait « un menu à 70% vegan pour la cérémonie ». Ce n’est évidemment pas possible. Le menu est vegan ou il ne l’est pas.

La question n’est pas prise ainsi du côté du charituy business, de l’image promotionnelle. Cela fait bien de mettre un peu de vegan, de connaître des vegans. C’est du veganwashing : on utilise le véganisme comme force d’appui pour se donner une bonne image.

On prétend faire un effort, aller dans le bon sens. On se veut ouvert. Mais cela a ses limites parce que bon, « faut pas déconner ». Le chef Wolfgang Puck s’occupant régulièrement du menu des oscars n’allait tout de même pas supprimer le caviar, le boeuf wagyu, les « statuettes » au saumon fumé !

On remarquera d’ailleurs que Joaquin Phoenix n’a pas parlé du véganisme au sens strict. Il a parlé des animaux parmi d’autres choses, appelant à la fin à se changer individuellement, à ne juger personne. Joaquin Phoenix a joué la carte du « il faut aussi être vegan ».

On dirait que cela ne change rien, mais cela change tout. Car on supprime le véganisme pour faire de l’antispécisme comme produit des catalogues des “anti”.

C’est exactement la même chose que Greta Thunberg. Le véganisme fait partie d’une panoplie de causes diverses et variées, toutes au profit des droits individuels, du respect d’autrui, etc. C’est Jésus au pays du capitalisme.

Le chef Wolfgang Puck a d’ailleurs justifié l’absence de végétalisme complet pour la raison suivante :

« Nous travaillons tous les produits car même si beaucoup de gens aiment le ‘vegan’, la grande majorité mange encore de la viande, du poisson et tout. »

Effectivement, il faut savoir être tolérant, ouvert aux autres malgré les différences, même célébrer les différences, etc.

Et Joaquin Phoenix peut donc raconter ce qu’il veut pour les animaux, il a tout de même gagné un Oscar au moyen d’un rôle, celui du Joker, faisant de la violence folle quelque chose de fascinant. Ce n’est tout simplement pas crédible que de dire qu’on est contre la violence au moment où l’on a gagné un prix en jouant une icône de la violence furieuse.

Et la source des problèmes, c’est la corruption. Ainsi, Natalie Portman était aux oscars. Il est bien connu qu’elle est vegan. Elle a également joué le jeu de « l’engagement », en ayant sur sa cape des nom se réalisatrices non nominées, pour faire « féministe ». Cette cape… est de Dior haute couture. La chanteuse Billie Eilish, qui se revendique vegan également, était quant à elle en tailleur Chanel.

L’engagement, oui… mais confortable. L’intégration désintégration.

C’est pareil pour Youth for Climate Paris. À l’origine, c’est une structure issue directement de l’appel de Greta Thunberg (enfin, de l’équipe autour de Greta Thunberg). Lundi 10 février, ce groupe parisien a occupé les locaux de BlackRock, un gestionnaire d’actifs.

C’est un excellent exemple d’intégration-désintégration, car le communiqué montre parfaitement que l’écologie n’est qu’un prétexte. Ces gens veulent critiquer le capitalisme, soit! Mais ils ne veulent pas rompre avec ses valeurs. Sinon, ils parleraient justement des animaux, de la Nature, du véganisme.

Il faut bien voir que quand il est dit :

« mettre hors service ce qui exploite les humains et le vivant »

C’est là une expression pour avoir l’air de relever du véganisme, de son universalisme, mais sans l’assumer. L’exploitation du vivant, c’est d’ailleurs aussi l’exploitation des arbres. Ces gens sont-ils alors pour dire La Terre d’abord !, pour adopter le biocentrisme ?

Pas du tout, évidemment. C’est donc de l’intégration-désintégration.

En voici le communiqué :

« Mettons Hors Service BlackRock

BlackRock est une multinationale, la plus puissante en gestionnaire d’actions, c’est-à-dire qu’elle gère les capitaux afin de les optimiser un maximum (bien investir pour gagner plus d’argent).

Deux points nous intéressent donc ici:

1. La réforme des retraites

Cette nouvelle réforme pose encore une question primordiale : va-t-on passer d’un système de retraite par répartition (basé sur des cotisations solidaires) à un système de retraite par capitalisation (basé sur l’épargne individuelle) ?

Il semblerait que la nouvelle réforme sur les retraites va grandement profiter à BlackRock puisque cette dernière a tout intérêt à ce que l’on passe à un système par capitalisation.

Avec la retraite par points, le gouvernement aura la possibilité de baisser la valeur du point au fur et à mesure du temps. Afin de s’assurer une bonne retraite, nous serons forcés de nous tourner vers des multinationales comme BlackRock qui investiront notre argent dans des sociétés, des projets, etc… Cet argent nous sera ensuite retourné, valorisé pour nos retraites. C’est le principe du système par capitalisation.

Problème ? Les investissements de BlackRock sont loin d’être en faveur de l’environnement.

2. Les investissements écocides de BlackRock

BlackRock investit dans nombres de sociétés menant des projets écocides comme:

– Vinci (deuxième entreprise mondiale dans le secteur de la construction, elle possède aussi un pôle énergie)

– Total (entreprise pétrolière et gazière, cinquième des six plus grosses entreprises su secteur à l’échelle mondiale)

– BNP Paribas (première banque française dans l’investissement du charbon)

– Société générale (première banque au monde dans le financement des infrastructures d’exportation de gaz de schiste). On a trouvé des documents confidentiels au sein des bureaux de BlackRock montrant leur collaboration, alors qu’on sait que Société générale investit dans des projets comme le Rio Grande LNG Project. http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/20180712rapportsocietegenerale.pdf

Bref, BlackRock est loin d’être un modèle de sainteté dans la protection de l’environnement.

Tout cela est fait dans un seul but: s’enrichir toujours plus, et surtout le haut de la chaîne, et les actionnaires. Nous observons ainsi une augmentation des inégalités et une accumulation des richesses entre les mains d’une très petite minorité (Rapport Oxfam 2020), alors que les plus pauvres sont aussi les premières victimes des problèmes environnementaux.

Cette course au profit se fait grâce à une exploitation du vivant, et des humains.

Nous n’avons pas peur de le dire : tout cela est symptomatique du capitalisme qui est le mécanisme profond à l’origine de ces problèmes. En nous attaquant à blackrock, nous nous attaquons au capitalisme.

Certains diront que nous sommes des vandales, mais ce sont ceux qui volent notre avenir qui le sont.

Ceci n’est que la première action d’une série pour mettre hors service ce qui exploite les humains et le vivant.

Nous ne demandons donc plus rien, nous voulons mettre le système hors service.

Youth for Climate Paris-IDF

Avec le soutien de Youth for Climate France, Désobéissance Écolo Paris, RadiAction, Mr Mondialisation, Cerveaux Non Disponibles, Gilets jaunes Place des Fêtes, La France en Colère – Carte des Rassemblements, Peuple Révolté, Peuple Uni, Comité de Libération et d’Autonomie Queer, Art en Grève. »

C’est une construction qui repose sur du sable. Cela rappelle Laurence Pieau. Elle a été directrice de la rédaction du magazine Closer qu’elle a contribué à fonder, ainsi que directrice de la rédaction de Télé Star et Télé Poche. Elle est devenue vegane et il y a peu, elle a créé le média Alternative vegan.

Elle prétend donc apporter quelque chose, alors que son parcours a été une contribution à de véritables machines à décerveler. Aux pires machines mêmes, parce que Closer, Télé Star, Télé Poche… C’est là la base de la France beauf, pour qui il faut être passif et consommer, ne surtout pas penser, ne pas entrer en rupture en rien.

C’est tout de même un comble que de la voir se poser comme grande contributrice à une cause qu’elle a peut-être comprise, mais qu’elle a de fait combattu pendant des années.

C’est comme la récupération du concept d’écocide ces derniers temps par des gens découvrant l’écologie et cherchant un mot fort pour avoir une image engagée… Ou encore le concept de « climaticide » forgé de manière totalement absurde sur celui d’écocide.

Intégration-désintégration, usurpation… Qu’on ne sous-estime pas les détournements de la Cause vers des voies de garage !

Surtout que les critiques seront dénoncées comme non constructives. Mais sans bataille pour la définition des valeurs, sans lutte pour protéger le contenu… L’intégration-désintégration est assurée dans un monde corrompu!

« No Spiritual Surrender »

Nous sommes en 1990 et le groupe Inside Out, qui existe depuis deux ans, sort un mini-album, tiré à 5000 exemplaires, à l’époque en vinyl (4000 en noir comme c’est l’usage, 1000 en bleu). Ce sera la seule réalisation du groupe.

« No spiritual surrender » contient quatre titres et le chanteur a vingt ans : c’est Zack de La Rocha. Deux ans plus tard sortira le premier album de Rage against the machine, son nouveau groupe, dont le nom vient d’une chanson d’Inside out.

Le guitariste, Vic DiCara, âgé de vingt ans lui aussi, a en fait quitté le groupe, pour devenir moine vaishnavite de la mouvance surnommée « Hare Krishna ». Il rejoint le groupe Shelter pour son album Quest of certainty en 1992, pour former ensuite le groupe 108, qui produit immédiatement deux albums célébrant Krishna, Holyname et Songs of separation, en 1994 et 1995.

Le bassiste d’Inside out vient quant à lui de Gorilla Biscuits, le batteur de Chain of Strength, deux groupes connus de hardcore, de philosophie straight edge.

Le mini-album s’intitule « No spirituel surrender » et c’est le titre de la chanson la plus réussie, en qui on a tout l’esprit tant de Rage against the machine que de 108. Il y a cette idée de refuser ce qu’on qualifiera ici Babylone, par facilité et pour l’image d’une société où tout est corrompue, viciée, mais également corrupteur et vicieux.

Voici la chanson, ainsi qu’une version live interprétée par 108, avec des images soulignant le choix des membres de ce groupe de puiser en Krishna l’inspiration pour s’opposer à cette société.

En voici les paroles, l’ensemble étant repris une seconde fois.

Try to make me bow down to you
Try to take my identity
Try to make me just another pebble on the beach

Essaie de me faire plier devant toi
Essaie de prendre mon identité
Essaie de faire de moi juste un autre galet sur la plage

A green mind twists the plan
A cold hand trying to silence me
You try to grasp me, but I’m out of reach

Un esprit immature dresse de manière tordue ce plan
Une main froide en train d’essayer de me rendre silencieux
Tu essaies de m’attraper, mais je suis hors d’atteinte

No Spiritual Surrender
No Spiritual Surrender

Pas de reddition spirituelle
Pas de reddition spirituelle

Cette chanson est une grande source d’inspiration, qu’on apprécie ou pas, de par l’énergie et la perspective tracée. C’est une piqûre de rappel pour toujours avoir à l’esprit qu’aucune paix spirituelle – ou mentale, intellectuelle, sensible, comme on voudra – n’est possible avec la société telle qu’elle existe.

On ne peut pas ne pas chercher à s’opposer. Et cela exige une profonde attention pour rester hors d’atteinte. C’est là tout le noyau de la philosophie vegan straight edge, qui est un désengagement pour vivre, au quotidien, sur la base de valeurs inversement fondamentalement positifs. À la destruction systématique qu’implique la société telle qu’elle existe, l’opposition répond par le refus et l’affirmation de valeurs positives : la célébration de la vie telle qu’elle est en elle-même.

Voici le mini-album en entier.

Pas de véganisme dans la «convergence de luttes»

Depuis plusieurs années, il y a des gens qui disent que la convergences des luttes est la clef pour que le véganisme se développe. Il est vrai que ces gens-là ont en fait pratiquement disparu et justement ce n’est pas pour rien, alors il faut bien le constater.

Au sens strict, le moment où cette tendance a commencé à exister, c’est avec la formation du Nouveau Parti Anticapitaliste, en 2009. Pendant toute l’année 2008 il y a eu des comités pour débattre des idées de la future organisation. Comme le véganisme avait commencé à s’élancer en France depuis quelques années, il y a eu des gens disant qu’il y avait un espace pour diffuser des idées, que forcément des gens voulant fonder un « NPA » allait s’y intéresser.

Cela n’a pas du tout marché, mais l’idée est restée et à partir de ce moment-là, il y a eu des gens pour chercher une convergence des luttes. Cela se déclinait de manière très différente, cela allait d’un drapeau en manifestation à des tentatives plus structurées de faire passer le message. Le pic fut d’abord Nuit Debout à Paris, puis la fondation du mouvement de La France Insoumise, Jean-Luc Mélechon jouant même le jeu symboliquement pour ratisser le plus largement possible.

Puis la tendance a décliné, se résumant à un slogan écrit sur un mur pendant une manifestation, ou bien le port d’un drapeau. Enfin, malgré l’opposition prolongée à la réforme des retraites, ou à cause de celle-ci, il n’y a plus rien eu.

La photographie suivante, heureusement assez obscure pour ne pas avoir à la flouter, est représentative de la fin de cette idée. Car celui qui a mis en ligne cette image, avec ce commentaire horrible, c’est Laurent Brun, secrétaire Général de la Fédération CGT des Cheminots.

C’est quelqu’un qui prône la lutte, jusqu’au bout. Il est engagé depuis deux mois lorsqu’il poste cette image et ce commentaire. Il n’est pas isolé, il n’est pas à l’écart de la lutte des idées. Il exprime sa culture de manière tout à fait consciente.

L’erreur de fond, dans cette idée de « convergence des luttes » favorable au véganisme qui a de toute façon échouée, c’est de penser deux choses. La première, c’est qu’il y aurait un spécisme équivalent du racisme, du sexisme, de plein d’oppressions « systémiques ». Il y aurait des dominations flottant au-dessus de nos têtes à déconstruire. Quelqu’un qui se « déconstruit » basculerait alors logiquement dans l’antispécisme, dans la panoplie « anti ».

Sur le papier, c’est cohérent, sauf que la société humaine s’est construite sur le tas et pas par en haut avec des gens se disent : tiens, si on y opprimait les animaux ? Comme si les conquistadors s’étaient posés la question de massacrer les gens dans le continent « découvert ».

La seconde erreur est liée à la première. C’est qu’être vegan, c’est déjà une rupture. Mais le rester, c’est encore plus une rupture. Tout cela exige une certaine discipline personnelle. Or, le principe de la convergence des luttes, tout comme d’ailleurs de l’anarchisme, c’est que personne n’est responsable de rien. C’est on se lance, on discute, on agit, on discute, bref on s’engage et puis on voit.

Qu’une lutte fasse qu’on ait une conscience sociale plus élevée, soit. Mais le véganisme n’est pas une idée, c’est une éthique. Quelqu’un qui devient vegan sans aimer les animaux ne le restera pas. Ce qui fait qu’on devient vegan, qu’on le reste, c’est qu’on relève de toute une culture. Une orientation purement intellectuelle vers le véganisme est fictive, elle ne tient pas, au premier vrai choc, elle s’effondre.

C’est ce terrain friable qui fait que les gens qui ont essayé la « convergence des luttes » n’ont abouti à rien, aucun bilan n’en est ressorti, rien n’en a été tiré. Il doit bien y avoir des rencontres entre les luttes justes. Mais ce ne sont pas que des idées… ce sont des choses portées par des gens, très concrètement. C’est ainsi par la culture que tout se transmet.