A l’abri de leurs ailes (Charachar)

Restons dans le sous continent-indien et au Bengale, mais cette fois dans la partie faisant partie de l’Inde, avec un film qu’il faut absolument connaître, un film éblouissant, d’une sensibilité belle et juste, telle qu’il faut la cultiver.

Ce film date de 1992 et a été réalisé par Buddhadeb Dasgupta, un des grands cinéastes indiens. Il existe en DVD sous-titré en français mais sera difficile à trouver, il existe sur youtube mais seulement en langue bengalie, ou bien en anglais pour seulement la bande-annonce.

Mais si vous avez le moyen de le voir, il faut le voir, il est (comme beaucoup de films indiens) absolument admirable.

Le scénario est simple : Lakhinder survit en capturant des oiseaux, comme l’ont fait ses ancêtres. Il les vend à un marchand local, qui les revend à des marchands de la ville de Calcutta.

Cependant, il arrive à dépasser sa misère en prenant conscience de la vie des oiseaux. Il ne cesse alors de libérer les animaux qu’il a capturé, malgré la situation impossible où il se met.

Sari, sa femme, n’accepte plus la situation et prend un amant, qu’elle n’abandonnera que si Lakhinder ramène de l’argent. Il décide alors de capturer des oiseaux et de les vendre directement à Calcutta, pour gagner davantage.

Il les amène au marchand, qui l’invite alors à une fête religieuse consacrée aux oiseaux, ceux-ci étant libérés à la fin de la cérémonie. Mais si de la nourriture est distribuée gratuitement à la fin de celle-ci, Lakhinder craque psychologiquement lorsqu’il apprend que celle-ci consiste en des oies sauvages.

Il repart chez lui avec les oiseaux amenés au marchand, et les libère. En faisant cela, il perd sa femme qui s’installe chez son amant, bien qu’il ait tenté de lui expliquer sa vision du monde, et bien qu’il lui ait expliqué qu’elle va se retrouver dans une nouvelle cage (comme les oiseaux emprisonnés). Il tente de la regagner, mais comprend que sa conscience est à court terme, qu’elle n’a pas de vue d’ensemble et préfère la sécurité immédiate.

La fille de son ami est par contre émue par la démarche de Lakhinder et espère se marier avec lui. Lakhinder, de son côté, a trouvé le chemin vers la nature, il habite dans la forêt et vit de ce que celle-ci lui donne (il est clairement sous-entendu qu’il est végétalien, donc).

Il s’agit d’un film bengali, donc aux splendides images s’ajoute une certaine rêverie. Lakhinder rêve donc souvent de son fils, qui est mot très jeune, mais qui avait enterré un oiseau mort qu’il avait trouvé, afin de donner vie à « un arbre aux oiseaux. »

Lakhinder ne cesse de faire ce rêve, puis de penser à la mer qu’il n’a jamais vu, mais où sont présents tellement d’oiseaux. Bien entendu, la scène finale consiste en Lakhinder se retrouvant sur une plage, face à la mer, avec tous les oiseaux…

« A l’abri de leurs ailes » est un film magnifique, il exprime la « découverte » des animaux et le sens de la libération animale, qui se prolonge jusqu’à la découverte de la Terre, de la nécessaire harmonie avec elle.

« A l’abri de leurs ailes » c’est le développement jusqu’à la libération animale et le prolongement logique jusqu’à la libération de la Terre.