Combattre l’abattage seulement ou l’exploitation animale grandissante?

La question de l’abattage est, selon nous, une question secondaire par rapport à celle de la libération animale. Bien entendu, l’abattage est criminel, mais c’est un aboutissement logique en cohérence avec une société où l’exploitation animale rapporte et où la population consomme passivement.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Chaque jour, l’exploitation animale est plus grande. Chaque jour, la consommation de « viande » est plus grande.

La production « animale » représente 40% de la valeur brute de la production agricole mondiale, et ce chiffre ne cesse d’augmenter.

Se focaliser sur l’abattage, c’est chercher à aménager un massacre toujours plus grand ! C’est refuser de voir la réalité en face !

Voici des statistiques données par la FAO de l’ONU (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture).

Certaines personnes demanderont : cela ne sert à rien d’être vegan, alors ? Une telle question est erronée, car être vegan c’est la fin d’un processus (où l’on aboutit à la compassion), mais surtout le début d’un autre : la libération animale !

D’ailleurs, si l’on ne comprend pas cela, on ne reste pas vegan, on est écrasé par la pression environnante…

L’abattage est donc une fausse question : se focaliser sur l’abattage pose deux soucis énormes, deux écueils sur lesquels se brisent immanquablement la « protection animale. »

Déjà, parce qu’inévitablement il est proposé des « réformes » qui signifient aménager le meurtre, et donc inévitablement le cautionner, si ce n’est moralement, ou du moins culturellement.

Ensuite, parce qu’encore et toujours revient la critique contre « l’abattage rituel », qui serait le plus barbare, le plus odieux, etc., avec immanquablement un antisémitisme et un racisme anti-arabe, dont on sait qu’à l’approche des élections présidentielles ils sont de plus en plus virulents.

Voici d’ailleurs une nouvelle de l’Agence France Presse qui montre comment cette question de l’abattage va être utilisée électoralement, sans que la situation des animaux ne change. On remarquera de manière avisée la dernière phrase, « balancée » de manière « subtile. »

Expertise sur l’abattage des animaux

Saisie par le ministère de l’Agriculture, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) conduit actuellement une expertise sur les méthodes d’abattage des animaux, dont les résultats seront communiqués courant 2012.

“Il y a assez peu de données sur les risques différenciés selon qu’il y ait anesthésie ou pas, mais il y a une expertise collective en cours”, a déclaré Gérard Lasfargues, directeur général adjoint de l’Anses.

Dans ce cadre, un groupe de travail sur le bien-être des animaux destinés à la consommation va se former prochainement, selon Gilles Salvat, directeur de la santé animale.

Les animaux sont abattus selon diverses méthodes: asphyxie, électrocution, décérébration… Les questions à se poser, a-t-il précisé, c’est la durée de la mise à mort et les techniques d’anesthésie plus ou moins douloureuses, donc l’intensité de la souffrance. La loi impose l’abattage après anesthésie, mais avec une dérogation pour les groupes religieux.

A LTD, nous ne voulons en aucune manière cautionner une expression aussi halluciné que « le bien-être des animaux destinés à la consommation. »

On remarquera d’ailleurs que ce « bien-être » va être jugé par… un organisme de… « sécurité sanitaire » !

Et que le résultat sera connu « courant 2012 » révèle bien qu’il s’agit d’un plan de magouille électoral, pour faire croire que ces gens se « préoccupent » de la condition animale. Faudra-t-il être naïf pour croire à une chose pareille !

Mais disons le tout net : la naïveté est parfois de l’escroquerie et de la mauvaise foi, par peur et refus d’être radical face à la réalité de l’exploitation animale, qu’il s’agit alors « d’oublier », justement par exemple en se concentrant sur l’abattage.

Cette manœuvre révèle facilement son inutilité et son caractère absurde, quand on sait que l’État est au service du business, et l’exploitation animale rapporte. C’est là que tout se joue.

Montrons le rôle de l’État avec par exemple cette information d’il y a deux semaines :

Bruno Le Maire s’est réjoui vendredi d’avoir rassemblé la veille les présidents de la Fédération nationale bovine (FNB), de la Fédération nationale de l’industrie et du commerce en gros des viandes (FNICGV), de la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB), de l’interprofession et de Coop de France autour du projet de structure interprofessionnelle destinée à l’exportation française. Autrement dit, le GIE export.

Ce dernier change de nom. Il devient le Groupement export français (GEF). Le ministre de l’Agriculture rappelle que cette structure doit « organiser stratégiquement la conquête des marchés porteurs en bovins vivants, viande et génétique bovine. Il donne rendez-vous à toute la filière au début de novembre pour la signature d’un accord-cadre marquant une nouvelle dynamique collective de la filière à l’exportation.

Les choses sont très claires : tant que l’exploitation animale existera, les animaux seront des marchandises, des « objets », des victimes de la société humaine. C’est là qu’il faut agir !