Résultat étrange des tractations PS – EELV

Hier se sont terminées les tractations entre le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts. Rien d’intéressant, au sens strict, en tout cas ce n’est pas passionnant !

Malheureusement, c’est une actualité qu’il faut connaître, et encore plus si EELV participe au gouvernement ces prochaines années, alors que la crise écologique s’aggrave chaque jour, prenant des proportions toujours plus grandes.

EELV continue de se spécialiser dans l’enfumage d’ailleurs. Hier, il y a eu donc avec les socialistes … un « accord politique de majorité. »

Soit disant donc ce n’est pas un accord pour un prochain gouvernement, seulement sur la majorité parlementaire, EELV se voyant garantie des élus en échange d’une alliance avec le PS. Ce qui est absurde, puisque la majorité parlementaire décide justement du gouvernement…

Martine Aubry le dit elle-même d’ailleurs : « Ce n’est pas un accord de plus, c’est un accord de mandature, de gouvernement et un accord de société. »

Quant à Eva Joly, elle résume cela dans une phrase joliment absurde : « C’est un accord spécial qui constate ce sur quoi on est d’accord et ce sur quoi on est pas d’accord. »

Car EELV au gouvernement sera la dernière partie du drame de la mort des « Verts. » Le Parti Socialiste est en effet pro-nucléaire. Il n’acceptera pas le choix de la rupture.

Or, les dernières catastrophes ont fait sauter la chape de plomb qui empêchait l’émergence en France d’une large opinion publique anti-nucléaire. EELV ne peut pas reculer.

Le symbole de cela, c’est bien entendu le chantier de l’EPR de Flamanville. Hollande a annoncé qu’il ne reculerait pas à ce sujet, car c’est un choix stratégique.

EELV n’a pas le choix : soit il faut céder… et perdre définitivement son identité et sa crédibilité. Soit il faut refuser de participer au gouvernement, ce qui est impensable pour les nouveaux bureaucrates qui dirigent cette structure.

Un dilemme cornélien !

A cela s’ajoute l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais le PS est davantage prêt à discuter sur ce plan.

Et ce qui va se passer est simple. Déjà, Cécile Duflot va être candidate aux législatives à Paris. Ce qui se profile, c’est sa conquête de la mairie de Paris…

Paris valant bien une messe, le retournement sera inévitable. Citons donc Cécile Duflot interviewée par le quotidien Le Parisien, car ses propos elle ne pourra pas les assumer demain :

Le texte que vous venez de conclure avec le PS élude vos désaccords sur l’EPR de Flamanville ou l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. C’est un accord a minima ?
Cécile Duflot.
C’est un accord juste et un tournant pour la politique énergétique, qui acte de vrais avancées : fermeture de 24 réacteurs, reconversion du retraitement du Mox, création d’un institut du démantèlement, décision de ne plus construire aucune centrale nucléaire, ni réacteur… Mais nous ne revenons pas sur nos engagements, nous continuons à nous battre contre l’EPR de Flamanville et l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

Ce qui d’ailleurs et si on y réfléchit bien n’engage à rien : nous continuons à nous battre, cela ne veut pas dire que, demain, face à Sarkozy ou Marine Le Pen, il faudra « prendre ses responsabilités » et accepter de rentrer au gouvernement avec les « vilains » socialistes…