Un scandale de plus avec les magouilles EELV, cette fois au sujet du MOX

«Des textes modifiés après accord, on a rarement vu ça !» remarque Pascal Durand, porte-parole d’Europe Ecologie Les Verts.

« C’est hallucinant ! » se scandalise Alexis Braud, qui est un proche de Cécile Duflot

Hier en effet nous disions que l’accord PS – EELV était quelque chose d’ennuyeux, mais que cela pouvait s’avérer important et là – patatras! – même pas 24 heures après, une chose importante se révèle.

Car un passage sur le combustible nucléaire MOX a été retiré du texte voté mardi soir par les socialistes….

Alors que, comme l’explique Jacques Archimbaud, l’un des négociateurs d’EELV, le texte validé par Martine Aubry et Cécile Duflot, avait été « lu et relu ligne par ligne» par les deux camps et que «les mots ont été pesés minutieusement »….

Que s’est-il passé ?

AREVA, qui produit 95% du MOX, a fait en sorte que soit viré un passage affirmant qu’il y aurait « la reconversion, à emploi constant, de la filière de retraitement et de fabrication du MOX. »

Rappelons ce qu’est le MOX : c’est un mélange d’oxydes d’uranium (UO2) et de plutonium (PuO2) extraits de cœurs nucléaires usagés, ou pour parler clairement : le plutonium issu des centrales atomiques, soit on en fait des bombes atomiques, soit on le recycle pour en faire du combustible à centrale atomique (soit il nous reste sur les mains, c’est-à-dire sur la planète, l’envoyer dans l’espace coûtant trop cher et étant trop dangereux).

Problème de plus par rapport à d’habitude : le MOX est 5 à 7 fois plus radiotoxique que les crayons de combustibles classiques, il est dangereux plus longtemps, il est moins facilement contrôlable, etc.

D’ailleurs, seuls 22 des 56 réacteurs français sont autorisés à utiliser du MOX.

En pratique, le plutonium et l’uranium appauvri du combustible usagé sont extraits à La Hague (en Normandie), amenés par la route au terminal ferroviaire de Valognes à 35 km de là, pour être assemblé en crayons de MOX bien loin de là, dans l’usine Melox de Marcoule (dans le Languedoc – Roussillon).

Là, on parlait donc de supprimer La Hague.

Sauf que ! Le réacteur à eau pressurisée (EPR) de Flammanville devrait également utiliser le MOX…

Donc, machine arrière !

L’intermédiaire pour cela a été Bernard Cazneuve, député-maire de Cherbourg, Cherbourg étant près de La Hague.

Benoît Hamon, le porte-parole du PS, a alors expliqué candidement que « le paragraphe fait l’objet de différences d’interprétation entre socialistes et écologistes »… et que donc il a été enlevé « provisoirement. »

Nous utilisions hier le mot « enfumage », là on est servi !

Cécile Duflot, sur son compte Twitter, a expliqué elle aussi candidement hier matin :

Suis une femme pas compliquée : un accord passé est un accord qui engage. Pas d’autres commentaires :-)

Une belle manière de botter en touche, alors que ni le site d’EELV, ni celui d’Eva Joly n’osent bien entendu aborder la question…

Alors que dans l’après-midi et du côté PS, Manuel Valls qui vient d’être nommé chargé de la communication de campagne de François Hollande a tranquillement affirmé que le PS souhaitait « bien évidemment garder la filière Mox » !

Il l’a expliqué en long et en large : « La filière Mox doit être maintenue, l’usine de La Hague également », pour François Hollande « il est hors de question de sortir du nucléaire », et même ouvertement :

« Si on est favorables à l’EPR de Flamanville, celui-ci fonctionne au Mox, et par ailleurs une vingtaine de centrales nucléaires fonctionnent au Mox. »

Et le responsable important d’EELV, Jean-Vincent Placé, d’expliquer alors au sujet du résultat des tractations :

« Ce n’est pas non plus une Bible. Nous pouvons en discuter. »

Alors que François Hollande, très social-démocrate, concluait :

« Ce sont des entreprises! Des entreprises publiques: Areva, EDF. Ce sont des emplois. Il y a des syndicats, il y a des personnels qui se posent des questions. Donc il faut les rassurer. Et c’est normal que je puisse leur dire, selon mes positions, ce qui va se passer. »

De la magouille de bout en bout, le degré zéro de l’écologie, aucune sincérité, tout pour les élections, les places au chaud dans le gouvernement.

Cela montre d’autant plus l’importance du camp « stop castor » à Valognes, mais aussi la nécessité d’une véritable écologie radicale. En Allemagne, le mouvement anti-nucléaire s’était vu utiliser par les Verts pour réussir aux élections ; il serait un comble qu’EELV – qui n’a même pas le caractère alternatif des Verts d’Allemagne du début des années 1970 – profite du mouvement anti-CASTOR !

Mais cela semble presque inévitable vu le chantage d’EELV : voter Eva Joly ou bien EELV sera obligé de « céder » au Parti Socialiste… Ce qui sera forcément le cas au final, EELV apparaissant « radical »…

A moins que… l’écologie radicale arrive à exister en France, avec comme mot d’ordre la libération de la Terre… La planète doit redevenir bleue et verte !