Les tortues de Summerville, fuyant le petit commerce de l’exploitation animale

Summerville aux Etats-Unis près d’Atlanta est une petite ville d’un peu plus de 4000 personnes, connue seulement jusque-là pour être le lieu de résidence de l’artiste Howard Finster, un religieux faisant une sorte d’art naïf et populaire (REM et les Talking Heads sont deux groupes ayant utilisé son art pour des pochettes d’albums).

Elle est en ce moment submergée de tortues, car environ 1600 des 2200 tortues d’un élevage local ont pu s’enfuir. Il y a sans doute eu des voleurs de métaux qui sont passés dans le coin, et les tortues en ont profité, ayant le passage libéré.

L’éleveur n’avait même pas remarqué cela, c’est la population locale qui l’a prévenu que des centaines de tortues se baladaient un peu partout !

C’est dire le niveau, et ce n’est pas étonnant : les élevages sont une forme commerciale très prisée des petits entrepreneurs. C’est un aspect très important de l’exploitation animale.

Et c’est quelque chose de difficile à combattre. Il suffit d’aller sur internet sur les forums consacrés aux animaux « de compagnie » pour voir qu’il y a toute une idéologie de « l’élevage », présenté comme « utile », servant même les animaux, etc.

C’est très hypocrite, car très vite, de tels élevages « rapportent » de l’argent ; il suffit de voir d’ailleurs comment dans les pays d’Europe de l’Est, où le niveau de vie est très faible, il y a une grosse tendance à organiser des élevages pour l’Europe de l’Ouest.

On a d’ailleurs la même situation avec l’élevage de tortues aux États-Unis, en l’occurrence. L’éleveur avait capturé des tortues, puis récupéré les œufs : les jeunes tortues étaient soit vendues à des animaleries des Etats-Unis, soit transformées en nourriture pour le marché chinois.

C’est en quelque sorte la mondialisation de l’horreur.

Il ne faut pas non plus croire que la loi refrène cela. Il existe un « certificat de capacité » quand on un certain nombre d’animaux, mais en pratique les institutions harcèlent plus les structures visibles, donc les refuges, qu’autre chose !

Et à côté de cela, l’Etat français ne compte nullement « s’ennuyer » avec « des choses pareilles », qu’il considère comme anecdotiques, relevant du passe-temps, etc.

On a un exemple parlant avec le fait que les puces électroniques sont obligatoires pour tous les chiens et les chats. Ce n’est bien entendu pas appliqué.

Ce qui se pose ici, c’est une grosse difficulté pour le véganisme, parce que pour triompher culturellement de ce petit commerce, il faut un poids culturel énorme… et une capacité à taper du poids sur les tables, par des amendes notamment, etc.

Autant dire qu’il faut de très gros moyens, qui n’arriveront jamais avec des réformes, mais seulement par un changement de fond en comble.

Il ne faut pas non plus penser que c’est secondaire par rapport à la grande industrie. Car la grande industrie est issue de la petite industrie. Une société qui tolère la petite exploitation animale aura, à moyen terme, l’exploitation animale intensive.

Une personne qui élève des animaux pour les vendre, même si elle prétend « bien faire », etc., fait cela pour le profit ; elle gagne directement de l’argent en abusant de la vie, et en considérant les animaux comme des marchandises.

Il n’y a donc aucun lieu de négliger le petit commerce, qui débouche forcément sur le grand !

Enfin, notons un aspect important. Les humains prétendent gérer un minimum le monde. Mais là il suffit d’un vol d’un peu de métal pour que des milliers d’êtres vivants, enfermés, rejoignent un écosystème où ils pourront tenter de trouver une place.

Tout cela peut provoquer des troubles, des perturbations. Les humains jouent avec le feu ; sur le plan moral, ils font n’importe quoi, avec des comportements criminels, entre torture et meurtre, et matériellement ils déséquilibrent Gaïa.

Il est vraiment temps de passer à une autre humanité !