Les post-punks rejettent le véganisme et fantasment sur les hippies

[Article publié initialement le 21 mais enlevé au bout de deux heures, en raison de l’actualité avec ce qui s’est passé dans le Gers!]

Ce que l’on retrouve souvent chez les beaufs en France, c’est leur capacité à se prétendre « ouvert », cool, alors qu’en fait ce sont juste des libéraux je m’en foutistes.

C’est pourquoi, pour justifier leur attitudes, ils ont toujours leur « pote. » Le pote noir, preuve de l’absence de racisme, et parfois même le pote « végétarien », preuve de l’ouverture d’esprit !

C’est aussi un grand classique chez les beaufs post-punk s’imaginant « rebelles » car ils sont nihilistes. Ils ont leur pote straight edge, leur pote végétarien, leur pote végan preuve qu’ils sont alternatifs !

On ne peut pas être un vrai alternatif sans avoir « son » pote végan, alibi et prétendue preuve d’un style de vie différent!

Eh bien chez nous cela ne marche pas. La cause animale est trop sérieuse pour tolérer des compromis « amicaux » de ce genre. On est végan, ou on ne l’est pas, c’est ce que les animaux exigent, et nous n’en rajouterons pas une couche en faisant la liste des groupes punks, en France ou ailleurs, parlant parfois de la cause animale, sans même être végan…

Mais voici justement à titre d’illustration quelques réactions à l’article « Vous êtes Vegan Straight Edge ouais » d’il y a un peu plus dix jours.

On y apprend que nous ne serions pas marrants, car nous ne blaguerions pas avec la souffrance de milliards d’êtres vivants… Mais naturellement ce n’est pas dit ainsi. En fait, on peut voir une très habile manière de tenter d’effacer le contenu au profit des personnes. Le véganisme disparaît comme par enchantement, au profit de la question des personnes, qui n’auraient pas de recul sur elles-mêmes.

C’est subtile: les beaufs post-punks tentent de nier qu’ils critiquent le véganisme (ce qu’ils ne peuvent pas, par principe), en prétendant avoir juste voulu blaguer sur les végans…

Quelle plus belle preuve de beauferie post punk que quelqu’un expliquant « J’suis végétarien et écologiste jusqu’à la moelle » et disant :

« C’est c’que je disais, ce type d’écolos me font chier. Si tu vas sur leur site (car oui, j’ai visité) ils ont une rubrique qui dit en gros, qu’il faut s’écarter dans la rue quand on croise des pigeons. »

On a ici la position classique du végétarien qui s’imagine pouvoir donner des leçons à des végans, et ne trouvant en plus rien de mieux à faire que de dénoncer la défense des pigeons.

Les pauvres pigeons, que personne ne défend… Qui font face à des humains qui ont souvent de véritables réactions de type exterminatrices, en version nazie. Et là le « végétarien et écologiste jusqu’à la moelle » ne trouve rien d’autre à dire à part que cela le fait « chier »…

C’est extrêmement parlant de ce que nous avons appelé le social-darwinisme sur l’affiche en la défense des pigeons, justement. On est là dans une posture viriliste, macho, méprisant les faibles et roulant des mécaniques.

On a d’ailleurs fort logiquement une critique social-darwiniste de LTD assez récurrente dans la scène post-punk :

« Et quand des hippies qui ont pour “modèle” leur “mère la terre” disent que le punk est mort… Bah c’est un peu comme si une tomate parlait de sciences politiques. »

Apparemment, la personne qui écrit cela (et qui joue dans un groupe punk) n’a jamais entendu parler du hardcore ou du metalcore, où l’on retrouve facilement des groupes défendant la libération animale et la libération de la Terre…

Mais il faut dire que lorsqu’en France les beaufs entendent parler de la défense de la Nature, immédiatement ils pensent aux hippies. Les post-punks ne dérogent pas à la règle. Comment le pourraient-ils? Eux-mêmes ne sont que des cyniques sans engagement.

Seulement et c’est révélateur, les hippies n’ont au sens strict jamais été écologistes, et en tout cas certainement pas ouvert à la cause animale…

Le mouvement hippie est un mouvement considérant que les drogues sont une porte ouverte à une attitude meilleure, cassant le rythme effréné de la société de consommation.Ils ne veulent pas un retour à la Nature, mais un passage dans un monde parallèle, au moyen de psychotropes.

Les hippies sont ainsi pacifistes et individualistes, l’engagement ne fait pas partie de leur style de vie… Et si par moments, il y a eu des ouvertures sur l’écologie, elles ne font pas vraiment partie du cœur du mouvement hippie, qui a privilégié le retour à la campagne simplement comme un repli sur un mode de vie artisanal – traditionnel…

L’écologie politique naît par contre comme contre-culture dans le prolongement du mouvement hippie, de sa remise en cause aussi (les Verts en Allemagne, Greenpeace, le mouvement anti-nucléaire en France, etc.). Mais ce n’est déjà plus une composante de l’histoire hippie.

Alors pourquoi l’accusation d’être « hippie » ? Parce que cela fait partie de la tradition des beaufs et des fachos d’accuser de hippie les gens qui aiment les animaux et respectent les végétaux.

Aimer la Nature et l’assumer est une attitude considérée comme « faible », « passive », de « pédés », ni plus ni moins. D’où l’explication également comme quoi « c’est un peu comme si une tomate parlait de sciences politiques. »

Défendre la nature, c’est être une « tomate », un légume, un hippie, un « pédé », quelqu’un de faible, incapable d’affronter la dureté de la vie, etc. D’où la fameuse « blague » anti-végane sur le « cri de la carotte. »

C’est une sacrée preuve que nous avions eu raison de critiquer la chanson « Vous êtes Vegan Straight Edge ouais. » Ce n’est pas une chanson « marrante », mais une position anti-libération animale sur un ton de moquerie beauf.

Car on est pas végan comme on est punk, skin, psycho, gothique ou n’importe quoi d’autre. Être végan, ce n’est pas un lifestyle comme toutes ces cultures et d’ailleurs on peut justement être végan en étant punk, skin, psycho, gothique ou n’importe quoi d’autre ! Même hippie ou post-punk!

Critiquer le véganisme, ce n’est donc pas faire du « chambrage entre amis. » Quand on se moque du véganisme, on attaque directement non pas les personnes véganes, mais principalement les animaux. Et cela, ça change tout. Et c’est ce qui fait que se moquer du véganisme, c’est être un beauf, ni plus ni moins !

Le véganisme n’est pas une démarche individuelle, mais une grande cause: la libération animale!