L’inévitable effondrement du système alimentaire non végane

L’affaire des « lasagnes à la viande de cheval » n’est finalement pas qu’une « petite » affaire de fraudes à plusieurs niveaux (L’affaire Findus-Comigel-Spanghero- (?)). C’est un véritable scandale révélant ce qui adviendra dans les années futures, à moyen terme : l’inévitable effondrement du système alimentaire non végane.

A partir du moment en effet où c’est le profit qui décide de ce qui est mangé ou pas, inévitablement l’exploitation animale domine, et partant de là la barbarie, l’escroquerie, le mensonge.

Rien qu’hier en France, cinq abatteurs (Abera, Bernard, Gad, Groupe Bigard, Socopa Viandes) ont été frappé d’amendes (d’un montant total de 4 512 621 euros) par l’Autorité de la concurrence pour une entente illégale pendant plusieurs mois en 2009.

Et en Suède, les autorités viennent de s’apercevoir que… il manquait 9000 cadavres de chevaux. Statistiquement, cela fait plusieurs années que 9000 chevaux « disparaissent » chaque année…

C’est dire si on vit dans une société façonnée par le profit, où triomphent des chiffres, des chiffres gorgés de sang, et des calculateurs n’ayant en tête que le profit.

Est d’ailleurs révélateur et ô combien parlant ce que raconte Le Figaro dans un de ses articles :

Il faut dire que le monde du trading de la viande est actuellement sous pression et les entreprises qui travaillent dans le secteur sur les nerfs.

En témoigne la réponse que nous avons reçue de Meat Trading Company basée à Thiais: «Je ne réponds pas aux journalistes, mais si vous étiez le Journal du hard (célèbre émission pornographique de Canal +, NDLR), je vous montrerais toute ma viande.»

Pas sûr que ce genre d’amabilités aide le secteur à redorer son image aux yeux de l’opinion publique.

Est également significative la réaction du ministre britannique de l’Alimentation, Owen Paterson, en panique :

« Plus vite nous résolvons ceci, plus rapidement nous pourrons établir la confiance dans notre système alimentaire et les produits. »

La réaction de Hollande va dans le même sens, il s’agit de préserver l’exploitation animale d’un vent de panique d’un côté, d’une réflexion de l’autre, alors que jamais autant on a parlé de l’exploitation animale industrielle :

« Le président de la République a souligné qu’il s’agissait d’une affaire grave par rapport à la confiance inspirée aux consommateurs et potentiellement grave aussi par rapport aux conséquences pour la filière française. »

Naturellement, c’est au plus niveau que les États s’organisent pour sauver le capitalisme s’occupant de l’alimentaire : un comité d’experts européens se réunira demain et ce sera le thème central du prochain Conseil européen de l’agriculture en présence de tous les États membres, à la fin du mois.

Il faut tout de même une sacrée panique pour que l’Union Européenne demande que soient faits des tests ADN !

Voici d’ailleurs une liste, non exhaustive, des produits concernés par la « viande » de cheval à la place de celle de bœuf… La liste s’agrandit en effet, avec le nombre de pays concernés !

FINDUS

Moussaka 600 g – code-barres : 3599740007969. N° de lots : 2257 BN – 2258 BN – 2272 BN – 2354 BN – 2355 BN

Lasagnes à la bolognaise 600 g – code-barres : 3599740004517. N° de lots : 2252 BN – 2255 BN – 2282 BN – 2283 BN – 2293 BN – 2294 BN – 2299 BN – 2300 BN – 2319 BN – 2320 BN – 2327 BN

Hachis parmentier 600 g – code-barres : 3599740004500. N° de lots : 2220 BN – 2241 BN – 2242 BN – 2256 BN – 2278 BN – 2279 BN – 2280 BN

Lasagnes à la bolognaise 1,2 kg – code-barres : 3599740007983. N° de lots : 2240 BN – 2251 BN – 2252 BN – 2259 BN – 2261 BN – 2262 BN – 2283 BN – 2294 BN – 2300 BN – 2320 BN – 2327 BN – 2328 BN – 2339 BN – 2340 BN – 2346 BN – 2347 BN – 2356 BN – 3004 BN – 3005 BN – 3015 BN – 3016 BN – 3023 BN

Hachis parmentier 1,2 kg – code-barres : 3599740007990. N° de lots : 2249 BN – 2258 BN – 2259 BN – 2265 BN – 2266 BN – 2348 BN – 2349 BN

PICARD

Lasagnes à la bolognaise “Formule Express” 300 g – N° de lots : 14/12 et 315/12 (code 57376)

« chili con carne et riz cuisine » Mexique 350 g, code article 7280.6.

AUCHAN

Lasagnes à la bolognaise surgelées 1 kg – code-barres : 3596710034307

Moussaka surgelée 300 g – code-barres : 3596710275236

Moussaka surgelée 850 g – code-barres : 3596710275618

Casino Hachis parmentier surgelé 300 g – code-barres : 3222474411862

Casino Hachis parmentier surgelé 500 g – code-barres : 3222471975367

Casino Hachis parmentier surgelé 1 kg – code-barres : 3222471975336

CARREFOUR

Lasagnes à la bolognaise surgelées 600 g – code-barres : 3245411440176

Lasagnes à la bolognaise surgelées 1 kg – code-barres : 3270190020073

Cannellonis à la bolognaise surgelés 600 g – code-barres : 3560070398515

CORA

Lasagnes à la bolognaise surgelées 300 g – code-barres : 3257981314818

Lasagnes à la bolognaise surgelées 1 kg – code-barres : 3257980974440

Spaghettis à la bolognaise surgelés 300 g – code-barres : 3257981314832

Cannellonis à la bolognaise surgelés 900 g – code-barres : 3257983875997

Hachis parmentier surgelé 300 g – code-barres : 3257981314801

Hachis parmentier surgelé 1 kg – code-barres : 3257980974433

GRAND JURY (marque distribuée dans les magasins 8 à Huit, Proxi, Shopi)

Lasagnes à la bolognaise surgelées 600 g – code-barres : 3245390157911

Cannellonis à la bolognaise surgelés 600 g – code-barres : 3560070398522

MONOPRIX

Hachis parmentier surgelé 300 g – code-barres : 3350030180652

Hachis parmentier surgelé 1 kg – code-barres : 3350030180669

SYSTÈME U

Cannellonis à la bolognaise de la marque U 1 kg – code-barres : 3 256 221 660 876

Moussaka de la marque U 850 g – code-barres : 3 256 220 258 524

A part la France, sont concernées la Grande-Bretagne, la Norvège, la Suisse, l’Autriche, l’Irlande… C’est tout un système qui se met à nu, de lui-même, s’effondrant sous le poids de ses contradictions !

Et ce n’est pas en adoptant le modèle de Notre-Dame-des-Landes, où les animaux sont massacrés localement, qu’on sortira par le haut d’une telle folie…

On notera d’ailleurs et enfin l’impuissance d’Europe Ecologie les Verts à comprendre cela. Dans un communiqué intitulé “Scandale de la viande de cheval : symptôme supplémentaire des maladies de la dérégulation”, on peut lire:

Il est urgent de re-réguler le secteur, au niveau national comme au niveau européen. Si différente qu’elle soit de précédents scandales sanitaires en Europe, « l’affaire de la viande de cheval » appelle des réponses courageuses des puissances publiques, qui ne peuvent pas se suffire de traiter les symptômes sans agir, plus profondément, sur les causes. La sécurité alimentaire et la traçabilité des produits sont une priorité de santé publique.

Quelques jours avant, on lisait dans un autre communiqué, intitulé “En autorisant l’importation de viandes américaines traitées à l’acide lactique, la Commission Européenne joue contre l’élevage et contre la qualité !”, la chose suivante:

Notre position politique est claire : nous consommons trop de viande et de protéines animales, et nous devons en consommer moins, mais de la meilleure qualité possible, et respecter le bien être animal et les meilleures conditions d’élevage, comme le meilleur traitement des viandes.

On a ici la complète négation de ce que représente la libération animale en tant que valeur, au profit d’une exploitation animale “pérenne”, “modernisée”. Alors que le monstre industriel est ébranlé, il est important de démasquer de tels discours!