Un pot au feu vegan… qui ne l’est pas

L’écolomag est une de ces revues gratuites distribuées dans les magasins bios, diffusant l’idéologie du bio dans ses multiples variantes, un peu mystique, un peu écolo, beaucoup commercial, un peu artisanal, parfois industriel.

Bien entendu, ce n’est pas du tout une revue en faveur de la libération animale, puisqu’il s’agit ici pour le magazine de prôner une exploitation semi-artisanale, « correcte », etc. Cependant, puisque le véganisme apparaît de plus en plus dans la société française – même si cela est embryonnaire – la question est abordée.

Le but est bien entendu d’intégrer le véganisme dans la démarche bio, dans un mode libéral, flexitarien, etc. Seulement cette fois-ci il y a tout de même un gros bug…

En effet, si Lina Charlot « possède une forte expérience dans le domaine des métiers de bouche et de la diététique », et si elle donne des cours « depuis 30 ans », « sur près de 100 thèmes différents »… elle n’a pas pour autant remarqué que la « tomme de brebis ou de chèvre », ce n’est pas végan…

Bien entendu, il s’agit peut-être d’une erreur, « malencontreuse », les deux autres recettes proposées étant véganes. Seulement déjà le mot est impropre, puisqu’il aurait fallu parler de recettes « végétaliennes », pas véganes.

Qui dit végan dit en effet végétalisme + refus d’utiliser des produits liés à l’exploitation animale pour ce qui concerne l’habillement, les cosmétiques, etc.

Seulement, avec la frénésie hipster que l’on connaît ces derniers temps, le mot « vegan » est mis à toutes les sauces, même celles qui ne sont pas végétaliennes…

La société aspire le « vegan » et change son image d’Épinal, transformant le vegan prétendument isolé socialement, ennuyeux, tout blanc de peau, parfois agressif, en un semi-vegan plus ou moins hype, libre d’esprit et refusant les bornes, pratiquant un free style tellement hip !

Naturellement, certains diront que LTD coupe les cheveux en quatre et que ce n’est qu’une erreur. Mais c’est ne rien comprendre aux mouvements de fond dans la culture dans la société. Comment arriver à changer les valeurs et les comportements si l’on ne fait pas attention à ce qui se déroule dans la société ?

Auparavant, jamais le mot « vegan » n’apparaissait dans un magazine bio, et là il apparaît, mais sans que le terme corresponde, c’est-à-dire qu’il est accepté, mais pas dans sa forme radicale, en contradiction avec toute une partie de l’idéologie du bio !

Les vegans sont toujours trop ceci, trop cela, alors pour s’en défaire, le libéralisme entend bien aspirer le mot, trafiquer son sens, isoler les « extrémistes » et les « sectaires » rigides. Tuer le concept, afin de tuer la démarche, voilà la tendance du moment contre le véganisme !