Le régime végétalien, “à ne surtout pas faire”

Il y a trois jours, sur le site TerraFemina, on pouvait lire ceci dans un article intitulé « Top 5 des régimes à ne surtout pas faire » :

Le régime végétalien

Dernier régime « alternatif » qu’il est déconseillé de suivre à cause des carences qu’il provoque, le végétalisme consiste à exclure tout aliment issu du règne animal ou dérivé : la viande, mais aussi les œufs et les produits laitiers sont ainsi proscrits.

Hyper-restrictif, le régime végétalien occasionne chez ses adeptes de nombreuses carences, notamment en iode, en fer, en calcium, en vitamine B12, en acides gras oméga 3, pourtant indispensables à notre santé.

Chez le jeune enfant notamment, un régime uniquement à base de fruits, de légumes et de céréales risque d’occasionner des troubles de la croissance, ainsi que de sévères anémies.

Puis ce passage a été enlevé, remplacé en « catastrophe » par un passage sur « Le régime monomaniaque », afin de garder le titre (les 5 régimes, pas les 4!).

La raison est donnée dans un commentaire :

 Bonsoir, nous nous excusons d’avoir heurté les convictions des végétaliens et d’avoir mis sur le même plan deux choses qui, nous le reconnaissons, ne sont pas identiques. Nous avons donc modifié l’article afin de ne plus classer le végétalisme dans les régimes amaigrissants. Bonne soirée à toutes. Delphine de Terrafemina

C’est une manière de faire en sorte que cessent les commentaires critiquant les remarques assassines ridicules sur le végétalisme. Le problème de Terrafemina est que ce site traite d’une question diététique (et sexiste), et a ainsi indirectement touché une question morale.

On a remarqué que bien entendu la réponse ne s’excuse pas de la critique du végétalisme, seulement d’avoir mal classé ce régime…

Car si on farfouille les différentes revues féminines, le végétalisme est très clairement considéré comme un moyen de perdre du poids (la dernière trouvaille étant… végétalien avant 18 heures, comme moyen de perdre du poids!).

On touche ici un gros problème du véganisme français, qui est littéralement obnubilé par la nourriture, ou encore les cosmétiques. Bien entendu, c’est très important, mais le problème est que c’est devenu quelque chose de totalement central.

C’est pour cela qu’il peut y avoir des végétariens prétendant (voir par exemple l’article d’hier) que le véganisme serait un « prolongement » du végétarisme, alors qu’il y a un saut à effectuer, bien entendu.

Le problème de fond est que pour beaucoup le véganisme est la chose à laquelle il faut arriver, alors qu’en vérité, c’est l’inverse qui est vrai : c’est du véganisme qu’il faut partir, il faut se fonder dessus pour asseoir une nouvelle vision du monde.

Quand on devient végan, on comprend mieux la Nature, on reconnaît enfin les êtres vivants pour ce qu’ils sont, bref on fait tomber ses propres préjugés, ses propres barrières. Étonnamment certains font du véganisme non pas le mode de vie d’une société future, mais quelque chose de relié à notre horrible monde présent.

Mais comment notre monde terrifiant d’aujourd’hui pourrait-il assumer le véganisme, sans totalement se transformer ?