“Paris Vegan Day” 2013

La prochaine « Paris Vegan Day » aura lieu le 12 octobre 2013. Un bonne occasion de se demander : avions-nous raison de considérer que ce projet relève du « bourgeois bohème », avec une démarche anti-militante et ultra-individualiste ?

A vrai dire, les faits parlent d’eux-mêmes, et finalement le « Paris Vegan Day » aura d’une certaine manière autant été une démarche pernicieuse qu’un reflet des attentes de la scène végane française, avec son repli individualiste sur soi-même, sur l’alimentation, sur le style.

Les animaux, en tant qu’être sensibles, ont littéralement disparu ; il ne reste que leurs fantômes, sous la forme d’êtres assassinés, comme images de mort. La reconnaissance positive des animaux a disparu, au profit d’exigences purement anthropocentrées.

Les végans par et pour eux-mêmes : voilà la démarche. Il est vrai que la situation est très difficile en France. Mais la capitulation devant le végétarisme et les bobos est inacceptable.

Ce n’est pas l’opinion majoritaire, et il n’est donc pas étonnant donc que le « Paris Vegan Day » ait comme mot d’ordre « Cook for life ! », « la cuisine pour la vie ! »

Le lieu choisi est terrible, également, de notre point de vue : « Les Docks – Cité de la Mode et du Design », l’endroit parisien ultra branché du moment, que le « Paris Vegan Day » présente de la manière suivante :

« Le bâtiment abrite l’Institut français de la Mode, des boutiques branchées et des show-rooms de créateurs. »

Effectivement, cela donne des t-shirts moches et décadents à des prix « branchés », mais aussi en fait des restos et cafés ultra branchés. L’endroit est « total hype », pas vraiment le signe à donner pour un véganisme populaire…

Mais comme dit plus haut, ce n’est pas la question ; la démarche est tournée vers les vegans, pour les vegans, pour leur « faciliter » la vie en donnant naissance à une « scène » branchée.

D’où les 10 euros d’entrée, d’où des cours de cuisine payant, même si ce n’est que de quelques euros. On est ici en circuit fermé, en « club. »

Seulement, cela a un prix : il a été nécessaire de s’appuyer également sur des « végétariens » et le végétarisme. Aymeric Caron sera ainsi au « Paris Vegan Day » pour nous parler de son livre « No steack », mais y aura-t-il des végans pour lui demander pourquoi il n’est pas végan ?

Pareillement, un blog du Paris Vegan Day nous raconte que :

Que de bonnes nouvelles aujourd’hui !
Mély Chaudron Pastel, naturopathe et blogueuse culinaire, sera également au Paris Vegan Day ! Elle nous parlera de naturopathie lors d’une conférence, et donnera des cours de cuisine.

Mély expliquera-t-elle comment faire son « Cottage cheese fait maison » ?

Et plus globalement, est-il juste que des non vegans apprenne à cuisiner à des vegans ? Est-ce moralement acceptable ? Est-ce une culture sur une bonne base ?

Parce que c’est bien beau de lire sur facebook un « Très bonne nouvelle : le Gentle Gourmet Café est partenaire officiel du Paris Vegan Day 2013 ! », alors qu’en réalité il s’agit des mêmes gens que le “Paris Vegan Day”…

Si vraiment on veut du végan, alors il faut chercher le végan, et donc le promouvoir en tant que tel, pas chercher des végétariens et bricoler une sorte de « truc » où tout est masqué par la nourriture.

Mais ici il faut savoir ce qu’on veut : des initiatives pour les vegans ou pour la libération animale, chose nullement contradictoire, mais s’il n’y a plus de critères moraux et culturels, alors il n’y a plus rien.