Les vétos défendent leurs bénéfices provenant des antibiotiques

« Voulez-vous vraiment d’un monde sans vétérinaires ? » : voilà le slogan totalement démagogique mis en avant par le Syndicat National des Vétérinaires d’Exercice Libéral (SNVEL). Mais il a ses raisons : le business est le moteur des vétérinaires….

L’origine de la question tient en fait à une décision gouvernementale concernant les antibiotiques. En effet, dans le cadre de la lutte contre la prescription abusive d’antibiotiques, un projet de loi agricole vise à empêcher les vétérinaires de délivrer eux-mêmes les antibiotiques pour les animaux à soigner.

Il y a deux jours, le 6 novembre, les vétérinaires étaient ainsi en grève et suite à l’appel du Syndicat National des Vétérinaires d’Exercice Libéral, 4000 personnes manifestaient dans les rues à Paris.

Évidemment, l’antibiorésistance est un problème important et grave ; le chaos des services médicaux et vétérinaires amène une situation toujours plus dangereuse. Chacun fait n’importe comment dans son coin et personne ne se préoccupe de santé publique. C’est vrai pour les humains, c’est d’autant plus vrai pour les animaux.

Ainsi, les animaux qui sortent de chirurgie ont droit à une cure préventive d’antiobio (pour éviter les abcès post-opératoires), les rongeurs malades (même pour un simple rhume) ont aussi droit à des antibios, les chats au coryza chronique prennent des antibios lorsqu’ils font une rechute….

N’importe qui partage sa vie avec des rongeurs – par exemple – pourra en attester : de plus en plus d’animaux sont devenus résistants aux antibiotiques et les soigner est devenu très difficile, si ce n’est impossible.

Certains vétérinaires ne prescrivent plus un certain type d’antibio, car à force d’être prescrit à tout va, des résistances se sont développées. Les personnes qui font de l’auto médication avec les animaux leur créent aussi des résistances. Donner un antibio 4 jours seulement au lieu des 10 jours prescrits sous prétexte que ça va mieux créé des résistances chez l’animal.

Même deux antibiotiques donnés sur plusieurs semaines ne soignent pas définitivement , par exemple, les problèmes respiratoires de certains rongeurs gravement atteints. Si on ajoute à cela les problèmes de consanguinité dû au commerce des animaux, on a des résultats toujours plus terribles sur la santé.

Et bien sûr, il ne faut pas oublier les éleveurs, qui « gavent » à outrance leur « bétail »…

Alors quand on lit ce qui suit ci-dessous, tiré d’un article de presse, il y a de quoi rire de la prétention des vétérinaires, qui tout comme les médecins sont de plus en plus des sortes de « mécaniciens » fonctionnant au moyen répété de recettes miracles :

C’est également l’avis d’Adrien, étudiant en deuxième année à l’école vétérinaire de Nantes: «Il faut 7 ans d’études pour devenir vétérinaire et nous sommes particulièrement bien formés sur l’antibiorésistance, il ne faut pas croire que nous faisons n’importe quoi avec les médicaments.»

Car les vétérinaires et les médecins sont liés à l’industrie du médicament, ils ne sont capables d’aucune initiative, ils acceptent et plus ils vieillissent, la plupart du temps, plus ils se replient sur un véritable fond de commerce de manière pratiquement ouverte.

Ils ne veulent donc pas perdre la moindre prérogative, comme celle d’apparaître comme seul interlocuteur. Il ne faut pas que l’industrie du médicament soit trop visible…

Or là, la loi si elle passe signifie que les médicaments à usage vétérinaire ne seraient plus délivrés directement et de suite par le vétérinaire, mais qu’il faudrait passer par la case pharmacie pour avoir l’antibiotique en question.

La raison en est justement que les « liens » entre vétérinaires et l’industrie pharmaceutique sont tellement forts que le « choix » des antibiotiques devient vraiment marqué par des considérations financières, à savoir ces fameux prix de gros permettant des bénéfices significatifs…

Alors évidemment ce serait une perte de temps énorme quand on a un animal malade. Ce qui est une aberration quand on a un animal fragile a soigner au plus vite, pour peu que les pharmacies n’aient pas le médicament vétérinaire en réserve, ce qui ne manquerait pas bien sûr…

Et oui ce projet de loi est absurde, parce que ce sont les animaux qui vont en subir les conséquences : ce sont les animaux qui doivent être soignés qui voient leur traitement retardé.

Mais il ne faut pas se leurrer et considérer que les vétérinaires soient de simples « sages. » Il y a là une question d’intérêt….

Ce qui se voit d’ailleurs dans les tarifs de plus en plus exorbitants des vétérinaires (minimum 30 euros la consultation et plusieurs dizaines d’euros l’euthanasie d’un être en souffrance)… Et leur attitude hautaine voire méprisante pour les animaux en général.

Les vétérinaires ne sont pas en première ligne contre la souffrance animale, les abandons, les commerces d’animaux, non ils n’en parlent jamais, ils font juste du commerce.

Tout comme les pharmaciens, qui eux comptent bien récupérer le marché des médicaments pour animaux…
Et on aurait tort de penser que cela n’a pas son importance. Pour une clinique vétérinaire, environ la moitié du chiffre d’affaires passe par la vente de médicaments, et le chiffre est encore plus important en zone rurale…

Donc, si la loi passe, les vétérinaires vont augmenter massivement le prix des consultations…

Et encore ne parlons nous ici que des animaux dits de compagnie, la situation étant encore plus complexe pour les éleveurs, ces esclavagistes, qui auront désormais deux interlocuteurs au lieu d’un, devant se procurer les antibiotiques ailleurs que chez le vétérinaire.

Comme on le voit, jamais la situation des animaux n’est prise en compte. C’est le business des vétos face au business des pharmaciens, avec la question de ce qui est pratique ou pas pour les éleveurs.

Les animaux sont pris entre le marteau et l’enclume dans la course au profit…