“Une écologie de développement”

On peut comme il a été dit constaté que les documents d’EELV ne parlent jamais de la Nature, ni des animaux. Mais alors qu’est-ce que “l’écologie” dont il est parlé par ces gens?

Voici la réponse avec ce texte à proprement parler illisible. Il a toutefois son utilité, car il montre que l’écologie, pour EELV comme pour les gens de la ZAD, c’est une idéologie qui appelle à “geler” l’économie et la société, voire à retourner en arrière.

Puisque la machine capitaliste s’emballe et commence à engloutir la planète de manière de plus en plus systématique, alors il faut, pour ces gens, non pas tout renverser, mais s’arrêter là, voire “reculer” (là on retrouve donc les “décroissants”).

C’est, pour simplifier, le discours des bobos, des classes moyennes, face aux très riches. L’écologie ce n’est donc pas ici l’écologie, mais une sorte de caisse à outils d’exigences au nom du développement durable, pour que les classes moyennes aient leur part du gâteau.

Le texte suivant est donc exemplaire, puisque pour lui la “révolution écologique” c’est juste faire en sorte que les actionnaires aient moins de poids dans l’entreprise…

L’écologie peut-elle se montrer révolutionnaire ?
Dans le monde du travail, l’écologie suppose 
d’en finir avec le Wall Street management

Par Jean-François Bolzinger, membre du comité national du PCF, codirecteur de Progressistes. La transition écologique ne peut être que politique. Produire et consommer autrement suppose d’inscrire l’écologie dans son rapport au travail, d’en finir avec le management financier, le Wall Street management, fondé sur la performance financière.

En ce sens, l’écologie est révolutionnaire. Le levier est au cœur de l’entreprise avec la promotion d’un management de rupture, de long terme, qui exige donc de définanciariser l’entreprise et le travail. Elle doit aussi être portée par la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) avec des préconisations plus contraignantes qui rendent, grâce au poids du collectif de travail, l’entreprise solidaire du bien commun et du territoire.

Aujourd’hui, le Wall Street management procède par objectifs quantitatifs de court terme, incompatibles avec le développement social et durable : il tue le travail et tue au travail, impose un mode de surexploitation de la part intellectuelle du travail. Il génère la démobilisation, la non-qualité et provoque des accidents industriels majeurs comme celui d’AZF.

Nous avons besoin donc d’un management qui accepte le rôle contributif des salariés, conjugue social, économie et environnement. Mais sans reconnaissance et paiement des qualifications, on ne peut obtenir qu’une société du low cost, ignorante des ambitions écologiques.

Déjà, des cadres supérieurs du nucléaire déplorent la disparition des disputes professionnelles sur la sécurité des centrales, remplacées par de procédures normatives et comptables. Or la révolution écologique a besoin de réflexions, d’innovations et d’investissements.

Elle appelle une conception de l’entreprise différente de la société d’actionnaires. Elle induit une entreprise qui soit communauté de travail, créative et qui redéfinisse ses liens avec la société. Cette révolution écologique passe par une 
nouvelle conception de l’industrie et impose de faire le choix du progrès social, scientifique et environnemental.

La production marchande incontrôlée et le productivisme doivent laisser place à une production satisfaisant les besoins de tous. Une révolution écologique démocratique, qui intègre les choix écologiques dans les procès de travail.

Le partage des rôles qui prévaut est aujourd’hui mortifère : le social aux syndicats, l’économie aux employeurs, l’écologie aux associations ! Si nous ne brisons pas cette trinité, l’écologie sera récupérée par les stratèges de l’économie libérale.

Il y a urgence car le processus a déjà débuté. Le détournement des aspirations des salariés à mieux vivre le travail s’exprime par l’individualisation, la psychologisation du mal-être. Les préoccupations environnementales des salariés se retrouvent sur le papier glacé de chartes largement diffusées, mais exposer à longueur de communication un problème ne veut pas dire le résoudre.

Il est aussi légitime de s’intéresser à l’utilisation des subventions ou crédits de tous ordres comme le crédit impôt recherche (CIR), le crédit impôt innovation (CII)… comme il aurait été légitime de s’interroger sur l’utilisation d’un partenariat public-privé (PPP) pour gérer l’écotaxe : une manne pour la société privée, un déficit pour les finances publiques. L’information et la transparence doivent être la règle.

L’enjeu écologique doit être pensé globalement, sur le long terme, car il touche au bien commun. Il ne peut donc être question d’une écologie de repli alors même que l’action locale fait de chacun un acteur du processus. C’est à ce prix que nous ferons échec à la financiarisation de l’écologie.

Nous sommes pour une écologie de développement qui s’appuie sur l’élévation et la reconnaissance des qualifications, la formation, le développement des droits démocratiques dans les entreprises, l’interactivité avec la société civile. Nous sommes en fait pour une écologie non politicienne et qui redonne sens au progrès.