Nouveau trafic de chevaux pour fournir les abattoirs

Le nouveau scandale au sujet des chevaux ayant subi la vivisection puis vendu dans des boucheries ne doit pas surprendre. Il n’y aucune surveillance, et les trafics pullulent. Prétendre le contraire c’est vouloir masquer une sordide réalité.

Voici un extrait de comment le quotidien le Figaro présente l’affaire :

Vingt et une personnes, dont quatre vétérinaires installés dans l’Aude, le Gard, la Drôme et le Cantal, ont été interpellées et placées en garde à vue lundi dans onze départements pour une affaire de vente de viande de cheval réputée impropre à la consommation.

Une information judiciaire pour «fraude aux normes sanitaires» est ouverte depuis novembre au pôle santé publique du tribunal de Marseille.
Ces chevaux, «plus d’une centaine», selon le parquet de Marseille, ont été réintroduits illégalement dans le circuit alimentaire après avoir été utilisés dans un laboratoire ardéchois de Sanofi-Pasteur, pour produire des sérums.

«Il y a eu un blanchiment de la traçabilité de ces animaux», a commenté le procureur de Marseille Brice Robin. Achetés sur pieds, notamment par un maquignon du Gard, pour la somme dérisoire de 10 euros auprès de Sanofi, ces chevaux, qui auraient dû être revendus comme chevaux de loisirs, ont ensuite été cédés à une société de Narbonne (Aude) avant d’être abattus pour certains en Espagne, et terminer, grâce à des falsifications de carnets d’abattage, sur les étals des boucheries chevalines.

L’information judiciaire ouverte doit déterminer quel a été le rôle des acteurs supposés du dossier, qu’ils soient maquignons, vétérinaires, ou grossistes.
La certitude des enquêteurs, c’est que la tête pensante de cette fraude se trouve à Narbonne. L’enquête a démarré fin 2012 suite à une dénonciation anonyme. Alertée par une mystérieuse lettre adressée à la direction départementale de la protection de la population de la préfecture de l’Aude, la section de recherches de la gendarmerie de Montpellier (Hérault) a, durant un an, travaillé sur la piste de ce trafic supposé.

Visé nommément par la missive, Patrick Rochette, gérant de la société La Narbonnaise des viandes et boucher à Narbonne (Aude), est soupçonné d’être au cœur du trafic alors qu’un membre de sa famille et un de ses employés sont également retenus en garde à vue. Au sein de la profession, la personnalité du grossiste fait débat.

Alors que la garde civile espagnole a déclaré lundi enquêter sur une possible ramification du scandale dans la province de Gerone, à la frontière avec la France, un boucher chevalin de la région Languedoc-Roussillon pointe anonymement: «On le soupçonne depuis longtemps de faire des choses… Il amène des chevaux français se faire abattre en Espagne et vend, au kilo, la viande 1 euro ou 2 moins cher que tous les autres bouchers. Il y a anguille sous roche.»

Ce qui se passe, c’est que les chevaux sont gardés pendant quelques années dans le laboratoire Sanofi Pasteur d’Alba-la-Romaine en Ardèche (en fait bien à l’écart et où l’on doit aller par de toutes petites routes), où on leur injecte des molécules afin qu’ils produisent des anticorps.

On leur pompe alors du sang, ce que le porte-parole de Sanofi Pasteur, entreprise visant le pur profit s’il en est, explique de la manière suivante :

« Les chevaux servent à produire des médicaments qui sauvent des vies, comme des sérums antitétaniques, antirabiques et antivenimeux. »

Les chevaux, donc, sont gardés trois ans à peu près ; il y en a 200 dans le laboratoire, et là en trois ans, 200 ont donc été revendus, à 10 euros le cheval.
De telles méthodes sont employées sur de nombreux animaux ; on peut consulter ici un document ministériel à ce sujet.

Maintenant, pour comprendre la dimension de tout cela, revenons en arrière, il y a quelques mois ; voici un extrait d’un communiqué AFP :

Après le scandale des lasagnes au cheval l’hiver dernier, la filière viande est de nouveau ébranlée par un trafic en Europe de viande chevaline impropre à la consommation qui concernerait au moins 3.000 chevaux, selon le procureur à Marseille.

« On estime à 3.000 le nombre de chevaux exportés par la filière mise en cause », a déclaré à l’AFP le procureur Brice Robin précisant qu’une information judiciaire avait été ouverte fin juin par le pôle santé de Marseille, qui couvre les régions Paca, Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes.

« C’est une filière avec la Belgique », a-t-il précisé, ajoutant que « les chevaux proviennent apparemment de Hollande, de Belgique, de France, d’Espagne ».
« Il y a des irrégularités qui ont été constatées », notamment « sur les documents d’identification des chevaux qui étaient présentés à l’abattoir », a ajouté le procureur. « La traçabilité a été volontairement occultée, puisque souvent les chevaux possèdent deux identités différentes », a-t-il dit.

Selon une source proche de l’enquête, il s’agit de chevaux de toutes catégories (de trait, de sport, de courses…), jugés impropres à la consommation.

Selon des syndicats agricoles, « un réseau mafieux belge » aurait acheté des chevaux à des centres équestres ou des particuliers, en leur promettant une retraite paisible.

Ils auraient ensuite falsifié leurs carnets de santé et tenté de les faire abattre pour les écouler dans la filière de l’alimentation humaine, alors que beaucoup de chevaux de loisirs ont reçu un traitement médicamenteux qui les rend impropres à la consommation, rapportent la Coordination rurale (2e syndicat agricole français) et la Fédération nationale des éleveurs professionnels d’équidés (FNEPE).

Les abattoirs de Pézenas (Hérault) et d’Alès (Gard) seraient concernés, selon le procureur Robin.

Son homologue Daniel Bouriaud à Charleville-Mézières, où une enquête a aussi été ouverte, cite également les abattoirs de Valenciennes (Nord), Laon (Aisne) et Narbonne (Aude). Toutefois, le procureur à Narbonne, interrogé par l’AFP, précise qu' »aucune enquête n’est diligentée concernant les abattoirs » de sa ville.

Narbonne : c’est la ville qui est mentionnée dans le premier article. La police affirme donc aujourd’hui qu’elle enquête depuis une année, alors qu’en juin on mentionne déjà la ville de Narbonne au sujet d’un trafic…

Tout cela montre que c’est n’importe quoi : l’industrie de l’exploitation animale est criminelle à un point tel qu’elle part dans tous les sens ; sa modernité n’est que celle de la barbarie. Quant à l’État, il intervient seulement dans les moments où vraiment ce n’est plus tenable même en apparence…