Mougins: les animaux éjectés par la mairie?

Ou quand des logements sociaux sont opposés aux animaux, tout cela à cause des promoteurs…

En théorie, la SPA (société protectrice des animaux) devait quitter le refuge actuel à Mougins au 31 juillet. En pratique, les deux cents animaux sont toujours là, la construction de la nouvelle structure à la Valmasque est bloquée et le maire de Mougins s’impatiente.

Richard Galy rencontre aujourd’hui la présidente nationale de la SPA. Virginie Pocq Saint-Jean espère bien obtenir un délai supplémentaire pour « trouver une solution et ne pas mettre 91 chiens et une centaine de chats dans la rue.» Mais le problème est complexe.

L’entreprise Edim, en charge de la construction du futur refuge Lady Yule à la Valmasque, semble en proie à des difficultés financières (1). Une information démentie par le gérant Claude Grammatico en octobre mais évoquée à plusieurs reprises depuis par des proches du dossier.

La première pierre a été posée en grande pompe le 8 novembre 2007 et les premiers box devaient être livrés en février. Les suivants en septembre. Aujourd’hui, le gros oeuvre est terminé mais pas les finitions. Pourtant le promoteur s’était encore « fermement engagé » il y a deux mois à livrer l’ensemble avant le 15 décembre. Parole non tenue.

Or, « pas question de prendre possession des lieux sans eaux, sans électricité et sans carrelage », prévient Virginie Pocq Saint-Jean. « Nous avons fait effectuer des constats d’huissier et entamé une procédure à l’encontre du promoteur. Mais tout cela prend du temps. Je comprends que le maire a besoin de récupérer le terrain du refuge actuel. »

Il y a deux mois, Richard Galy avertissait : « je n’hésiterai pas à faire appel au préfet pour faire libérer les lieux. » La menace est prise au sérieux par les amis des animaux, mais avec nuance par Virginie Pocq Saint-Jean. « Le maire ne peut pas mettre les animaux à la rue. Il y aurait une telle émotion qu’il n’a pas intérêt à le faire. » Des arguments peu appréciés par la mairie qui oppose à la cause animale un projet de logement social. « Le terrain est vendu à un bailleur qui attend pour construire douze logements pour actifs ».

Hier, à la veille de la rencontre avec Virginie Pocq Saint-Jean, le ton de l’hôtel de ville était moins brutal mais tout aussi ferme. « Si on nous demande un délai raisonnable d’un, deux ou trois mois pour trouver une solution, pas de problème. Mais pas question de repartir sans engagement. »

Les deux parties sont de bonne foi. La Ville aurait dû récupérer le terrain, chemin du refuge, depuis longtemps et la SPA a déjà payé 85 % des 2,7 millions d’euros de son futur complexe. Reste le promoteur. Selon un proche du dossier, il serait sur le point de régler ses difficultés. Après, il pourrait reprendre le chantier et livrer, enfin, le nouveau refuge au mois de février.

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