Nous parlions il y a quelques jours de cette personne qui avait assassiné un chat en le mettant dans une machine à laver, en raison d’une statue de Bouddha renversé. Nous disions alors que cette personne n’aurait rien à part une simple amende.
C’est ce qui s’est passé, puisqu’il a eu comme peine trois mois de prison avec sursis (le procureur en avait demandé quatre), l’interdiction de possession d’un « animal domestique » pendant dix ans, et enfin une somme à payer : 1300 euros, en tant que dommages et intérêts, à plusieurs associations (recevant à peu près 300 euros chacune).
Lui-même ne s’est pas déplacé… Selon son avocat, c’est parce qu’il aurait honte ! De manière très étrange, et à proprement parler hallucinante, voici également ce que l’avocat de la fondation (ainsi que des autres parties civiles comme 30 millions d’amis), spécialiste en droit bancaire, a expliqué :
« on assiste à une prise de conscience dans la société de ce qu’est l’animal. Les animaux ont des droits et la personnalité de quelqu’un qui est capable de faire ce genre de chose à un animal est aussi inquiétante pour les êtres humains ».
Voilà une réaction bien étrange… A des années-lumières, pour ainsi dire, de comment ne peuvent que réagir des gens défendant les animaux ! Quant à l’argument mettant la « protection » des humains, il est également sacrément déplacé…
La loi interdit de commenter une décision de justice, on ne peut que déconseiller de le faire en l’occurrence vue que de toutes manières, les faits parlent d’eux-mêmes.
Mais disons alors, tout simplement, qu’il n’y a pas eu de jurisprudence « Farid de la Morlette », du nom de la personne condamnée à un an de prison ferme pour torture filmée (et médiatisée) sur un chat. Une jurisprudence, c’est une position prise par un juge qui est reprise par d’autres, en tant que modèle.
Ici, donc, pas de « jurisprudence » suite au procès de « Farid de la Morelette ». C’est un point essentiel, parce qu’au moment de ce procès, il y a eu beaucoup de tapages au sujet d’éventuelles avancées fulgurantes en ce qui concerne les droits des animaux.
Les faits montrent que cela est nullement le cas. La maltraitance, les abandons, etc. font toujours partie de la « norme » de la société française, ce sont des « non-dits » acceptés tacitement. Lorsqu’il y a des procès, ce qui est condamné, c’est surtout le trouble à l’ordre public.
Le chat assassiné ne se voit pas attribuer une tombe, la personne condamnée ne doit pas réaliser d’intérêts de travail général au service des chats, il n’a pas d’écrits à rendre pour se critiquer, bref sa vie individuelle ne change pas, elle est juste perturbée, dérangée par une condamnation qui relève, en fin de compte, d’une grande « contravention ».
Voilà un point essentiel: l’atteinte aux animaux relève, dans le système actuel, du comportement non officiel, caché, et si trop visible, condamné, car dérangeant. Cela ne va toutefois pas plus loin, et cela ne peut pas aller plus loin, comme l’ont montré les dernières modifications du statut des animaux : en final, tout est changé afin que rien ne change.
D’ailleurs, lors du procès en question pour revenir dessus, il y a des précisions pouvant avoir une certaine importance. On a ainsi appris que la personne en question avait, peu de temps avant, déjà lancé un chaton depuis sa fenêtre, qui a été récupéré par une voisine. Le chat tué dans la machine à laver, mort ébouillanté, avait d’ailleurs… 8 mois.
Terrifiant ! Il faut une froideur terrible pour un tel acte.
Enfin, et c’est une question qui va avec, l’avocat a expliqué que ce qu’il a appelé un « acte désespéré » avait été provoqué par l’alcoolisme, dû lui-même à une détresse financière et sociale. Apparemment, le chat aurait été là à la demande de son fils, mais sa situation familiale aurait changé.
On devine aisément l’arrière-plan familial compliqué, et le pauvre chat mêlé à tout cela malgré lui. Il serait en effet erroné de penser que l’être humain est « méchant » en soi; une telle démarche serait religieuse et nierait la nécessité de se confronter à la réalité pour la transformer et aider les animaux.
Cela ne justifie en rien la torture et le meurtre, mais cela permet de comprendre la situation sociale et ce qui peut motiver les gens. Et c’est pour cela que sont essentiels les démarches tant vegan que straight edge : vegan pour reconnaître les êtres vivants, straight edge pour rejeter les fuites dans les paradis artificiels.
Dans les deux, ce qui compte c’est la reconnaissance de la réalité, avec ce qu’elle a de complexe, et également de vivant. On ne peut pas dire d’un côté que ce procès révèle quelque chose de sordide, et s’arrêter là. On est obligé de voir les ressorts de ce sordide.
Et là on en arrive à la culture. C’est la culture végane diffusée massivement qui aidera les animaux, pas un statut juridique fictif ne pouvant que refléter les rapports de force actuels. Pour que les animaux soient reconnus par l’humanité, cette dernière doit abandonner son égocentrisme et reconnaître la Nature.
Cela signifie se soumettre à la vie en général, arrêter l’individualisme. La personne qui a tué le chaton n’aurait pas pu le faire, non pas si simplement la loi aurait été plus dure (même si c’est important), mais si elle n’avait pas bu d’alcool et ne s’était pas mis dans une telle situation incontrôlée, et si elle reconnaissait la Nature et accordait de la valeur à la vie.
Cette maîtrise de soi, les gens qui sont gorgés d’individualisme n’en veulent pas : ils prétendent avoir un libre-arbitre suprême, une liberté absolue. Mais ce n’est que la liberté illusoire de leur ego démesuré, porte ouverte à la barbarie !
