Une bien étrange grève à Paris-Saint-Lazare…

Le travail rime souvent avec ennui, et qui dit ennui dit temps qui passe lentement. L’une des fausses solutions la plus courante est d’utiliser l’alcool. En apparence, il rendrait chaleureux, on sentirait mieux et le temps passerait plus vite.

Le problème, c’est que lorsque cela se passe dans dans un poste d’aiguillage, comme celui de la gare Paris-Saint-Lazare, c’est évidemment quelque chose de dangereux non seulement pour soi, mais encore plus pour les autres.

L’affaire avait été rendue publique par le journal Le Point en juin dernier, par l’intermédiaire d’une vidéo de février où des gens buvaient un cocktail alcoolisé. La scène avait été filmée par un de leur collègue, paniqué devant les proportions que prend la consommation d’alcool et le risque d’accident.

En l’occurrence donc dans la gare de Paris-Saint-Lazare, on a ces gens qui boivent, et comme c’est un vieux poste, il n’y a pas encore d’informatisation, il s’agit d’être vigilant… Ce qui n’est pas le cas dans la vidéo une grosse erreur manque d’être commise… alors que le poste doit gérer une centaine d’itinéraires jusqu’à Rouen…

Voici la vidéo mais attention : déjà ce n’est pas l’original une musique a été ajoutée, de plus même dans la vidéo originale à la fin cela se termine sur une sorte d’effet censé exprimer l’effet de l’alcool…. A la base même, cette vidéo est un montage étrange…

Devant le bruit de l’affaire, il y a eu hier des conseils de discipline pour ces agents, et en même temps… une grève lancée par les syndicats SUD-Rail, CGT et Unsa de la gare Paris-Saint-Lazare.

Une grève lancée pour la forme car rien ne peut être prouvé dans cette histoire, sauf si les gens « avouent » ; voici ce que disent les syndicats :

« Cette mobilisation a pour but d’infléchir, voire d’abroger, les sanctions à l’encontre de huit collègues en lien avec l’affaire dite du “PRS de PSL” (une vidéo montrant des cheminots boire un petit rhum). Nos collègues, pour certains, risquent un jour de mise à pieds, d’autres quatre jours… Deux sont convoqués en conseil de discipline demain.

Dans tous les cas, s’ils étaient sanctionnés, les prud’hommes devraient abroger ces décisions, pour au moins trois raisons :

Il est interdit de filmer dans les emprises de la SNCF sans autorisation de la direction.

L’entreprise devait porter plainte contre le cinéaste.

Il n’y a aucun contrôle de l’alcoolémie, du coup aucune valeur juridique.

Le film date de mars 2013 et a été diffusé en plein conflit de juin 2014. »

Là il n’y a qu’une chose à dire : on est bien loin de la révolution… Quant aux syndicats, leur position est intenable….

Car quiconque connaît le monde du travail de l’univers cheminot sait que, malheureusement, l’alcool est terriblement présent. Pour les plus âgés, le vin accompagne la gamelle, avec évidemment l’inévitable petite part de prolo-PMU ayant été happé par l’alcoolisme. Chez les plus jeunes, c’est l’alcool festif qui joue : McDo le jour, whisky coca la nuit.

Plus un service est ennuyeux, éloigné, isolé… plus on trouve l’alcool. Et évidemment les postes d’aiguillage étant des lieux de fatigue nerveuse, d’ennui…

La CGT sait tout cela. Alors pourquoi son tract de Saint-Lazare parle-t-il de « répression patronale » ? Pourquoi lit-on : « Comme en 14-18 il fallait fusiller pour l’exemple » ?

Est-il difficile de comprendre que l’opinion publique soit inquiète de tels comportements ? N’est-il pas dans l’ordre des choses que les syndicats le comprennent, et combattent d’ailleurs l’alcoolisme dans les rangs des travailleurs ?

L’alcool est un poison, ceux et celles se préoccupant de la santé des gens doivent l’assumer! Il est totalement absurde que l’alcool soit absent de la question de la vie quotidienne, alors que c’est un fléau de plus en plus grand, et d’autant plus terrible qu’il est socialisé et qu’il happe tout le monde.

Cela montre d’autant plus la responsabilité de ceux et celles qui ont compris cet enjeu: devenir straight edge, c’est un devoir pour soi-même et pour les autres!