Fermeture du zoo du Bouy et sauvetage

Le zoo du Bouy, dans le Puy-de-Dôme, a fermé ses portes. Voici un petit aperçu de ce qui s’est passé, avec d’abord la raison de la fermeture, donnée par La Montagne:

Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a tranché ce vendredi, lors d’une audience à huis clos: le zoo du Bouy, situé à Champetières, près d’Ambert, est placé en liquidation judiciaire. Cette décision signifie la disparition de la structure, qui accuse un déficit d’environ 200.000 euros et était en redressement depuis mars 2014.

La liquidation du parc animalier, créé en 1975, intervient quelques jours seulement après la mise en examen du propriétaire belge des lieux. Alain Albrecht est notamment poursuivi pour trafic international d’espèces protégées en bande organisée et actes de cruauté sur les animaux. Il est en détention provisoire depuis vendredi dernier.

Sciences et avenir donne ici quelques précisions:

Souffrant d’un déficit de quelque 200.000 euros, le zoo niché dans les Monts du Forez a en effet été placé en liquidation judiciaire le 3 avril 2015 par le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand. Originaire de Belgique, son propriétaire, Alain Albrecht, a été mis en examen et écroué le 27 mars, puis condamné en 2012 pour maltraitance animale à 6 mois avec sursis assortie d’une interdiction d’exercer toute activité en contact avec les animaux pendant un an. Il est également soupçonné d’avoir participé à un trafic international d’animaux protégés, en bande organisée.

La question de la condamnation de 2012, peu claire, est davantage compréhensible avec ce que dit FR3 Auvergne:

Tigres, ocelots, panthères des Neiges, jaguars, lémuriens, macaques, aras, lions, lynx, servals, amazones, kangourous, wallabies, zèbres, gnous, bisons, loups. Les 150 animaux du zoo de Bouy, situé à Champetières dans le département du Puy-de-Dôme sont évacués de l’établissement jeudi 9 avril au matin. (…)

Pour mémoire :
La Fondation 30 Millions d’Amis était déjà intervenue sur place en 2012 pour saisir des animaux, à la demande des autorités. Quatre lémuriens, 2 mangoustes et 1 pygargue, ainsi que 2 loups de Mackenzie, qui vivaient dans des conditions déplorables, avaient été confiés à la Fondation.

Le propriétaire du zoo avait alors été condamné à 6 mois d’emprisonnement avec sursis, à 1800 euros d’amende et à une interdiction d’exercer toute activité en lien avec les animaux pour une durée de 1 an avec exécution provisoire. La saisie définitive des animaux avait alors été prononcée.

Comme on le voit, la situation actuelle est le prolongement terrible d’une situation à laquelle il aurait été tout à fait possible de mettre fin plus tôt.

On notera d’ailleurs que dans cette folie administrative, le tribunal de commerce avait ordonné la poursuite de l’activité du parc pendant un mois avant la liquidation, afin de vendre ou placer les animaux…

Résultat, cela a été un sauvetage fait dans l’urgence, et on notera les réactions aberrantes d’une soigneuse, racontée par La Montagne:

L’arrivée de plusieurs dizaines de véhicules sur le parking du zoo a été vécue comme un crève-cœur par les deux soigneurs du site, réquisitionnés depuis la mise en examen et l’incarcération de leur propriétaire, le 28 mars dernier. “On ne nous avait avertis de rien, se désole Cindy Roi, employée du zoo depuis quelques mois seulement. On ne pensait pas que les animaux dont on s’occupait allait partir aussi vite. Beaucoup sont nés ici, n’ont connu que leur enclos, j’ai peur que le transport ne leur fasse du mal. D’assister à tout ça, c’est pour nous un déchirement”.

L’évacuation, décidée en urgence suite à la liquidation du zoo, s’est soldée par plusieurs décès. De sources concordantes, trois émeus et une jeune antilope n’ont pas survécu.

« C’est la preuve que tout a été fait de façon trop brutale, s’insurge Cindy Roy, la soigneuse du Bouy, très remontée. On nous a parlé d’opération de sauvegarde des animaux, mais pour moi, c’est de la spoliation organisée. À vouloir tout faire vite, dans la précipitation, ils ont fait beaucoup de dégâts et de mal. Les bêtes qui restent sont tellement stressées qu’elles ne s’alimentent plus ».

La Fondation 30 millions d’Amis, elle, refuse d’endosser la responsabilité de ces quatre décès subits. « Ces animaux, nous n’avons même pas pu les approcher, certifie Arnaud Lhomme. Malheureusement, ils sont morts parce qu’ils étaient trop faibles. Nous avons aussi récupéré des moutons extrêmement maigres, qui n’avaient pas été tondus depuis des années. Tout cela prouve que notre intervention était indispensable ».

Enfin, la Fondation 30 millions d’amis, choisie par le tribunal pour s’occuper des animaux, note la chose suivante:

Selon les premières constatations sur place du Dr Laetitia Barlerin, vétérinaire de la Fondation 30 Millions d’Amis, de nombreux animaux vivaient dans des installations précaires. Certains étaient infestés de parasites et ne bénéficiaient pas d’un accès suffisant à l’eau. Par ailleurs, de nombreuses espèces dont la législation impose une identification par puce électronique en étaient totalement dépourvues.

Voici, enfin, la vidéo que l’association propose du sauvetage: