L’alcool : une cause toujours plus grande de décès et d’invalidité

L’OCDE – organisme international rassemblant les pays « développés » – a publié son rapport sur l’alcool et les politiques de santé. On y a apprend entre autres cette information effarante: l’alcool gagne des places dans les causes de décès et d’invalidité…

Au total, les hommes ayant un faible niveau d’éducation sont plus exposés au risque de forte alcoolisation alors que c’est l’inverse qui s’observe chez les femmes, parmi lesquelles les femmes ayant un niveau d’éducation élevé ont une plus forte probabilité d’avoir une consommation importante d’alcool.

L’abus d’alcool est l’une des premières causes de décès et d’invalidité, tuant un plus grand nombre d’individus de par le monde que le virus du SIDA, la violence et la tuberculose réunis. Entre 1990 et 2010, l’usage nocif de l’alcool est passé du huitième au cinquième rang des principales causes de décès et d’invalidité dans le monde.

Voici également le classement de la consommation d’alcool par individu de plus de 15 ans. La France est 3e…

Voici une autre information, qui explique tellement de choses qu’on pouvait se demander…

Pourquoi en effet a-t-on l’impression que les gens boivent plus d’alcool alors qu’en général la consommation d’alcool recule?

C’est parce qu’une petite partie de la population – une partie pas du tout si petite en fait quand on y pense – consomme près de la moitié de l’alcool… C’est elle qu’on voit, qui se marginalise…

Voici le topo sur le « binge drinking »:

Le plus alarmant, cependant, est le fait que beaucoup de pays ont connu une hausse significative de certaines conduites d’alcoolisation à risque (alcoolisation paroxystique, ou binge drinking), en particulier chez les jeunes et les femmes. Le nombre d’enfants ayant consommé de l’alcool et connu l’ivresse a considérablement augmenté ces dernières années.

Plus de deux enfants sur trois ont consommé de l’alcool avant l’âge de 15 ans dans les pays de l’OCDE, et deux sur cinq ont été en état d’ivresse au moins une fois. Les filles ont rattrapé les garçons au cours des dix dernières
années.

Ces évolutions sont particulièrement inquiétantes, parce que les méfaits généralement associés à la consommation excessive d’alcool chez les jeunes n’ont pas seulement des effets néfastes sur les buveurs eux-mêmes, mais touchent souvent d’autres personnes que les buveurs eux-mêmes, par exemple en cas d’accidents de la circulation ou actes de violences.

Cela contribue en grande partie au fléau des maladies liées à l’alcool. En outre, les personnes qui consomment de l’alcool à un jeune âge ont un risque plus élevé de souffrir de maladies aiguës et chroniques.

Ces personnes sont souvent confrontées à un problème de consommation excessive plus tard dans leur vie, et celles qui pourraient réussir sur le marché du travail risquent de voir leurs perspectives de carrière à long terme menacées.

Les personnes plus éduquées et ayant un statut socio-économique plus élevé ont davantage tendance à consommer de l’alcool, mais la consommation excessive est polarisée aux deux extrémités de l’échelle sociale.

Les hommes moins éduqués et ayant un statut socio-économique moins élevé, ainsi que les femmes plus éduquées et ayant un statut socio-économique plus élevé, ont davantage tendance à s’adonner à une consommation à risque. La consommation excessive affecte l’emploi, la productivité et les salaires.

Les pertes de productivité associées à la consommation nocive d’alcool sont estimées à environ 1% du PIB dans la plupart des pays.

Ce que cela montre, c’est que l’alcool est socialement ancré et est toujours plus ravageur…