Interview du vaishnave Yati Swami

William Deligny, qui a pris le nom de Yati Swami, a ouvert en Normandie, à Saint-Etienne-du-Rouvray, juste à côté de Rouen. un monastère vaishnava, c’est-à-dire dédié à Krishna, après avoir fondé la Congrégation de l’Ordre Monastique Vaisnava.

Un renversement par rapport aux années 1980, où il était connu sous le nom de P’tit Willy et était adepte de l’ultra-violence dans le cadre du mouvement skinhead défrayant la chronique alors. Voici une interview.

1. Peux-tu nous présenter ta manière de vivre et ta conception du monde, et nous expliquer comment tu vois notre société actuelle ?

D’abord j’offre mon humble hommage à ceux qui vont lire cet article. Je ne suis pas ce genre de personne qui pense que la vérité n’a qu’une seule facette ou dans un seul camp.

Simplement étant engagé dans une voie avec une philosophie de vie, je vais exposer une opinion, tout en respectant celle des autres. Je ne veux donc froisser personne.

Si l’on doit prendre la parole c’est afin de répandre l’harmonie, pas le conflit. Notre but, je pense, doit être avant toute chose le développement de l’amour et la bonne compréhension de ce que nous sommes réellement. Ma vie va dans ce sens : comprendre ma vérité et quel est le but de la vie.

Dans la véritable philosophie vaisnava, on apprend la nature de l’âme. Ce qui nous permet de comprendre et de voir que les êtres ont tous la même nature.

Or, cette nature intrinsèque au contact de la matière assume différentes natures parfois opposées, comme le fait d’être recouvert et identifié à la haine, à l’envie, à l’avidité, à la folie…

Comprendre la nature de l’âme veut donc dire aller vers une vie sans jugement, aller vers la réalité des êtres et non vers ce qui les recouvre, les aider à progresser et aussi progresser avec eux.

De cette manière, on peut apprendre à tolérer même les pires affronts, pardonner, développer la compassion, et progresser toujours plus vers l’amour. Une vie où l’on ne considère plus la dualité mais la réalité, apprendre dans toutes les circonstances.

Telle est la véritable conscience de l’âme. Enfin saisir la nature de l’âme signifie comprendre celle de l’Ame Suprême et le lien qui nous unit à Elle et à tous les êtres.

Notre société actuelle vit loin de la réalité de l’âme. Elle est basée sur un mode de vie matérialiste où le plaisir des sens prime.

Or, ce genre de vie détruit tout, car les sens sont insatiables. Ils demandent toujours plus. Ils nous amènent à détruire la planète et à commettre tant de violence envers beaucoup d’êtres pour la seule satisfaction des sens. C’est pourquoi les gens seront obligés graduellement de changer de vie, car il y aura une limite qu’ils ne pourront naturellement dépasser.

2. Quelle vision as-tu de la Nature, des animaux, des êtres vivants en général ? Quelles sont tes considérations quant au véganisme ?

L’âme est en toute chose et accepte selon ses vies passées et sa conscience un type de corps particulier. Elle est dans les végétaux, dans les poissons, dans les animaux, dans les humains…

Or, pour se nourrir l’être est obligé de recourir à la violence car l’âme habite dans ces corps, et lorsque l’on tue un animal ou un végétal, on coupe le cycle de sa vie et l’on commet une action qui engendre une réaction future.

Ce qui implique que le véganisme n’est pas libre de violence. Il existe des êtres humains qui ont la conscience de la souffrance des hommes mais pas des animaux, d’autres ont la conscience des humains et des animaux, ou encore en plus des poissons, des insectes, des plantes…

Un Végan est un humain qui a conscience de la souffrance des humains, des animaux, des oiseaux, des crustacés et des poissons, et cela est une chose admirable, car l’homme ayant originellement une conscience supérieure aux autres êtres vivants sur la Terre est considéré comme leur grand frère et doit être leur protecteur.

Un frère est celui qui veut le bien de son autre frère. Or, qui est le frère ? : l’âme est le frère, et en prenant graduellement conscience de l’âme, on acceptera la protection de tous les êtres. Mais pas simplement cela, on pensera à les faire évoluer et à les libérer.

Maintenant je vais traiter d’un autre point qui est lié à la spiritualité des textes védiques comme la Bhagavad-gita, pour vous faire comprendre pourquoi je ne suis pas Vegan, mais aussi pourquoi je n’y suis pas opposé.

La vache est un animal sacré, car elle a été donnée à l’homme pour plusieurs raisons. Premièrement, elle est très chère à Dieu. Il est dit que s’occuper d’une vache avec amour permet à l’être d’atteindre la libération, et inversement que la tuer est très grave. Elle est considérait comme une de nos mères.

Deuxièmement, le lait est considéré dans ces textes comme l’aliment le plus situé dans la vertu. Il est dit qu’il contient en lui-même sous la forme liquide la compassion, l’austérité, la véracité et la pureté. C’est pour cela que les sages en Inde ont toujours bu du lait, et souvent que du lait, car il est considéré comme un aliment complet.

Troisièmement, il est dit qu’il a le pouvoir d’affiner l’intelligence pour permettre à l’être humain de comprendre les sujets spirituels.

Nous avons vu auparavant que l’âme était en tous les êtres vivants, et que pour se nourrir, l’homme ne pouvait pas faire autrement que d’enlever la vie à d’autres formes d’existence. Les textes védiques traitent également de ce sujet.

Celui qui tue une vache ou tout autre animal devra être tué de la même manière dans son existence future. La chaîne des abattoirs n’est qu’une réaction en chaîne de cette violence qui se perpétue. Dans une existence, je suis un égorgeur d’animaux, dans une prochaine vie, je serai égorgé de la même manière.

Or, les textes védiques disent que toute nourriture produit un acte de violence. Selon la conscience dont l’aliment était pourvu avant d’être dépossédé de la vie, une douleur sera ressentie en proportion, et cela apportera une réaction karmique à l’être dans sa vie future. Alors, n’y a-t-il pas de solution pour sortir de ce cycle ?

Ces textes disent qu’en offrant à Dieu ou Krsna sa nourriture, l’Absolu a le pouvoir d’enlever ces réactions karmiques, d’élever l’âme qui a été engagée dans cette offrande à une vie humaine avec une conscience spirituelle, et de rendre cette nourriture pourvue d’une substance qui relie l’âme à Dieu.

C’est pourquoi en offrant le lait on peut délivrer la vache, en offrant un fruit, l’arbre… Dieu aime tous les êtres, mais en même temps, il faut nous nourrir, c’est pourquoi Il accepte un régiment lacto-végétarien.

Or, c’est vrai que je pourrais aussi être Vegan et offrir une alimentation Vegan, mais mon choix est de libérer également les animaux. C’est pourquoi il y a des Vaisnavas Vegan et d’autres lacto-végétariens (légumes, céréales, fruits et lait).

3. Il existe un roman de l’anglais Christopher Isherwood, « Rencontre au bord du fleuve », qui relate la conversion d’un « occidental » à l’hindouisme et qui s’installe en Inde. De fait, quand on pense à l’hindouisme, on relie souvent cela à l’Inde. Pourquoi ne pas s’être installé là-bas ?

L’hindouisme est un sens large des croyances qu’il y a en Inde. Ce titre a été donné par les Anglais qui ont fait un amalgame de toutes les croyances sous le nom d’Hindouisme.

Or, il y a parfois des choses contraires dans certaines voies à la vérité de l’âme, comme le phénomène de castes qui sont des déviations propres à cet âge.

Je vais souvent en Inde car il y a là-bas des endroits très portés vers la spiritualité. J’y ai également vécu par intermittence. L’institution religieuse mondiale à laquelle j’appartiens est aussi située là-bas. Je pourrais donc facilement m’y installer, mais mon devoir aussi est d’aider les gens qui souffrent, c’est pourquoi je reste en France.

4. Au début de ta connaissance du vaishnavisme, tu as fait une expérience relativement négative avec ceux qui sont surnommés de manière populaire les « hare krishna », qui avaient alors un petit centre à côté de l’université de Jussieu. Peux-tu en parler et expliquer pourquoi tu n’as pas rejoint leur mouvement, l’ISKCON ?

Chaque institution religieuse a un charisme, une manière de comprendre et d’approcher son texte sacré, de vivre sa foi.

Je ne suis pas une personne qui peut accepter que la Vérité ne soit que dans un seul camp. La compréhension qui a mûri en moi est que Dieu aime ses enfants et qu’Il s’occupe de tous les êtres suivant leur conscience acquise.

Il y a donc une pluralité de religions, car les êtres vivants sont dotés de différentes consciences. Lorsque j’ai connu cette institution, je n’ai pas découvert cette ouverture d’esprit avec les autres institutions vaisnavas et les autres religions, et c’est l’une des raisons qui m’a fait prendre une autre route…


5. Lorsque tu as fondé l’Ordre Monastique Vaisnava, tu as tout fait pour qu’il soit reconnu de manière légale comme mouvement religieux pour l’État français. Pourquoi ce choix ?

Lorsque j’étais un skinhead, j’ai connu la haine et la violence, et ceci m’a amené à aller vers l’amour. Or, lorsque je suis allé vers Dieu, j’ai vu cette même violence et cette même haine au nom de Dieu, sous la forme du sectarisme, et cela m’a fait beaucoup souffrir.

Par cette expérience, j’ai compris que sans accepter la liberté, sans être respectueux envers toutes les pensées, on ne peut pas être proche de Dieu.

Dieu ou Krsna veut dire le bon respect de toute chose, des êtres et des lois. Or, je désirais me démarquer des mouvances sectaires et créer un temple libre de sectarisme, un endroit où l’on peut respecter les êtres, leurs idées, leur foi et leurs croyances, respecter ce qu’ils sont simplement, les aimer comme Dieu les aime, et ne pas aller vers la haine au nom de Dieu.

C’est pourquoi j’ai fait un travail avec le Gouvernement français et son acceptation de notre institution en France est pour moi un label de non-sectarisme. En effet, notre reconnaissance en tant que Congrégation est rarement attribuée. Il n’y a seulement quelques institutions bouddhistes, catholiques et protestantes qui l’ont obtenue.


6. Tu as fait partie d’un groupe de musique, Evil Skins, qui expliquait « frapper pour vivre et vivre pour frapper » ; au moment de la mort de Clément Méric, tu as expliqué, en te fondant sur ton expérience, la chose suivante : « Quand j’étais skinhead, tabasser quelqu’un jusqu’à qu’il soit à terre et ne respire plus, c’était pour moi une vraie jouissance. » Comment as-tu changé te manière de voir les choses ?

C’est vrai que j’ai été loin dans la haine, c’est pourquoi à un moment je n’ai pas pu continuer. L’être est fait pour aimer.

Or, lorsque j’étais un skinhead, j’essayais constamment de rejeter en moi l’amour et de cultiver cette haine jusqu’à mettre sur moi des emblèmes fascistes.

J’ai été très violent, mais à certains moments, c’est comme si je ne pouvais plus assurer ce rôle qui n’était pas ma vérité, et j’ai désiré changer. Mais cela ne s’est pas fait facilement.

Or, lorsque j’ai découvert la spiritualité, j’ai réalisé qu’il était très dur de purifier son cœur, de ne pas répondre par la violence et la haine, lorsque celle-ci venait me chercher.

C’est alors que j’ai réalisé à quel point j’étais faible quand je lynchais des personnes dans la rue, et lorsque mes vêtements étaient tachés de sang…

Je ne pouvais pas voir à ce moment mon problème. Je pensais qu’il était à l’extérieur, que les autres étaient le problème, mais en réalité, il était en moi. J’ai réalisé que même si on enlevait tous ces soi-disant problèmes, un autre reviendrait, puis encore un autre…

Je ne savais pas remédier à ma frustration, et je la remettais sur les autres. Mais la violence ne faisait qu’empirer les choses. J’avais besoin d’amour. J’étais comme un homme dans un désert qui courait après un mirage.

Avec ma dégaine extrême, l’environnement devenait de plus en plus hostile. Cette vie devenait comme un désert d’amour, où il n’y avait que la haine. Je ne voyais plus que des ennemis partout.

Tout était inversé. J’étais devenu un animal féroce, sans compassion, sans respect. Juste une boule de haine, intéressée au pouvoir. Je recherchais à être quelqu’un en faisant peur aux autres. Quel avenir offre une telle existence ?

Mais c’est vrai que j’ai été loin dans ce délire. Alors à un moment, j’ai senti que je ne pouvais plus me battre contre moi-même, qu’il y avait l’amour, et celui-ci a grandi jusqu’à me faire quitter cette vie.

Bien que j’aie essayé de me faire oublier, j’étais hanté par cette violence et par tous ces coups que j’avais portés à ces gens. J’ai alors senti qu’il fallait que je répare. C’est pourquoi j’ai donné ma vie à l’amour.

Je crois en l’amour, et je le vis. C’est comme la haine qui peut être vécue. L’amour dévotionnel est une vie opposée à la haine, une vie intérieure. L’amour se cultive aussi, en enlevant la haine du cœur, petit à petit.

7. Une personne historique du mouvement skinhead a dénoncé ce qui serait ton invention d’une « rédemption » par rapport à ton passé, qui serait uniquement l’expression du mysticisme et de la consommation de drogues. Peux-tu nous parler de ta vision du bien et du mal, si ces notions ont un sens ?

Dans ce monde, chacun cherche à se défendre et à préserver sa position. J’ai bien connu cette personne. On était même très proches au début des années 80, un peu comme des très bons amis.

Aussi, est-il très difficile pour quelqu’un que vous avez connu dans cet environnement skinhead d’accepter qu’une personne puisse changer à ce point. « Ceci ne doit pas être normal. C’est un fou !»

Il disait déjà cela de moi à une époque. Il faut soi-même changer pour comprendre cela. Sinon, ce n’est pas possible. C’est pourquoi il faut le comprendre et ne pas lui en vouloir. C’est une réaction normale.

Et puis, il y a pas mal d’anciens skinheads qui me contactent parce qu’ils ont parfois besoin d’aide pour changer. Ils sont fatigués de la violence et de la haine. J’étais l’un d’eux à une époque, ils ont confiance en moi. Je représente donc un certain danger pour certains, une opposition.

De plus, il y a les émissions de télé et un film dont le réalisateur s’est inspiré entre autre de ma vie… [Il s’agit du film “Un français“] Alors quand on fait de la politique il faut contrer tout cela, c’est tout à fait normal, et il faut aussi grossir la chose pour que les gens se détournent de vous.

Mais nous nous sommes bien connus et lui-même faisait bien la fête… Il est même tombé pour avoir dealé de la drogue… Cela fait 24 ans que je n’ai pas touché à une drogue, à une cigarette, à l’alcool, et même au café et au thé, que je suis végétarien, et que je donne ma vie aux autres.

Je suis une personne qui a bien les pieds sur terre et enseigne un mode de vie en harmonie avec les autres. Toutes les personnes qui m’approchent le savent, même les membres de gang que je rencontre, lorsque je vais en moto pour apporter les valeurs de la non-violence.

Ils ont du respect pour ce que je fais. Je tiens également à rajouter que je suis en contact avec ma fille et ma famille. Je ne suis pas une personne qui se coupe du monde, mais qui essaie d’apporter quelque chose à notre société.

Dans le vaisnavisme, il est expliqué que le bien et le mal apparaissent à cause du changement de notre réelle nature. Lorsque l’on est avide d’acquérir quelque chose, nous appelons mal ce qui y fait obstacle, et nous appelons bien ce qui nous permet d’arriver à notre objectif.

C’est pourquoi on peut en conclure que cette vision est basée en relation avec notre conscience acquise. Par exemple, dans une même pièce, il pourra y avoir différentes personnes qui auront différentes opinions sur un même objet : ceci est mal, ceci est bien ou encore moyen, ou très mal…

Mais celui qui est au-delà de ces conceptions liées à l’égoïsme en rapport avec le corps, peut voir une autre réalité qui ne change pas : c’est l’âme. Celui qui voit l’âme prédominer en lui grâce à une pratique spirituelle peut alors comprendre cela. Sinon ce n’est pas possible.

C’est pourquoi cette personne qui me critique n’est pas un ennemi. Elle s’identifie simplement comme mon ennemi. Mais moi je dois l’aimer, car sa vérité est au-delà de ces apparences. L’âme n’est pas fasciste ou communiste, chrétienne ou hindouiste… Si je la critique, cette dualité viendra en moi. Je ne ferai qu’accroître le problème, et je deviendrai partial et quitterai la voie de l’amour.

C’est pourquoi l’amour est libérateur et réparateur. Dans la voie de la dévotion, il n’y a pas d’ennemis et d’amis, il y a la vérité, car considérer une personne comme son ami veut dire ne pas aimer les ennemis de cet ami… L’âme n’a ni qualités, ni défauts matériels. A l’état conditionné, elle demeure simplement recouverte par une fausse conscience acquise qui lui fait croire qu’elle est une personne avide, concupiscente, folle, pleine de haine…

C’est pourquoi je n’ai pas de haine envers quiconque aujourd’hui, même lorsque je reçois des attaques. J’apprends également aux personnes qui m’entourent à aller vers ce chemin de la paix et de l’amour.

C’est pourquoi je fais de la musique rock, j’ai créé un moto club qui s’appelle « Ahimsa Non-Violence », j’ai organisé une distribution de nourriture végétarienne et vegan pour les personnes démunies.

J’ai écrit aussi de nombreux livres comme ma biographie « Un skinhead repenti devenu swami » [le lien : “Un skinhead repenti”] et d’autres sur la philosophie vaisnava. J’organise également chaque mois un spectacle en faveur de la non-violence. Je fais des conférences. J’ai aussi fondé un monastère pour que les gens apprennent à vivre en tant que l’âme. Je reçois beaucoup de personnes en entretien qui ont besoin d’aide. Ma vie aujourd’hui est un don pour les autres.

8. Pour finir, que dirais-tu aux personnes qui, comme nous par exemple, te reprocherait de ne pas assumer l’universalisme jusqu’à la défense de chaque vie ?

Comme j’ai expliqué auparavant, il y a des êtres avec différentes consciences.

Certains sont concernés par certains humains, d’autres par tous les humains, d’autres par certains humains et certains animaux (j’ai connu plusieurs personnes auparavant qui avaient des membres de leur famille néo nazis qui étaient engagés à fond dans la cause animale. Mais le plus étonnant, c’est qu’ils ne considéraient pas le peuple juif comme des humains par exemple. Ils avaient donc de la compassion pour tous les animaux, mais pas pour le peuple juif.), d’autres tous les humains et tous les animaux, puis on peut y ajouter, les oiseaux, les poissons, les crustacés, les insectes, les arbres, les légumes.

Et puis il y a ceux qui perçoivent la vie encore au-delà, ceux qui sont concernés par l’âme, car elle est même dans l’air, dans le feu, l’eau… De la même manière que j’ai expliqué qu’il peut y avoir différentes conceptions du bien et du mal, certains pensent que ceci ou cela est la défense complète de la vie parce qu’ils voient avec leur conscience une certaine part de cette vérité. Mais ils n’ont pas conscience que l’âme est en toute chose. Alors que la vie est bien au-delà encore…

Notre vie doit aller vers la libération de l’âme qui habite toutes les espèces de vie pour être véritablement dans une démarche d’amour universel.

Cela n’est pas possible avec une philosophie matérielle, car la connaissance mondaine ne permet pas d’aller vers l’âme, ni de dépasser la conception duelle de bien et de mal, d’ami et d’ennemi, de gain et de perte, de voir un humain ou un animal, un arbre…

La religion en relation avec le corps ne le permet pas non plus. A ce stade de conscience, l’être généralement identifie l’âme à une religion, à un dogme. Il peut alors développer de la haine envers un autre croyant au nom de Dieu, ou encore simplement développer de la compassion pour les humains et non pour les animaux par exemple.

Sans comprendre la nature réelle de l’âme et comprendre ce dont elle a besoin pour sortir de la conception matérielle de l’existence, on ne peut véritablement aider l’être vivant au plus profond de lui-même. Ceci n’est pas possible. C’est comme une médecine qui ne traiterait que les effets mais pas la cause de la maladie. Les effets de la maladie matérielle sont la haine, mais la cause de cette haine est l’ignorance qui recouvre l’âme.

Un être agit de façon imparfaite parce qu’il ignore sa nature réelle et son besoin véritable. S’il en est conscient, il peut voir et agir suivant le lien universel qui l’unit à toute chose. Traiter l’effet ne suffit donc pas.

Même si tous les gens arrêtaient de manger de la viande, cela ne résoudrait pas le problème. Ceci ne traiterait qu’un effet de la cause. Or, lorsque l’on soigne simplement l’effet, la cause nous remettra sur un autre chemin mauvais, sans fin. Le problème est bien plus profond, car il concerne l’ignorance de l’âme.

Je rencontre souvent des Vegans, et parfois j’ai été surpris par le degré de violence que certains ont développé envers les hommes qui mangent de la viande. J’ai vu cela souvent, et vous savez de quoi je veux parler.

La voie de l’amour veut que l’on respecte tous les êtres sans exception. L’âme ne meurt pas, ni ne donne la mort. Elle est au-delà. Seul l’amour changera les choses avec le temps. C’est pourquoi j’enseigne la voie de l’amour dévotionnel et naturellement, lorsque les gens comprennent la nature de l’âme, ils acceptent de vivre avec une autre conscience, et se rapprochent de l’Ame Suprême et de tous les êtres.

Le monde a besoin d’harmonie, pas de guerre. Il est une bonne chose d’aller vers une vie qui génère moins de violence comme le véganisme, mais on doit prendre conscience de l’âme et de ses besoins, si on désire aller encore plus loin. De cette manière, il régnera une harmonie parfaite dans notre vie.

Je ne veux offenser personne avec mes paroles. Si c’est le cas, veuillez me pardonner. Vous m’avez posé des questions, je vous ai répondu en accord avec les principes vaisnavas. Merci beaucoup. Acceptez tout mon amour.

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