Les charmeurs de serpents indiens en voie d’extinction

Cliché de carte postale, le charmeur de serpent fait partie intégrante du folklore indien. Mais peut-être plus pour longtemps car face au renforcement de la protection des animaux, la profession est désormais menacée. À Kolkata le 17 février, 1000 d’entre eux manifestaient pour le droit d’exercer leur métier.

Précédés du son de leurs flûtes, un millier de charmeurs de serpents ont parcouru les rues de Kolkata (anciennement Calcutta), le 17 février afin de revendiquer le droit de se produire en public avec leur reptile. Cette pratique est proscrite par la loi depuis 1991, ce qui n’empêche pas l’Inde de compter encore 800 000 charmeurs de serpents, dont 100 000 dans le seul Etat du Bengale Occidental.

Au fil des ans, la Loi de protection de la vie sauvage a peu à peu été renforcée à la demande des associations de défense des animaux jusqu’à rendre illégale l’activité des charmeurs de serpents. Ces associations dénoncent notamment le traitement cruel infligé aux serpents par leurs propriétaires. Pour rendre leur reptile inoffensif, il arrive en effet souvent aux maîtres d’arracher leurs crocs ou de percer leurs glandes à venin. Par ailleurs, ces pratiques plutôt brutales sont souvent infligées à des espèces menacées.

Il n’en reste pas moins que, privés de gagne-pain, les charmeurs de serpents se trouvent aujourd’hui au pied du mur. "Ayant vécu toute leur enfance avec des reptiles, les charmeurs de serpents n’ont qu’une seule vocation", explique Raktim Das, secrétaire général de la Fédération des charmeurs de serpents d’Inde dans The Telegraph. Transmis de génération en génération, le métier de charmeur de serpents est souvent la seule chose qu’ils connaissent.

En plus des mesures prises par les autorités, le développement de l’information et de la télévision a lui aussi contribué au déclin des charmeurs de serpents. "Avant l’apparition de la chaîne Découverte ou de la National Geographic, les gens pouvaient être trompés par toutes sortes d’histoires, raconte Sharma Nath au magazine National Geographic. [Maintenant] les gens savent qu’il n’y a pas besoin de paniquer quand vous voyez un serpent, que les serpents ne sont pas aussi dangereux que le disent les charmeurs".

Lors de leur manifestation à Kolkata, les charmeurs de serpents réclamaient également la possibilité d’ouvrir des fermes aux serpents dont la visite ainsi que la vente de venins et autres produits leurs permettraient de survivre.

 

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