Tempête en Europe, séisme au Chili: la Terre n’est pas un « gros caillou »

La tempête qui a eu lieu en France s’est vue affublée du qualificatif de « meurtrière. »

On peut éventuellement penser que ce n’est qu’une figure de style, et pourtant ce n’est pas le cas. Preuve en est qu’il y a une personnification avec un nom, en l’occurrence celui de « Xynthia. »

En fait, vis-à-vis des phénomènes naturels, l’humanité se comporte encore comme on le faisait au 17ème siècle pour des événements de la vie quotidienne.

Dans les tragédies de Racine et Corneille, on se noyait dans un cocktail mi-sentimental mi-artistocratique honorifique. Tout était trop compliqué et on se plaignait du dilemme « cornélien » imposé par le destin. Il a fallu attendre le drame pour ne plus croire au « destin » et comprendre de manière meilleure les relations humaines.

Aujourd’hui, on considère encore les phénomènes naturels comme quelque « chose » qui serait incompréhensible, qui viendrait « de l’extérieur », qui serait une fatalité.

On ne croit plus aux dieux divers et variés peuplant le ciel et punissant les humains, mais ce n’est pas loin.

La tempête n’est pas comprise comme un phénomène naturel, mais comme une action mauvaise venant d’un extérieur hostile. C’est une vision correspondant à l’idéologie dominante, où la nature est ennemie, forcément ennemie.

Toutefois, cette idéologie conquérante a un problème. La nature est ennemie, mais elle est nature et on ne peut pas s’en passer.

C’est justement là que peut commencer un raisonnement sur Gaïa, en se fondant sur une approche réaliste. La planète est ce qu’elle est: il s’agit juste de le reconnaître, de l’accepter.

Afin d’empêcher cela, les médias procèdent au gommage de l’aspect naturel, au profit des considérations relevant de la comptabilité macabre.

45 personnes sont en effet malheureusement mortes en raison des conséquences de la tempête, et un million de personnes n’ont plus eu d’électricité. Ce sont des chiffres durs, qui montrent la vigueur de la tempête.

Et au Chili, le séisme qui a eu lieu au même moment a amené la mort de 708 personnes, 1,5 million de maisons sont détruites ou endommagées. Deux millions de personnes sont concernées.

Mais la tempête n’est pas « responsable » ni meurtrière. Pas plus que le séisme. Gaïa est ce qu’elle est. Elle est réelle, ce qu’elle est est « rationnel » parce qu’obéissant à ses caractéristiques (chimiques, géologiques, etc.).

C’est cela qu’il faut comprendre: les tempêtes et les séismes existent. Notre planète vit. Elle n’est pas un « gros caillou. »

Rien que cela est cependant encore très difficile à comprendre pour une humanité qui nie Gaïa, ne planifie rien et ne connaît que la guerre comme démarche.

C’est particulièrement flagrant quand on voit que jamais il n’est parlé des animaux lors de ce genre de phénomènes naturels. Face à la nature, l’humanité niant Gaïa se raidit, pétrit sa conscience dans la mauvaise foi, dans le non dit.

Car avec chacun de ces évènements, l’humanité se voit rappeler que la planète Terre n’est pas qu’un « gros caillou. » Que l’humanité, en définitive, ne domine rien du tout. Qu’elle est juste une composante de tout ce qui vivant, de la planète elle-même.

Ce que semble déplorer des organisateurs d’un… moto-cross, dans la Sarthe. 150 personnes ne pourront pas faire la démonstration viriliste de leur conduite polluante, en tournant en rond dans une forêt aménagée:

« C’était un investissement énorme. La tempête, c’est pas de chance. Un coup dur pour nous. C’est dur pour tous les bénévoles qui ont bossé sur le circuit durant des semaines »

Gaïa, « c’est pas de chance » : voilà un bon résumé de l’idéologie dominante au sujet de notre planète.