France Nature Environnement est une structure rassemblant 3000 associations, dans une sorte de structure semi-institutionnelle, avec des revendications n’allant pas très loin. Bref, une structure donnant un point de vue écolo quand on en veut bien un.
On entend beaucoup parler de cette structure en ce moment, car elle a fait une bourde énorme. Elle a en effet franchi la ligne rouge : celle de l’imaginaire français concernant ses « terroirs. »
Voici la campagne d’affichage lancée par France nature environnement, qui a provoqué un véritable tollé et une série de plaintes. Ce sont les deux-trois premières affiches qui ont déclenché le « scandale. »






En « oubliant » de respecter le cahier des charges institutionnelles – où il est absolument évident qu’il faut nier que l’agriculture française est moderne, capitaliste, un agro-business, et faire semblant que rien n’a changé depuis les années 1960 – France nature environnement est sorti du cadre.
Directement, le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire a qualifié cette campagne de « scandale » et de « provocation. »
De manière feutrée mais tout aussi claire de par son poids institutionnel, Sarkozy s’est dit, au Salon de l’agriculture, « choqué par cette campagne de communication très déplacée. »
Le secrétaire d’Etat au tourisme Frédéric Lefebvre a dit au sujet de la campagne qu’elle était « outrancière et injuste. » Elle serait « d’autant plus malvenue qu’elle induit en erreur les touristes français et internationaux sur la qualité des plages bretonnes. » Et il a affirmé que l’agence de développement touristique de la France, « Atout France », portait plainte auprès du jury de déontologie publicitaire.
Le directeur général de cette agence, Christian Manteï a affirmé de son côté que la campagne allait « porter préjudice à l’un des secteurs les plus générateurs de croissance et d’emplois. »
Le président du Conseil régional breton Jean-Yves Le Drian a également annoncé que la Région Bretagne portait plainte !
Mignard, l’avocat (parisien!) de la région (un proche de Ségolène Royal), a justifié ainsi cette démarche : « C’est toute la Bretagne, en tant que collectivité territoriale, qui se voit reprocher de ne pas agir contre les algues vertes. Elle est directement diffamée. »
Et en région parisienne, la RATP a procédé au retrait partiel des affiches…
Voici comment France Nature Environnement fait profil bas, comprenant qu’elle était allée « trop loin » et qu’elle remettait en cause une « image » institutionnelle :
Ouvrir le débat n’est pas déplacé
A l’ouverture du salon de l’Agriculture, le chef de l’Etat a commenté la campagne de communication de France Nature Environnement, la qualifiant de « particulièrement déplacée ».
Bruno Genty, président de FNE : » Est-il possible dans ce pays d’ouvrir le débat sur les questions agricoles sans que l’on nous reproche d’opposer les français les uns aux autres ? Il n’est pas déplacé de demander la mise en œuvre complète des engagements » agriculture » du Grenelle. Les OGM, les pesticides et les algues vertes constituent autant de risques sanitaires et environnementaux qui concernent l’ensemble de nos concitoyens. »
Provoquer le débat…pas la rupture
La campagne de France Nature Environnement, quelles que soient les interprétations dont elle peut faire l’objet, ne poursuit pas un objectif de rupture avec le monde agricole Cette campagne s’attaque aux excès de l’agriculture industrielle.
Au-delà des images choc, les idées affichées ne sont pas nouvelles et sont portées par l’association depuis de nombreuses années. Malgré les crispations que cette campagne peut susciter chez certains agriculteurs, FNE entend poursuivre le dialogue engagé avec les représentants d’une profession qu’elle ne veut pas stigmatiser. La réaction de plusieurs grandes organisations agricoles nous rendent optimistes quant à la poursuite du dialogue.De l’oxygène pour le Grenelle de l’agriculture
S’il y a un fait reconnu, c’est bien notre implication dans la concertation menée à l’occasion du Grenelle de l’environnement. Porteuse de nombreuses propositions, notamment en ce qui concerne l’agriculture, France Nature Environnement n’a jamais renoncé à l’élaboration d’un compromis qui, même en nous obligeant à revoir certaines de nos exigences à la baisse, a permis d’obtenir des avancées pour l’environnement. Mais depuis plus d’un an, la mise en œuvre des engagements « agriculture » est en panne.
Réinventer le modèle agricole
France Nature Environnement a parfaitement conscience de la détresse économique à laquelle est confronté un grand nombre d’agriculteurs. La compétitivité de notre modèle agricole doit s’appuyer sur les objectifs du Grenelle de l’environnement. La mise en place de nouvelles pratiques donne aux agriculteurs l’occasion unique de mettre fin à un modèle ne profitant qu’à une minorité d’entre eux et laissant la grande majorité sur le bord de la route.
A titre d’exemple, l’arrêt des importations d’OGM pour l’alimentation du bétail est une demande qui va dans le sens d’une meilleure défense des produits issus des terroirs et donc des intérêts économiques du pays.
Jean-Claude Bévillard, responsable du dossier Agriculture : » Il faut s’engager de façon volontaire pour la réduction des pesticides et l’interdiction des plus dangereux, arrêter l’importation des ogm pour l’alimentation animale et étiqueter la viande » sans OGM « . Dans l’immédiat, il ne faut plus autoriser la moindre extension du cheptel dans les zones affectées par les algues vertes et réduire de 40%, les effluents à la mer d’ici 2014. Il faut un redéploiement des aides publiques pour que l’argent aille vers les agriculteurs qui s’orientent concrètement vers des pratiques compatibles avec ces objectifs. »
» La mise en œuvre des avancées » agriculture » du Grenelle passe par la mobilisation et la responsabilisation du monde agricole, de l’agro-alimentaire, de la grande distribution, des élus locaux, régionaux et nationaux, et des consommateurs. » conclut Bruno Genty.
Tout cela est très clair, limpide : « ne poursuit pas un objectif de rupture avec le monde agricole », « poursuivre le dialogue engagé avec les représentants d’une profession qu’elle ne veut pas stigmatiser », « n’a jamais renoncé à l’élaboration d’un compromis », « compétitivité de notre modèle agricole », etc.
France Nature Environnement a donné l’impression de remettre en cause l’agro-business, et fait par conséquent machine arrière.
Une réaction logique : soit on considère que la situation est catastrophique et alors on veut un autre modèle – ce qui oblige à aller au bout du raisonnement et à reconnaître Gaïa comme un tout, et par conséquent avoir la morale qui va avec.
Ou bien on continue comme avant en améliorant tant qu’on peut… Si on peut.
Entre les deux, il n’y a rien, et France Nature Environnement a vite fait de se replacer dans le cadre institutionnel, au lieu d’assumer et de critiquer l’agro-business comme exerçant une pression énorme, gigantesque, qu’il faut critiquer et vaincre!
Mais pour cela il faut comprendre le sens de la libération animale. Et force est de constater, de manière réaliste, qu’aujourd’hui, la France est un pays où une simple campagne « écologiste » se confronte directement aux institutions… c’est dire!

